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L'ART ET LES ARTISTES 17e ANNÉE Nouvelle Série NUMÉRO 36 AVRIL 1923 --- ART ANCIEN, ART MODERNE ART DÉCORATIF --- DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT --- RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS 7° --- Revue d'Art de France et de l'Etranger

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L'ART ET LES ARTISTES Revue d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif (paraissant dix fois par an) --- Abonnement $\left\{ \begin{array}{l} \text{FRANCE... 60 fr.} \\ \text{d'un An : ÉTRANGER. 75 fr.} \end{array} \right.$ Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire de Rédaction : PIERRE LADOUÉ --- XVIIe Année — SOMMAIRE DU NUMÉRO 36 (Avril 1923) LES GRANDES COLLECTIONS AMÉRICAINES : LA COLLECTION HUNTINGTON (11 illustr.) — ARMAND DAYOT L’EXPOSITION DE “L’ART ET LA VIE ROMANTIQUES” (16 illustrations) — CAMILLE MAUCLAIR JULES ZINGG (6 illustrations) — ROBERT REV LE LIVRE D’ART FRANÇAIS MODERNE (9 illustrations) — L-CH. WATELIN L’ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ : A travers les Expositions (2 illustrations). — Echos des Arts. Le mouvement artistique à l’Étranger — Les Livres. En hors texte : PORTRAIT DE Mrs RALPH WILLETT, par G. ROMNEY. --- Prix de ce Numéro : 8 francs pour la France, 8 fr. 50 pour l’Etranger. (Envoi d’un Numéro spécimen contre mandat de 3 fr. 50) --- Tous droits de reproduction, de traduction et d’interprétation réservés pour tous pays. Les Articles publiés par L’ART ET LES ARTISTES deviennent la propriété de la Revue. Il ne sera répondu par l’Administration et la Rédaction de la revue qu’aux lettres contenant l’affranchissement de retour. Toute demande de changement d’adresse devra être accompagnée de la somme de un franc. --- GALERIE HAUSSMANN G. DANTHON TABLEAUX MODERNES — SCULPTURES 29, Rue La Boëtie Téléphone : ÉLYSÈES 12-14 --- La grande Liqueur Française Bénédictine --- Copyright by L’Art et les Artistes, 1923 L’administrateur-gérant : Georges COUTAREL

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DUVEEN BROTHERS LONDON PARIS NEW-YORK

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Jean CHARPENTIER 76, Faubourg Saint-Honoré, PARIS (VIIIe) TABLEAUX ANCIENS et OBJETS d'ART DÉCORATIONS du XVIIIe SIÈCLE GALERIE D'EXPOSITIONS BACRI FRÈRES 141, BOULEVARD HAUSSMANN TAPISSERIES ET OBJETS D'ART DU MOYEN AGE AMEUBLEMENTS ANCIENS PARIS M. BACRI, expert près la Cour d'Appel, Paris

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GEORGES ROMNEY (1734-1802) — CAROLINE SPENCER, VICOMTESSE CLIFDEN, ET SA SŒUR LADY ELISABETH SPENCER LES GRANDES COLLECTIONS AMÉRICAINES LA COLLECTION HUNTINGTON BUSTE DE M. H.-F. HUNTINGTON PAR LE PRINCE P. TROUBETZKOI On se fait une idée assez incomplète en Europe de l'importance des collections artistiques qui se sont constituées aux Etats-Unis pendant ces dernières années. L'exemple le plus décisif fut donné, il y a un demi siècle environ, par feu Pierpont-Morgan, qui, au cours de ses fréquents voyages dans le vieux monde, et stimulé, malgré ses absorbantes occupations financières, par une réelle affection personnelle, chaque jour plus grande, pour les choses d'art, achetait les peintures, les sculptures, les meubles, les tapisseries, les objets les plus précieux qui lui étaient cédés à des prix qui firent alors sensation, et qui aujourd'hui sembleraient relativement modérés. Mais ceci est déjà de l'histoire ancienne..... Les chefs-d'œuvre d'art ravis par Pierpont-Morgan à la vieille Europe ont pris place aujourd'hui, pour toujours, dans des cadres de présentation dignes de leur splendeur, et l'on peut dire que le grand financier fut le réel promoteur de cette sorte de fièvre d'acquisition artistique qui s'empara

