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PLAISIR de FRANCE AOUT 1957

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PLAISIR DE FRANCE (IMAGES DE FRANCE) Revue mensuelle DIRECTEUR GÉNÉRAL-RÉDACTEUR EN CHEF : OLIVIER QUÉANT --- SOMMAIRE Août 1957 No 226 Éditorial --- Pages --- ALCESTE PARMI NOUS, par Olivier Quéant... --- Un grand voyage --- LE DERNIER PARADIS : FATU HIVA, par Francis Mazière... --- Un métier inconnu --- ARTISANS DE COQUES ET DE VOILES, par Roger Baschet... --- Un pèlerinage littéraire --- ANDRÉ GIDE A CUVERVILLE, par Paul Lorenz... --- Une enquête au Conservatoire de Paris --- LES PREMIERS ROLES DE DEMAIN, par Claude Baignères... --- Une nouvelle inédite --- LE BAISER DE LUCE, par Michel Chapuis, illustrée par Françoise Estachy... --- A Roland-Garros --- LA LEÇON DE LA COUPE DAVIS... --- De la décoration --- LES COMMUNS S'ENNOBLISSENT : --- LA BERGERIE DE PAULETTE A GROSROUVRE. --- LES ÉCURIES DU PRINCE DE CONDÉ EN TOURAINE... --- L'itinéraire chez l'antiquaire --- DE PARIS A HONFLEUR, par Saint-Sère... --- Rythmes du mois --- LE THÉÂTRE, par Robert Kemp, de l'Académie française... --- LA MUSIQUE, par Claude Baignères... --- LE CINÉMA, par Marcel Lasseaux... --- LES EXPOSITIONS, par René Barotte... --- LES GRANDES VENTES, par Raymonde Wilhélem... --- LES RÉSULTATS DÉFINITIFS DE NOTRE GRAND CONCOURS 1957... --- LES LIVRES, par Yves Gandon... --- | ÉCHOS ET INFORMATIONS | | --- | | LES DISQUES CLASSIQUES ET CONTEMPORAINS, par Gustave Samazeuilh. | --- Bernard Buffet, qui a dessiné la rose de notre couverture, présente depuis le 14 juillet, à la Galerie Lucien Blanc, à Aix-en-Provence, les illustrations qu'il a faites pour le livre de Jean Cocteau : la Voix humaine. Comme chaque année, il exposera à Paris en février, à la Galerie David et Garnier. --- Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (textes et gravures). Copyright by Plaisir de France 1957. Les manuscrits non insérés ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation.

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Son brillant confère, David Oistrakh, dûment secondé par l'orchestre Philharmonia de Londres, doit être loué pour nous avoir rendu la Symphonie espagnole d'Edouard Lalo, sans la suppression aussi traditionnelle qu'injustifiable du charmant intermezzo. Cela seul suffirait à garantir à cette gravure une place de choix dans les discothèques. J'en dirai autant pour le repiquage opportun du Concerto pour piano de Schumann et des Variations symphoniques de César Franck, avec un protagoniste de la maîtrise du regretté Yves Nat, pour les premier et troisième Concertos de Saint-Saëns, qui ne valent pas évidemment les trois autres, mais méritent tout de même d'être tirés de l'oubli sous les doigts étincelants d'une Jeanne-Marie Darré, pour le Troisième Concerto de Rachmaninoff, où Emile Guillels trouva l'occasion de mettre en lumière sa fougue et son éclatante virtuosité. Sans oublier quatre Concerti pour cordes de Pergolése par les I musici, je cite à l'honneur le disque adossant, si j'ose ainsi parler, la Première Symphonie, de Beethoven, enfin jouée selon son véritable esprit et non « mozartisée » avec excès, et la deuxième ouverture de Léonore, si généralement annonciatrice, sous la baguette, hélas ! irremplaçable aujourd'hui, du grand artiste que fut Wilhelm Furtwaengler, avec la Philharmonie de Vienne. De son côté, l'Orchestre national de la radio française, dirigé par Charles Bruck, accouple la Troisième Symphonie, qui n'est pas, à mon sens, la meilleure, et l'Ouverture op. 42, plus accessible à l'auditeur moyen, de Serge Prokofiev. Citons encore la Suite d'orchestre, tirée par Janacek de son délicieux Renard rusé, qui vient de triompher au théâtre Sarah-Bernhardt, puis, avec le jeune chef André Vandernoot et notre orchestre du Conservatoire, la Première Sérénade de Brahms. Tout en signalant aux amateurs la parution, chez Cetra, de