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LES ARTS N° 114 Juin 1911 JOSEPH BAIL. — SERVANTES PLIANT DU LINGE
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LES ARTS N° 114 Juin 1911 JOSEPH BAIL. — SERVANTES PLIANT DU LINGE
ALBERT THOMAS. — LA DANSE SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS SALON DE 1911 SANS perdre le temps à regretter le passé ni à prophétiser l'avenir, quand on se trouve brusquement mis en face de trois mille choses peintes et de mille choses sculptées, et de tant de choses gravées, lithographiées, etc., il sera peut-être suffisant de constater et d'examiner le présent. Je dois dire tout d'abord que ce présent, s'il n'a rien de très exaltant, n'a rien non plus qui désespère. Le talent abonde, la dextérité est courante; le métier, s'il n'est pas des plus subtils, est de qualité solide; prodigieux est le nombre d'exécutants qui, sans posséder comme on disait jadis, les parties les plus hautes de l'art, en savent assez pour figurer honorablement et tenir leur place dans l'orchestre. Notons aussi que ce Salon a toujours pour lui les yeux du grand public. La clientèle scolaire et la clientèle bourgeoise lui restent obstinément fidèles. Il satisfait le goût moyen; il répond aux idées courantes; pour un historien, il représenterait assez bien ce qu'aimait et ce que voulait en l'an 1911, la grande masse de ceux qui demandent à l'art un délassement dominical, une légère excitation pour l'esprit, et seraient choqués d'y trouver une passion trop vive, une vérité trop hardie, ou quelque maladie distinguée. Cet art sain, tranquille et de tout repos a des qualités lénifiantes et donne peu de signes de névrose; s'il s'agit de formuler un diagnostic de la santé générale, il apparaît plutôt rassurant. Mais aussi ne lui demandez pas de vives ou profondes émo- tions, ni des jouissances d'art très raffinées: vous chercherez en vain de ces réalités qui ont la magie du rêve. La prose domine et je sais que de bonne prose est bonne, mais un peu de poésie ne gâterait pas l'affaire. Le recueillement ému et pensif devant la vie, l'intime pénétration par l'esprit des spectacles familiers, l'ivresse amoureuse qui les transfigure et les spiritualise; l'art qui nous révèle ce que nos yeux n'avaient pas su voir, cet art manque décidément trop à ces peintres. Ils voient ce que nous voyons, comme nous le voyons: ils le rendent avec exactitude, avec force parfois, souvent avec brutalité. Ils savent imiter; ils expriment peu. Le contour des objets et leur surface et leur volume sont là; non l'esprit des choses; ils se soucient médiocrement d'y mettre leur âme. Ils sont décidément trop objectifs, Et laissent sur le verd le noble de l'ouvrage. Et peu à peu cette textualité nous opprime; tant de matières colorantes dressent autour de nous un mur opaque où plus rien ne palpite; le réel, le littéral nous étouffent; on voudrait s'évader vers quelque chose de plus aérien, de moins précis, de moins séchement imité, de moins durement affirmé, de moins riche et de moins gras. Il semble qu'on va succomber à cette formidable coalition de tubes. Ah! je sais bien que ces tubes, nous les avons déchainés par nos vœux imprudents, et comme l'apprenti sorcier, nous ne trouvons plus le mot pour les reboucher et ils épanche-
J.-P. LAURENS. — LE CHEVALET Photo Vizzeronna.
