Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne --- Sommaire - J.-C. Chaplain. - GASTON MIGEON. - L'Art dans l'Habitation. - GUSTAVE SOULIER. - Boucles de Ceinture. - Par Obiols. - Gaston de Latenay. - JEAN VIGNAUD. - Armand Point et l'Ate- - lier de Haute-Claire. - G.S. - Planche hors-texte: - Dans le Parc. - Par G. de Latenay. --- AVRIL 1900 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LAFAYETTE PARIS Prix de la Livraison: 2 fr. 4e Année. — N° 4

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. VAUDREMER, GRASSET, JEAN-PAUL LAURENS, CAZIN, FREMIET, ROTY, LUCIEN MAGNE, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT Secrétaire de la Rédaction : GUSTAVE SOULIER --- Abonnement Annuel : PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr. ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 fr. Prix de la Livraison : 2 francs L'Année parue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 francs --- Publicité de “ART & DÉCORATION” Tirage : 11.000 exemplaires Le chiffre de 11.000 est celui du tirage minimum, il représente le nombre des exemplaires destinés au service des abonnements et de la vente au numéro. L’administration de “Art et Décoration” tient à la disposition des intéressés tous les moyens d’investigation nécessaires pour en contrôler l’exactitude. --- Concours mensuels I. La Revue « Art et Décoration » ouvre, chaque mois, un concours d’Art décoratif entre tous ses lecteurs français ou étrangers. II. Les projets devront parvenir affranchis à la « Librairie centrale des Beaux-Arts », 13, rue Lafayette, Paris. Ils ne seront pas jignés, mais porteront un pseudonyme ou un signe quelconque, répété sur une enveloppe fermée contenant le nom et l’adresse du concurrent. III. Le nombre d’envois pour un même concurrent n’est pas limité. IV. Des prix en argent seront décernés pour chaque concours. Le jury se réserve cependant le droit de supprimer ceux-ci en partie ou en totalité au cas d’insuffisance notoire des projets soumis. V. Les projets primés appartiennent à la Revue et pourront y être reproduits. VI. Les projets non primés pourront également être reproduits s’ils sont l’objet d’une mention de la part du Jury. Ils devront être réclamés dans la semaine suivant la publication du jugement dans la Revue. Les demandes d’envoi par la poste devront contenir un affranchissement suffisant pour en couvrir les frais. --- L’Administration de la Revue décline toute responsabilité quant aux projets non retirés un mois après la publication du jugement.

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J.-C. Chaplain --- P ARLER de M. J.-C. Chaplain, c'est marquer une des étapes glorieuses de l'art de la Médaille en notre pays; et sa venue est d'autant plus heureuse que, préparée par de louables efforts pour arracher cet art à la médiocrité du premier quart de ce siècle, elle a su affirmer une renaissance que d'autres, espérons-le, sauront porter plus loin encore. L'état d'abaissement de la glyptique jusque vers 1830 était désolant, on peut le dire, aujourd'hui que nous nous trouvons au point de recul suffisant pour juger sans parti pris. David d'Angers, qui doit à ses médailles bien plus qu'à sa sculpture le plus clair de sa gloire, sut le premier, avec autorité, ramener cet art dans les voies du salut. Après lui, les romantiques, Antonin Moine et Préault, puis Rude, Carpeaux et Chapu, surtout Chapu, firent d'un art, pendant si longtemps asservi à la reproduction, un art indépendant et primesautier. Cette émancipation, Oudiné allait la rendre encore plus complète, et en tirer pendant quarante années un enseignement fécond où ses élèves, Ponscarme et Chaplain, pourraient puiser les grands principes directeurs de leur vie. La médaille de Naudet, par Ponscarme, allait marquer une date mémorable dans l'histoire de la médaille moderne, et J.-B. Dumas put la proposer comme un exemple, dont les graveurs pouvaient tirer profit. Presque toute la séance du 2 mai 1861 de la Commission des Monnaies et Médailles lui fut consacrée. L'hommage était bien mérité; sur cette pièce, la tête apparaît modelée avec une grande délicatesse, les cheveux, excessivement fins, enveloppent la figure, d'une grâce parfaite. Ponscarme avait compris l'erreur de ses prédécesseurs qui polissaient le fond de leurs médailles et obtenaient des figures en saillie se détachant nettement et sèchement sur ce fond. Reprenant le métier au point si remarquable où l'avaient amené les médailleurs antiques, ceux de Syracuse, par exemple, ou l'immortel Vit-tore Pisano, il avait compris qu'une médaille n'est en somme qu'un petit bas-relief qu'il faut traiter comme si la figure et le fond devaient apparaître unis et fondus ensemble. Il supprimait aussi ce listel pointillé qu'on voit sur toutes les monnaies et médailles antérieures, et renonçait heureusement au banal et froid caractère typographique, les lettres venant apporter à la médaille un caractère décoratif approprié, et jouant un rôle analogue à celui que Chéret, Grasset et tant d'autres leur ont fait jouer dans leurs affiches. Avec Ponscarme, l'émancipation était faite; désormais, cet art de la médaille, de nouveau Les Enfants Chaplain. épris de sincérité, allait reprendre allègrement sa marche interrompue pendant un quart de siècle. Comme notre goût finit toujours par

