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N° 124 LES ARTS Avril 1912 SIR THOMAS LAWRENCE. — PORTRAIT DE LA COMTESSE DE WILTON (Collection Roussel. — Vendu 435,000 francs)
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N° 124 LES ARTS Avril 1912 SIR THOMAS LAWRENCE. — PORTRAIT DE LA COMTESSE DE WILTON (Collection Roussel. — Vendu 435,000 francs)
J.-H. FRAGONARD. — L'ÉDUCATION FAIT TOUT (Collection Roussel. — Vendu 250,000 francs) DONNEZ-LEUR DES TROMBONES !... > Lout dernièrement dans un grand journal, j'ai lu quelque chose comme ceci : « On nous apprend que l'admirable tableau de un tel, le maître des chairs fraîches, va échapper à la France et partir pour l'Amérique ! Comment admettre qu'un tel chef-d'œuvre nous soit ravi ! Comment s'en consoler ! Quand donc viendra la loi préservatrice qui empêchera de tels sacrilèges ? Caveant consules. » Et patati et patata. Il s'agissait d'une de ces infamies, impressions, notations d'art, ce que vous voudrez, dont la France doit se trouver trop heureuse d'être débarrassée, car elle en produit autant que de petits radis, et les petits radis se mangent—eux ! Il s'agissait d'une de ces toiles-pétards qui, durant les jours où s'exposait le Salon des Refusés, procuraient à un groupe de bons camarades, l'occasion de mettre du noir sur du blanc, gratuitement, il le faut espérer : en son beau, l'Article-Réclame. Il le fallait protéger, il fallait en empêcher la sortie et en conserver la graine pour l'éducation nationale. Cela est comique ; certes ; n'empêche que c'est un symptôme. Une sorte de grouillement auquel prennent part quelques députés amateurs des coups de pistolet sans balle, un bon nombre de ratés et beaucoup d'imbéciles, s'essaie à faire du bruit autour de ce mirifique programme : défendre contre l'étranger le patrimoine national artistique. — Vous avez lu cela déjà — prohiber l'exportation des chefs-d'œuvre et arrêter leur départ pour l'Amérique, devenue la conquérante insidieuse des toiles de maîtres, des tapisseries et des objets d'art de toutes les nations. Ces Messieurs sont assurément trop logiques pour ne point tenir pour juste, équitable et salutaire que l'étranger Erratum. — Dans le numéro 123, p. 10, les Arts ont annoncé que le tableau de Jordaëns, la Serénade, appartenant à M. Camille Blanc, était le même qui, en 1905, appartenant à M. LeBlon, d'Anvers, avait figuré à l'exposition des œuvres du maître à Anvers. Il y a là une erreur. Le tableau appartenant à M. Camille Blanc représente le même sujet que celui possédé par M. Le Blon, mais il en diffère en certains points qu'on ne pouvait constater qu'en comparant de près les deux tableaux, ce qu'on fera grâce aux gravures publiées dans notre numéro 56, p. 7 et dans notre numéro 123, p. 11. N. D. L. D.