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L'ART ET LES ARTISTES dans la suite de la plupart des riches hommes d'affaires et industriels américains désireux, d'abord, de peupler leurs riches demeures que louer le mobile s'empara même bientôt d'amateurs d'art moins pourvus de moyens conquérants que les rois de la finance et de THOMAS GAINSBOROUGH (1727-1788) — LE VICOMTE LIGONIER des chefs-d’œuvre du passé, mais avec la secrète et louable pensée de les léguer plus tard, en tout ou en partie, aux musées, de récente création, de leur grand pays. Une sorte d’émulation, dont on ne peut l’industrie, et à l’heure présente tout américain fortuné, dont la situation du change favorise d’ailleurs singulièrement les ambitions, tient à honneur de rentrer dans son pays, les mains pleines, après un voyage de recher-

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LA COLLECTION HUNTINGTON ches dans les contrées d'Europe où il y a encore des chefs-d'œuvre, ou du moins des œuvres de valeur à glaner, et soucieux aussi d'en faire don au musée de son Etat ou de et municipales sont riches, parfois jusqu'à la pléthore, et s'enrichiront encore et toujours.... Et puis en définitive, n'est-il pas bon que notre art national soit représenté, comme il THOMAS GAINSBOROUGH — LA VICOMTESSE LIGONIER sa ville natale. C'est là une expression élégante du patriotisme que nous ne pouvons qu'admirer, tout en souffrant secrètement néanmoins de l'exode de certains chefs-d'œuvre nationaux dont la place semblait marquée d'avance dans nos grands musées. Mais qu'y faire? Fort heureusement nos galeries nationales convient, dans les galeries étrangères, même les plus lointaines? N'est-ce pas encore là la plus séduisante et la plus puissante à la fois des expressions de propagande internationale, et le plus pur rayonnement de notre culture et de notre enseignement? Je sais que pour ma part j'éprouve toujours

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L'ART ET LES ARTISTES TH. GAINSBOROUGH — LA PORTE DE LA CHAUMIÈRE (THE COTTAGE DOOR) une joie réelle et profonde lorsqu'en visitant les galeries officielles — et même privées — de l'étranger, mes regards tombent sur des chefs-d'œuvre de notre école et que je les entends louer autour de moi. J'ajouterai même que je les cherche instinctivement et que j'éprouve une douleur secrète mêlée d'une sorte d'humi- liation lorsque j'ai pu constater leur absence. Sans doute il serait déplorable que nos plus grands artistes ne fussent pas représentés, en place d'honneur, dans nos musées, mais croyez-vous que la gloire de Poussin, de Le Nain, du Lorraïn, de Watteau, de Char- din, de Fragonard, de Latour, de Delacroix,

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LA COLLECTION HUNTINGTON de Corot, de Caffieri, d'Houdon, de Rodin, souffre de la dispersion, dans les plus lointaines galeries, des œuvres de ces maîtres? Pas plus vieux et du nouveau monde!... Mais revenons à notre sujet. Presqu'en même temps que M. Pierpont- THOMAS GAINSBOROUGH — LADY PETRE assurément que celle de Raphaël, du Titien, de Rembrandt, de Vermeer, de Velasquez, dont les chefs-d'œuvre figurent aujourd'hui en première place, dans tous les musées du Morgan, M. Benjamin Altman faisait, en Extrême-Orient et en Europe, une merveilleuse moisson de rarissimes porcelaines de Chine et de splendides tableaux de l'Ecole