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Art et Décoration l'exiger et l'obtenir, c'est à une vision directe de la nature, spontanément interrogée, que les jeunes artistes durent revenir humblement. Victor Hugo. M. Chaplain fut un des premiers à prendre part à ce mouvement de renaissance de la glyptique. Né à Mortagne le 12 juillet 1839, il entra à l'École des Beaux-Arts le 8 octobre 1857, comme élève du sculpteur Jouffroy et du graveur en médailles Oudiné. Le concours de Rome lui donnait, en 1860, le second prix, et trois ans plus tard, il obtenait le premier grand prix avec une médaille dont le sujet était : « Mercure faisant boire une panthère. » Duc d'Aumale. Dès lors, il exposa presque tous les ans, en 1863, 1864, 1866, 1868, 1869, des bustes et quelques médailles, entre autres celle de l'Exposition Universelle de 1867. De son séjour à la Villa Médicis, M. Chaplain rapporta quelques beaux dessins d'après les œuvres de peinture les plus célèbres de Rome et, de ces premières études, il conserva toujours le style dont les dessins préparatoires de ses médailles ne se sont jamais départis. Le 9 avril 1881, il était élu membre de l'Académie des Beaux-Arts en remplacement du graveur en médailles Jacques-Edouard Gatteaux. Les graveurs en médailles qui, jusqu'à la mort de Jeuffray, en 1826, avaient occupé deux sièges à l'Institut, n'en avaient plus qu'un. Et cela dura jusqu'en 1888, où Jules Ferry. l'élection de M. Roty remit les choses en l'état primitif. M. Chaplain est devenu, depuis lors, le graveur en médailles pour ainsi dire officiel ; il a depuis quelques années partagé ce privilège avec M. Roty. Il n'est pas de médaille commémorative de quelque grand événement de notre vie politique ou sociale que l'un ou l'autre n'ait composée et exécutée. Et quand, tout récemment, le gouvernement se décida à une refonte de notre système monétaire, c'est aux deux artistes qu'il s'adressa pour les monnaies d'or et d'argent. Pour nous borner à l'examen de l'œuvre numismatique de M. Chaplain, nous aurons

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J.-C. Chaplain à étudier un nombre à peu près égal de médailles frappées et de médailles fondues. Il semble s'être adressé au procédé beaucoup plus simple et plus libre de la fonte pour ses médaillons (portraits d'artistes). C'était un retour vers l'art du xve siècle italien, et nulle autre époque ne pouvait fournir de plus beaux exemples de cet art. Il faut dire que les grands maîtres de la médaille, à cette époque, étaient surtout en Italie des peintres et des sculpteurs. Ils s'étaient peu préoccupés des conditions particulières où se trouvait placé le graveur des coins destinés à la frappe et de l'apprentissage technique à faire dans ce métier. Maîtres modelleurs, sans souci des pratiques particulières, ils s'abandonnaient dans leur art à une liberté d'accent, à une variété de manières qui Gérôme. donnaient à leurs œuvres un cachet bien personnel. Aussi les beaux exemplaires de médailles de cette époque, bien vierges, sans retouches après la fonte, ont-ils un charme inexprimable. M. Chaplain semble avoir voulu tenter dans cette série de médailles de revenir à ces heureuses pratiques. Presque tous ses collègues de l'Institut, parmi les artistes, passeront ainsi à la postérité, même si leurs œuvres n'étaient là pour perpétuer leur mémoire. Nous avons ainsi les figures de Paul Baudry, de Gérôme, d'Eugène Guillaume, de Jean-Paul Laurens, d'Henriquel Dupont, de Cabanel, de Meissonier, de Gounod, d'Élie Delaunay, de Bonnat. Aux revers, une figure de la Peinture, de la Sculpture ou de la Musique, accompagnée de ses attributs, dans un milieu ou sur un fond, où quelque détail significatif rappelle le genre où l'artiste s'est illustré. L'arrangement en est Meissonier. le plus souvent ingénieux. Sur la face, les têtes se détachent du fond sans sécheresse, le passage en étant adroitement ménagé. Modelées très savamment, avec le souci de faire ressemblant et de noter les particularités physionomiques du modèle, ce sont d'excellents portraits. A vrai dire, presque tous ces médaillons ne sont que cela, d'excellents portraits. Ce très noble souci qu'a eu M. Chaplain d'avoir voulu transmettre à la mémoire des hommes le souvenir des éminents collègues avec lesquels il s'était si souvent entretenu dans la paix re- Got.