LES GRANDES VENTES SIR THOMAS LAWRENCE, P.R.A. — Portrait de Sir Charles Lauther (Collection Roussel. — Vendu 116,000 francs)
LES ARTS fasse chez lui ce qu'ils nous invitent à faire en France. Aucune œuvre d'art ne devra donc plus sortir du pays où elle se trouve; les frontières seront bouclées, garnies d'un triple rang de douaniers armés de carabines à répétition avec lesquelles ils crèveront l'œil de la Belle Jardinière à cinq cents mètres. Cela sera quelque chose, sans doute; mais les défenseurs de l'Art national doivent aller jusqu'au bout. Est-il admissible que les nations, les communautés, les particuliers possèdent quoi que ce soit qui n'ait pas été fabriqué sur le territoire national? Que signifient ces musées qu'empiissent des œuvres qui ne sont pas nationales? S'il est admis que les nations ni les particuliers ne peuvent échanger leurs œuvres d'art, s'il est admis qu'en France, par exemple, on doit garder jalousement tout ce qui est de fabrication française, a-t-on le droit d'y conserver ce qui fut de fabrication étrangère? Il est juste que chacun retourne à son trou et, par là, que, en Assyrie, Mésopotamie, Médic, Egypte, et Perse, on retransporte ce qui fut extrait de terre pour l'y enfourir à nouveau. Il n'y a personne là-bas et l'espace y est désertique. N'importe! Il y eut une nation, puisqu'on trouve des ruines; donc, ces ruines sont nationales et exporter ce qui se trouve dans le sous-sol est un attentat aux principes essentiels que préchait feu M. de Quatremerde de Quincy, et qui ont retrouvé à présent une foule zélée de défenseurs empressés. Il y a un degré de sottise qu'on croyait impossible à franchir. Illusion et démence : il est atteint, tout de suite dépassé, et de combien ! et cela semble tout simple ! Toute cette factice agitation au sujet du protectionnisme à outrance des objets d'art est provoquée par l'Envie, vertu essentielle et base des Démocraties. Des ventes d'objets d'art ont lieu qui ont produit des chiffres considérables, publiés complaisamment par les journaux. Les politiciens envient les argents dont sont payées les œuvres mises en vente; les peintres, les sculpteurs et autres artistes envient les prix dont sont payées des machines qui, n'étant pas d'eux, sont par suite si inférieures à ce qu'ils font et qui ne se vend pas! Enfin, quelques Français trouvent ennuyeux que leur échappent des objets qu'ils auraient voulu acquérir à bon compte — pour les revendre très cher. Et alors, ils imaginent, à eux tous, la défense du patrimoine national. Ouvrez les catalogues: dans l'une des récentes ventes, le tableau qui a atteint la plus grosse enchère était un tableau anglais; dans l'autre, le tableau qui a monté le plus haut était un tableau allemand : celui-ci fut importé en France, il n'y a pas vingt ans, celui-là tout récemment. Si l'on considère qu'ils constituent, quoique anglais l'un et allemand l'autre, des objets d'art français, dont la sortie doit être interdite, il faut espérer qu'on dédommagera les importateurs, ou plutôt, devra-t-on interdire l'importation. Si l'on considère qu'ils constituent des objets d'art étrangers, il convient qu'un gouvernement propre les restitue à leur patrie d'origine sans les regarder, car les admirer constituerait un crime de lèse-patrie, et il est national de réserver son admiration pour l'exposition du bord de l'eau — là-bas, là-bas, au delà du Champ-de-Mars. Voilà un art national et sur lequel il est digne, juste et équitable d'attirer la pluie des pépites d'or. Le malheur est que de cet art, nul ne veut et c'est pourquoi les artistes-là envient si fort les tableaux qu'on achète. De ces tableaux, l'un anglais, l'autre allemand, la vente en France a rapporté au fisc et aux officiers ministériels, d'abord dix pour cent du prix qu'ils ont atteint; si c'est 600.000 francs, 60.000. Ils ont, par leur transmission héréditaire et les droits de succession, rapporté au fisc une somme à peu près semblable; plus, à des tiers, en expertise, location