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LA MAISON D'AUJOURD'HUI MAISONS DE RAPPORT DE CHARLES PLUMET ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ
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LA MAISON D'AUJOURD'HUI MAISONS DE RAPPORT DE CHARLES PLUMET ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ
Ouvrages parus dans la collection des Documents d'Architecture Architecture et Décoration Anciennes - La Décoration murale à Pompéi, par Pierre Gusman. - Un album (25×29) de 32 planches en couleurs et 16 pages de texte, en portefeuille. - L'Alhambra de Grenade, par H. Saladin. - Nouvelle édition. Un album de 48 planches (25×29) en héliotypie dont 2 en couleurs, en portefeuille. - Médervas du Maroc, par Charles Terrasse. - Un album (25×29) de 70 planches en héliotypie et 32 pages de texte, en portefeuille. - La Sculpture française : Époque romane, par Jules Roussel. - Un album (25×29) de 50 planches en héliotypie et 36 pages de texte, en portefeuille. - La Sculpture française : Époque gothique I, par Jules Roussel. - Un album (25×29) de 50 planches en héliotypie et 36 pages de texte, en portefeuille. - L'Oeuvre d'Andréa Palladio : Les Villas des Doges de Venise, par G.-K. Loukomski, ancien conservateur des Palais Tsarkoié-Selo et du Musée Kanénko, à Kiew. - Deux albums (25×29) de chacun 40 planches en héliotypie et 12 pages de texte, en deux portefeuilles. - Boutiques Parisiennes du premier Empire, par Hector Lefuel. - Un album (25×29) de 32 planches en héliotypie en couleurs et 20 pages de texte, en portefeuille. Architecture et Décoration Contemporaines - LA MAISON D'AUJOURD'HUI : Maisons de rapport de Charles Plumet, présentées par Jean Badovici, Architecte. - Un album (25×29) de 60 planches en héliotypie et 12 pages de texte, en portefeuille. - LA MAISON D'AUJOURD'HUI : Maisons individuelles, présentées par Jean Badovici, Architecte. - Un album (25×29) de 50 planches en héliotypie et 20 pages de texte, en portefeuille. - Grandes Constructions, Béton armé, Acier et verre, présentées par Jean Badovici, Architecte. - Un album (25×29) de 54 planches en héliotypie et 40 pages de texte et plans, en portefeuille. Intérieurs Français - Les Intérieurs de Sûe et Marc. - Un album (25×29) de 50 planches dont 7 en couleurs et 12 pages de texte, en portefeuille. - « Harmonies », Intérieurs de Ruhlmann. - Un album (25×29) de 40 planches dont 16 en couleurs et 16 pages de texte, en portefeuille.
MAISONS DE RAPPORT DE CHARLES PLUMET
Ouvrage établi par les soins des Éditions Albert Morancé, à Paris 30-32, rue de Fleurus 1780 Librairie centrale d'art et d'architecture ancienne Maison Morel fondée en 1780 --- Copyright by Albert Morancé, 1923
"DOCUMENTS D'ARCHITECTURE" ART FRANÇAIS CONTEMPORAIN MAISONS DE RAPPORT DE CHARLES PLUMET PRÉSENTÉES PAR JEAN BADOVICI, ARCHITECTE --- ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ
PRÉFACE ET ouvrage n'a d'autre prétention que de rechercher comment doit s'exercer le métier d'architecte au moyen de quelques exemples de constructions contemporaines (1). Qui ne sentirait l'utilité d'un pareil travail, si modeste soit-il, à une époque où l'art architectural semble condamné à disparaître dans la banalité des lieux communs, ou dans l'imitation servile de modèles qui ne répondent ni aux besoins, ni aux aspirations de l'esprit moderne? Aucune pensée directrice n'apparaît dans ces maisons construites en série sur un modèle unique, dans ces constructions où les styles les plus hétéroclites se chevauchent confusément. Seuls quelques hommes ont essayé de lutter contre le béotisme universel, mais ils sont si peu nombreux que leur œuvre risque de passer inaperçue. L'architecture d'aujourd'hui doit comme tous les autres arts se dégager par une évolution naturelle des dogmes anciens; l'imagination n'y doit pas être abandonnée, comme certains le croient, à toutes ses capricieuses fantaisies, mais disciplinée au contraire, soumise à une logique rigoureuse, et dominée par les conditions modernes de la technique: l'artiste doit être un homme de métier accompli ici comme ailleurs. Les créations architecturales dont nous allons faire l'analyse sont près de nous, elles traduisent nos besoins et nos aspirations; l'âme de la pierre (1) Deux autres volumes feront suite à cet ouvrage. Ils comprendront Les Hôtels Particuliers et Les Bâtiments Industriels et Publics de M. Ch. Plumet. Lorsque nous aurons ainsi mis sous les yeux du lecteur toutes les manifestations architectoniques de M. Charles Plumet, nous donnerons une étude détaillée des difficultés de construction et de mitoyenneté que l'architecte a eues à surmonter. ---