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Art et Décoration cueillie d'une Académie, a abouti à cette suite un peu indifférente de figures quelconques. Je suis certain que jamais Pisanello n'aurait Victor Hugo est remarquable de force et d'énergie. Le cou largement découvert, les cheveux rebelles, le front sillonné des veines gonflées où s'accuse l'effort de la pensée; c'est une belle œuvre où l'artiste a su apporter, du moins, un peu de l'emportement qui convenait au sujet. — Jules Simon, Ferry, Barthélemy Saint-Hilaire, Carnot, Casimir-Perier, sont d'excellentes œuvres, d'une haute conscience artistique et d'une irréprochable tenue. Une médaille frappée de Gambetta, de grande décision et vivement enlevée, a trouvé dans l'argent la matière qui convenait à son exécution nette et volontaire. Au revers, une tribune est adossée à un chêne d'où sort la foudre, et l'inscription : quo jussa populi. A noter encore une excellente médaille de M. Legrand, vicaire général à Saint-Germain-l'Auxerrois; la tête ronde, le front opiniâtre, la physionomie où s'indiquent à la fois la volonté et la bonhomie, portent autant d'indications de caractère par où s'affirme une personnalité. * La série des médailles et plaquettes d'argent de M. Chaplain tient une place considérable dans son œuvre. Il y a certainement apporté les plus éminentes de ses qualités: Dessin. songé un instant à faire une médaille de la tête de M. Cabanel, pas davantage de celle de M.Jules Lefebvre, mais j'oubliais que M. Chaplain lui-même n'y a pas songé. Ce qui fait le profond intérêt des médailles de la Renaissance, c'est le choix que l'artiste a fait lui-même de ses sujets, c'est le caractère aigu des têtes qui l'a décidé; et l'œuvre d'art ne doit naître que de cette excitation où le caractère des êtres et des choses met l'artiste, et qui l'entraîne à les interpréter. M. Chaplain me paraît avoir été un peu plus heureux avec les médailles d'hommes politiques. La tête du duc d'Aumale est excellente de modelé; la construction en est remarquable et ne dissimule rien des puissants reliefs du front découvert. La vue du château de Chantilly, au revers, un peu trop panoramique, gagnerait à être un peu plus ramassée. — Le Médaille d'Albert Dumont. (Revers.)

