Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne Sommaire - L'Art Décoratif au Salon de la Société Nationale M. P.-VERNEUIL - La Peinture à la Société Nationale CAMILLE MAUCLAIR - Deux Cottages de Louis Bonnier CHARLES SAUNIER - Planche hors texte : Plat en émail champlevé PRINCESS TÉNICHEFF --- MAI 1907 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LA FAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. — Étranger : 2 fr. 50 11e Année, N° 5

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. VAUDREMER, GRASSET, LUCIEN MAGNE, JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT --- ABONNEMENT ANNUEL PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 francs ÉTRANGER . . . 25 francs Prix de la Livraison. France : 2 francs. — Étranger : 2 fr. 50 L’Année parue ...

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Frise. F. THIBAUT L'Art Décoratif au Salon de la Société Nationale --- Email. HIRTZ montre cependant un ensemble d'envois intéressants, dont quelques-uns méritent grandement de retenir l'attention du visiteur. Nous allons ici les mentionner rapidement. Dans la section d'Architecture, ce sont les envois de MM. Sézille et Sorel qui nous retiendront surtout. M. Sézille a eu l'heureuse idée de nous présenter en maquette en relief sa villa “Belle Dune”, édifiée à la Baule. C'est pour le public un excellent enseignement. Tout le monde n'est pas apte à lire et à comprendre un plan. C'est là besogne ingrate, et peu de visiteurs s'en veulent donner la peine. Au contraire, la maquette amuse à la façon d'un jouet, un peu. On la voit, on veut en comprendre la disposition S i le Salon de 1907 ne nous révèle aucune œuvre sensationnelle dans la section des Arts Décoratifs, il nous intérieure. Quelle est la pièce éclairée par cette fenêtre? Instinctivement, on a recours au plan; l'intérêt est éveillé. Il y a là une action directe à exercer sur le public, action d'autant plus intéressante que ce public est le client de demain, et que c'est une excellente façon de former ou de réformer son goût. Il serait donc désirable de voir se généraliser cette présentation attrayante des constructions en Vases en cuivre. BONVALLET

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Art et Décoration Villa "Belle Dune". maquette. Il semble que tout y gagnerait : l'architecte, le client, et l'architecture elle-même. Mais revenons à la villa qui nous occupe. Les plans en sont bien étudiés et les dispositions commodes. Peut-être pourrait-on reprocher à l'entrée de se dissimuler un peu, de n'être pas suffisamment apparente. C'est là critique de détail, à côté de qualités certaines. Un vaste hall permet l'accès facile de toutes les pièces, alors que lui-même forme un salon confortable. L'escalier y débouche, qui peut donner naissance à un heureux dispositif : on y trouve encore les portes de la salle à manger et de l'office, celui-ci menant à la cuisine. Puis, un petit studio, placé derrière l'escalier, et bien séparé du hall, permettant ainsi le travail tranquille ; une chambre à coucher et un cabinet de toilette ; enfin, une grande terrasse d'un agrément et d'un confort certains. Ressource infiniment précieuse : on s'y met à l'abri du soleil trop vif, ou de la pluie qui, sans ce toit protecteur, nous renfermerait à l'intérieur de la maison. Les Américains font, dans leurs plans de villas, grand usage de ces terrasses couvertes, dont ils ont reconnu l'agrément et l'utilité. Nous trouverons à leur emploi les mêmes avantages. Si nous montons au premier étage, nous trouvons quatre belles chambres à coucher munies de leurs cabinets de toilette, et une grande terrasse couverte, elle aussi, quoique moins vaste que celle du rez-de-chaussée. Un escalier de service, bien indépendant, réunit le rez-de-chaussée au premier étage. Enfin, au-dessus, des chambres dans les combles. Inutile de dire que les sous-sols ont reçu, eux aussi, une utile disposition. Extérieurement, la maison se silhouette de tous côtés d'une façon extrêmement heureuse, quoique simplement et sans décrochements trop coûteux. L'ensemble est bien original, et l'avant-corps de la salle à manger, appuyant fortement la maison, est bien étudié et bien agencé. C'est là un excellent parti. La terrasse couverte, dont nous parlons déjà plus haut, si

