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Les Echos des Industries d'Art Service à thé en argent Édité par Laddarra --- N°12 JUILLET 1926
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Les Echos des Industries d'Art Service à thé en argent Édité par Laddarra --- N°12 JUILLET 1926
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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART REVUE MENSUELLE SONT ENCARTEES GRATUITEMENT DANS LES ECHOS LA GRANDE REVUE COMMERCIALE FRANCAISE PARAISSANT TOUS LES MERCREDIS 2 ET 4, RUE MARTEL, PARIS, 10e TEL 8 LIGNES, PROVENCE 04-04 et la suite L'ABONNEMENT AUX ECHOS DONNE DROIT AU SERVICE GRATUIT DES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART PRIX DE L'ABONNEMENT FRANCE, BELGIQUE, J.A.N. 100F ÉTRANGER, 5 DOLLARS OU L'EQUIVALENT AU COUR DU JOUR. NUMÉROS SUPPLÉMENTAIRES POUR LES ABONNÉS SEULEMENT. PRIX DU N° 5 FRS --- SOMMAIRE A TRAVERS DEUX EXPOSITIONS (Salon des Artistes Décorateurs ; Bronzes et Cuivres, au Musée Galliéra, par René CHAVANCE...) (Drivier, P. Turin, Ruhlmann, A. Guénot, Linossier, École des Arts Appliqués, Cheuret, Perzel, René-Herbst, J. Gruber, Ch. Blanc, Sabino, Dunaimé, Simonet, Cheuret, Kiss, Renon, Fontaine et Cie, Bezault frères, Gigou, Barillet, Gruber, A. Fau, Lallemant, J. Bernard, Agnès Jouin, René Buthaud, J.-J. Martel, Jacquet, Lacroix, Sandoz, de Bayser, G. Bigard, Vuitton, Raby, Monteréol, Kieffer, Moullade, Desternes, de Léotard.) ECHOS ET NOUVELLES --- SOCIÉTÉ ANONYME DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS F. BORDEREL & ROBERT FERRONNERIE D'ART 151, RUE DAMRÉMONT, 151 CRÉATION DE RAYMOND SUBES, DIRECTEUR ARTISTIQUE
LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART A travers deux Expositions par René CHAVANCE AU SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS BAS-RELIEF BRONZE PAR DRIVIER Édité par Leblanc-Barbedienne (Musée Galliéra) --- BRONZES et CUIVRES AU MUSÉE GALLIÉRA --- On a dit dans un précédent article la portée, les caractères et les mérites du dernier Salon des Artistes décorateurs. On a signalé, en les commentant, ses ensembles mobiliers les plus remarquables et les plus significatifs. Il reste à noter quelques objets isolés et quelques bibelots. Alors que l’ensemblier a tout loisir de s’abandonner à sa fantaisie, à sa libre inspiration, dans les limites tout au moins où la logique l’y autorise ; le céramiste, le verrier, le dinandier sont beaucoup plus rigoureusement commandés par la technique. Il en résulte une évolution plus lente, mais aussi plus sûre dans leur art — qu’un grand nombre d’entre eux au reste pratiquent ou sont capables de pratiquer jusqu’à la complète exécution — une évolution faite de successives conquêtes, d’incessantes trouvailles de métier. Et c’est aussi probablement ce qui donne à leurs ouvrages une particulière saveur. La qualité de la matière, les combinaisons des émaux qu’ils emploient, les procédés de cuisson marquent bien davantage la personnalité des différents potiers que les formes de leurs vases et les détails de leurs décors. Aussi importe-t-il assez peu que M. Simmen continue à se souvenir des Extrêmes Orientaux quand il compose ***
ses petites pièces fragiles et délicates dont parfois la poignée menue est faite d'un brin de corail. Ce qui nous retient davantage, c'est la finesse de sa pâte et la subtilité des colorations dont il sait la revêtir. De même, ne cherchons pas à analyser les influences auxquelles obéit M. Georges Serre. Bornons-nous à constater l'attrait de ses couvertes dont les tonalités toujours sobres vont du gris foncé au rose, au bleu atténués. M. Lallemant qui affectionne les lignes géométriques habilite ses vases d'un beau noir uni ou de tons plus clairs semés de mouchetures précieuses. M. Jean Besnard aime les larges coulées d'émaux aux coloris profonds qui parfois dessinent comme naturellement des arabesques nuancées et M. André Fau trace sur les panses rebondies de ses pots d'amples stries ou y fait apparaître d'épaisses craquelures. Plus important, toutefois, est le rôle de l'invention dans les amphores de M. René Buthaud, qui se plaît à les orner de figures curieusement stylisées, et dans celle de M. Jacquet, où courent des décors floraux empruntés à une brillante palette. C'est aussi la fantaisie qui domine les interprétations de poissons ou d'oiseaux par quoi s'exprime le talent de M. Edouard Sandoz ou des frères Martel. Mais nous revenons à un art sévère, tout entier dans la beauté de la matière, les raffinements d'un prodigieux métier, la justesse des proportions avec les admirables verreries de M. Marinot. Et si M. Daum se livre dans les siennes à une Voici, sur ce beau meuble de Ruhlmann, en ébène macassar, une jolie application du bronze En effet le médaillon qui le décor est en bronze argentée. Il est du sculpteur Foucault.
