Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

Page 1

L'ART ET LES ARTISTES 17e ANNÉE Nouvelle Série NUMÉRO 38 JUIN 1923 --- ART ANCIEN, ART MODERNE ART DÉCORATIF --- DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT --- RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS 7e --- Revue d'Art de France et de l'Etranger

Page 2

L'ART ET LES ARTISTES Revue d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif (paraissant dix fois par an) --- Abonnement $\left\{ \begin{array}{l} \text{FRANCE... 60 fr.} \\ \text{d'un An : ETRANGER. 75 fr.} \end{array} \right.$ Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire de Rédaction : PIERRE LADOUÉ --- XVIIe Année — SOMMAIRE DU NUMÉRO 38 (Juin 1923) LES TRÉSORS D’ART DE LA FRANCE: LE MUSÉE D’ANGERS (11 illustrations) … M. VALOTAIRE LE SCULPTEUR ITALIEN ROMANO ROMANELLI (6 illustrations) … RAFFAELLO FRANCHI ANDRÉ FRAYE (5 illustrations) … PAUL SENTENAC “ DAMES D’AUJOURD’HUI ” (7 illustrations) … J.-G. LEMOINE LE SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS (6 illustrations) … L.-CH. WATELIN L’ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ : A travers les Salons, par J. M. — Les Expositions (5 illustrations). Le Mouvement artistique à l’Étranger : Lettre d’Angleterre ; Lettre de Suède. — Les Livres. En hors texte : PORTRAIT DE FEMME (xviie siècle, MAITRE INCONNU) --- Prix de ce Numéro : 8 francs pour la France, 8 fr. 50 pour l’Etranger. (Envoi d’un Numéro spécimen contre mandat de 3 fr. 50) --- Tous droits de reproduction, de traduction et d’interprétation réservés pour tous pays. Les Articles publiés par L’ART ET LES ARTISTES deviennent la propriété de la Revue. Il ne sera répondu par l’Administration et la Rédaction de la revue qu’aux lettres contenant l’affranchissement de retour. Toute demande de changement d’adresse devra être accompagnée de la somme de un franc. --- GALERIE HAUSSMANN G. DANTHON TABLEAUX MODERNES — SCULPTURES 29, Rue La Boëtie Téléphone : ÉLYSÉES 12-14 --- Bénédictine --- Copyright by L’Art et les Artistes, 1923 L’administrateur-gérant : Georges COUTAREL

Page 3

DUVEEN BROTHERS LONDON PARIS NEW-YORK

Page 4

Jean CHARPENTIER 76, Faubourg Saint-Honoré, PARIS (VIIIe) TABLEAUX ANCIENS et OBJETS d'ART DÉCORATIONS du XVIIIe SIÈCLE GALERIE D'EXPOSITIONS Galeries Georges Petit 8, RUE DE SÈZE, 8 — PARIS (IXe Arrondi) TABLEAUX MODERNES EXPOSITIONS - EXPERTISES BRONZES DE BARYE IMPRIMERIE ARTISTIQUE 12, rue Godot-de-Mauroi, 12 DIRECTION DE VENTES PUBLIQUES

Page 5

L'atelier PRIMAVERA AU PRINTEMPS. PARIS FONDÉ EN 1913 --- meuble installe décore sur demande un devis vous sera fourni gratuitement A CRÉÉ NINE 8500 MODÈLES EN MEUBLES CÉRAMIQUES PORCELAINES FAÏENCES BRONZES VERRERIES ÉTOFFES Demandez le catalogue PRIMAVERA. Exposée aux Artistes Décorateurs. 1923. --- AVIS IMPORTANT aux lecteurs de « l’Art et les Artistes » Pour garantir et classer économiquement votre collection de la Revue UTILISEZ LES EMBOITAGES SPÉCIAUX en fort carton pouvant contenir chacun une année --- Prix de l'emboîtage : A nos bureaux . . . . . . . . . . . . . . . 6 fr. Port en sus : France . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 fr. Etranger . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 fr.

