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L'ART DÉCORATIF Revue mensuelle d'Ari Contemporain Directeur, Gustave Soulier 6e Année Numéro 68 Mai 1904 --- Sommaire - LA PEINTURE AUX SALONS. - PREMIER ARTICLE (8 illustrations), par GUSTAVE SOULIER. - ARCHITECTURE DANOISE : - GARES DE CHEMIN DE FER ET HÔTEL (8 illustrations), par JEAN LAHOR. - LA DENTELLE FRANÇAISE AU MUSÉE GAILLIERA (13 illustrations), par ÉMILE SEDEYN. - LA GRAVURE À L'EAU-FORTÉ SIMPLIFIÉE (9 illustrations), par HENRI BOUTET. - UN INTÉRIEUR MODERNE (6 illustrations), par LEON RIOTOR. Planche en couleurs de G. Ser-rurier (Ouvrages brodés). --- PETITES NOUVELLES — EXPOSITIONS — CONCOURS — LIVRES NOUVEAUX. --- JACQUES BLANCHE Le Cherubin de Mozart --- Administration 24, rue Saint-Augustin, Paris Téléphone 298-49 le numéro, 2 Fr.

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L'ART DÉCORATIF ABONNEMENTS: FRANCE --- ÉTRANGER --- UN AN . . . . . . 20 FR. --- UN AN . . . . . . 24 FR. --- SIX MOIS . . . . . 10 FR. --- SIX MOIS . . . . . 12 FR. --- Sommaires des derniers numéros de l'ART DÉCORATIF: N° 66 Mars 1904 - Les caux-fortes d’Alphonse Legros (10 illustrations) . . . . . GUSTAVE SOULIER - L’Ameublement au Salon des Artistes Décorateurs (7 illustrations). . . R. DE FÉLICE - Les objets d’art au Salon des Artistes Décorateurs (15 illustrations) . . LÉON RIOTOR - L’Invention ornementale chez les Japonais (à propos des gardes de sabres de la collection Gillot) (11 illustr.) . . RAYMOND KOECHLIN - Les Arts Réunis (:5 illustrations) - Ce numéro contient hors texte: Une eau-forte originale (Vieux Napolitain) et une Lithographie originale (Portrait de M. Thomas Okey) d’Alphonse Légros. - Expositions. N° 67 Avril 1904 - Louis Braquaval (9 illustrations). . . GUSTAVE SOULIER - Une maison à Paris (13 illustrations). . EDMOND UHRY - Les Salles françaises des Beaux-Arts à l’Exposition de Saint-Louis (5 illus.) . . LÉON RIOTOR. - Ouvrages de dames (17 illustrations). - Une médaille de Charles Pillet (2 illustr.) - Miroiterie moderne (- illustrations) . . ÉMILE SEDEYN - Un sculpteur animalier, Pierre Christophe (:3 illustrations) . . CHARLES SAUNIER - «Les Cancalaises» de Henri Boutet (1ill.) - Planche en couleurs de Louis Braquaval - Expositions. — Concours. — Livres Nouveaux. --- GRANDE TUILERIE DIVRY Fondée en 1854. Téléph: 801-40 IVRY PORT près PARIS GRÈS ÉMILE MULLER* BRIQUES en GRÈS. PIÈCES RÉFRACTAIRES. CREUSSETS en PLOMBAGINE. et autres MATIÈRES RÉFRACTAIRES. EXÉCUTION en GRÈS des ŒUVRES de MAÎTRES de la STATUAIRE ANCIENNE et MODERNE. REVÊTEMENTS D’ARCHITECTURE. PANNEAUX, METOPES, ROSACES, FRISES. BALUSTRES, JARDINIÈRES, BANCS et JARDIN MOTIFS DE FONTAINE, VASES, BUSTES, STATUES. GROUPES, ANIMAUX, CHEMINÉES DÉCORATIVES. PCÈLES ARTISTES, RÉTRÉCISSEMENTS de CHEMINÉES. SCULPTURE DÉCORATIVE TUILES en GRÈS, POINÇONS etc. FAÇADES DE MAISONS EN GRÈS ET CIMENT ARMÉ. SALON D’EXPOSITION ET DE VENTE PARIS 3 rue HALÉVY. Téléph: 110-32 1900 2G de PRIX. 4 Médailles d’Or. SEULE TUILE POUVANT PORTER LES NOMS MULLER IVRY G’TUILERIE D’IVRY ÉMILE MULLER & GAUNTIE CONTRAL IN CELLE PAR UN DEMI-SIÈCLE D’EXPÉRIENCE.