y répond à l'âme de l'homme et, dans la forme de l'œuvre on lira des pensées de la vie humaine traduites en impressions colorées ; ceux qui cherchent et qui tâtonnent trouveront là un art simple et vrai. Certes, l'art est essentiellement individuel dans toutes ses manifestations et nous n'avons ni la prétention ni le désir d'imposer une formule quelconque. Dans la direction indiquée ici toutes les formules pourraient se traduire et tous les tempéraments s'exprimer. Le seul but de notre travail est de faire connaître une belle œuvre, parce que toute œuvre vraiment belle est génératrice de nouvelles inspirations et créatrice de nouvelles formes. Celle que nous cherchons à faire connaître est une manifestation ample et très personnelle de l'esprit français ; un effort soutenu par une volonté ardente et une claire vision du but, un sens artistique très sûr. Vingt-cinq années d'expérience ont produit cette architecture souple et variée; un art vivant qui fait appel à la raison humaine sous toutes ses formes et en exprime toutes les tendances, rationnelles et philosophiques, sentimentales et poétiques. La composition architectonique de M. Charles Plumet, comme celle de tous les maîtres anciens, est basée essentiellement sur les exigences de la construction ; aucune fantaisie, aucun motif architectural qui ne soit dicté et réglé par le sens de toute la composition, qui ne soit en harmonie parfaite avec la matière même et avec l'emploi de la pierre ou du fer. L'architecture est vivante parce qu'elle est d'abord conditionnée par la matière ; l'art vient se superposer au métier, comme la fleur à la plante; l'artiste est d'abord artisan. On ne peut pas ne pas être frappé par le caractère des constructions de M. Charles Plumet et par la science avec laquelle elles sont exécutées. C'est une bonne et nécessaire discipline pour l'artiste de s'imposer des limites implacables ; à travailler dans un champ rigoureusement déterminé, il acquiert une force de pensée, une sobriété de style, une qualité d'esprit qu'un travail plus dispersé lui eût toujours refusées. Dans l'œuvre de M. Charles Plumet la recherche de l'équilibre dans les volumes et la simplicité voulue des lignes rehaussent la perfection de l'en-
semble. Les angles sont effacés. Des courbes fondues, lumineuses, et d'un modèle impeccable composent le dessin : à la courbe brutale du plein-cintre il préfère l'arc surbaissé qui donne une impression de puissance en même temps que d'intimité et de repos ; les arcatures, les doubleaux, les corbeaux, sortent par un mouvement harmonieux de la masse inerte qu'ils soutiennent et qu'ils ornent. La flore à laquelle il fait appel est d'une vitalité prodigieuse. Tantôt la ligne suit d'un rythme large et souple la masse de la pierre, tantôt elle s'harmonise avec les dimensions plus réduites de la brique ; il y a là toute une échelle de proportions, toute une gamme de valeurs savamment fondues ou contrastées. Une logique ferme et rigoureuse, une large liberté de composition, une variété et une diversité que nuance et que colore une fine psychologie, un équilibre parfait entre les pleins et les vides, un goût d'une sûreté incomparable dans l'emploi des ornements, « une intelligence spéculative mariée à un sens aigu des nécessités pratiques, et qui s'inspire toujours des formes de la vie quotidienne »; tels sont les caractères de l'art de M. Charles Plumet, art de tradition bien française et qui dégage une émotion esthétique intense. On ne saurait exagérer son influence sur le mouvement actuel de rénovation de l'architecture et des arts décoratifs. JEAN BADOVICI. Janvier 1923.
