Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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ART et Décoration
Revue mensuelle d'Art Moderne
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Sommaire
- Le Salon d'Automne
- Peinture et Sculpture
- Raymond Bouyer
- Objets d'Art
- Maurice Guillemot
- Frank Scheidecker
- Maurice Guillemot
- Chronique du mois
- François Monod
- Planche hors-texte :
- Dans les Dunes
- G. Friesenke
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DÉCEMBRE
1913
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LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS
PARIS • 13, RUE LAFOYETTE • Télécopie 139-22
Prix de la Livraison : 2 fr. — Étranger : 2 fr. 50
17e Année, N° 12
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Art et Décoration
Revue Mensuelle d'Art Moderne
COMITÉ DE DIRECTION :
MM. VAUDREMER, GRASSET, LUCIEN MAGNE,
JEAN-PAUL LAURENS,
LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT
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ABONNEMENT ANNUEL
Paris & Départements . . . . . . . . . . . . . . . 20 francs
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L’Année parue ...
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PIERRE GIRIEUD.
Le Salon d'Automne
PEINTURE, SCULPTURE, OBJETS D'ART (1)
QUEL dommage, en vérité, si ce onzième Salon n'avait pas eu lieu, car il abonde en leçons imprévues! Peu s'en est fallu qu'il n'existât point : une croisade un peu tardive de l'indignation s'était formée, dès 1912, pour le bannir du Grand-Palais; le bon sens et le bon goût sont des gens paisibles, qui se vengent de leur mansuétude ou de leur pusilla-nimité par de soudaines colères... Mais, à bien réfléchir, les proscriptions n'ont jamais eu d'autre effet que de glorifier ceux qu'elles frappent ; et, franchement, ni les « fauves » ni les « cubistes » n'avaient encore montré d'assez fécondes vertus pour poser leur candidature au martyre! Un ministre à l'âme athénienne a sauvé le Salon d'automne.
Il s'est ouvert, enfin, presque en hiver, menacé, puis retardé par le Salon voisin des sports : être écrasé par l'Automobile est un accident trop fréquent pour ne pas apparaître banal et, dorénavant, le Salon d'automne en est quitte pour emprunter de bonne heure une autre clarté que celle du soleil : ce qui lui permet d'évoquer ses origines, puisqu'il est né aux sous-sols, alors ténébreux, du Petit-Palais, il y a juste dix ans. Et, depuis dix ans, le cas, toujours discuté, de l'art moderne s'est compliqué d'une crise inouïe dont le temps ni l'espace n'avaient jamais donné l'idée dans aucune école; mais l'apparente excentricité de nos Salons d'automne ne saurait faire plus de tort à la discrète présence du talent que la trop réelle banalité de nos Salons du printemps. Ce talent, maintes fois invisible et présent dans la cohue, rébarbative ici, des groupes et des genres, c'est lui seul qu'il est toujours intéressant de mettre en lumière : on
(1) Un article sur les Meubles paraîtra dans le numéro de janvier.
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Art et Décoration
B. DE JONG.
La Danseuse.
composerait une petite exposition significative rien qu'en réunissant les quelques bons morceaux de l'automne; or, si la critique n'est pas un exercice absolument vain, le vrai rôle du salonier ne consisterait-il pas à rédiger le catalogue raisonné d'une pareille sélection capable de nous révéler le dernier « état » de l'art de peindre ou de modeler?
I. — LA PEINTURE
Aussi bien, plus que jamais, parmi 2.184 envois, sans compter les expositions particulières ou rétrospectives, une impitoyable élimination s'impose et, par terreur de l'avenir, les amis du passé — laudatores temporis acti — se réfugient d'instinct vers cet asile rétro-
spectif où le désir d'admirer n'est plus combattu par la crainte de se tromper. Mais, en 1913, le choix fait par un jeune peintre-graveur de talent, M. J.-F. Schnerb, dans l'œuvre oublié de François Bonhomme, dit le Forgeron (1809-1881) n'est pas la seule fiche de consolation qui reste aux défenseurs impénitents du dessin; quelques maîtres vivants suffiraient à réhabiliter ce onzième automne. Voici M. Chéret, dont les études aux trois crayons ne redoutent point la promiscuité des voisinages moins adroits; et son pastel de rêve est un de ses mille feux d'artifice cloisonnés dans l'arabesque d'une élégance nerveuse et d'une science légère.