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L'Art Décoratif au Salon de la Société Nationale 159 commode, enlève la sécheresse que pourrait avoir l'ensemble, et lui donne de l'assiette, de la base. Enfin, les caisses à fleurs posées un peu partout, sur les terrasses et les balcons, mettent les notes gaies des fleurs qui les garnissent. Bref, c'est là un excellent exemple de la maison de campagne, originale sans tomber dans la bizarrerie, confortable, et cependant d'un caractère bien spécial et bien artistique. On doit en féliciter l'architecte, dans ce temps si pauvre d'efforts et de recherches intéressantes. Des vues intérieures nous montrent qu'il a su tirer un aussi bon parti des pièces dans leur aménagement, et en composer un logis plein d'agrément et de confort. La maison de M. Sorel est plus importante comme construction, et d'une ordonnance peut-être plus classique. Mais là aussi nous devons louer la silhouette agréable et l'heureux agencement du plan. La maison de M. Sézille était la simple maison familiale. La villa de M. Sorel est plus importante, sans doute. Grand et petit salons, salle à manger, salle de billard, un hall, l'office, trouvent place au rez-de-chaussée. La cuisine est donc au sous-sol. Au premier étage, nous trouvons quatre chambres à coucher avec leurs cabinets de toilette, une lingerie, une salle de bains. La composition presque analogue des deux habitations montre bien le parti qu'avec des ressources sans doute très inégales, les deux artistes ont su tirer d'un programme identique. Leurs deux villas sont artistiques d'aspect, sans vaine et fausse richesse; elles sont de plus, et c'est là sans doute le principal, d'une bonne habitabilité. Il serait heureux de voir se multiplier de tels exemples. Quittons l'habitation en elle-même et arrivons à ce qui va la meubler, et l'orner aussi. Villa "Belle Dune" SÉZILLE (arch.)

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Art et Décoration Villa. C'est là ce que nous commande la logique. Que M. Dampt me pardonne! Mais sa petite « bibliothèque pour les livres préférés » PLAN DU REZ-DE-CHAUSSEE est plus un panneau décoratif, un tableau, même, qu'un meuble. La forme en est simple et sobre. Mais l'ornementation marquetée, du reste merveilleusement exécutée et révélant un sens artiste très aigu dans la recherche desbois aux veines somptueuses, ne se tient pas avec l'architecture, du reste rudimentaire, du meuble. Ceci nous a choqué un peu chez cet excellent artiste, dont tant de beaux meubles ont été reproduits dans cette Revue. M. Angst nous montre un bureau d'une exécution extrêmement soignée. Mais la structure générale en est bien compliquée, avec les tiroirs s'ouvrant dans tous les sens, et surtout avec l'avancée de la table à écrire, qui semble n'être supportée par rien et compromettre la stabilité du meuble. Il n'en est rien, bien entendu, et la masse de celui-ci est suffisante pour lui faire contrepoids; mais on n'a pas l'impression de sécurité qui doit se dégager en pareil cas. L'exécution est précieuse, trop peut être; et l'on doit se demander si d'aussi petits détails sont à leur place ici, et si les lignes pures et sobres du meuble ne gagneraient pas encore à plus de simplicité? M. Jallot nous habitue à des meubles d'un caractère personnel. Il nous montre, cette année, une salle à manger qui contient d'excellentes choses, a côté d'autres moins heureuses, sans doute. La table est très bonne, d'une structure simple, logique, solide, et d'une orne-

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L'Art Décoratif au Salon de la Société Nationale Buffet. JALLOT mentation discrète. L'épi est ici le thème général de l'ornementation. Mais peut-être doit-on regretter que cette table ne permette de s'asseoir qu'à deux de ses quatre côtés? Après tout, c'était peut-être le désir de l'artiste? Les chaises sont bonnes, elles aussi, simples, agréables d'emploi, et d'un bon aspect. Mais le buffet est plus critiquable. On peut y reprocher l'égalité de volume des deux corps, supérieur et inférieur, et surtout, l'ajouration de la partie supérieure du fond que rien n'imposait. Mais le bois est bien choisi, et la

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Art et Décoration sculpture très bien traitée. Les panneaux et les petits chapiteaux ont du style, dans la sobriété et la simplicité de leurs lignes. Les envois de M. Jallot, si l'on y peut découvrir quelques défauts, parfois, ne peuvent cependant jamais laisser indifférent. M. Selmersheim expose une chambre à coucher intéressante, et son chiffonnier est curieux de disposition. Plus loin, nous trouvons M. Lambert. C'est toujours l'artiste ingénieux que nous connaissons, et l'on prend plaisir à retrouver périodiquement ses envois. La pièce de citronnier et cuivre, dont il nous montre un petit coin seulement, est très simple de structure, et d'une harmonie charmante. La cheminée est, elle aussi, d'une grande simplicité de formes, et d'une ornementation en clous et cuivre découpé pleine de caractère. Le meuble d'angle est curieux d'arrangement et bien pratique, avec ses grandes portes donnant accès soit à une penderie, soit à un débarras; et la tablette bibliothèque du haut du meuble le surmonte heureusement. La table est d'une bonne construction; mais on peut regretter un peu de lourdeur dans la chaise. Le thème général de l'ornementation, repris dans les cuivres découpés, est celui de la vague stylisée formant la frise du coin à droite. M. Lambert en a fait découler des arabesques d'un heureux arrangement. Le style de M. Bellery-Desfontaines est tout autre, M. Lambert tire un grand effet de la simplicité. Bellery-Desfontaines a une vision plus riche en motifs ornementaux. La chambre à coucher du D'T..., qu'il expose, en est une preuve nouvelle. Cet ameublement est d'une inspiration curieuse, un peu chargé peut-être. Le lit est d'une forme simple et rationnelle. L'idée du pommier chargé de fruits d'or en abritant la tête est amusante. Le motif est un peu lourd cependant. L'armoire semble être, à mon goût, la pièce la plus réussie de l'ensemble. Quoique un peu compliquée d'ornementation, elle n'en a pas moins un caractère certain. L'idée des pentures formées d'ombelliferes en fer forgé et clous de JALLOT