Page 6

WILDENSTEIN TABLEAUX ANCIENS OBJETS D'ART et D'AMEUBLEMENT 57, Rue la Boëtie, 57 — PARIS — Même Maison : 647, Fifth Avenue - NEW-YORK --- BACRI FRÈRES 141, BOULEVARD HAUSSMANN TAPISSERIES ET OBJETS D'ART DU MOYEN AGE AMEUBLEMENTS ANCIENS PARIS M. BACRI, expert près la Cour d'Appel, Paris

Page 9

LORENZO DI CREDI (1459-1527) — SAINTE FAMILLE LES TRÉSORS D'ART DE LA FRANCE LE MUSÉE D'ANGERS C'est au fond d'une rue étroite et tortueuse du vieil Angers que le Musée des Beaux-Arts se dissimule, avec beaucoup trop de modestie d'ailleurs, pour les très belles collections qu'il renferme. Il se partage avec la Bibliothèque Municipale et le Musée d'Histoire une vieille demeure gothique, le logis Barrault, jadis «bel, honneste et somptueux édifice» où reçurent l'hospitalité les rois et les grands personnages qui vinrent à Angers au xvi° et au xvii° siècle. Pendant la Révolution, le logis Barrault fut affecté (1797) à l'Ecole Centrale et au Musée; puis (1805) on y installa la Bibliothèque. Tout l'intérêt archéologique de l'édi-fice est actuellement restreint à quelques parties restées intactes, tourelle, escalier, galerie, que le visiteur a sous les yeux, une fois dans la cour d'entrée. Les salles de peinture, installées au second étage du bâtiment principal, face à l'entrée, ne comprennent en somme que deux grandes galeries, et deux petites salles annexes: installation très insuffisante, où les œuvres sont entassées, sans qu'il ait été possible, en raison des difficultés d'accrochage, de les classer avec toute la méthode voulue. Des projets sont à l'étude depuis longtemps pour l'agrandissement du Musée et l'aménagement de nouvelles salles de peinture; souhaitons de les voir réalisés dans un avenir très proche, pour que l'on puisse étudier et admirer, bien en valeur, des pièces exceptionnelles qui, aujourd'hui, sont perdues dans le nombre.

Page 10

L'ART ET LES ARTISTES L'origine du musée d'Angers, comme d'ailleurs celle de beaucoup de musées de province, est dans les actes de la Révolution qui, mettant à la disposition de l'Etat les biens des communautés religieuses (1790) et ceux des émigrés (1792) en prescrivit le dépôt au chef-lieu de chaque district. A Angers, ce dépôt ne compta d'ailleurs que bien peu de toiles; celles-ci devaient pourtant former le premier fonds du "Museum" comme on avait été installée au Logis Barrault et le Musée l'y avait suivi; il y est resté depuis. C'est alors, en 1799, que le Musée eut l'heureuse fortune de recueillir une collection qui allait, d'un coup, le porter à un niveau exceptionnel par le nombre, la valeur et l'intérêt des toiles qui le composaient : la collection de Livois. Le marquis de Livois, mort à Angers en 1790, était un de ces amateurs d'art éclairés disait alors, que quelques Angevins amis des arts, profitant de la fondation à Angers d'une Ecole Centrale (1796) réussirent à organiser. Il faut citer au moins parmi eux La Reveillere-Lepaux, député de l'Anjou, membre du Directoire, dont le Musée conserve, à juste titre en bonne place, un beau portrait dû au baron Gérard. Le Gouvernement donna une suite favorable à ses demandes d'attribution et consentit trois envois successifs, en l'an V (1797), en l'an VI (1798) et en l'an VII (1799), en tout 28 tableaux : le Musée devait alors comprendre au total une quarantaine de toiles. Depuis 1797, d'ailleurs, l'Ecole Centrale mais modestes au sujet desquels on regrette de savoir si peu de chose : le seul témoignage vivant qu'on ait de lui est le catalogue de la collection qu'il avait rassemblée à Angers, en son hôtel de la rue Saint-Michel, catalogue dressé après sa mort, en 1791, par Pierre Sentout, peintre et marchand de tableaux à Angers, rue Baudière, et dont la réimpression avec une étude critique sérieuse serait vivement à souhaiter. A ce catalogue on ne peut joindre que quelques manuscrits, assez pauvres d'ailleurs, conservés par la Bibliothèque d'Angers, lettres d'artistes ou d'amateurs au marquis de Livois, et surtout une lettre de celui-ci DAVID TENIERS (1610-1690) — LA MÈRE DIFFICILE

Page 11

LE MUSÉE D'ANGERS LORENZO LIPPI (1606-1664) — LA FEMME AU MASQUE PIERRE MIGNARD (1610-1695) — LA VIERGE, L'ENFANT JÉSUS ET SAINT JEAN même, marquant tout l'intérêt qu'il porte à l'Ecole Française et à ses contemporains en particulier, les maîtres du XVIIIe siècle qui sont, grâce à lui, si bien représentés au Musée d'Angers. Et pourtant, la collection du marquis de Livois n'y entra pas dans son J. VAN RUYSDAEL (1628-1682) — PAYSAGE