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ART et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne --- Sommaire - Charles Cottet - Léonce Bénédite - Pierre Roche - Paul Vitry - Concours de Février - E.G. - Planches hors-texte : - Etude - Procession - Jour de Fête - CHARLES COTTET --- AVRIL 1904 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LAFAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. 8e Année, N° 4.

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. VAUDREMER, GRASSET, JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY, LUCIEN MAGNE, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT --- Abonnement annuel : PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr. ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 fr. Prix de la Livraison : 2 francs L’Année parue ...

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Charles Cottet Qu'on se reporte un instant par le souvenir vers les Salons d'il y a une dizaine d'années — pour préciser, si l'on veut, à la date de 1895 — et particulièrement à l'Exposition de la Société Nationale des Beaux-Arts, alors installée dans ce palais du Champ-de-Mars qui lui a laissé son nom, on se rappellera assurément l'impression produite par un petit nombre de peintures qui contrastaient étrangement avec le milieu environnant. Dans le développement intensif, poussé parfois jusqu'à l'exaspération, des notations analytiques de phénomènes lumineux qui dépassaient souvent par leurs audaces, pour ne pas dire leurs témérétés, toutes les hardiesses si vivement reprochées aux impressionnistes, on remarquait avec étonnement et presque avec mauvaise humeur quelques expositions qui semblaient afficher un goût paradoxal pour les couleurs sombres. Whistler et Carrière n'étaient plus les seuls à s'enfermer dans la nuit et dans le mystère. Ce n'était pas, certes, un groupe organisé; il y avait ici quelques étrangers venus principalement d'Écosse et formés, peut-on dire, dans le cône d'ombre de Whistler; il y avait là quelques Français, sortis on ne savait d'où et poussés de la veille, comme des champignons. Leur nom assez obscur, lui aussi, ne représentait point encore d'individualité, mais on les réunit plus ou moins arbitrairement avant que de mutuelles sympathies ne les rapprochassent et on les baptisa d'un nom collectif : la bande noire. A cette heure, celui qui

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Art et Décoration paraissait le plus combatif, le plus turbulent, le plus inquiétant pour la paix publique, était un jeune homme de trente ans, trapu, robuste, énergique, bâti pour la lutte et dont le visage très coloré était encadré de cheveux frisés en désordre et de la plus magnifique barbe rousse. Les traits, massés fortement et accusant le croisement de plusieurs races montagnardes, Pour être exact, à cette date de 1895, Cottet n'était pas, au sens propre du mot, un inconnu. Il avait déjà six expositions antérieures aux Salons; deux ans auparavant, il obtenait les honneurs du Luxembourg, et l'année précédente, il se voyait décerner une bourse de voyage. Mais il n'avait guère fait naître encore que des espoirs et ces espoirs, ceux recevaient une animation expressive par deux yeux pétillants d'ironie, deux yeux terriblement intelligents sous un front élevé et songeur, un nez charnu aux narines ouvertes et aussi un sourire où je ne sais quel sentiment de bienveillance foncière le disputait à la malice. Et, au repos, cette physionomie spirituelle, sensuelle, batailleuse et résolue, prenait un caractère de réflexion, de gravité, de rêverie qui dévoilait toute l'intensité de la vie intérieure et la profondeur dissimulée de cette nature sentimentale. C'était Charles Cottet. qu'on appelle « les bons esprits » s'accordaient à dire qu'il les avait décus. C'est que ce qu'on avait surtout apprécié en lui jusqu'alors, c'était le paysagiste. Dans ce sens, il est vrai, il avait mis très peu de temps à trouver un filon personnel. Avec ses barques de pêche frissonnant sous les Rayons du Soir, avec ses nuages gonflés rasant l'horizon pour remonter dans une apothéose de lumière vermeille, son petit port de Camaret aux eaux miroitantes découvrait une Bretagne comme nouvelle et offrait des aspects de la mer et du