toute une série d'opéra italiens célèbres, de Bellini à Puccini, à des conditions avantageuses, je vous recommande, chez Decca, une belle gravure de la monumentale Cinquième Symphonie, d'Anton Bruckner, et des fragments orchestraux du Crépuscule des Dieux, par Hans Knappertsbuch et l'orchestre de Vienne. Chez R. C. A., avec un autre flot d'opéra italiens, un disque un peu hétéroclite rassemblant le Poème de Chausson, le Rondo capriccioso de Saint-Saëns et des fragments de Roméo et Juliette de Bérioz, par David Oistrakh, Charles Munch et l'orchestre de Boston. Tirons hors de pair deux émouvants legs d'Arturo Toscanini, vraiment dignes de son génie d'interprète et du soin méticuleux avec lequel il surveillait ses enregistrements. Le premier nous rend les bruisseantes Fontaines et les généreux Pins de Rome, de Respighi, dans la vérité de leur esprit. Le second nous fait revivre de façon saisissante les mille jeux où se complut la maîtrise de Richard Strauss dans son Don Quichotte, pour conclure sur une page magnifique où s'épanouit le beau son de violoncelle du soliste Franz Miller. Chez Ducretet-Thomson, retenons le Deuxième Concerto de piano, avec comme soliste l'excellente Geneviève Joy, et les Miniatures persanes, où le compositeur iranien A. Hossein montre ses pouvoirs évocateurs, la dynamique Symphonie pour cordes et le Concerto de camera, d'Arthur Honegger, par l'orchestre du Sud West Funk dirigé par Ernest Bour, et, avec les Corps glorieux, la suite des œuvres complètes d'orgue d'Olivier Messiaen présentée par l'auteur, est-il besoin de le dire, de la façon la plus adéquate. Chez Philips, voici une très intéressante gravure de deux scènes importantes de l'Antigone, de Carl Orff, déjà notoire outre-Rhin et trop peu connue chez nous, avec des interprètes tels que : Christel Goltz, Hermann Uhde, Joseph Greindl, les cheurs et l'orchestre de l'Opéra de Vienne, la Neuvième Symphonie de Bruckner, propice aux solides qualités de l'orchestre hollandais de Concertgebouw et de son chef Edouard van Beinum puis, dans la pratique collection des Classiques pour tous, la Mer et Ibéria de Debussy, par Mitropoulos et Ormandy, des Danses et Goyseau de Granados, par Edouard del Pueyo, dont le sort est assuré, ainsi que celui du dernier disque de la musique de piano de Debussy par Robert Casadesus avec Les Préludes et Childrens corner. De son côté, Deutsche Grammophon poursuit sa collection d'extraits wagnériens avec des fragments de Tannhauser, de la Valkyrie et du Crépuscule des Dieux où, secondées par l'orchestre wurtembergois de Ferdinand Leitner, les belles voix de Léonie Rysanek, de Wolfgang Windgassen, de Joseph Greindl s'étendent largement. Je veux y ajouter en élégants petits disques des fragments des Saisons de Haydn, par des effectifs berlinois qualifiés, dirigés par Ferene Friczay et des Motets religieux, d'Hindemilh, de belle et sobre tenue, confiés au lumineux soprano d'Irmgard Seefried. Autre disque de chant méritant mention spéciale, aux Dissophiles français, comme toujours soucieuse de la qualité de leur présentation : les Chants et Danses de la Mort et l'impressionnant Sans Soleil de Moussorgski, dont Robert Titze et Walter Bohl mettent en valeur toute la portée poétique. Au Chant du Monde, Pierre Barbizet nous donne avec sa musicalité coutumière quelques Pages célèbres de Liszt. Erato s'honore en fixant sur la cire dans les meilleures conditions le Te Deum d'Esprit Blanchard, un des plus grands musiciens religieux du XVIIe siècle, trois œuvres d'orchestre de Chevalier de Saint-Georges, de Guénin et de Bertheaume, contemporains de Mozart ; puis, un charmant disque vocal contemporain dû à l'ensemble Jean-Paul Kreder, réunissant le Noël de Debussy, la Messe basse, le Ruisseau de Fauré, le Madrigal aux Muses de Roussel, la Ronde des fées de Pierné. Enfin, chez Véga, le Premier Concerto pour piano de Beethoven, où le jeune pianiste Baldira Skoda montre ses dons, le Deuxième Trio de Schubert, généreux et un peu prolix, avec Jean Fournier, Antonin Janigro et le même Baldira Skoda, et vingt-quatre Préludes pour piano de Kabalewski, bien écrits sinon très personnels, que Nadia Reisenberg joue en virtuose accomplie. La dramatique Symphonie n° 5 de Chostakowitch, remarquablement traduite par Arthur Rodzinski, et le Bal Masqué de Francis Poulenc, savoureusement distillé par Pierre Bernac et l'auteur, complètent un substantiel envoi. GUSTAVE SAMAZEUILH. PLAISIR DE FRANCE

