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FIGARO ARTISTIQUE ILLUSTRÉE L'AUTOMOBILE Le N° Mensuel : 5 fr. Octobre 1930
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FIGARO ARTISTIQUE ILLUSTRÉE L'AUTOMOBILE Le N° Mensuel : 5 fr. Octobre 1930
FIGARO tranquille à 100...avec une HOTCHKISS P.A.M. 1-1-1-1-1-1
ARTISTIQUE ILLUSTRÉ RENAULT 53, CHAMPS-ÉLYSÉES, PARIS - ET BILLANCOURT - SEINE --- La visite de notre Stand du Salon ou de nos Magasins des Champs-Élysées, l'essai que nous sommes prêts à vous faire effectuer vous convaincront de la supériorité incontestable de ces voitures, qui ont triomphé dans tous les Concours d'Élégance et dans les grandes épreuves sur route de l'année, auxquelles elles ont participé. --- RENAULT maintient pour 1931 la gamme complète de ses voitures de grand luxe : MONASTELLA et VIVASTELLA six cylindres, NERVASTELLA et REINA-STELLA huit cylindres, qui ont obtenu en 1930 un succès sans précédent. Les nouveaux modèles présentés au Salon, dotés des perfectionnements les plus récents et des accessoires les plus raffinés, comportent des carrosseries nouvelles aux lignes modernes et surbaissées.
FIGARO Photo Studio Lecram PUIFORCAT CHOCOLATIÈRE RÉGENCE
ARTISTIQUE ILLUSTRÉ C'était une... LORRAINE ...cette voiture qui vous passe et qui, à l'horizon déjà, ne laisse plus derrière elle que le souvenir de son aisance, de sa souplesse et de son élégance. Prix abordable, remarquable tenue de route à toutes les vitesses, accélérations exceptionnelles même en côtes, le propriétaire d'une LORRAINE est toujours fier et content de sa voiture. Avant de fixer votre choix, essayez une 15 CV 6 cylindres LORRAINE Quelques modèles : CONDUITE INTÉRIEURE 6 places (standard). --- 70.500 frs --- TORPEDO SPORT 3 vitesses 4 places . . . . . --- 75.000 frs --- FAUX CABRIOLET 4 places sur châssis sport. --- 83.000 frs --- 10, rue Pergolese, (16') --- -:- 146, Champs-Elysees, Paris. --- T.M.S. PARIS
FIGARO STAND 65 5 cv GRANDE NEF LICORNE 1ère DU CLASSEMENT GÉNÉRAL RALLYE INTERNATIONAL de MONTE-CARLO 1930 Photo Draeger 7 cv POUR SA PUISSANCE 5 cv POUR LES DÉPENSES LA PLUS ÉLÉGANTE ET LA PLUS CONFORTABLE des 5 cv 1er GRAND PRIX AU CONCOURS D’ÉLÉGANCE DE LA CASCADE DEUX PRIX — — DE L’AUTO PREMIER PRIX — — JOURNÉE FÉMININE PREMIER PRIX — — DE BORDEAUX PREMIER PRIX — — DE TOULON AUTOMOBILES LA LICORNE 5, Rue Mathilde, COURBEVOIE (Paris Banlieue N.O.)