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L'Art Décoratif au Salon de la Société Nationale 163 Intérieur. TH. LAMBERT cuivre rouge est d'une heureuse réalisation. Et les quatre panneaux en cuivre repoussé sont, eux aussi, d'une exécution parfaite. Un tel meuble, d'une ornementation aussi touffue, fait très bien isolé. Mais en ensemble, avec d'autres meubles traités de façon aussi riche, ne doit-on pas craindre la surabondance de l'ornementation? La psyché d'angle me semble lourde et peu féminine, avec son grand motif de fer forgé; et le fauteuil pourrait être plus léger, destiné lui aussi à la femme et accompagnant le petit bureau. Ce dernier est charmant, et la lampe qui en orne l'angle, verrine protégée par des feuilles d'ancolie en fer forgé, est très heureuse de composition, et supérieurement exécutée par Szabo-Renou. Des dessins d'exécution accompagnent cet important envoi, et montrent bien, par leur conscience, que Bellery-Desfontaines entend prendre toutes les responsabilités, et ne se repose pas uniquement sur ses collaborateurs. Il est bien maître de l'œuvre, et cette œuvre sort de lui-même composée de toutes pièces. Avec M. Dufrène, nous revenons à un ensemble d'un caractère moins particulier. Sa chambre à coucher est, comme toujours dans les envois de cet artiste, sobre et distinguée dans la ligne et dans la coloration, malgré un violet un peu cru dans la frise. Mais chaque meuble est bien composé, et l'ensemble fait très bien. Les motifs marquetés sont simples et d'une bonne exécution, et un tapis est à remarquer. C'est là un excellent envoi. Dans le petit salon de M. Follot, on peut regretter l'indécision des lignes; et M. Gal-lerey fut souvent plus heureux que dans l'envoi qu'il a fait cette année.

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Art et Décoration Avec M. Gaillard, nous trouvons un excellent meuble, d'une très bonne composition et d'une exécution parfaite. Comme on le voit, l'ensemble des mobiliers et des meubles détachés est loin de manquer d'intérêt, quoique ne nous révélant pas un talent nouveau ou une œuvre particulièrement forte. Dans les émaux, au contraire, de nouveaux venus viennent apporter une note personnelle. On ne saurait être étonné, d'ailleurs, qu'une matière aussi belle, aussi somptueuse que l'émail tente les artistes. Seule, sa main-d'œuvre assez délicate, et les difficultés à surmonter dès que l'on veut sortir des banalités courantes, peuvent les rebuter. Ces considérations n'arrêtent certes pas la Princesse Ténicheff, qui nous montre un envoi considérable, aussi bien par l'intérêt des œuvres exposées que par le labeur que leur réalisation a dû imposer à l'artiste. L'inspiration, de caractère essentiellement russe et personnel tout à la fois, est infiniment curieuse ; avec une robustesse, une rudesse et je dirai même quelquefois une barbarie qui en accentuent singulièrement le caractère. Et, à côté de ceci, une délicatesse de vision infinie, une recherche d'harmonies, un peu grises, d'une extrême distinction, et qui révèlent un œil d'artiste extrêmement aigu, sensible aux accords de tons les plus délicats. Or, ce sont là, en émail, de très grandes difficultés à vaincre. Les tons purs y sont d'une pratique courante. Les gris doivent être composés de toutes pièces, et les recherches, les tâtonnements indispensables, en sont pénibles et longs; ces recherches doivent, en outre, reposer sur des connaissances approfondies de la constitution chimique des émaux, connaissances que bien peu d'émailleurs possèdent. Nous n'énumérerons pas ici chacune des pièces constituant cet envoi. Toutes intéressent à des titres divers. Le plat que nous reproduisons en couleurs est peut-être cependant la plus réussie. La composition en est bonne, et la coloration, d'une gamme extrêmement fine, BELLERY-DESFONTAINES

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L'Art Décoratif au Salon de la Société Nationale 165 Armoire. BELLERY-DESFONTAINES