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LE COURRIER DES LECTEURS Cyrano à Mauvières. A la suite de l'article de Gérard Bauër sur la vallée de Chevreuse paru dans notre numéro de juin, le comte de B..., propriétaire du château de Mauvières, nous écrit : > « Ce n'est pas un oncle de Cyrano mais son grand-père, Savinien de Cyrano, qui acheta Mauvières et le fief de Bergerac (aujourd'hui appelé Sous-Forêt) à Thomas Fortboys, en 1582, afin de se rapprocher de sa seur Catherine de Cyrano, qui habitait à Sous-Forêt, la petite propriété de la Begnongnière (actuellement « Pré Joli » qui appartient à Mme de Maublanc (Elisabeth Arden). La terre de Mauvières prit le nom de fief de Mauvières et de Bergerac au xve siècle, lorsque les sires de Bergerac en firent l'acquisition en 1450 et y habiterent jusqu'en 1576, date à laquelle Dauphin de Bergerac vendit Mauvières à Thomas de Fortboys, qui reven-dit Mauvières six ans plus tard à Savinien de Cyrano, grand-père de Cyrano de Bergerac. Abel de Cyrano n'était pas l'oncle de Cyrano de Bergerac, mais son père, qui hérita de Mauvières à la mort de Savinien de Cyrano. Mauvières était un fief de la châtelaine de Chevreuse, mais il est inexact de dire que le duc de Chevreuse (Charles de Lorraine) en fit don à la famille de Cyrano. » --- ÉCHOS et INFORMATIONS Le château de Lunéville. Un nouveau spectacle « Son et Lumière » vient d'être monté au château de Lunéville, ce petit Versailles qu'on ne connaît pas assez. Sous le titre « Les grands chevaux de Lorraine », Jean-François Noël, auteur du texte, retrace, en un raccourci dramatique, les péripéties de la réunion de la Lorraine à la France, dans le cadre du château : quand celui-ci naît, cette réunion est imminente, 1702 ; quand il meurt, comme demeure princière (1766), elle est accomplie. Mais, dans l'intervalle (1702-1766), que d'incidents diplomatiques, tragiques, comiques, entre une splendeur française qui attire et une fidélité lorraine qui ne se résigne pas à mourir... à un moment où la société goûtait avec tant d'insouciance la douceur de vivre ! La musique est de J.-W. Garrett. (Phot. Almasy.) Une inauguration. Les antiquaires Bresset et Fils, spécialistes de la Haute-Epoque et du Moyen Age, ont inauguré, 79 rue des Saints-Pères, leur nouveau magasin, qui complète celui du quai Voltaire déjà bien connu des amateurs d'art. --- Une exposition Louise-Edmée Chevalier. En juin dernier, dans son atelier de la rue Joubert, Louise-Edmée Chevalier présentait ses œuvres : parmi les plus anciennes, des santons colorés et des poupees étrangères fixées dans des attitudes typiques, d'épais plateaux de table en céramique gravée, des plats et objets usuels, des panneaux muraux et des statuettes. Puis une création récente : un sol en dalles de ciment gris jointes à la manière d'un puzzle, et sur lesquelles sont incrustées de minces plaques de céramiques aux couleurs vives. Ce sol convient aux terrasses, jardins d'enfants, salles de jeux et de séjour des maisons de campagne. Il peut même animer une grande pelouse. --- Souvenirs du pays. A l'occasion de l'Exposition de Bruxelles, l'Association Qualité-France, que préside M. Maurice Guernier, a pris la très heureuse initiative de lutter contre le mauvais goût d'un si grand nombre d'objets vendus à Paris ou en province à titre de souvenirs du pays. Le Touring-Club appuiera cette croisade et un jury décernera des compliments ou des