Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne --- Sommaire - Adaptation du Décor à la Forme M. P.-VERNEUIL - Salon d'Automne GEORGES RIAT - Bas-Reliefs peints GABRIEL MOUREY - Un Cabinet de Toilette MAURICE GUILLEMOT - Planches hors texte : - Cabinet de Toilette - Vue d'ensemble - Piscine en mosaïque d'émail E. M. SIMAS --- DÉCEMBRE 1903 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LA FAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. 7° Année, N° 12.

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. VAUDREMER, GRASSET, JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY, LUCIEN MAGNE, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT --- Abonnement annuel : PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr. ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 fr. Prix de la Livraison : 2 francs L’Année parue ...

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Adaptation du Décor à la Forme Les problèmes intéressants proposés à l'artiste s'occupant d'art décoratif sont nombreux, certes, et il serait d'un grand intérêt, dans cette revue, d'étudier les principaux d'entre eux. Et s'il est excellent de poser et d'étudier ces problèmes, n'est-il pas plus intéressant encore de les faire résoudre par les principaux artistes décorateurs, et d'en mettre les solutions sous les yeux de nos lecteurs? C'est ce que nous avons pensé, certains que tous sauraient y trouver un intérêt, et que plusieurs y trouveraient en outre un enseignement précieux. Lorsqu'il compose, le décorateur doit tenir compte des deux grandes lois qui régissent l'Art décoratif; ces lois sont simples, mais essentielles cependant, et peuvent se formuler brièvement. L'artiste doit adapter les formes ornementales qu'il emploie aux espaces qu'il a à décorer; en outre, et en même temps, il doit adapter ces mêmes formes ornementales aux exigences de la matière mise en œuvre. N'est-ce pas en cela, du reste, que consiste l'interprétation, en grande partie du moins, laquelle se borne à prendre un élément nature et à l'amener à l'état d'élément ornemental? Mais qu'entend-on par ceci : adapter une forme ornementale à un espace donné à décorer? Il existe plusieurs manières de décorer une forme donnée, deux manières générales, tout au moins. Prenons un exemple; soit une forme rectangulaire, un dessus de boîte. Dans la première de ces manières, découpant au hasard, semble-t-il, dans une ornementation déjà faite, l'artiste prélève un rectangle égal à celui qu'il a à décorer, et applique cette ornementation, que rien ne préparait à un tel usage, à la décoration de son dessus de boîte. Notez bien que c'est ici un fragment d'ornementation appliqué après coup, pour ainsi dire, sur une surface quelconque. On aurait aussi bien, par le même procédé et avec M. P.-VERNEUIL

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Art et Décoration le même motif, décoré un cercle, un triangle, une forme tout autre. Disons de suite que, quoiqu'il se présente trop souvent à nos yeux, un tel procédé est indigne d'un artiste. Que devient ainsi la composition raisonnée? Qu'en face d'une forme donnée à décorer le décorateur ne songe pas que l'ornementation doit être spécialement composée, et qu'elle doit être strictement contenue dans cette forme, est inadmissible; à moins cependant qu'un effet voulu et prévu d'avance, ne l'amène à composer autrement son dessin. Mais encore, dans ce cas, s'arrangera-t-il toujours pour que sa composition ait l'aspect voulu, indiquant clairement que son intention était de lui donner ce caractère, et que ce n'est pas là un passe-partout, un pis aller employé au petit bonheur. Mais, que dire de ces ornementsations où les motifs sont coupés à plaisir, semble-t-il, et où ces fragments sont rendus par cela même plus ou moins incompréhensibles? Et ne doit-il pas être admis, en art, et cela avant toute chose, que chaque décor doit être composé spécialement pour chaque forme qu'il a traste voulu, et d'un bon effet, entre la matière à décorer? Sans cela, à quoi se réduirait le rôle de l'artiste? A composer des ornementsations passe-partout, bonnes à tout, semblerait-il, et bonnes à rien dans le fond. Or, le rôle du décorateur est tout autre et plus haute est la mission qui lui est départie. Suivant le cas, en raisonnant sa composition, l'artiste saura affirmer puisamment une forme ou, au contraire, la masquer en quelque sorte. Et nous verrons, par les exemples reproduits ici, que chaque principe a ses partisans et ses défenseurs. Donc, nous abandonnons, comme sans intérêt pour nous, l'ornementation non composée spécialement pour la forme. Il nous reste donc à étudier les moyens que peut avoir à sa disposition, pour orner une forme donnée, l'artiste soucieux de la perfection de son œuvre. Parmi ces moyens, ces partis, deux principaux se dégagent; ou bien l'artiste veut orner toute la forme, la couvrir d'un décor homogène; ou encore, le décor sera localisé à une seule partie de cette forme, le reste demeurant sans ornementation. Il peut y avoir là un con- M. DUFRÈNE