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J.-C. Chaplain le respect devant la nature et une délicatesse et une sûreté de main tout à fait remarquables; on sent, alors même que ces figures vous sont inconnues, qu'elles sont sûrement frappantes de ressemblance. Les grandes médailles de femmes en toilettes de soirées, les épaules nues, le buste émergeant de l'ample manteau rejeté en arrière, ont une plénitude et une ampleur qu'on ne saurait trop louer. — Ainsi apparaissent Mmes Jeanne-Mathilde Claude et Loetitia Raphaël. — Mme Sarah Gustave-Simon, au profil sévère, légèrement anglican, ne manque pas d'expression, mais ici la figure semble démesurément agrandie et ne parait pas comporter une plaque d'un aussi grand module. Dans des proportions plus restreintes et aussi plus justes sont les deux plaquettes qui réunissent sur chacune d'elles deux figures de jeunes filles, Mlles Anna et Germaine, Hélène et Anna de Brancovan. Celle de Mlle Hélène Bibesco est charmante aussi, ainsi que la médaille de Mlle Marthe Heuzey. M. Chaplain s'est plu à grouper en une belle médaille d'argent les figures de ses quatre enfants; il l'a fait, est-il besoin de le dire, avec un sentiment profond et une souple et expressive délicatesse. Mais plus absolument parfait encore est un petit jeton d'argent du jeune Simon, de profil, ses longs cheveux épandus sur ses épaules. La mélancolique et délicate figure est rendue avec un charme inexpri- mable, et condamne par sa perfection même la médaille à grand format que l'artiste a voulu répéter. De toute cette série, il me semble qu'il faut mettre hors de pair le médaillon de la comtesse de Vogué et la plaquette de M. Gréart qui datent tous deux de 1895. Je ne crois pas qu'à aucun moment M. Chaplain ait été plus maître de son métier. Le profil de la comtesse de Vogué s'enlève sur le fond d'argent maté avec une pureté de traits d'une incomparable douceur. Quant à M. Octave Gréard, représenté en buste, en costume de vice-recteur, posant les mains sur un livre dressé sur la tranche, c'est une plaquette étonnamment nerveuse et serrée. La figure fine, dont l'âge n'a guère alourdi les détails, les plis de la robe fouillés d'une main sûre, les mains d'un dessin surprenant et modelées dans un relief qui retient et exalte les lumières, tout cela dénote une science consommée et une habileté en pleine possession d'elle-même. Et cependant, faut-il l'avouer, combien nous Dessin. Médaille de l'Hôtel de Ville de Paris.

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Art et Décoration préférons la belle simplicité des Anciens, qui n'éparpillaient jamais leurs efforts dans les menus détails d'une exécution où M. Chaplain grands événements publics ou de petits événements privés un plus grand effort d'imagination et plus de fantaisie. Il s'agit, en Miles de Brancovan. se joue triomphalement. Ils ramenaient tous les détails caractéristiques d'un type à l'essentiel, simplifiant sans cesse, et de ce résumé concis et bref, sortait une œuvre sévère et pure et qui défiait l'éternité. Dans ses médailles-portraits, M. Chaplain a cherché avant tout à reproduire fidèlement les traits de celui dont il s'agissait de perpétuer le souvenir. Il l'a fait avec plus ou moins d'acuité, selon que le modèle y prêtait plus ou moins d'intérêt. Les revers, avec une grande sobriété, rappellent, en une forme symbolique, le rôle que chaque individu a pu jouer en ce monde. Mais jamais M. Chaplain ne commit cette erreur de M. Roty de donner souvent au revers, en une composition touffue, plus d'importance qu'à la figure même, qui passait ainsi au second plan. Il a apporté dans ses médailles commémoratives de ce cas, de créer des formes idéales, assez clairement présentées pour que la signification en soit de suite comprise. M. Chaplain y a le plus souvent montré un sentiment exquis et une grande distinction. Rappelons l'originalité de la médaille d'honneur du Salon, la robuste grâce de la médaille pour la Protection des Enfants du premier âge, où la paysanne, assise sur un banc, allaite un enfant et souffle sur une cuiller qu'attend un autre enfant appuyé contre elle, tandis que sur le fond, en une perspective adroitement établie, des paysans s'occupent aux travaux des champs, noble et calme décor à cette belle figure de nourrice. De quelle sérénité est aussi enveloppée la belle médaille de la Société des habitations à bon marché où, dans un intérieur d'ouvriers, une femme debout sert la soupe, tandis que l'homme, assis en costume de travail, élève son enfant dans ses bras. La médaille de la Défense de Paris est très belle; la figure est drapée avec noblesse,