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Charles Cottet ciel une vision assez inattendue. Ces paysages de ciels et d'eaux empourprés par le couchant, qui devaient pulluler dans nos Salons, car la formule en demeure pour ainsi dire classique, commençaient dès ce moment à intéresser les jeunes peintres et surtout les membres des nombreuses colonies artistiques établies dans toutes les déchirures de la côte bretonne. Mais on avait toujours fait des réserves sur ses figures, et si on acceptait plus ou moins des embarras et des gaucheries dans les moyens d'expression; mais loin d'y voir l'effort laborieux, la lutte probe et consciencieuse d'un tempérament qui cherchait à se dégager et peinait douloureusement pour trouver le mot propre, la langue nécessaire en vue de traduire un idéal déjà tout formé ; on accusait Cottet de préméditation, on lui supposait quelque programme anarchique et on le traitait volontiers d'impressionniste. ses sujets, on n'admettait pas la gamme dans laquelle il prétendait les traiter. Quand parut son Enterrement, justement en 1895, il fut entendu que « c'en était fini de lui ». Le tableau fut bien acheté par l'Etat; ce fut, pourtant, je l'avoue, plutôt par un reste de faveur, en souvenir du Port de Camaret. On faisait sur ce tableau de L'Enterrement et sur ceux qui l'accompagnaient maintes critiques, dont certaines, en elles-mêmes, n'étaient pas tout à fait injustes. On leur reprochait des insuffisances dans la construction et le modelé, Impressionniste !... Il en était pourtant bien loin, juste au pôle opposé. Et cependant, chose curieuse! c'était de ce point de départ qu'il s'était mis en marche. Ceci nous oblige à dire un mot de ses origines. Charles Cottet est né au Puy en 1863, d'une famille savoyarde. On sait quelles attaches il a gardées avec la petite patrie ancestrale, où le foyer familial est revenu se constituer depuis longtemps et avec quel sentiment filial de tendresse compréhensive il en a traduit les crêtes neigeuses et les belles et larges eaux bleues.

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Art et Décoration Ses études classiques terminées, il se consacrait d'emblée à la peinture qui l'avait toujours sollicité ardemment, non sans se laisser tenter aussi par la poésie et sans rimailler quelques vers selon le goût du jour. On dit que l'on garde toujours quelque trace des premiers enseignements reçus. Le premier maître de Cottet fut M. Maillard (Diogène-Ulysse-Napoléon), très et si ce second maître put avoir quelque influence sur l'élève, ce fut assurément moins par les corrections reçues que par les sympathies qui s'établirent plus tard entre eux. On a fait encore de Cottet l'élève de Puvis de Chavannes. Ici encore point de direction réelle, point même de corrections ni d'enseignement à l'atelier. Mais, cette fois, une action "Pays de la mer" Mauvaise Nouvelle honorable artiste écrasé par son état civil. Je laisse à d'autres le soin de découvrir les rapports qui peuvent exister entre le talent de l'élève et celui du maître. En réalité, l'impatient jeune homme ne fit pas long feu à l'école; il ne se sentait pas en état de subir, même sur ce mode nouveau, la préparation d'un autre baccalauréat. Il s'échappa donc et chercha un refuge dans l'atelier de Roll où, assurément, il devait se trouver plus à son aise. Il n'y resta guère, pourtant, plus de deux ou trois mois, incontestable, des leçons qui produisirent leur effet, une orientation donnée, par les conseils bienveillants, paternels, toujours d'une si haute clairvoyance, de ce grand artiste qui fut aussi un si grand et si lumineux esprit. Cottet, à ce moment, s'essayait surtout au paysage. Il peignait dans la campagne, il peignait dans les rues de Paris. Son œil éveillé cherchait la notation délicate des rapports entre les choses, des accords naturels. C'est sa période analytique et aussi sa période impressionniste, car ces

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Charles Cottet deux termes vont ensemble. De ces débuts, on peut dénicher encore dans les recoins de son atelier certaines petites études fines, claires, grises, qui font penser à quelque Lépine. Son premier Salon nous reporte à 1889. A cette date, vous le voyez déjà établi à Camaret, dans cette Bretagne qui venait de le prendre et qui le reprendra toujours, car c'est dans la contemplation de ses rochers, s'ouvrit, rue Le Peletier, chez un marchand de tableaux, décédé depuis, Le Barc de Boutteville, une petite galerie où se rallièrent les génies en herbe qui allaient révolutionner le monde. Car c'est bien ainsi qu'ils comprenaient leur rôle, si j'en juge par une préface de catalogue que j'ai en ce moment sous les yeux. Il y avait là, comme toujours, parmi ces jeunes Impressionnistes et ces jeunes Symbolistes, " Pays de la mer " Deuil de sa mer et de son ciel qu'il se découvrit. Ce n'est pourtant pas au Salon qu'il perça d'abord. A cette heure où les expositions privées, où les petits salonnets étaient assez rares, les curieux de peinture pouvaient encore s'intéresser à suivre avec fruit le développement des jeunes personnalités indépendantes qui essayaient de se grouper à l'écart des manifestations régulières, à l'imitation de leurs ainés. Non loin de la galerie célèbre de la rue Laffitte où s'étaient réunis les impressionnistes, groupés au 47, rue Le Peletier, plus d'un de ces révolutionnaires chez lesquels le talent était surtout supplée parce qu'ils appelaient une absence complète de préjugés; mais il y avait aussi quelques figures intéressantes qui devaient prendre plus tard une place plus ou moins importante, mais du moins individuelle, dans le mouvement de leur génération. On peut y citer Anquetin, Emile Bernard, Maurice Denis, le pauvre Dulac, Toulouze-Lautrec, Vuillard, Bonnard, Zuloaga, etc., et sans