FIGARO ARTISTIQUE ILLUSTRÉ 7e ANNÉE OCTOBRE 1930 REVUE MENSUELLE PRIX DU NUMÉRO 5 FR. --- SOMMAIRE - SEPTeANNÉE - OCTOBRE 1930 - REVUE MENSUELLE - PRIX DU NUMÉRO - CINQ FRANCS Auteur --- Titre --- Page --- HENRY KISTEMAECKERS --- "L'Arche inachevée" --- TRISTAN BERNARD --- "Préhistoire" --- E. DOMBRET --- "Les Tendances actuelles de l'Industrie Automobile" --- Mme J. BRUNO RUBY --- "La Femme et l'Automobile" --- LUCIEN DUBECH --- "Le Tourisme automobile" --- Mis. P. d'ARCANGUES --- "Il n'y a plus de Pyrénées" --- M. CONSTANTIN-WAYER --- "L'Ère de la Bête d'acier" --- Ct. M. DE LA FARGUE --- "L'Auto en Afrique" --- ROBERT CHAUVETOT --- "Sur les routes de France" --- E. TOULOT --- "Le Yachting automobile" --- M. RAT --- "La Bibliothèque du touriste" --- Calendrier des Ventes et des Expositions d'Art.: 59 à 61 Illustrations inédites de: Guy Sabran, Lucien Métivet, C. Rémusat, A. Collot, E. Nitsche. Couverture en couleurs par Hermine David. Le prochain n° qui paraîtra en novembre sera entièrement consacré à LA DANSE --- Abonnements (un an): - France et Colonies: 50 francs. - Europe: - Pays à tarif postal élevé: 100 francs. - Pays à tarif postal réduit: 75 francs. - États-Unis et autres pays: 6 $ Rédaction, Administration et Publicité : Hôtel de Figaro, 14, Rond-Point des Champs-Élysées Téléphone: Élysées 98-31 à 98-38
FIGARO Baguës FERRONNERIE OBJETS D'ART LUMINAIRE 107, Rue La Boétie Paris Londres Bruxelles New York
FIGARO ARTISTIQUE ILLUSTRÉ 7e Année Octobre 1930 --- SUR L'ARCHE INACHEVÉE par HENRY KISTEMAEEKERS En 1898, à l’inauguration du Salon de l’Auto-mobile, qui était alors forain, ses tentes blanches claquant aux quatre vents des Tuileries, on put voir le Préfet de Police s’arrêter longuement devant un monstre de l’époque, une de ces 8 chevaux qui gagnaient Paris-Amsterdam. M. Lépine (c’était bien lui, si je ne m’abuse) paraissait s’abîmer dans un gouffre de pensées. Cette ferveur méditative alluma la curiosité professionnelle d’un journaliste : — Est-il indiscret, Monsieur le Préfet, de vous demander vos impressions ? — J’étais en train de me dire que l’original qui achètera cet engin ramassera au moins quatre jours de prison dès sa première sortie. Gravons ce postulat philosophique au fronton du passé. Il va nous expliquer l’avenir. Affranchie de toutes contingences, la Rapidité, celle que M. Valéry devait appeler la Rapidité pure, relevait jadis des tribunaux correctionnels. En soi, elle était un crime. A tout le moins un délit grave Voilà pourquoi les moins de quarante ans qui accomplissent en ce moment la tournée rituelle des stands, ne se font aucune idée de l’étonnante révolution dont furent les causes, et puis les animatrices, ces jolies machines qu’ils inventoriennent d’un regard averti et glacé. Il faut, pour comprendre, avoir vécu les temps heureux et nonchalants où seuls les morts étaient réputés aller vite. Les autres, confrontés avec les vivants d’aujourd’hui, paraîtraient à ceux-ci vaguer dans le coma. Quoi qu’ils fissent, ils semblaient toujours le faire sur
FIGARO Les conséquences de la vitesse... Voyons un peu. Il en est d'excellentes. Il en est qui peuvent troubler le spectateur-acteur. Accélérer le rythme de la vie, changer la cadence du monde, cette fantaisie, qui ne va pas sans quelque désunion dans le jeu des forces, prolonge ses réactions dans le caractère des êtres. Ceux-ci gravitent à la fois sur le plan moral et dans l'ordre physique. Un démarrage trop foudroyant les livre, âme et poings liés, à un empirisme qui comporte ses sanctions, comme il a ses découvertes. On croit communément que c'est la guerre qui a coupé les cheveux de Mélisande et créé une Jeune Fille Nouvelle. Voire. Ce n'est pas la guerre, c'est l'automobile qui a raccourci les robes. Les robes plus courtes ont appelé des préjugés moins étroits. Il arrive que des préjugés moins étroits soient trop larges. Les préjugés de rechange ne sont jamais faits sur mesure. On attribue aussi à la pénurie d'épouseurs cette génération spontanée de spécimens infiniment divers que présente la Femme Nouvelle, dans son ensemble si différente de celle qui bridgeait sur les coussins du double-phaéton 1906. Autre mirage. La Femme Nouvelle s'est tout bonnement formée au volant d'un siècle dont la frénésie est le trait essentiel. Elle y a reçu, en un tournemain, la révélation de mille facultés dont nous estimions qu'il était de notre devoir, c'est-à-dire de notre intérêt, de la laisser ignorante, et qu'elle a aussitôt mises en exploitation. La Femme Nouvelle est fille de la vitesse. Elle l'impériale de Panthéon-Courcelles, omnibus trainé par deux chevaux lents comme des manuels d'histoire, et d'où l'on pouvait effleurer, d'un œil distrait, l'intimité paisible, la douce intimité des entresols parisiens. Soudain, l'automobile vint inaugurer le règne de la vitesse dans les rapports humains. De la vitesse, avec toutes ses conséquences. Et en accélérant le rythme de notre vie, l'automobile a tout simplement changé la cadence du monde. Tout simplement. Cela paraît tout simple, maintenant que nous sommes dans la ronde. Mais c'est miraculeux. Ou si vous voulez, c'est bouleversant. Trente ans y ont suffi. Trente ans à peine. J'entends un personnage de Labiche pousser un cri d'épouvante : « Où allons-nous ? » Bien renseigné qui pourra lui répondre. Et d'ailleurs, pourquoi lui répondre ? De quoi se mêle-t-il ? Il est hors d'affaire. Ayant déjà dégusté deux époques, les hommes de ma génération nourrissent en effet une petite rancune à l'endroit des ainés qui jouirent d'un régime de faveur et qui purent filer leur destin tout entier dans l'écheveau soyeux des anciennes années. Qu'importe à ces privilégiés, désormais à l'abri, de savoir sur quelle culée mystérieuse, là-bas, où la rive est encore invisible, retombera l'arche inachevée qui vibre sous nos pas ? Le risque est pour nous.