LES ARTS Page 4 Text Content Left Column: ront pour l'éternité leurs pigments implacables. Ils les étaleront en trainées gluantes, en couches opaques, en coulées, en lacs, en torrents. Il y aura peut-être un jour plus d'êtres peints que d'êtres vivants et les catalogues des Salons et Salonnets feront une concurrence victorieuse aux listes de recensement. Oui, nous avons dit que la vie moderne était un ample répertoire de motifs dignes d'être reproduits par l'art, que la nature offrait une source intarissable de thèmes émouvants, qu'il fallait d'abord voir et sentir, et les peintres, demi-peintres, quart de peintres nous ont pris au mot. Sans autre préparation, ils se sont rués en bataillons serrés sur le réel; ils le croquent, ils le mangent, ils en vivent et ils en meurent. D'ailleurs, pourquoi s'en dédire? Le sujet importe peu; tout est dans la manière. Il ne suffit pas de voir, il faudrait avoir une vision personnelle ; il ne suffit pas de constater, il faudrait sentir. Le maniement de la brosse n'est pas tout, il importe que l'esprit la guide et que le cœur soit aussi de la partie. Bien imiter est le commencement de la sagesse, ce n'est pourtant qu'un moyen pour atteindre une fin supérieure. Il est fâcheux que la matière prime l'art, et que, parmi tant de gens qui parlent, on en compte si peu qui aient quelque chose à dire. Right Column: Mais, je m'étais promis de ne pas m'attarder aux regrets et de constater le présent. En attendant que des héros nous élèvent au-dessus de nous-mêmes et de la vie quotidienne, acceptons le point de vue actuel. Faire le portrait de son pays, des mœurs et des individus, ce fut le programme des bons Hollandais et c'est un programme fort acceptable. Il n'est pas nécessaire d'avoir du génie pour faire un bon portrait. Il n'y a cependant que les artistes d'imagination grande et de sensibilité vive qui en fassent d'excellents. Ceux-là s'intéressent à l'individu qui pose devant eux l'énigme de son être; ils le déchiffrent, le pénètrent, le dominent; ils l'aiment pour l'avoir compris; ils voient l'essence intime sous les apparences, ils déterminent la classe et l'espèce, ils ajoutent à la vérité particulièrela véritégénérale. Est-il dans ce Salon beaucoup de portraits de cet ordre? J'en vois deux à coup sûr, qui par là même prennent une signification très haute. Je ne crois pas que Mademoiselle Dufoù dans une carrière si bien remplie, ait rien produit de plus parfait que le portrait de Madame Aurel. Beauté de matière, nerf d'exécution, heureuse trouvaille de la pose, charme subtil de l'expression, des yeux qui pensent, qui jugent, qui raillent un peu, une féminité exquise, un esprit hardi et viril; tout est dit, suggéré sans insistance, avec une fougue précise, une liberté souveraine. Le portrait de Madame J.Mortierl'ampleur,la richesse, la magnificence. Il est plein, lyrique et sonore. Ce sont là portraits de poète qui joignent à l'intelligence aiguë du modèle, le charme le plus chaleureux. Mais ici surtout la bonne prose est la bienvenue, et comme le portrait répond à des nécessités sociales, il ne convient pas de faire le renchédi et de dédaigner les savants et consciencieux analystes. Au premier rang se maintient Bonnat qui donne à certains portraits de femme comme à celui de Madame Audard, un air de bonté majestueuse et tranquille, et qui rappelle ici David par la noble simplicité du dessin. G. Ferrier sait aussi bien exprimer la gravité et la fine expérience d'un magistrat que dire avec tendresse la grâce d'une jeune fille en qui renaît la beauté de sa mère. Baschet, fin psychologue, a le sens inné des belles et grandes manières; il est de plain-pied avec ses modèles, qu'il traduise avec une justesse aisée et spirituelle la puissante carrure et l'autorité du gentilhomme industriel ou la souplesse élancée du gentilhomme chasseur. Les savants ont les honneurs de ce Salon. Suau a tracé un sobre et ferme portrait de M. Branly,l'inventeur de la télégraphique sans fil. Laparra nous montre le Dr Metchnikoff, en son laboratoire, accoudé et méditant. Jonas assied devant son chevalet, palette en main, de ses yeux Mlle C.-H. DUFAU. — PORTRAIT DE Mme JANE MORTIER
A. MOROT. — SOUVENIR DU MAROC ; FANTASIA