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Art et Décoration oublier, d'une part, Lepère et Willette et, de l'autre, Gauguin et Van Gogh. Ce n'était pas, on le voit, un milieu indifférent. Cottet en fit partie intégrante deux années durant, je crois, et c'est là que ses tableaux furent pour la première fois considérés avec attention par les amateurs ou les curieux. Mais bientôt, nous l'avons vu, les succès lui vinrent au Salon même; la scission des expositions avait d'ailleurs fourni aux plus belliqueux un terrain de lutte plus vaste et plus glorieux. Ce fut désormais sur ce champ qu'il circonscrivit ses plus importants efforts, bien que certains autres groupements, auxquels il adhéra plus tard, n'aient pas été sans intérêt pour la formation décisive de sa personnalité, grâce aux rapprochements qu'ils opérèrent entre des tempéraments attirés par des sympathies mutuelles. N'est-ce point, en effet, à la Société Internationale et plus tard la Société Nouvelle que Cottet et Simon, déjà intimement liés, furent mis en contact plus constant avec J. Blanche et Zuloaga? A partir de ce jour, Cottet se concentre encore davantage. La critique et la malignité ne pouvaient qu'aiguillonner son ambition d'imposer la conception qu'il se faisait des choses de la vie avec une conscience chaque jour plus haute et plus réfléchie. Il y apporta une ténacité et une patience, il y mit une application et une attention qui dénotent le fond solide et volontaire de sa nature montagnarde. Sa propre nature s'était, d'ailleurs, depuis longtemps bien nettement dévoilée à lui. Si épris qu'il fût des réalités, il sentait qu'il ne pouvait les concevoir d'une façon tout objective. Il discernait, sans doute, exactement ce qu'il pouvait attendre des facultés exceptionnelles de sa sensibilité organique et plus d'une fois nous le verrons s'essayer à les employer seules en désintéressant sa personnalité morale des spectacles représentés. Ses paysages lumineux d'El Kantara, ses vues si puissantes et si imprévues de la Haute-Egypte, où il se rendit en 1894, après l'obtention de sa bourse de voyage, la série fantasmagorique de ses marines vénitiennes, qui font de lui un orientaliste à part, sont conçus d'une manière plus spéciale dans une sorte d'épanouissement de joie visuelle. Plus tard encore nous le verrons se livrer à des représentations d'un caractère tout extérieur, d'une nature toute sensualiste, comme par exemple cette magnifique Procession, aujourd'hui au Musée de Venise, où il se plaît à déployer dans la fraîcheur de l'air matinal les blancheurs des voiles et des cornettes, les roses des bannières et des baldaquins, les ors de l'ostensoir et des chasubles, dans la singularité exotique de ce décor breton; comme ses Marchandes de cochons, ou encore comme ce Repas sur l'herbe, étalant en pleine lumière un groupe de jeunes filles aux costumes bariolés, où les tons en à-plats francs et purs sont accordés avec une science toute musicale des couleurs, par leurs rapports, leurs juxtapositions et leurs jeux avec les neutres. Mais il faut voir là, surtout, de savants exercices d'ordre exclusivement pittoresque, la résolution poursuivie de certains problèmes imposés par son esthétique propre, attentive, scrupuleuse, inquiète sous des apparences de fougue, ardente à apprendre, curieuse de savoir par elle-même et prête hardiment à toujours risquer. Problèmes de formes, problèmes de matières, problèmes de colorations, problèmes surtout de rapports, il faut voir dans ces remarquables travaux des études particulièrement élevées d'entraînement. Cela établit bien, quoi qu'il en soit, que nous sommes en face d'une nature essentiellement « peintre », sacrifiant, au besoin, l'exactitude littérale à la vérité artistique, mais incapable d'aucun compromis, d'aucun moyen à côté pour renforcer la signification morale de ses compositions. Car, et Cottet le notait aussitôt lui-même, son réalisme était éminemment subjectif. Ce qu'il recherchait dans le spectacle des choses, c'était soit ce qu'elles éveillaient en lui de sensations, d'émotions ou de réflexions, soit ce qu'il découvrait en elles de lui-même. Comme son grand ancêtre Géricault, il voulait trouver devant l'image de cette vie qui est la vie des hommes de tous les temps, mais qui est en particulier la nôtre, un écho sonore de son âme généreuse, enthousiaste, impatiente, impressionnable, attendrie et pitoyable, douce aux petits, aux humbles et aux déshérités, en sympathie universelle avec tous les êtres et toutes les choses; il voyait donc ces spectacles dans leur relation avec son humanité en même