NOTICES 39, AVENUE VICTOR-HUGO, A PARIS Quoique ce ne soit ici qu'un simple immeuble de rapport, l'architecte a voulu éviter la banalité et la sécheresse des façades. Il a essayé de donner à cet immeuble un intérêt artistique. La composition est large et libre : la science des verticales et des courbes, le souci heureux de la couleur y sont évidents. Des gracieux motifs de sculpture parcourent l'ensemble et font vivre les ombres d'une vie riche et harmonieuse. Des bandeaux affirment les lignes horizontales et rompent la monotonie des masses verticales parallèles ; l'harmonie de l'ensemble naît de l'équilibre ainsi établi entre les verticales et les horizontales. La monotonie des verticales est encore combattue par la loggia qui répond à un besoin réel, et qui, en même temps, brise d'une masse d'ombre l'ensemble des lignes. Une crête de lucarnes courbes couronne l'édifice. Enfin deux maîtresses-lucarnes dominent le tout et donnent à l'édifice un dernier élément de symétrie et d'équilibre. 1, BOULEVARD DE MONTMORENCY, A PARIS Cette maison bâtie sur un terrain d'angle est frappée d'une servitude d'alignement ; entre le trottoir et l'immeuble il fallait ménager une bande de jardinet défendue par une grille. La construction donne la double impression d'une architecture pratique répondant aux nécessités du plan et d'un aspect décoratif simplifié et adapté strictement aux mêmes nécessités ; on devine la volonté d'être simple, on ne la sent pas : c'est que l'ordonnance de la ligne est si directement commandée par son objet, que l'accord parfait est immédiatement perçu et semble avoir été réalisé sans difficulté. Le window circulaire a été divisé en quatre parties par trois bandeaux ; la loggia forme la quatrième masse à laquelle sont subordonnées les trois autres. À cet harmonieux jeu des masses l'architecte a donné toute sa valeur par le procédé qui consiste à accroître régulièrement l'importance des vides au fur et à mesure qu'on s'élève ; on a ainsi l'impression de légèreté hardie que donne une fleur au moment où elle s'ouvre. Au contraire, l'égalité dans les divisions suivant l'horizontale a été évitée parce qu'elle alourdit l'apparence générale. ---
33, RUE DU LOUVRE ET 10, RUE D'ABOUKIR, A PARIS Entièrement construite en ciment armé, cette maison a un caractère assez spécial ; c'est le type de l'immeuble commercial. Le plan est très simple et ne comporte guère que des points d'appuis sur lesquels reposent les cloisonnages divers, facilement transformables, selon les besoins. Il est largement éclairé. La beauté d'un monument ne dépend pas seulement de la matière dont il est fait, de sa forme en soi, mais de la manière dont il répond à sa destination, et dont sa forme exprime le besoin auquel il doit satisfaire : le caractère d'une maison industrielle ne doit pas être du même ordre que celui d'une maison d'habitation. Ici la structure rigide du ciment a été habilement habillée par un encadrement en pierre ; cet encadrement laisse apparente la partie centrale de la structure en ciment qui a été revêtue de plaques en grès cérame. L'entresol est largement éclairé par de belles fenêtres. Les lucarnes sont remarquables en ce qu'elles commandent deux étages. Elles alternent et, grâce à de légers renfoncements ménagés entre elles, jettent une ombre vigoureuse. La courbe oblique ainsi obtenue donne au profil de l'édifice un aspect singulièrement gracieux. L'ensemble est une belle illustration de science architecturale. Les rapports entre les divisions suivant l'horizontale et les divisions suivant la verticale sont toujours observés de manière à donner le maximum de sveltesse et de légèreté. Les verticales dominent et la symétrie n'est plus ici une simple division géométrique en parties égales, mais elle est opposition de masses équivalentes qui donnent à l'esprit l'impression de la souplesse et de l'équilibre au repos. --- 50, AVENUE VICTOR-HUGO, A PARIS Devant cette façade, d'une grande et pure simplicité de lignes, on ressent la même impression qu'à la vue d'une œuvre ancienne sans inutilité ni surcharge. C'est une des premières compositions du maître ; elle remonte à une vingtaine d'années. Ça et là des réminiscences classiques ; dans l'ordonnance, sans qu'aucun motif soit pastiché, c'est une balustrade, c'est un couronnement de fenêtre qui dégagent comme un parfum du XVIIIe siècle ; et pourtant c'est bien l'esprit de notre temps qui s'est inscrit là, en traits sûrs. L'architecte connaît à fond le classique ; il y a puisé les matériaux de sa science et son sens des proportions ; mais il n'en garde que les principes ; il veut des formes nouvelles, une technique indépendante de tout dogme. Chaque pierre a une fonction ; ou elle porte, ou elle soutient : faire ressortir le conflit de ces deux forces, comme une manifestation de volonté dans la matière, tel est le but que l'artiste doit se proposer. Les saillies trop brutales, les arêtes trop vives sont atténuées par des sculptures sur lesquelles vient jouer la lumière. Dans toute l'œuvre la ligne courbe prédomine ; car la courbe seule crée la beauté et l'harmonie ; mais il lui fait trouver dans la ligne droite, expression essentielle de la force, son soutien indispensable. ---

Cet ouvrage présente des exemples de maisons de rapport construites par Charles Plumet. Il explore comment l'art architectural doit évoluer pour répondre aux besoins et aspirations de l'esprit moderne, en s'éloignant des dogmes anciens et en s'appuyant sur une technique rigoureuse. L'architecture est vue comme une manifestation personnelle de l'esprit français, où la matière et la construction dictent la forme.