LES ARTS clignotants et rusés poursuivant une image, le robuste patriarche du paysage français, Harpignies, rugueux et tanné comme les grands chênes qu'il connaît si bien; portrait remarquable quoiqu'un peu immédiat à mon goût. Jean-Pierre Laurens rapproche en un tête-à-tête émouvant le petit-fils et le grand-père. De bons portraits d'hommes encore sont ceux de M. D., par Marec, de M. A. S., par Dawant ; du général d'A., par Madame Lucas-Robiquet; du docteur A.-P., par Gourdault, quoiqu'un peu lourd, et de M. Beaulieu, par Mademoiselle Delasalle, quoiqu'un peu mou. Le portrait d'un curé, par R. d'Erlanger, dans sa tonalité blême frappe singulièrement par l'acuité physionomique, l'exécution libre des mains et du visage, le pétillement intelligent du regard. Femmes et enfants n'auront à se plaindre de leurs peintres attitrés, ni Mademoiselle F., de Humbert; ni Geneviève Vix, de Corabœuf, l'ingriste savant et convaincu qui enroule les formes avec grâce; ni Madame la Comtesse Nostitz, de Cayron, dont l'art joint la souplesse à l'énergie; ni Madame Roger Miclos, de Lauth, qui met une fine expression dans ses modèles ivoirins et fondus, ni Madame P., de Flameng qui rend un juste hommage à la pureté du sang anglo-saxon, ni le frère et la sœur dont Aimé Morot a rendu la remuante gentillesse. La Jeune Femme en bleu, de P. Albert Laurens, est d'un dessin délicat, non sans sécheresse. Maurice Mathurin met un tendre accent de couleur dans le portrait un peu flou de deux enfants. La Robe turgue, de Bordes, est un portrait de fantaisie, d'une exécution souple et vivante, du plus vif agrément de couleur comme d'expression. Un portrait de femme, par Mademoiselle de Kurnatowska, sort aussi de l'ordinaire; belle énergie de facture, caractère pénétrant. Trois peintres ont su rendre avec une délicatesse charmante, le geste affectueux qui relie la mère à l'enfant; Lenoir en son portrait de Madame X. et du petit Claude; La Hougue, en un tableau sobre et distingué; Balande, qui expose aussi une vigoureuse arrivée de barques, a trouvé la plus persuasive couleur et le plus fin sentiment pour parler du Jeune André et de sa maman. Citons encore un délicieux profil féminin de Giusti, un autre de Thiele, la grâce pensée, pure d'une jeune femme en blanc de Lawton Parker, des portraits, de Franzini, de Bergès; et rendons hommage aux sobres portraitistes anglais, Lander et Cope, qui ont rendu avec puissance les personnalités d'un général et d'un capitaine de frégate. Une caractéristique générale de ce Salon, c'est que les colorations fortes, les harmonies soutenues, les matières riches sont de nouveau à la mode. La décoloration amenée par le plein-air est en recul. D'autre part, la pénurie est grande des œuvres imaginées; celles qui le sont, paraissent l'être avec peu de conviction et d'élan. Mais nous ne chicaneurons jamais l'artiste sur le choix de ses sujets; dans une œuvre observée on peut mettre autant d'émotion, de poésie, et de généralité que dans les évocations du passé héroïque ou mythique. Un vrai artiste, sur le motif le plus proche et le plus familier sait passer et nous entraîner à sa suite du plan réel au plan idéal; le tout est de ne pas voir à bout portant les êtres et les choses et de les regarder avec les yeux de l'esprit. Donc le monde réel, les scènes prises sur le vif, la vie des salons et des chaumières, la vie bourgeoise et la vie rustique, ouvrière, ou maritime, offrent un lot considérable de documents plus ou moins interprétés. C'est dans cette représentation des choses modernes que se dépense le plus grand effort et que se trouvent les recherches les plus intéressantes. L'artiste est soutenu par le public, il se sent en accord avec le goût dominant de son époque. Il est évident qu'ici l'influence du roman naturaliste persiste et se prolonge alors que dans un milieu plus mobile et plus nerveux d'autres influences plus récentes, symbolistes, idéalistes, commencent à filtrer. Il est rare que les arts plastiques prennent les devants dans l'invention des motifs et du sentiment. On peignait encore dans un mode ultra-classique, alors qu'Atala et René avaient déjà bouleversé les manières de sentir; la parole ailée vole droit au but, affranchie de la matière, et crée les courants nouveaux qui descendent dans l'art. C'est un fait assez curieux que la poétique naturalise domine, à peu près sans rivales, dans le Salon de la Tradition. Courbet semble avoir ici plus d'autorité que Manet: si l'on surprend quelques échos, mais de plus en plus effacés, de l'esprit de Gustave Moreau, l'art se montre à peu près impénétrable aux idées d'un Maurice Denis, d'un Vuillard ou d'un Roussel. Pendant la Messe, de Gourdault, représente l'intérieur d'une église de village normand: paysannes à hauts caillots, à châles ramagés, paysans aux blaudes luisantes, petits gars C.-A. LENOIR. — LE PRINTEMPS PASSE
SOCIETÉ DES ARTISTES FRANÇAIS. — SALON DE 1911 M. BASCHET. — PORTRAIT DE M. LE MARQUIS DE DION Photo Victorinou.