de salle, fabrication de catalogues, annonces et réclames, au moins cinq pour cent : c'est-à-dire que le simple passage de ces tableaux sur le marché français a rapporté à la France ou aux Français au moins vingt-cinq pour cent de leur valeur. Quand on a un budget de cinq milliards, on ne doit pas cracher sur cinq ou six millions. C'est toujours cela de trouvé! Imaginer que les objets d'art vendus à Paris sont nécessairement français est l'inaptie la plus colossale qu'on puisse émettre. Il y a sans doute des objets français, et j'entends œuvrés en France par des mains françaises. Les plus beaux et les plus nobles appartenaient à Dieu J.-B.-J. AUGUSTIN. — PORTRAIT DE Mlle DUTHÉ (Collection Roussel. — Venda 55.500 francs) R. COSWAY. — PORTRAIT DE LADY BEETCHEY (Collection Roussel. — Venda 18.000 francs)
LES GRANDES VENTES F.-H. DROUAIS. — LA FILLETTE AU CHAT (Collection Roussel. — Vendu 135,000 francs)
LES ARTS et au Roi : dans un cas comme l'autre, l'Etat, entité qui s'est substituée à Dieu et au Roi, devrait à présent les pos- séder. L'Etat devrait posséder la Joconde qui était au Roi, il devrait posséder la chasse de Soudeilles qui était à Dieu. Il a laissé vendre l'une et voler l'autre; l'Etat s'est montré le plus déplorable des propriétaires; celui qui est incapable de défendre sa propriété; celui qui déshonore et dégrade les objets qu'il possède; celui qui acquiert au plus haut prix des objets honteusement faux, ridiculement falsifiés et dont pas un amateur ne voudrait. C'est l'Etat qui, à la place de la Joconde volée, pend cette sorte de parodie, pochade d'atelier, que Corot esquissa un jour où la pluie l'empêchait de fabriquer en plein air son paysage quotidien. C'est l'Etat qui a vendu aux enchères publiques les meubles et les objets d'art de Versailles et de Trianon. C'est l'Etat qui saccage les tapisseries des Gobelins dont il fait des tentes de fortune pour les danseurs de l'Elysée. C'est l'Etat qui disperse les meubles du Garde-Meuble à travers l'Europe entière; qui expédie d'un bout du monde à l'autre, de Florence ou Turin à Pétersbourg et à Moscou, les tableaux des Musées nationaux; c'est l'Etat qui, dans des expositions, met au péril du feu comme à Bruxelles, au péril de l'eau comme à Turin, les plus beaux objets qu'il possède. Voilà comment l'Etat jouit en bon père de famille et comment il fait profiter les Français de ce qu'il possède. Vingt pages de cette revue ne suffiraient point pour énumérer les vols que l'Etat a laissé commettre depuis dix ans : vols qu'il cache, qu'il dissimule, dont on ne poursuit pas les auteurs et dont, lorsqu'un gêneur les découvre, l'Administration s'excuse en disant qu'ils sont sans importance. Mais quoi, il n'y a rien à y faire, il n'y a qu'à s'incliner et très bas. C'est l'Etat qui devrait posséder, qui possède sans doute encore, les plus beaux objets œuvrés en France par les mains françaises. Ah! qu'on défende ceux-là, et même tout autant ceux qui, depuis François Ier, ont été achetés chez les étrangers par les souverains français, on ne saurait qu'y acquiescer d'enthousiasme. Que l'Etat ne laisse plus voler les objets qu'il détient, qu'il rétablisse chez les gardiens des Musées l'esprit de discipline, chez les conservateurs l'esprit de devoir, qu'il ne trimbale plus ses tableaux et ses statues comme des marchandises défraichies, rossignols des expositions cosmopolites, vieux fond de magasin qu'on rencontre avec une égale stupeur partout où s'ouvre un guichet, et qu'on cherche vainement dans les Musées où ils devraient être; qu'il ne coupe plus les tapisseries pour les accorder avec l'emplacement qu'on leur assigne, qu'il ne se laisse plus embâter à haut prix des balayures de la salle des ventes, qu'il poursuive d'une façon inexorable les voleurs et qu'il fasse des lois par lesquelles ses juges leur appliqueront, au lieu d'un mois de prison qu'ils ne font pas, cinq ou six bonnes années de fers avec chat à neuf queues pour le petit déjeuner, il n'est