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Adaptation du Décor à la Forme nue et la matière ornée, l'une faisant valoir l'autre. C'est un principe, du reste, que les Japonais ont parfaitement compris, et qu'ils ont fort souvent mis en pratique. Étudions donc, pour commencer, à quels partis peut s'arrêter un artiste voulant couvrir une forme d'un décor homogène, et pour exemples, prenons les quelques motifs qui ornent la première page de cet article. Un examen rapide nous permet de constater que cinq principaux systèmes d'ornementation peuvent être employés, systèmes que nous dénommerons ainsi : la symétrie, la symétrie partielle, la fausse symétrie, la symétrie sur fond non symétrique, enfin la composition libre. Mais toujours, et avant tout, quel que soit le système de composition employé, il convient de dire que toute composition ornementale peut se borner à ceci : harmonie de lignes, équilibre de masses et de valeurs. Nous n'avons pas à nous étendre longuement ici sur la composition en ses principes mêmes. L'harmonie des lignes entre elles s'impose dans toute ornementation; mais encore faut-il que ces lignes s'harmonisent avec la forme qu'elles décorent; qu'elles n'en coupent pas les limites de façon désagréable; qu'elles ne semblent pas déformer cette surface, à moins cependant d'effets voulu et escomptés d'avance; car de ces derniers effets, le décorateur peut tirer d'excellents partis. Ainsi, par exemple, prenons un rectangle. Si pour une raison quelconque le désir survient au décorateur de changer les proportions apparentes de ce rectangle, rien ne lui est plus facile. Il n'a qu'à l'orner de telle façon que des lignes s'accusent fortement dans le sens où la proportion doit paraître s'agrandir. Pour préciser d'une façon schématique, un rectangle couvert de lignes accusées et parallèles à un de ses côtés semblera s'allonger dans la direction de ces lignes. De même, un cercle orné de façon identique de lignes parallèles semblera se transformer en un ovale d'autant plus accentué que les lignes le seront elles-mêmes. Quant à l'équilibre des masses et des valeurs, la chose s'explique seule. Il est certain que pour obtenir une composition parfaitement homogène, si tel est son désir, le décorateur doit régler de telle façon la disposition des parties constitutives de sa composition, que leurs masses se balancent et s'équilibrent dans les différentes parties et dans l'ensemble de la composition. De même M. DUFRÈNE