Si les Mascareades de M. Jules Chéret rappellent, sans amertume, aux champions exaltés cette fameuse tradition française qu'on oublie toujours de définir, l'Amazone, que profile à contre-jour M. John Lavery sur un grand ciel nuageux, vient nous rassurer sur les destins de la peinture étrangère. Cette amazone, pour n'être point la Penthésilée de l'Iliade, n'en est pas moins décorative et discrètement harmonieuse en sa moderne intimité. Fluettes et droite, elle s'arrête pour scruter l'horizon; sa main gantée s'appuie sur le long stick enfoncé dans le terrain marneux de la lande; un liséré de blême lumière effleure le ruban vert de son chapeau rond, sa jaquette flottante au vent matinal, la haute silhouette argentine de son cheval anglais : ton sur ton, c'est une symphonie gris perle, un poème de la soli-
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Le Salon d'Automne
La Jota.
MÉLA MUTER.
tude où la virtuosité n’absorbe pas tout le sentiment. Un portrait d’homme, où se recueille la glabre et grisonnante austérité de Lord Ashburne, offre la même nuance de distinction qui ressemble, en cette mêlée criarde, à la fierté du silence.
Mais, pour nous convaincre, le dernier des Salons de 1913 nous propose des arguments plus récents et des chercheurs plus hardis, qui semblent vouloir nous dire, en retournant le vers connu du poète : « Sur des sujets anciens, faisons des vers nouveaux. » Ce Salon contient tout, même de la peinture religieuse, et peut-être le chef-d’œuvre de l’année : pourquoi le petit cadre, daté de 1912, que M. Maurice Denis intitule Annonciation nous paraît-il le joyau du Salon d’automne et le rayon le plus suavement épandu sur un idéal familier? La réponse à ce point d’interrogation serait la clé même du mystère de l’art, et le salonnier n’émet pas la prétention d’élucider aujourd’hui le grand secret... Un bel ange rose-vert, à genoux devant une frêle petite Marie blanche et blonde, qui prie debout les mains jointes, une atmosphère d’opale où le soleil dessine en raccourci sur le sol le rectangle tremblant de la croisée, une porte ouverte sur le jardinet fleuri, des reflets où s’estompent des formes, — il n’en faut pas plus pour réveiller en nous « le ravissement de Fiesole » que les Goncourt ne croyaient plus de saison dans un siècle de science et pour nous reconduire à la cellule
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G. DORIGNAC.
ses yeux n'en ont jamais vu. Si la peinture du nouveau siècle avait pris le réaliste au mot, nous ne pourrions rafraîchir nos pensées devant la modeste Annonciation de M. Maurice Denis, nos yeux seraient privés de cet accord suave de lignes calmes et de nuances complémentaires qui parle silencieusement à notre âme et, malgré l'intimité raffinée de sa mise en cadre un peu japonaise et d'une symphonie assez analogue de vermillon rosé, d'or vert et de blancheurs bleues, il faut avouer que la porte ouverte par M. Pierre Bonnard sur une claire Salle à manger de campagne ne nous murmure point de pareilles suggestions dans sa tiédeur d'été...
Le rapprochement s'impose, et la comparaison n'est point malaisée puisque les deux symphonies de nuances délicates se trouvent vis-à-vis, dans une même salle du Grand-Palais: il est évident que la petite porte entr'ouverte par le poète Maurice Denis sur la légende exhale un autre souffle de fraicheur, un autre frisson mystérieux que la baie grande ouverte par l'observateur Pierre Bonnard sur la vie. La parenté des apparences n'en souligne que mieux la diversité des sentiments.
Moins subtilement érudit, mais plus savamment ému, quand le bonhomme Chardin disait avec un soupçon de mélancolie: « La peinture est une île dont j'ai seulement côtoyé les bords », il nous proposait peut-être, à son insu, quelques données pour la solution du problème et voulait faire entendre à ses confrères que la plus jolie clarté tombant sur la nappe blanche de la table la mieux ornée de fruits savoureux ne saura jamais rivaliser avec l'eurythmie plus expressive d'une simple figure
ensoleillée de l'Angelico. Notre âge désabusé se complaît à l'ingénuité de Florence ou d'Assise; il aime l'aurore de l'art et la Légende dorée, car le spectacle de la candeur lui donne l'illusion de se rajeunir. Aussi bien, le décorateur païen de l'Histoire de Psyché, du Soir florentin, de l'Age d'or et du plafond d'un théâtre vraiment lyrique est-il retourné volontairement à sa ferveur première sans revenir aux balbutiements de l'enfance, et la Damoiselle élue, qu'un préraphaélite d'outre-Manche accoude aux balcons d'or du ciel, n'exhale point ce sage parfum « d'humilité gothique ».