pas un brave homme qui n'y applaudira. Alors, et de plus en plus, les amateurs désireux d'immortaliser leur nom ou de perpétuer un ensemble qu'ils auront formé et qu'ils trouvent intéressant, laisseront à l'Etat les collections qui auront fait la joie de leur vie, et certes cet Etat n'aura plus besoin de se parer, comme il fait, des laissés pour compte de la rue Drouot. Mais, ce qui n'est pas à l'Etat, ce qui appartient légitimement à des particuliers, n'est-ce pas assez que, à chaque échange, l'Etat prélève un minimum de dix pour cent, porté à vingt s'il s'agit de tradition successorale et de réalisation par des héritiers? Que l'objet soit ou non de fabrication française, qui a le droit d'empêcher le légitime propriétaire d'en disposer, de le vendre ou de le détruire à son gré? Et quel est ce prohibitionnisme artistique que l'on prétend nous imposer? — Paris est devenu le marché mondial de la curiosité. Malgré le prélèvement de dix pour cent, un très grand nombre d'étrangers envoient à Paris pour y être vendus, soit aux enchères, soit à l'amiable, les objets d'art qu'ils possèdent. Qu'on y prenne garde : déjà le marché des médailles n'est plus en France; qui empêchera que le marché des objets d'art se transporte à Bruxelles si l'on pressent que se préparent, contre les amateurs et contre les marchands, quelques-unes de ces lois imbéciles, odieuses et criminelles que notre parlement excelle à faire? Tarir une des sources de revenus les plus abondantes que le fisc ait encore imaginées; réduire à la misère ceux — et ils sont innombrables — qui vivent de ces échanges et trouvent des bénéfices autour des salles de ventes; écarter de Paris les étrangers qu'y attirent bien plus qu'on ne saurait croire les boutiques et les magasins de curiosités; tuer toutes les industries qui fournissent à ce commerce des éléments plus ou moins ressemblants et d'une antiquité relative, c'est le rêve de divers journalistes et, assure-t-on, de quelques parlementaires. C'est un noble rêve, de ces rêves à l'Erostrate que nous vîmes réalisés il y a quarante ans. Seulement, ici pas de pétrole, pas de bombes, pas d'incendie, une délécieuse maladie de langueur, les artères coupées et peu à peu toute sang s'échappant. Un tableau pour M. J. P.-Laurens: un tableau de vente: les Enervés de l'Hôtel Drouot. Jamais on ne vit une nation s'acharner ainsi contre elle-même, trouver plaisir à taillader sa chair, à voir couler son sang, à se rendre impuissante et inerte, le tout pour faire plaisir à quelques Messieurs qui s'en fichent comme de leur première culotte, mais qui cherchent par leurs articles ou leurs propositions de lois, à faire du bruit, le plus possible de bruit. Si l'on ouvrait une souscription pour leur acheter des trombones! FRÉDÉRIC MASSON. F.-H. DROUAIS. — UN JEUNE ÉLÈVE (Collection Roussel. — Vendu 205,000 francs)
LES GRANDES VENTES L'année 1912 marquera dans les annales de la curiosité par le nombre et l'importance des collections célèbres qui y auront été livrées aux enchères, et dont le total s'élèvera à plusieurs dizaines de millions. La première partie de la saison de printemps, interrompue pour quelque temps par les vacances de Pâques, a déjà vu passer sous le marteau des commissaires-priseurs des collections de premier ordre, lesquelles ont donné lieu à des adjudications retentissantes, tant pour des tableaux que pour des objets d'art. La première grande vente parisienne fut celle des tableaux modernes de la collection de feu M. Jean Dollfus, qui, le RICHARD PARKES BONINGTON. — LA SORTIE DE LA RUE ROYALE (Collection Roussel. — Vendu 85,000 francs)
LES ARTS J.-H. FRAGONARD. — MADAME DE NORENVAL, LECTRICE DE MARIE-ANTOINETTE (Collection Roussel. — Vendu 120,500 francs)
LES GRANDES VENTES J.-B. GREUZE. — PORTRAIT DE BABUTI, LIBRAIRE (Collection Roussel. — Vendu 109,500 francs)