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Art et Décoration Page 372 Les valeurs des colorations de ces masses doivent, elles aussi, être l'objet des mêmes soins. L'équilibre peut ainsi être établi pour l'ensemble de la composition suivant un axe ou des axes. Mais ces considérations se confondent un peu avec celles qui vont suivre, et qui ont pour objet les principes de la composition énoncés plus haut. Qu'est-ce qu'une composition symétrique? Chacun le sait, et il est peu nécessaire d'y insister. Étant donné, par exemple, un cercle divisé par un diamètre, si toute l'ornementation placée à gauche du diamètre est rabattue à droite, le diamètre servant de charnière, on obtient une symétrie ornementale, c'est-à-dire que tout ce qui se trouvera à gauche du diamètre faisant axe se retrouvera à droite et retourné. Naturellement, une ornementation peut être symétrique suivant un ou plusieurs axes. C'est du reste ce que nous verrons par la suite dans nos exemples. Dans l'entête de ce chapitre, la composition du centre est symétrique par rapport à un axe vertical unique. C'est là la façon la plus simple, et, disons-le, la plus rapide et la plus sûre, d'équilibrer une composition. Le désir de varier un peu, de donner un peu d'imprévu à des compositions d'aspect un peu trop régulier, pousse rapidement à chercher autre chose. Vient alors la symétrie partielle. Ici, une partie seulement de la composition se trouve symétrique. C'est le cas, par exemple, du motif de droite de l'entête de ce chapitre. Les deux fleurs sont absolument symétriques par rapport à un axe vertical. Mais par contre, les tiges et les feuilles, n'obéissant plus à la même loi, viennent rendre moins monotone la composition, y apporter de l'imprévu. Il va sans dire que l'axe de symétrie pourrait être tout autre, et passer suivant la diagonale du carré, par exemple. Mais un peu de raideur subsiste, cependant, dans la symétrie partielle. La fausse symétrie devait apporter à la composition plus de liberté encore, tout en lui laissant cet aspect de bel équilibre qui souvent plaît à l'œil. Mais dans la fausse symétrie, cette symétrie n'est qu'apparente, et si des masses équivalentes, des valeurs semblables se balancent suivant un axe, il est cependant facile de remarquer que là s'arrête la symétrie, et que le dessin, les détails sont au contraire absolument dissemblables. C'est le cas du carré de gauche dans notre entête, et nous avons à faire, ici, à une symétrie de masses et non plus à une symétrie de formes. Un autre parti se présente, qui est celui-ci : derrière un motif ornemental à principe symétrique, passe un motif secondaire qui ne l'est pas. L'effet est mixte, semble-t-il, et donne un peu un aspect de symétrie fantaisiste. Voir certains des dessins de M. Mucha dans cet article. E. BENEDICTUS

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Adaptation du Décor à la Forme En dernier lieu, vient la composition entièrement libre, où le compositeur ne se trouve plus astreint à d'autres règles qu'à celles du bon résultat, ainsi qu'à celles de sa fantaisie. Nous allons maintenant passer en revue les différentes séries où, dans des formes semblables, plusieurs artistes ont inscrit des ornementsations. Nous y retrouverons les différents principes de composition que nous venons d'énumérer. M. Dufrène affectionne un genre moyen entre l'interprétation directe des formes naturelles et la réalisation de formes purement conventionnelles. Il use de la fleur; mais la flore qu'il aime lui est propre, et ne peut pas, le plus souvent, être rattachée directement à la flore naturelle, même interprétée. Ses plantes sont fantaisistes, mais sans avoir cependant dans leurs éléments cette invraisemblance que les fantaisistes ne savent pas assez souvent éviter, et qui étonne. Ses plantes n'existent pas, mais elles pourraient exister. Elles sont construites d'une façon rationnelle; elles ne choquent pas le spectateur, elles semblent tirées de la nature. De cette flore, l'artiste tire un excellent parti, et il nous le montre, sans s'en tenir à elle, cependant, puisque l'une de ses compositions est ornée des seules formes linéaires. Le rectangle que M. Dufrène nous présente est un dessus de coffret aux ornementations laquées. Son système de composition est simple, et comporte un axe parallèle au plus grand côté de la forme. Le parti décoratif est symétrique suivant cet axe. Les masses y sont bien équilibrées, et la composition pleine est bien homogène. L'ornementation, aux formes souples, couvre ici toute la surface donnée, avec quelques ajours intérieurs, cependant. Dans le cercle, au contraire, cercle qui représente un napperon de dentelle, une partie vide est réservée au centre. La destination même de l'objet, un dessous de carafe, indiquait ce parti comme le plus rationnel. Aussi l'artiste a-t-il su s'y arrêter de suite. L'ornementation E. BENEDICTUS