blâmes aux fabricants ou artisans, suivant les qualités d'esthétique des objets soumis. --- Exposition d'art sacré à Valence. La belle exposition d'art sacré présentée de mai à juillet au musée de Valence est prolongée jusqu'au 15 août. Les touristes pourront ainsi, au cours d'une étape, admirer des trésors d'art la plupart du temps ignorés parce que dispersés dans les villages, dans les églises et souvent dans des collections particulières. L'exposition embrasse six siècles : du xiiie au xixe. --- Portugal, un vieux pays tout neuf. Tel est le titre et le thème de l'exposition que l'on peut actuellement voir à la Casa de Portugal, dans les nouveaux locaux de la rue Scribe qu'inaugurèrent avec faste le 3 juillet dernier S. E. Marcello Mathias, ambassadeur du Portugal à Paris, et le docteur Eduardo Brazao, secrétaire national de l'Information. Ces nouvelles installations méritent d'ailleurs à elles seules une visite. La décoration intérieure est due au décorateur français Lucien Donnat qui, vivant à Lisbonne depuis de longues années, s'est pénétré de l'art portugais avec un goût très rare. On remarquera également la façade si originale signée par Jorge Barradas, maître céramiste, ainsi que la grande tapisserie qui a été exécutée d'après un carton du peintre Carlos Botelho. --- A propos d'une inauguration. Le Comité international de la Rayonne et des Fibres synthétiques peut aujourd'hui se prévaloir, pour recevoir ses membres qui se donnent volontiers rendez-vous à Paris, de posséder des bureaux à la mesure de sa grande et belle entreprise. M. de Précigout, président du Comité international, en fit pour la première fois les honneurs le mois dernier à des représentants diplomatiques de plusieurs pays et de hautes personnalités françaises de la politique et de l'industrie, en présence de nombreux membres du C.I.R.F.S. ainsi que des représentants de la presse française et étrangère, à l'occasion d'une cérémonie brillante suivie d'une réception donnée sur les terrasses du 31 de la rue de Courcelles. --- Prologue à l'Exposition Universelle de Bruxelles 1958. A l'occasion du passage à Paris du baron Moens de Fernig, commissaire général du gouvernement belge à l'Exposition de Bruxelles 1958, M. et Mme Benoit Devos ont donné une élégante garden-party dans leur belle propriété des environs de Chantilly. M. Devos, qui est président du Comité franco-belge de Propagande pour l'exposition, avait sur le tapis vert que borde la forêt tenu à créer un premier contact entre les personnalités belges et françaises qui auront à collaborer pour la mise au point d'une manifestation dont l'importance se révèle considérable. --- DANS L'ÉDITION - Gérard Mourgue, dont nous avons publié en avril un Chemin de la Croix fort remarqué, vient de se voir décerner le Prix de la France latine (Prix Jean Cibic) pour son dernier roman : Château-Fer (La Table Ronde, édit.). Il va faire paraître son prochain livre : Journal de Don Juan, dans la collection des « Libelles », chez Fasquelle. - Marcel Brion dans un petit ouvrage illustré de plus de quarante pages en couleurs, La Peinture moderne, de l'impressionnisme à l'art abstrait (Edit. d'art Somogy, Stuttgart), trace un panorama des différentes écoles qui ont contribué à la révolution esthétique de notre siècle. Par des vues rapides, presque schématiques, il aide à suivre le développement d'un art qui peut parfois paraître désordonné, mais qui procède d'une volonté commune. - Gérard Van der Kemp, conservateur en chef du musée de Versailles, et Jacques Levron, conservateur en chef des archives de Seine-et-Oise, publient un bel ouvrage, abondamment illustré : Versailles, les Trianons (Arthaud, édit.). Ils y montrent comment des « divertissements architecturaux » sont, par leur perfection, devenus l'image même de l'art du grand siècle et évoquent la vie familière des murs et des jardins. Ils ressuscitent Versailles. - L'Encyclopédie des jardins (Larousse, édit.), réalisée sous la direction de Maurice Coutanceau, professeur à l'Ecole nationale d'horticulture, est un bel ouvrage où sont traités tous les problèmes intéressant l'amateur et même le spécialiste, depuis la création des jardins d'agrément, potager, fruitier, jusqu'à leur entretien. D'innombrables sujets y sont abordés tels que la vie, la multiplication et les maladies des plantes, l'aménagement des serres, des jardins méditerranéens, etc. - Les Éditions universitaires viennent de publier, dans leur collection « Témoins du xxe siècle » : Ronault, de Bernard Dorival ; Toulouse-Lautrec, de Claude-Roger Marx ; Picasso, de Pierre Descargues. Dans leur collection « Classiques du xxe siècle », elles ont réédité : Malraux, de Pierre de Boisdefre (20e mille) ; Saint-Exupéry, de Jean-Claude Ibert ; Sartre, de R.-M. Albères ; et Valéry, d'Edmée de la Rochefoucauld. Elles vont publier incessamment une étude consacrée au donnier Rousseau, par H. Perruchot. - Régis Manset et Pierre Macaigne ont associé leur talent et leur verve pour publier aux éditions C.I.P. un album aimablement satirique intitulé Deanville en liberté. Dans cet ouvrage - que rechercheront les bibliophiles - on retrouve non sans plaisir certaines des personnalités qui illustrent chaque année la « saison » de la côte Normande.

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--- Délicieuse boisson pétillante se sert nature ou avec une tranche de citron --- Schweppes INDIAN TONIC --- L'INDIAN TONIC PARFAIT COMPLÉMENT DU GIN ANGLAIS ET DE TOUS APÉRITIFS À BASE D'ORANGE --- Le "drink" du couple élégant --- TISSU - Bonguich - 3 sous - PAPIER PEINT - Petite Vallee NOBILIS PAPIERS PEINTS DE "DISTINCTION" SUZANNE FONTAN PERCALES IMPRIMEES chez tous Décorateurs "de classe" ET 29, RUE BONAPARTE, PARIS VI° - DAN 94-95 --- ...rien Aliment frais, naturel et savoureux, le beurre produit du LAIT, donne à l’organisme ses vitamines de santé : c’est le secret de la cuisine saine, succulente et ÉCONOMIQUE ... il en faut tellement moins ! D’ailleurs, tout le monde est bien d’accord, rien ne remplace le beurre, LAIT - BEURRE - FROMAGEProduits SAINS - NATURELS - SAVOUREUX --- Plaisir de France ---

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ÉDITORIAL ALCESTE PARMI NOUS J'ai fait un rêve : Alceste était là, près de moi. Il avait troqué son habit de velours amarante pour un costume Prince de Galles gris, son jabot de dentelle pour une cravate de tricot — verte, naturellement. Mais il ne s'était point départi de son humeur bougonne, pas plus qu'il n'avait tempéré sa nature encline aux prompts emportements. Alceste parmi nous ! Et, tandis que je courais à sa suite, comme il s'indignait déjà contre certains travers, bien vite je lui dis que Paris n'en avait point le monopole : tous ces faits qui allaient — j'en avais peur — le choquer pouvaient aussi bien, et peut-être encore mieux, être observés dans des villes étrangères d'où tout un faux progrès a déferlé sur nous. Dans la rue, face à une palissade qui était là — je ne le lui dis pas — depuis trois ans, il tomba en arrêt, considérant des affiches. Je lui expliquai, avec des mots et des gestes — car certains des premiers étaient nouveaux pour lui — que l'une incitait les passants à acheter une machine à laver, l'autre à boire une eau minérale, celle-ci à acquérir une automobile payable en deux ans, celle-là à faire un voyage en Corse. « Pourquoi, objecta-t-il, dans chacun de ces cas multiples représente-t-on une femme à demi nue ? » J'allais répondre quand il pointa le doigt vers une ultime affiche. Quand je lui eus appris ce qu'était un « striptease », il déclara : « De notre temps, les hommes n'avaient pas besoin de cela ! » Mais un kiosque à journaux, tapissé de gazettes, retint son attention. Il voulut effeuiller l'immense marguerite, cueillit au hasard, regarda et vit. Une photographie montrait une princesse qui, pour reposer quelques instants