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J.-C. Chaplain la composition est clairement présentée; celle de l'Exposition Universelle de 1878 est remarquable aussi, la forme de la Gloire est harmonieuse et nette. Celle du Conservatoire National de Musique, qui date de 1877, est également parmi les meilleures; la Musique, assise sur un rocher, a le menton appuyé sur la main et, devant elle, la Tragédie, debout, tient d'une main un masque et un rouleau, et de l'autre une épée. Une des plus charmantes fut faite pour l'inauguration de l'École des Arts décoratifs de Roubaix. Un jeune adolescent nu est assis sur un chapiteau et dessine sur une planche, qu'il tient sur ses genoux, une fleur que lui présente une femme vêtue à l'antique. C'est d'une jeunesse et d'une grâce infinies. Ce nu, jeune et svelte, ce drapé à l'antique, si bien en harmonic, font de ces deux figures qui se répondent une des trouvailles les plus heureuses de l'artiste. Une autre fois, M. Chaplain rencontra ce même bonheur d'expression dans la grâce juvénile, quand il composa la médaille destinée à rappeler la visite de l'escadre russe à Toulon, le 13 octobre 1893. La face, où les deux figures de la France et de la Russie apparaissent de profil, n'offre qu'un intérêt secondaire. Mais au revers, sur un des parapets du port de Toulon, à côté d'un mât pavoisé, la France, coiffée d'un bonnet phrygien, la tête ceinte d'une couronne de fleurs, accueille d'un geste de bienvenue les vaisseaux de l'escadre russe qui entrent dans le port. Cette image de la France, dont le corps chaste et pur se dessine sous la tunique légère qui le voile, est une chose exquise; le corps, jeune, se dresse dans un heureux mouvement d'allégresse, dans la joie des espérances glorieuses. Gréard. Pour nous résumer, il semble qu'en M. Chaplain se sont trouvées réunies toutes les qualités qu'il fallait pour que la médaille sortit des ornières où l'avaient enlisée les artistes de la première moitié de ce siècle. Tous ses efforts ont tendu à lui redonner une indépendance et une originalité qu'elle avait perdues. D'une science consommée, d'un goût pur, très respectueux de la nature, y revenant toujours comme à la source de toute vérité artistique, d'un esprit lucide qui refuse de se perdre dans la complication et l'obscurité des symboles, n'aimant rien tant que la clarté, nous lui devrons l'aube d'une renaissance radieuse. Son dessin a du style et affirme son goût pour les formes arrêtées. Sa main est d'une habileté remarquable, et parfois il ne résiste pas assez à la tentation d'en tirer parti. Qu'il est difficile pour un artiste de Jean-Paul Laurens.

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Art et Décoration pouvoir s'arrêter à temps et de sentir la limite où l'adresse devient de la virtuosité! duelle qu'elle avait perdue et une netteté qui n'est plus de la sécheresse. L'œuvre de Mlle Heuzy. Avec M. Chaplain, du moins, la médaille nous fut rendue et il rendit à la frappe méca- nique cette touche artistique, libre et indivi- Mme Raphaël. M. Chaplain est déjà considérable et son talent en pleine vigueur n'a pas dit son dernier mot. GASTON MIGEON. Médaille de la Visite de l'Escadre russe.

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L'Art dans l'Habitation Il est bien à croire que l'Exposition va venir donner au mouvement d'art moderne sa poussée définitive; et je suis très porté à penser, pour ma part, que les nombreux exemples de conceptions nouvelles que le public sera amené à considérer cette année, tant dans l'industrie française que dans les sections étrangères, l'habituèrent complètement aux formules légitimes de notre temps. Le pas sera franchi; et ce sera désormais faire preuve d'idées trop rétrogrades que de se satisfaire d'une imitation des styles anciens: je crains bien que nombre d'exposants français n'aient mal fait leur calcul, en s'obstinant encore à exposer des bahuts Renaissance ou des fauteuils Louis XIV; —je le crains et je l'espère. Il est particulièrement intéressant, au moment où l'on touche sans doute au triomphe décisif, de parler des efforts qui précèdent ou qui annoncent l'Exposition, et plus spécialement aujourd'hui de considérer deux grands efforts, qui pourront avoir une force de propagande. Il s'agit de la maison que fonde à Paris, rue de Tocqueville, M. Serrurier, sous la direction immédiate et avec la collaboration d'un architecte parisien, M. René Dulong, dont les tendances modernes s'affirmeront bientôt pour tous, à l'Exposition même, puisque M. Dulong y construit un Restaurant que nous aurons à étudier. Il s'agit aussi des travaux considérables dont s'est chargé M. Louis Bigaux, qui a constitué des ateliers excellemment organisés pour exploiter tous les domaines de l'art décoratif, et qui est parvenu à donner à ces travaux d'ensemble un développement peu connu encore chez nous. Ces deux manifestations sont d'une réelle importance, et celle de MM. Serrurier et Dulong est dès maintenant rendue publique, G. SERRURIER.