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Art et Décoration Page 374 Text Content est donc limitée par deux cercles concentriques, mais elle n'est pas symétrique, cependant. Les masses y sont bien équilibrées et, pour donner à l'œil une certaine assurance, une fausse symétrie y est créée, suivant un axe passant par les deux groupes floraux. Les deux tiges courbées entre les feuilles principales et les feuilles secondaires aident à cet effet. Notons que le cercle est ici orné d'éléments empruntant leurs formes aux lignes courbes de préférence. Est-ce intentionnellement? Et M. Dufrène est-il de cet avis, que plusieurs partagent, qu'un cercle doit recevoir une ornementation exclusivement composée de courbes? Mais peut-être, sans aller si loin, et se souciant peu des systèmes, cherche-t-il avant tout l'ornementation qui fait bien, et qui arrive à le satisfaire? On ne saurait l'en blâmer Dans son triangle, pièce élémentaire d'un jeu de fond de carreaux céramiques, il emploie encore la flore irréelle qui lui est chère. La composition est ici pleine, remplissant entièrement la forme donnée. Elle est de plus symétrique. Fort bien ordonnée, on y remarque un souci évident d'équilibre des masses, des valeurs et des tons. L'harmonie des lignes y est heureuse et l'ensemble agréable, sans sécheresse. Peut-être celle-ci serait-elle à reprocher un peu à l'ornementation du tympan, du même artiste. Mais cela ne tient-il pas surtout à la décoration purement linéaire que M. Dufrène a employée ici ? Ses lignes sont heureuses, du reste, et sa composition symétrique épouse bien la forme tout en l'ornant agréablement. M. Dufrène, dans ces quatre compositions, a fait preuve de son habileté habituelle, et on retrouve dans chacune d'elles ses qualités de fantaisiste, sachant pourtant se garder parfaitement des exagérations puériles où certains artistes dont nous ne parlons pas ici, se sont laissés tomber dans la naïve conviction de créer un style! Autre chose est de créer un style (crée-t-on ainsi spontanément un style, d'ailleurs?), et de donner du style à ses compositions. Si M. Dufrène n'a pas la prétention de revendiquer la gloire du créateur, il sait du moins, et nous l'en félicitons, donner à ses ornementations un style qui leur est propre, et qui s'affirmant peu à peu, contribuera à accuser la personnalité de leur auteur. A. MUCHA

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Adaptation du Décor à la Forme M. Bénédic-tus a, lui aussi, le désir d'imprimer à ses compositions, une em-preinte particulière. Sa styli-sation est facilement reconnaissable entre plusieurs. Pour ne pas s'arrêter absolument à ce que lui donne la nature, il lui demande, le plus souvent cependant, les principes de ses ornementsations. La flore et la faune l'attirent également, et des éléments puisés dans les deux règnes, il sait tirer un parti excellent. Dans son rectangle, l'ordonnance de l'ornemention est double, pourrait-on dire, et une partie de la surface est laissée libre de toute décoration. Un premier parti comporte un mouvement double et symétrique de deux lézards courbés se détachant sur un second parti de feuillages, localisés en une forme définie. Ici donc, le parti général est symétrique, suivant un axe parallèle au plus petit côté du rectangle. L'ensemble est bien ornemental, et d'un bon effet décoratif. M. Bénédic-tus, pour l'ornementation de son cercle, a choisi, lui aussi, des mouvements courbes. Divisant en trois parties égales la surface donnée, il y a inscrit une ornementation qui semble s'y répéter trois fois. Ce n'est cependant qu'une fausse similitude, car si les feuillages et les tiges sont trois fois identiques, les fleurs, elles, varient sans se reproduire, mettant de la variété là où l'œil non averti ne voit d'abord qu'une simple répétition. L'ensemble n'est pas dépourvu de caractère. Dans le triangle, le parti est moins franc et peut-être moins heureux. Sans doute, la localisation des masses feuillues dans les angles est un bon parti, dégageant le centre de la composition. Mais ne peut-on pas regretter que les tiges, qui cependant restent inscrites dans le triangle extérieur, semblent déformer celui-ci en débordant du triangle intérieur où l'ornementation se trouve presque entièrement localisée? Le traitement des feuillages est d'ailleurs plein d'intérêt, et la composition, entièrement libre de toute symétrie, est fort agréable. Dans l'ornementation de son tympan, l'artiste, qui semble préférer la liberté de la composition à l'asservissement des partis symétriques, n'a songé qu'à équilibrer les masses de fleurs et de feuilles de mimosa dont il lui a plu d'orner la forme. Le décor est charmant, homogène; les lignes des feuilles s'harmonisent ou contrastent agréablement. M. Bénédic-tus est un excellent décorateur. Il sait donner aux éléments naturels qu'il emploie un style particulier, en même temps que sa couleur, pleine de ressources, vient encore ajouter à l'intérêt qu'excite la composition. A. MUCHA