LES ARTS 5 mars, à la galerie Georges Petit, sous la direction de MM. Lair-Dubreuil et Baudoin, assistés de MM. Durand-Ruel et Bernheim jeune, fournit un total de 1.122.760 francs, résultat inespéré. M. Jean Dollfus était un amateur de la vieille école qui, très connaisseur et possédant beaucoup de goût, avait réuni depuis une cinquantaine d'années, une collection aussi nombreuse que choisie de tableaux et objets d'art de toutes les écoles et de toutes les époques. Les Arts en ont publié une bonne partie en 1904 (n° 25 et 26). Les tableaux modernes présentaient des œuvres les plus diverses depuis l'école 1830 jusqu'aux impressionnistes, mais offrant comme intérêt capital une réunion d'une vingtaine de tableaux de Corot. Dans ces tableaux de Corot, le musée du Louvre s'est rendu acquéreur au prix de 150 000 francs, sur demande de ce chiffre, de la Femme à la Perle, qui n'avait pas dépassé 4 000 francs à la vente de l'artiste, en 1875 (les Arts, n° 26, p. 11). Le Louvre acheta encore un autre tableau de Corot, Rome, Monte-Pincio, pour 32 000 francs, au lieu de 1 500 francs à la vente Corot (les Arts, n° 26, p. 7) et aussi pour 38 000 francs, une toile de Géricault, la Course des Barbieri au Corso, à Rome (les Arts, n° 26, p. 10), qui n'avait fait que 6 230 francs à la vente Marcille, en 1876. Dans les autres tableaux de Corot, la Grande Métairie fut adjugée 133 000 francs sur demande de 100 000 francs et alors qu'il n'avait fait que 8 200 francs à la vente Laurent Richard, en 1873 (les Arts, n° 26, p. 12); une grande composition de la première manière, Silène, fut payée 81 000 francs; la Pêche au filet, 40 000 francs et Bouquet d'arbres avec paysanne et batelier, 30 000 francs. Parmi les œuvres des autres artistes, le gros prix fut réalisé par le Retour des champs ou l'Etoile du soir, par Millet, que l'on poussa à 118 000 francs, sur demande de 80 000 francs (les Arts, n° 26, p. 8). Ce tableau, que convoitait le musée du Louvre, avait été acheté 6 050 francs par M. Dollfus à la vente Millet en 1875. Les tableaux de Renoir furent chaudement disputés. La Loge monta à 31 200 francs; la Noce juive, d'après Delacroix, fut adjugée 35 000 francs et le Portrait de Claude Monet, 20 200 francs. Un Daumier, Don Quichotte et Sancho endormi, réalisa 30 200 francs au lieu de 1 620 francs à la vente Arosa, en 1878 (les Arts, n° 26, p. 9), et la Vague, par Courbet, trouva preneur à 16 000 francs. Les 1er et 2 avril, les mêmes commissaires-priseurs assistés de MM. Sortais, Féral et Mannheim, vendirent les tableaux primitifs et de la Renaissance et les objets de curiosité de la même époque, provenant de la collection Dollfus. On réalisa là un chiffre de 1 471 865 francs et les primitifs se vendirent des prix que l'on n'avait pas encore vus jusqu'à présent, sauf la vente Weber, de Berlin, dont nous parlons plus loin. La pièce capitale était un triptyque de l'école de Cologne du xve siècle : La Présentation au temple, dont on demandait 100 000 francs et que M. Leprieur poussa pour le musée du Louvre, mais qu'il dut abandonner, un marchand, M. Kleinberger, l'ayant fait monter à 156 000 francs (les Arts, n° 25, p. 15). Ce panneau avait fait seulement 14 500 francs à la vente Beurnonville, en 1881. D'autres étonnantes progressions de prix furent constatées. Un Cranach, Vénus et l'Amour, payé 455 francs, en 1877, fut adjugé 19 200 francs. La Vierge et l'Enfant entre deux anges, par Crivelli, estimé 20 000 francs et poussé à 70 000 francs, avait été vendu 2 250 francs en 1873; un devant Joseph, de l'école flo-
COROT. — LA DANSE SOUS LES ARBRES AU BORD DU LAC (Collection Roussel. — Vendu 310,000 francs)

Ce numéro de la revue "Les Arts" aborde la question de la protection du patrimoine artistique national face aux exportations, notamment vers l'Amérique. Il critique l'idée d'une interdiction totale d'exportation et met en lumière les ventes d'œuvres d'art importantes de la saison, incluant des pièces de Sir Thomas Lawrence, J.-H. Fragonard, et Richard Parkes Bonington. Une section est également consacrée aux travaux de la Société Anglaise des Artistes Graveurs-Imprimeurs.