ARTISTIQUE ILLUSTRÉ est née dans l'automobile. Ou il s'en faut de peu. Et les hommes ? C'est dans l'automobile qu'ils ont désappris la patience et ses vertus annexes. Ils entendent faire fortune en cinq ans. Soit. Cela n'est pas si grave, puisqu'ils n'y réussissent pas. La fortune est un boxeur qui blufle et grimace, et simule l'abandon : on la croit découverte au cœur, et c'était pour vous placer un contre au men- ton. — Il est bien vrai que ces hommes ont reçu de la vitesse l'imper tinence qui s'inscrit dans un coup de klaxon, le mépris du vieux piéton, et la résolution impitoyable de parvenir à l'étape quoi qu'il en puisse coûter aux rêveurs sur la route. Mais l'éducatrice les a enrichis également de réflexes musculaires et mentaux tout à fait inconnus de leurs ascendants. Leur intuition fait à présent quatre mille tours-minute et leur volonté s'est entraînée aux décisions subites. Ils ont multiplié par dix les délais de leur existence en se mettant en ligne contre le temps. Et cette considération a bien sa valeur sociale. Dans les phénomènes particuliers que notre moment propose à l'observation pour établir un contraste avec les us et les choses d'avant-hier, on reconnaît donc la main de l'automobile, laquelle — je précise afin de m'épargner les foudres de Lancelot — est une main de ressort et non pas la main du serpent. C'est elle qui a donné au pâle habitant du faubourg la nostalgie de la nature, en lui ménageant avec celle-ci des relations faciles et fréquentes. (Complaisante intervention qui se dit, du reste, « faire la main »). Et c'est elle, dans un ordre de préoccupations assez différent, qui a dressé les plans d'une architecture où nos petits-neveux voudront peut-être découvrir quelque intention ironique à l'adresse du Centenaire du Romantisme. Car, lancée à la poursuite de la vitesse, l'auto mobile, dans sa trajectoire, a fixé la ligne. En imposant la vitesse, l'automobile a rendu nécessaire l'emploi de matériaux interchangeables et d'un assemblage précipité. En se parant pour séduire, l'automobile a éveillé la coquetterie d'un univers inanimé au milieu duquel elle se meut, stimulé la concurrence des façades, des lampadaires et du banc public. Enfin, en nous faisant balayer les horizons, l'auto mobile a libéré notre avidité de lumière. La charpente métallique, le ciment armé, les terrasses et les vastes verrières ont donc pris conseil de l'auto mo bile, dans le même instant que l'arcade et le cube trou vaient leur harmonie sous un capot, et que le génie des Barbarou, la mathématique des Birkight, la mys tique des Voisin, la hardiesse des Bugatti, dessinaient l'édifice moderne dans le cadre d'un châssis. Ainsi, tout ce qui nous entoure se trouve être désormais plus ou moins œuvre de l'automobile, œuvre ou fonction. Tout. Votre lampe de bureau. La psychologie du notaire. Le chapeau d'une petite amie. Les pulsations de la Bourse. L'avion de tourisme. Cette

Cette revue mensuelle, "Le Figaro Artistique Illustré", publie en octobre 1930 des articles sur l'automobile, abordant des sujets tels que les tendances de l'industrie, la femme et l'automobile, le tourisme, et les performances des véhicules de marques comme Renault, Lorraine, Licorne et Hispano-Suiza. Elle inclut également des chroniques sur l'art et le yachting.