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Art et Décoration Avec M. Mucha, c'est un genre plus aimable que nous abordons; et si ses compositions ont moins de caractère que celles des artistes précédents, peut-être sont-elles plus à la portée du public pour lequel la stylisation est un défaut plus qu'une qualité. Son système de composition est double, en ce sens que dans une même ornementation, il fait voisiner des formes purement conventionnelles avec les éléments nature à peine interprétés. Une décoration florale presque nature occupe le premier plan et sur le fond, une simple forme toute de convention, bien sèche parfois, vient compléter l'ensemble. Dans son rectangle, l'artiste a disposé, d'une façon uniquement pittoresque, une branche de mimosa. Il a veillé, cependant, à ce que la courbe générale de la plante se trouve être agréable. Derrière, surle fond, serpente une des formes dont nous avons parlé plus haut, et qui semblent chères à l'artiste. Peut-être serait-il permis de se demander si les deux systèmes s'accordent parfaitement? L'ensemble n'est pas sans agrément, cependant. Dans son ornementation de tympan M. Mucha s'est arrêté à un parti un peu moins libre. Il s'est plié aux exigences de la symétrie, sans renoncer pour cela à ses fonds ornés habituels. Des roses épanouies et des boutons de la même fleur ont été les éléments ornementaux dont il s'est servi. Dans son triangle, le parti ornemental est le même; seule, la fleur employée est changée, et c'est l'œillet qui a eu la préférence. Dans son ornementation de cercle, M. Mucha a affirmé son parti d'ornementation. Un cercle doit être décoré non seulement par des courbes, mais, suivant l'artiste, par des cercles complets. C'est ainsi que son ornementation de violettes est limitée par deux circonférences, non concentriques cependant. Les éléments nature y sont encore mélangés de lignes conventionnelles et sinuées. On peut préférer au système ornemental de M. Muchad'autressystèmes ornementaux. On doit reconnaître, cependant, qu'il joue envirtuose de celui qu'il a choisi. Les compositions de M. Auriol sont ordonnées d'une façon plus sévère, et, semble-t-il, plus voulue; leur aspect, varié du reste, est ornemental au premier chef. Dans son rectangle, M. Auriol s'est complu à une ornementation libre, d'une flore peu précise, conventionnelle peut-être. Le seul souci de l'artiste a été ici, en dehors G. AURIOL

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Application du Décor à la Forme Page 377 du bon aspect, l'équilibre des masses et l'homogénéité de l'ornementation. Il y a parfaitement réussi, et sa décoration pour une surface rectangulaire présente un aspect bien ornemental et séduisant. Plus strictement limitées aux lignes extérieures des surfaces sont les trois autres compositions du même artiste. Dans le tympan, un axe vertical détermine la symétrie de l'ornementation où crocus et jonquilles fleurissent. A remarquer ici la localisation voulue des notes jaunes des floraisons, groupées en masses équilibrées. M. Auriol, quoique s'inspirant de formes naturelles, des fleurs et des feuilles du liseron, les stylise davantage dans son ornementation d'un cercle. Là, le décor est symétrique suivant deux axes perpendiculaires l'un à l'autre. Cela revient à dire que les motifs symétriques sont répétés quatre fois dans la composition. Celle-ci y est pleine, et le traitement de la fleur, toute de convention, est bien ornemental. Dans le triangle, le même système d'ornementation très stylisée est employé. De même, le décor est symétrique suivant un axe vertical. M. Auriol nous montre ici les divers traitements qu'il fait subir à la forme en la stylisant, en même temps que le souci d'équilibre qu'il apporte à ses compositions ornementales. Ce souci n'est pas moindre dans les compositions que M. Simas nous montre aujourd'hui, si son inspiration dérive d'une autre conception artistique. Celle-ci est beaucoup plus académique, pourrait-on dire, et la fantaisie y tient une place moins importante, assurément. Ceci ne diminue en rien la valeur des œuvres de cet excellent artiste. L'intérêt qu'elles excitent est différent, voilà tout. Dans son ornementation rectangulaire, c'est une allégorie sur l'hiver que nous présente M. Simas. D'abord un parti bien écrit : bordure et division intérieure par une partie cintrée. D'ailleurs, le parti, dans les œuvres de cet artiste, est toujours nettement indiqué. Un bouquet de gui est suspendu à l'arcade le long de laquelle serpentent des tiges de houx, plantes hivernales. Au fond, la neige tombe. Dans les parties latérales, des feuilles mortes Page 48 G. AURIOL