recherche d'effets plus variés, gravant dans les parois nébuleuses, tachetées de bulles, de ses grands vases, des dessins compliqués, il n'y atteint que par de rares connaissances techniques. M. G. L. Vuitton, à son tour, quand il a conçu les très sobres flacons de la garniture de toilette, en cristal taillé, coiffés de bouchons d'ébène et d'ivoire, a commencé, n'en doutez pas, par se contraindre aux strictes nécessités d'une parfaite réalisation technique. Et quel technicien plus conscientieux pourrait-on citer que M. Linossier qui, d'expériences en expériences, en est venu à répandre sur les flancs de ses vases, au creux de ses coupes et de ses plats en cuivre martelé, le chatoiement imprévu des oxydations métalliques cernées de coulées d'argent? Aucun, si ce n'est pourtant M.Georges Lacroix, le surprenant artisan doublé d'un très sensible artiste, qui a modelé au marteau — un tour de force — cette Otarie, ce Vautour, véridiques dans la simplification de leurs formes. Pareillement une heureuse adaptation des procédés des vieux praticiens a permis à "LA DANSE" PAR A. GUENOT Bronze édité par Colin (au Musée Galliéra) Métal incrusté de différents alliages (Photo Rep) Plateaux en maille-chort dressés au marteau avec applications d'argent et de cuivre (Photo E.A.) Ces plateaux, exposés au Musée Galliéra, sont l'œuvre d'un élève de l'Ecole Municipale des Arts Appliqués. M. Gérard Sandoz l'amusante variété des décors niellés, émaillés, dont il orne les boîtes à poudre, les étuis à cigarettes. Elle a conduit M. Gaston Bigard à ses plaisantes trouvailles, et aussi Mlle Paulette Montereol qui, d'ailleurs, s'en tient à des combinaisons de lignes plus discrètes, plus régulièrement géométriques et dont le charme est plus intime. On pourrait multiplier les exemples. On pourrait prouver que les ferronniers qui se limitent aux rudes moyens de leur métier, comme M. Piguet, pour sa porte d'atelier, M. Brégeaux, pour sa console, nous satisfont mieux que leurs collègues entraînés à de luxueuses fantaisies où le fer perd de sa robuste qualité. Contentons-nous d'enregistrer la réussite des bons créateurs de modèles qui n'ignorent rien des secrets du métier : M. Bastard, le vitrinier, qui a taillé dans l'ivoire une coupe aux contours très purs, M. Raby qui renouvelle par la sobriété de ses dessins l'aspect classique des jeux de brosses et de boîtes pour la toilette tirés de la même matière ; M. Jean Fouquet, le joaillier, Panneau décoratif de Claudius Linossier (Artistes Décorat.)
qui a construit de très modernes bijoux en or massif, jaune et blanc, mat et brillant, dont la netteté correspond aux apparences suggérées par l'actuel machinisme. Constatons l'attrait des heureuses trouvailles des relieurs d'art qui, tels Mlle Desouches, Mlle de Leotard, s'en tiennent à de simples harmonies de lignes habilement combinées sur les fonds unis de cuirs précieux, ou tels M. Kieffer évoquent le texte par de plus riches accords de tons, de plus directes images; de verriers, comme M. Gruber, qui inscrit dans l'armature des plombs, des verres aux tonalités claires, d'une gamme peu étendue, mais des verres moulés, façonnés, tantôt rayés de stries, tantôt bosselés de cabochons, par quoi il interprète les ciels, les terrains, les verdures, les différentes matières de vastes paysages stylisés; ou comme M. Barillet, dont les TABLE "CACTUS" PAR ALBERT CHEURET Bronze et marbre Si Albert Cheuret, ce maître bronzier, excelle dans le luminaire, il réussit non moins bien dans les autres appli- vitraux encore plus synthétiques, presque monochromes, où s'accordent les noirs et les gris nuancés, diffusent avec un doux éclat la lumière du jour. Et ceci, par une transition facile, nous amène à parler de l'éclairage artificiel. On a regretté avec raison que la Société des Artistes décorateurs ait dû se contenter pour son Salon d'un obscur boyau. Du moins, ses exposants y ont-ils trouvé le prétexte de jouer abondamment de l'électricité. Or, c'est dans l'emploi de la lumière électrique incessamment amélioré que l'on a pu trouver, sans aucun doute, le plus de nouveauté à cette exposition. Usant avec ingéniosité, avec esprit, des ressources infiniment variées que leur offre cet élément si souple, si maniable, qu'est l'ampoule électrique, les spécialistes et même les décorateurs non spécialisés parviennent cations du bronze. Cette desserte de marbre soutenue par deux hérons de bronze vert de gris en est la preuve.