Un contemporain des Goncourt, Gustave Courbet, répétait volontiers que le peintre ne doit jamais peindre des anges, parce que
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Le Salon d'Automne
idéalement drapée : témoin cette Figure violette, que M. Maurice Denis lui-même isole dans un cadre, au-dessus du poème lumineux de sa tendre Annonciation ; car la démonstration n'est pas loin, cette seule figure de rêve émeut davantage et tout autrement que la jeune femme en peignoir rouge, que M. Pierre Bonnard accoude à contre-jour, dans un cadre de verdure.
Assurément, malgré les prétentions d'une avant-garde encombrante qui voudrait faire de la peinture une abstraction (?) qu'elle n'arrive pas à formuler sur la toile, cet art essentiellement concret se déclare incapable d'inventer en dehors de la nature; mais, comme l'observait Théophile Gautier « chaque art a son impuissance d'où résulte une partie de ses beautés », et cette impuissance de la peinture est loin de la condamner au portrait, à la nature morte, à la copie littérale de la chose vue : la mémoire des formes réelles incite, au contraire, le peintre à l'imagination des formes rêvées. De là, ces figures de style et ce que nos pères, dédaigneux du genre, appelaient pompeusement l'histoire ou le grand art. Une rude figure bronzée près d'un Christ exsangue, un ciel noir, un sol de sang que tachent des burnous roses, un Golgotha blafard sous la ténèbre soudaine de la neuvième heure, il n'en faut pas plus à l'inquiète ferveur de M. George Desvallières, pour symboliser aux yeux l'âme intérieure du Kyrie eleison dans la personne brutale du Bon Larron : brillante ébauche décorative, qu'entourent deux petits panneaux verdoyants comme d'anciens « paysages historiques » :
la Visitation, la Fuite en Egypte. Autant l'Ave Maria de M. Maurice Denis affirme avec suavité la rénovation de la peinture religieuse, autant le Kyrie eleison de M. George Desvallières emprunte l'accent d'une prière passionnée. Deux tempéraments en présence : l'un redoute le mouvement qui déplace les lignes, l'autre aspire à l'orage où chante la couleur ; le premier procède de Puvis de Chavannes, et le second, de Gustave Moreau; mais chacun d'eux exprime avant tout son âme à travers ses souvenirs.
En plein règne de l'intimité, la survie du grand style décoratif a de quoi séduire la
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P.-L. Baignères.
réflexion. Quand la jeunesse des Goncourt croyait pouvoir constater que le poème du nu retournait pour toujours à l'Olympe, on était loin de pressentir cette revanche ou cette renaissance inespérée de la forme qui devait ressusciter naturellement les sujets antiques. Aussi bien, dès l'an dernier, le peintre-statuaire des Fiançailles, M. Émile Gaudissard, nous montrait le début d'une longue décoration dont la sagesse harmonieuse apparaissait quelque peu dépaysée dans le demi-jour inquiétant du Salon d'automne; aujourd'hui, c'est un nouveau fragment de l'épithalame, un nouveau chant de ce paisible poème de lignes et de nuances que l'auteur achève à loisir pour une villa d'Alger: les Dons et les Scubails; on y reconnaît cette discrétion qui semble audacieuse auprès de la violence, absolument comme une politesse un peu désuète au milieu de notre agitation. Ce Salon, décidément, contient tout, même le style le plus classique.
Au contraire, ici, M. Rupert Bunny s'émancipe: on dirait que la crainte de paraître académique ou pompier l'excite à des efforts nouveaux. L'inédit le hante; mais il a beau faire, on ne confondra jamais sa délicatesse native ou son ironie savante avec l'outrecuidance des révolutionnaires ignorants. Et d'abord son passé se porte garant de son avenir: on n'a pas oublié les débuts exquis de M. Bunny; les délicats, dans nos heures troubles, se souviennent d'un Dolce farniente, dans les reflets opalins du crépuscule, ou de l'Aurore aux doigts de rose, qu'il exposait aux Champs-Élysées, voici bientôt dix-huit ans, sous son nom grec; le peintre, ensuite, s'est attardé longtemps à des scènes d'intérieur ou de plage, qui nous ont paru moins subtiles; mais, cette année même, à la Société Nationale, un ingénieux portrait de jeune fille au piano nous semblait indiquer une évolution du coloriste. Aujourd'hui, le Rite et les Pléiades nous dévoilent un autre Bunny: le Rite a l'air de vouloir moderniser l'archaïsme, en réconciliant sous un rayon de soleil l'estampe japonaise et la peinture des vases grecs; peut-être l'artiste est-il de ceux qui perçoivent de secrètes analogies entre la Grèce familière et le Japon... La trace de l'Orient se révèle ici, comme dans les accords non moins singuliers de la musique russe: on perçoit dans cette
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Le Salon d'Automne
Fantaisie sur le Prélude de Nijinsky.