son pied, l'avait furtivement sorti de sa chaussure. Sous l'image, il lut : « Le photographe veillait ! ». Atterré, il laissa de ses mains tomber le journal et lentement dit : « Veiller... Un des plus beaux mots de la langue française. La mère veille sur le sommeil de son enfant. Un homme veille son père mort. Le soldat veille au créneau. Saint Louis veillait avant le départ pour la Croisade... Sur quoi donc ce photographe « veillait-il » ? Sur la moindre défaillance d'une femme qu'il fallait se hâter d'exploiter pour la livrer en pâture à des millions d'individus ? » Tournant la page, il nota qu'une célèbre actrice de cinéma, parce qu'elle attendait un enfant de son quatrième mari, avait dû renoncer à jouer un rôle qui lui aurait rapporté environ cent millions. Cent millions ! Alceste ne comprenait pas. Mais moi, je pensais, devant ce chiffre de gain, à nos présidents de cours d'assises, à nos colonels, à nos professeurs en Sorbonne. Quittant Paris, Alceste voyagea. Il visita des capitales, franchit des océans. En route, il m'écrivit : « Malgré votre ONU et votre UNESCO qui se proposaient d'abattre les frontières et de fondre entre elles les races, partout j'ai trouvé un nationalisme ardent. De tous les pays, la France est le moins chauvin ; et pourtant ce nom — il me semble — Nicolas Chauvin, était celui d'un brave soldat de la République et de l'Empire. En France, on n'en veut plus. » « J'ai appris au cours de ma randonnée que plus de cinquante nations souhaitaient participer à cette magnifique exposition universelle qui s'ouvrira, à Bruxelles, au printemps prochain, et que toutes, celles du Proche-Orient, celles des deux Amériques, qu'elles aient à leur tête une reine, un dictateur ou un præsidium, suppliaient qu'on leur louât des hectares de terrain. Pourquoi ? Pas seulement pour y exposer et y vendre des automobiles, des robes et des vins, du pétrole, des avions et des tissus ; mais pour y glorifier l'âme de leur patrie, sa langue, son folklore et ses coutumes, ses arts et sa littérature : pour y faire de la propagande nationale. » Et Alceste d'ajouter : « La France est aujourd'hui le pays le moins nationaliste. » Il revint à Paris, faisant de la tête le signe : Non ! Et comme je m'enquerais des causes de ce refus, voici ce qu'il me répondit : « Dans les salons et dans les bureaux, dans les diners mondains et les conférences de presse, partout j'ai vu la prostitution. » Comme je m'étonnais, il précisa : « Celle des esprits et celle des cœurs » ; et il ajouta : « Dans ces lieux, j'ai vu sévir la loi du donnant-donnant, j'ai vu s'étirer la « chaîne du troc ». Je n'ai observé que rarement l'acte gratuit, celui qui n'est ni un prêt, ni une avance, ni une manœuvre, ni un marché : l'acte magnanime, anneau de la vraie chaîne : la chaîne d'amour... » Je le trouvai sévère. Mais, le front bas, Alceste conclut : « Je préfère, dans votre monde actuel, la compagnie des « petits » au commerce de certains « grands ». Je réfléchis. Alceste : un négatif. Mais dire non à une invasion, n'est-ce pas déjà un peu agir ? C'est prendre parti pour la résistance. N'y faut-il pas — je me posai la question — un certain courage ? Dans la pièce de Jean Anouilh, quel est le vainqueur ? Est-ce Créon, qui dit oui ? Est-ce « Antigone », qui dit non ? --- Olivier Quéant

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LE DERNIER PARADIS PAR FRANCIS MAZIÈRE Une heureuse nouvelle : la construction d'un aéroport à Papeete nous permettra bientôt d'aller à Tahiti en fin de semaine! D'ici là, une ligne hebdomadaire effectue les escales suivantes : Paris, Athènes, Beyrouth, Karachi, Saigon, Port Darwin, Nouméa et Auckland, d'où l'on atteint les terres de félicité. Assurée sans changement d'appareil, il n'est pas de plus longue ligne au monde (21.600 km.) et nous la doublons d'un voyage dans la légende... POUR certains royaumes, il n'y aura plus qu'un voyage dans la légende. Les avions