LES ARTS naïfs et rougeauds, suivent l'office dans le pauvre édifice aux murs crépis. Les types sont bien observés, la peinture grasse et forte, la couleur généreuse. Je ne reprocherai pas à l'artiste de n'avoir pas idéalisé ses modèles, bien que tout charme soit absent (à sa conception réaliste nous ne demandons que la vérité), mais si chaque personnage pris à part donne une sensation forte, ils ne semblent pas assez vus d'ensemble, ni toujours mis sûrement à leur plan. De là quelque décousu, des heurts et des rencontres fâcheuses, dans une composition qui atteste par ailleurs un sens vigoureux du réel et de belles facultés de coloriste. Un nouveau venu, Buzon, montre des qualités analogues dans une œuvre solideetprobe. Mes Amis et le Modèle : une femme nue est couchée sur une chaise longue ; le peintre en préparant sa palette, étudie attentivement le modèle ; les amis sont adroitement groupés au fond de la pièce. M. Buzon a voulu rendre et il a rendu assez heureusement, l'émoi grave de l'artiste devant la beauté dévoilée, et ce sentiment fort suffit à donner à son œuvre quelque chose de religieux qui me plaît. Mais pourquoi ce nu est-il si lourd, si masculin, pour tout dire un peu vulgaire ? On y cherche en vain le plus exquis d'une grâce de femme. A ces œuvres intéressantes et incomplètes il manque le souffle léger, l'ambiance voilée qui poétise le réel en le dépouillant de sa lourdeur. Cela est vu de trop près, sans recul, sans généralité suffisante. Rien qui choque, au contraire, rien qui arrête l'épanchement fluide de la lumière, rien qui compromette le passage du clair à l'obscur, dans la toile de J. Bail, Servantes pliant du linge. La virtuosité de l'exécution est telle qu'on l'oublie, l'effet juste et doux semble éclos sans effort. Il faut rendre les armes à la magie du virtuose, et toutefois, pour être sincère, ajouter que cette lumière est un peu jaunâtre et que l'impersonnalité monotone des personnages fait regretter les servantes, les pourvoyeuses, si piquantes et si individuelles toujours d'un maître français. Dans une donnée similaire, le Déjeuner des Orphelines un jour de première communion, par Émile Renard, a des mérites analogues de discrétion recueillie. Le sentiment est vrai : une douceur triste plane sur les petites, groupées en robes blanches autour de la table que servent les sœurs un peu froidement maternelles et graves : sérieuses ou mutines, les physionomies se répètent un peu, l'ensemble est assourdi comme il convient ; il y manque la surprise d'une vérité plus imprévue. G. Finez, dans son tableau Jeunesse, a les qualités d'un jeune : l'entrain, la verve, la fraîcheur d'impression. Le soleil et l'amour ou du moins l'amourette sont invités, les couples s'en donnent à cœur joie, la lumière rit entre les feuillages, et les thyrses des marronniers chantent des couplets blancs et roses. Peinture solide, couleur juste ; un peu de lourdeur de plus, un peu de transparence en moins. Mais c'est brave et franc. Le Jeudi d'été dans un coron, de Grau, groupe dans le jardin d'une maison ouvrière, près de la cuve où se fait la lessive, la jeune mère avec les fillettes PIERRE LAURENS. — PORTRAIT DE M. JEAN-PAUL LAURENS ET DE SON PETIT-FILS CLAUDE