JULES PLANDRIN.
harmonie tant soit peu barbare un coup de gong ou de cymbales; et les Pléiades gamban-dantes et vermillonnées sur fond noir évoquent une libre copie de peinture pompéienne corsée par le pinceau d'un indépendant. N'im-porte, sous l'étrangeté de l'arabesque ou la crudité de la pâte, on retrouve un amoureux fervent de littérature et de musique. Emprisonnétroplongtemps dans l'intimité, M. Bunny nous semble un décorateur qui s'ignore.
Décorateur et mélomane aussi, ce n'est pas la première fois que M. Jules Flandrin s'ins-pire de la saveur des ballets russes : comme la virtuosité de M. Jacques Blanche ou la subtilité de Mlle Valentine Gross, qui ne figurent ni l'une ni l'autre au Salon d'automne, la tou-chante opiniâtreté du peintre dauphinois in-terroge volontiers ce kaléidoscope animé de couleurs et de rythmes; son regard d'artiste en goûte silencieusement les lignes sommaires et les teintes profondes; mais, dorénavant, c'est la forme qui le préoccupe avant tout : il a trouvé dans la danse une fugitive, mais éternelle leçon d'eurythmie. La grande toile d'aujourd'hui, qu'il intitule Fantaisie sur le Prélude de Nijinsky, nous le découvre moins soucieux de l'impressionnisme du musicien que de l'archaïsme du maître de ballet; ce n'est pas Debussy ni Mal-larmé qu'il cherche à transposer dans son art, avec les tons onctueusement épais de sa grasse palette ; et ce qu'il a retenu du Prélude à l'Après-midi d'un Faune, ce n'est pas une pou-sière évanescente de timbres ou de symboles, mais un chœur lumineux de nymphes drapées de blanc dans la demi-teinte, une théorie vo-lontairement symétrique et pondérée de sept
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Art et Décoration
A. MARQUE.
jeunes filles aux longs cheveux nattés dans l'or vert d'un sous-bois : claire, dans l'ombre ensoleillée, on dirait d'une frise d'albâtre aux flancs d'un vase ancien.
Ce rôle du paysage, autant que cet amour persévérant de la nature et de la forme, suffirait à nous rappeler le contemplateur que retinrent longtemps au Louvre le Concert Champêtre de Giorgione ou la Vénus de Titien, les Quatre Saisons de notre Poussin, son Diogène sublime. Aussi bien, lithographe ou peintre, les débuts de M. Jules Flandrin avaient paru grandioses; ses portraits, surtout, revêtaient une austérité digne d'un compa-
triote d'Hébert et de Fantin-Latour; on respirait, dans ses paysages, un parfum de musée. On le respire encore; et si l'adorateur des maîtres a manifesté trop d'indulgence pour les néo-classiques douloureux qui ne respectent point l'orthographe des formes, il ne faut apercevoir dans ces défaillances passagères qu'un excès de piété dangereuse et de compassion. Maintenant, M. Flandrin ne cesse de lutter, de se ressaisir, de reconquérir le métier sans perdre l'émotion: c'est un bel exemple, et s'il cultive l'archaïsme, c'est moins par goût de la raideur étrange que par un ressouvenir athénien de la pureté des lignes. Quand il retourne au bois sacré, ne vous semble-t-il pas qu'il invoque un paradis perdu?
Le cas n'est pas unique. Assez et trop longtemps, la jeunesse avait paru confondre un soi-disant «retour au style» avec une contrefaçon de Cézanne; et les déformateurs sévissaient, au nom d'Ingres et de Poussin! Mais
JAMES VIBERT.
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Le Salon d'Automne
GEORGES LEPAPE.
la déformation n'a qu'une heure; elle se détruit par son excès même; et M. Girieud nous réservait la bonne surprise de sa conversion sincère au culte du dessin. Le peintre marseillais, dont les Trois Grâces un peu cagneuses de 1912 ne rappelaient guère encore l'origine grecque de leur ville natale, expose en 1913 une Toilette de Vénus quasi-classique. Ce n'est pas à dire que tout soit impeccable et parfait dans l'anatomie de la déesse ou de ses com-