survolent les îles du Pacifique, les navires sans mâts déversent le bruit de leurs machines sur les rivages des mers du Sud, et la Nouvelle Cythère, découverte par M. de Bougainville, risque d'apporter une cruelle déception à ceux qui tentent de s'évader de notre époque dans un monde proche de l'aurore. Car « le dernier paradis se meurt », selon la phrase désenchantée d'Alain Gerbault. Il y a cependant une chose que notre civilisation ne saurait étouffer, un miracle perpétuellement renaissant, la lumière des « Isles », la même lumière qui découvrit ce paradis aux naufragés du Tiki, trente siècles avant nous. Mon métier d'archéologue m'a permis de retracer le fabuleux voyage qui poussa les hommes d'Amazone à la conquête des mers du Sud. Comme eux, aussi malaisément qu'eux, un long parcours à travers les forêts d'Amazonie m'a conduit dans les archipels protégés des siècles, sauvegardés longtemps par la peur qu'inspirait l'énorme océan, pacifique pour Magellan, impitoyable au plus grand nombre des pirogues et des goélettes éventrées sur la myriade des récifs. — Nous sommes venus par la mer. D'autres ont continué le voyage sur la mer, à la poursuite du soleil couchant. Un homme rouge du Tumuc-Humac, un Indien encore libre, parlait ainsi, une nuit, près du feu, dans la forêt étouffante, et j'ignorais alors que cette phrase allait me jeter à mon tour dans la même aventure, à la même recherche séculaire. Vers le soleil couchant... Pourquoi, depuis la civilisation mégalithique des hommes de Quiberon, qui laissèrent sur la presqu'île le témoignage de leur marche dans une allée de menhirs, jusqu'aux hommes des archipels de la Polynésie Orientale, pourquoi retrouve-t-on partout, sous un fond de culture semblable, l'histoire ou le symbole des migrations qui poussèrent l'humanité d'est en ouest? J'étais déjà persuadé que la majeure partie des îles du Pacifique avaient été peuplées par des tribus venues du continent américain. Avec Thor Heyerdal, j'étais presque le seul à croire à une pareille hypothèse, combattue par la difficulté même de l'entreprise : huit mille kilomètres d'océan et de tempêtes séparent des côtes américaines les premiers archipels de Polynésie. La thèse officiellement admise par les pointeurs de la mappe-monde écartait du peuplement de ces îles les populations précolombiennes. Mais la résistance d'Alain Bombard témoignait en faveur de l'hypothèse, et l'exploit du Kon-Tiki, que je considère comme la plus prodigieuse aventure de notre temps, affirmit ma conviction. Puisqu'un radeau norvégien aussi rudimentaire que les embarcations millénaires — des troncs de balsa ligaturés avec des fibres d'écorce d'arbre (le mapé) — avait réussi à franchir la même immensité, la navigation précolombienne devenait possible. L'équipage du Kon-Tiki avait eu des prédécesseurs. Il y a quatre mille ans, des Indiens chassés d'Amérique trouvaient à Fatu-Hiva (à gauche) le paradis dont ils rêvaient et qui était habité par des noirs. Ils s'y fixèrent. Ci-dessus : silex poli qui servait à aiguiser leurs haches de pierre.

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HAWAI COMME L'ÉQUIPAGE DU « KON-TIKI » C'est sur des radeaux à la dérive, en utilisant les courants, que les émigrants exténués atteignirent l'archipel des Marquises auquel ils donnèrent le nom de leur dieu, le soleil : Tiki. Situées à 6.000 kilomètres à vol d'oiseau du littoral sud du Mexique, ces îles ne purent être atteintes qu'après une laborieuse navigation de 8.000 à 10.000 kms. 1. DANS LES VALLÉES SACRÉES Ce colosse en lave (1) qui git à Fatu-Hiva, de l'autre côté du monde, pourrait aussi bien figurer sur les bords du Nil, à côté des statues des pharaons, tant sa beauté en est proche. L'énorme tête (2) est celle d'une femme en gésine. Le cimetière des sacrifices humains (3), avec ses crânes suspendus, se trouve à l'intérieur d'un gigantesque « hora ». 2.

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