H. HARPIGNIES — DÉCLIN DU JOUR (Apartient à M.M. Arnold et Tripp) Photo Vizartone.
LES ARTS --- actives et le petit qu'elle vient de baigner. Art vigoureux et sain, comme toujours; forte sensation de race et de terroir; Grau comprend et aime son pays de Flandre. L'exécution serre de près la nature, en dégage le sens profond. Pourquoi l'artiste faiblit-il au personnage central, en qui devrait culminer le charme épars de la composition? Jamois est aussi un talent du Nord, non de la Flandre joyeuse mais du Nord pensif. Il a bien saisi la note des tabliers bleu pâle sur les grisailles des pavés et des murs, parmi la mélancolie des alentours d'hôpital. Il la répète, et c'est toujours bien, si ce n'est pas mieux. Le Gavroche d'Adler est parfait de pose, de type et d'allure; insouciant il va musant, le nez au vent et l'œil au guet, sans se soucier des petites ouvrières qui glosent sur son passage. L'atmosphère parisienne est finement sentie et rendue; dommage que les terrains soient inconsistants et creux. J'aime le sentiment très humain, à égale distance de la sensiblerie et de la caricature, dans lequel, cet habile notateur des mouvements peint les spectacles de la rue. La simplicité du sentiment, la justesse de la vision me plaisent aussi dans la toile du Jules Pagès (Au quai Bourbon). Avec sa fillette, une ménagère marche au bord de l'eau portant un lourd ballot de linge.C'est vif, bien vu, bien dans l'espace; le groupe central d'une juste valeur; les maisons du quai de Béthune viennent trop en avant, sont d'un ton trop uniforme et trop plâtreux. Chevaux se baignant le soir, de Descudé, dans un crépuscule un peu carriérisé, me confirme dans l'idée que ce jeune peintre a le sens de la grandeur et d'une poésie tirée directement du réel. Charpentier encadre dans une nature en fête, dans le somptueux décor des Alpes italiennes,l'aveu qui monte aux lèvres d'un rustique amoureux. Le Vendredi au Salon des Artistes français est une œuvre de verve heureuse et facile qui intéresse par le sujet même, qui retient par l'habileté des groupements, le naturel des poses et la vérité rapide des physionomies. Il ne faut pas bouder contre son plaisir. Sans doute le format est énorme pour raconter un événement qui n'en est pas un. Mais quoi? l'artiste a trouvé l'occasion de réunir, de grouper de la façon la plus simple et la plus naturelle tant de «personnalités» curieuses. Il nous offre, dans un style courant, alerte et spirituel, une galerie du Tout-Paris artiste. Les protagonistes de l'art français sont là, allant, venant, causant, riant, discutant. On reconnaît Madame Lantelme et M. Arthur Meyer; l'aimable M. Dujardin-Beaumetz et le rude Harpignies, l'austère J.-P. Laurens et le rieur Maurice Donnay — ce n'est pas rien,— et tous ces gens sont P. TAVERNIER. — UN COIN DE RENDEZ-YOUS EN FORÊT DE FONTAINEBLEAU
E. MARTENS. — SUR LE LAC Photo Viziercom. 15-17

Ce numéro de la collection « Les Arts » présente une critique du Salon de 1911, analysant la peinture contemporaine et les portraits exposés. L'article discute de l'abondance du talent et de la dextérité, tout en déplorant un manque de poésie et de vision personnelle chez certains artistes. Il met en avant des portraits remarquables et des œuvres qui témoignent d'un sens vigoureux du réel et de belles facultés de coloriste.