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Art et Décoration temps que dans leur relation avec le tout. Du moment que l'on aspire à prendre, pour thème au travail de l'imagination, des scènes de la vie contemporaine, il est nécessaire, jusqu'à un certain point, de déterminer les êtres et de situer les lieux. Si général que doive paraître le caractère de l'œuvre, le prétexte doit rester particulier. Il fallait donc choisir soit dans la vie bourgeoise, soit dans la vie populaire et, dans celle-ci, se décider pour le peuple des villes, ou pour celui de la campagne ou encore pour les gens de la mer. Ce fut ceux-ci qui arrêtèrent le choix de Cottet. La Bretagne l'avait d'abord attiré par le charme austère et la grandeur mélancolique de ses paysages maritimes. Elle le séduisit ensuite, comme elle en avait séduit tant d'autres, par le pittoresque de ses aspects, de ses moeurs, de ses costumes, par sa singularité, et pour tout dire, par cet exotisme qu'il avait été chercher en Algérie et en Égypte ou encore en Hollande. Ce n'était point là, d'ailleurs, un phénomène nouveau, et si la part faite à la Bretagne dans l'inspiration artistique par Cottet et par Lucien Simon a créé toute une école bretonne, on peut se souvenir que le même cas s'était identiquement produit, autour de la date de 1848, à la suite des frères Leleux, de Penguilly L'Haridon, d'Antigna, de Guillemin, de Luminais, etc., et qu'une vraie petite école bretonne avait été créée par ces réalistes de la première heure qui avaient cherché sur ces côtes découpées, en des réalités pittoresques, l'association de la vérité et de la beauté que d'autres allaient demander à l'Italie ou à l'Orient. Ce qui l'intéresse donc en premier lieu, c'est la vie de ces êtres, nouveaux pour lui, qu'il contemple dans les rapports avec la nature environnante, avec leur décor de petites maisons, de ports étroits, de barques et de voilures, avec l'éternel accompagnement de la mer et du ciel. Tout d'abord, il les observe, il les exa-

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Charles Cottel --- Port de Camaret. Lueurs du soir mine, il les apprend; il entre peu à peu en eux. C'est la période, on ne pourrait pas dire de description, tant le mot serait loin du mode de procéder qui n'a rien d'analytique, mais d'impressions, de sensations. C'est alors qu'il peint les Promises, les Fritousens, le Pardon de la Saint-Jean à Landraudec, le Départ pour la pêche ou la Sortie des barques de pêche, mêlés à des vues déjà tourmentées de paysages orageux, tableaux graves et songeurs où reste encore, ici et là, la trace des anciennes préoccupations vers les notes claires, et qui sont coupés par les éblouissantes visions des oasis d'El Kantara et de la vallée du Nil. Mais au retour de ces deux grandes échappées, il se confine tout entier dans le petit port breton de Camaret, au terme de la péninsule, à l'extrême occident du monde, en face de la mer infinie ou du moins de cet infini limité qui suffit à l'humilité de l'homme. Il s'y enferme avec cette nature simple, grandiose et sauvage, avec cette population primitive et contemplative, et cette fois il est bien pénétré par l'une et par l'autre, il est bien mêlé à elles; il n'est plus amusé, intéressé par les aspects purement formels; une signification plus haute se dégage pour lui des rapports de cette humanité avec le coin étroit de l'univers où ses foyers sont fixés ainsi que des bigorneaux sur les rochers. Et comme Millet avait peint les luttes du paysan avec la glèbe et avec les saisons, il voulut, à son tour et à sa façon, après bien d'autres sans doute, peindre les luttes épiques du marin avec les flots. Mais dans la lutte, il n'était pas frappé par l'action. Son esprit généralisateur dédaigne le fait, l'épisode, et son âme, contemplative comme l'âme bretonne elle-même, est peu encline au drame. Il voyait surtout le pathétique. Et sa vision était conforme au caractère local de cette race, résignée, silencieuse, acceptant dans un mélange de fatalisme et de religiosité, les