ÉVENTAIL LUMINEUX EN VITRAI PAR JEAN PERZEL Au Salon des Artistes Décorateurs à obtenir des effets imprévus et charmants. Le plus original est dû, il faut en convenir à M. Montagnac qui a dissimulé la source lumineuse dans un vase colossal placé au centre de la salle décorée par lui. Un puissant réflecteur projette les rayons vers le plafond légèrement teinté en rose orangé qui, les renvoyant à son tour, les distribue par toute la pièce. Ainsi, l’artiste a-t-il pu obtenir un éclairage quasi solaire, mais plus doux et dont il peut varier la qualité, l’intensité. Et puis, il y a toute la diversité des frises en verre pressé de M.M. Genet et Michon, de M. Sabino, frises, moulures, qui se confondent avec le décor d’un appartement, soulignant un panneau, encadrant une porte, prenant, au faîte d’une colonne encastrée, la place d’un chapiteau et qui, soudain, s’éclairant, répandent une agréable lumière. Ce sont ces appareils inscrits dans un meuble, sur la table-bureau de M. Follot, aux côtés du lit de M. Rapin, au-dessus de la tablette du secrétaire de Mlle Perriand, qui disparaissent à volonté sous un panneau de bois, réapparaissent quand il le faut, et per- LAMPADAIRE PAR RENE HERBST Édité par Cottin et fils (Musée Galliéra) LAMPADAIRE DE J. GRUBER Artistes Décorat. (Photo Bernis, Morouteau)
LAMPE DE CHEVET Etablissements Ch. Blanc mettent de lire, d'écrire dans un rayonnement pai- sible. Ces heureuses innovations n'empêchent pas du reste de se multiplier sous des formes inédites les appareils autonomes. Au mur, les appliques de M. Perzel, de Mlle Clouzot, dans la stylisation de leurs verres dépolis, se posent comme de gros papillons aux ailes à demi déployées, comme des fleurs aux corolles entr'ouvertes. Des plafonds descendent des lustres en boules, en étoiles, en parasols renversés. Des parquets montent d'étranges lampes à pied, du haut desquelles M. Lamy, par exemple, propage la lumière à travers d'épais disques de verre. Sur les consoles, sur les meubles d'appui prennent place des candélabres, tels ceux de M. Lalique, dont les mon- tures élégantes et fines en métal argenté soutiennent, au lieu de porte-bougies, des cubes de verre épais où se dissimulent les ampoules et encore des manières de surtout lumineux faits de plaques de verre dépoli enchassés dans des plombs de vitrail, comme la pièce curieuse en forme d'éventail, conçue par M. Jean Perzel, et tout cela sans préjudice des appareils nombreux qui empruntent au bronze leur richesse. Mais de ces derniers on verra surtout des exemples à l'actuelle exposition du Musée Galliera, spécialement consacrée aux arts du bronze. A vrai dire, l'importance UNE LAMPE DE SABINO Bronze argenté et verre pressé (Salon des Artistes Décorateurs) LAMPE BRONZE ARGENTÉ DE DUNAIME Bezaault frères, éditeurs (Musée Galliera) UNE LAMPE DE SIMONEI Bronze argenté, Abat-jour soie et marabout (au Musée Galliera)
ALBERT CHEURET Bronze argenté et albâtre des armatures et des supports en bronze n'est pas sans disproportion avec l'essentielle légèreté de l'éclairage électrique. Pour soutenir une bulle de verre et des fils de soie, point n'est besoin de lourdes branches en métal. Leur usage ne se perpétue, semble-t-il, qu'en souvenir des appareils d'antan à chandelles, à huile ou à pétrole. C'est une façon d'anachronisme. Nous ne retiendrons donc, parmi ces ouvrages des bronziers, que ceux où se manifeste une particulière invention, où s'affirme une idée neuve et que justifient jusqu'à un certain point leur destination. Ainsi, la lampe de bureau exécutée par M. Renon, sur le modèle de M. Péjac, exagérément ornée peut-être, mais pratique : un foyer lumineux au bout d'une poignée, à l'aide duquel on peut explorer les rayons d'une bibliothèque, examiner de près un tableau et que l'on immobilise ensuite sur deux fourches, un peu comme un récepteur téléphonique ; ainsi le lustre de cuivre des (Au Salon des Artistes Décorateurs) ( Photo Rep ) Éclairage par réflexion (Musée Galliera)

Cette publication est une revue mensuelle consacrée aux industries d'art, avec un focus particulier sur les arts décoratifs et le mobilier. Le numéro de juillet 1926 présente des critiques d'expositions telles que le Salon des Artistes Décorateurs et une exposition de bronzes et cuivres au Musée Galliéra. Il met en avant le travail d'artisans et de créateurs dans des domaines variés comme la céramique, la verrerie, la dinanderie, la ferronnerie et la joaillerie.