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LA PEINTURE AUX SALONS (PREMIER ARTICLE) Il semble que la Société Nationale des Beaux-Arts, qui comprend un groupe d'artistes des plus notables et vers laquelle iraient aisément nos très vives sympathies, prenne à tâche de nous dérouter par ses fantaisies ; on dirait qu'elle jongle à plaisir avec sa réputation et se joue de sa bonne renommée, s'amusant à donner des chique-naudes au bon public. Nous avons parlé à plusieurs reprises des ostracismes et des complaisances étranges qui compromettent les Salons de la Société. Mais on ne se douterait pas du numéro qui figure cette année au Grand-Palais : un tableau exécuté en timbres-poste. Ne croyez pas que je plaisante ou que je parle par métaphore; c'est comme j'ai l'honneur de vous le dire. On peut voir la silhouette du Trocadéro, obtenue non par des touches de peintures, mais par des morceaux de timbres-poste accolés. Ce serait une risée générale, si nous trouvions cet aimable jeu A. BESNARD

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L'ART DÉCORATIF de patience à Munich, à Vienne ou ailleurs. Il faut bien vite dire que l'on laisse le ridicule de cette exhibition à qui de droit, et galerie d'art décoratif, comme si c'était là une section subalterne, où toutes les manies saugrenues avaient le droit de s'exercer.C'est une conception injurieuse et fausse qu'il importe de relever. Je sais qu'il s'est trouvé certain grand peintre, dont nous faisons profession d'estimer d'ailleurs le talent, pour défendre cette composition en déclarant au jury que vraiment «ce n'était pas vilain de couleur». Ce qui prouve qu'il ne suffit pas du talent pour juger des choses d'art,quand un certain bon sens ne nous guide pas d'abord. Bien des expériences nous permettent de prétendre qu'en dehors de quelques exceptions il n'est pas de moins bons juges en peinture que les peintres eux - mêmes : ou bien ils sont exclusivement attirés dans une œuvre par certaine qualité d'œil ou de matière, qui les empêche de voir des défauts fondamentaux, comme l'ignorance du dessin ou de la composition; ou bien leur jugement s'accroche à une imperfection de détail, qu'ils grossissent, qui devient pour eux monstrueuse et les rend JACQUES BLANCHE que l'on n'est pas de ceux qui acceptent sans maugréer cette sorte de plaisanterie. Il est vrai que l'on n'a pas osé faire figurer ce chef-d'œuvre de podagre au milieu des tableaux, où était pourtant sa véritable place, du moment qu'on l'admettait dans les salles : on l'a suspendu dans la

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LA PEINTURE AUX SALONS HENRI MARTIN Le Travail: l'Aube. — Décoration pour la Caisse d'Épargne de Marseille (Photographie Crevaux)

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L'ART DÉCORATIF HENRI MARTIN Le Travail : Midi. — Décoration pour la Caisse d'Épargne de Marseille (Photographie Crevaux)

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LA PEINTURE AUX SALONS HENRI MARTIN Le Travail: le Soir. — Décoration pour la Caisse d'Épargne de Marseille (Photographie Crevaux)

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L'ART DÉCORATIF incapables de sentir de sérieux mérites. Leurs opinions, comme leur façon de les exprimer, ignorent les nuances et les restrictions. Ils vont où les porte leur tempérament, sans pénétrer celui des autres. De là, dans les décisions des jurys de peinture, des défaillances et des incohérences singulières. Un Salon ainsi organisé ne peut avoir la prétention de présenter une sélection; et plus il veut demeurer restreint et jouer à la sévérité, plus le résultat jure avec les intentions. Peut-être ce heurt entre la qualité des morceaux exposés et celle des œuvres attendues m'est-il rendu plus sensible parce que j'ai voulu aller me retremper, comme il est bon de le faire de temps en temps, auprès des artistes qui ont exprimé avec plénitude, d'une manière exacte et puissante en sa diversité, leurs visions et leurs pensées, et chez lesquels nous retrouvons une humanité permanente avec les grâces d'un temps disparu. Je viens de passer sans transition du Vatican et des Uffizi au Grand-Palais; et lorsqu'on s'est retrouvé ainsi dans l'intimité des chefs-d'œuvre, on a perdu de vue bien des discussions d'école, bien des petites recherches du jour, qui risquent de corrompre le sentiment profond de l'art. Il est bien certain que cette sélection, que nous regrettons un peu de ne pas trouver davantage dans les Salons contemporains, s'est opérée, grâce aux siècles, non seulement dans les Musées, que M. Robert de la Sizeranne appelle justement les prisons de l'art, mais encore dans ces réceptacles privilégiés qui enferment une suite d'œuvres faite pour eux, et qui sont les cathédrales, les cloîtres, les palais. La vénération plus grande a protégé et consacré ceux où s'était exprimé un art plus élevé. Un classicisme se dégage des belles formes réalisées à toutes les époques, et l'on s'aperçoit, lorsque les querelles de clans sont apaisées, de celles qui sont durables, et qui, parties bien souvent de principes presque opposés, de visions très divergentes, se sont rencontrées dans la même sincérité et le même respect vis-à-vis de la nature. Parlant récemment, dans cette Revue, d'un maître contemporain, M. Alphonse Legros, je disais combien l'on apprenait auprès de lui à juger les œuvres en dehors du temps, comme d'un point de vue défini- tif, à les apprécier selon ces mérites qui ne sauraient changer. Ce sont ces œuvres dès maintenant marquées pour l'avenir, et tout au moins dignes de lui être présentées sans exciter sa stupeur ou son dédain, que nous voudrions mettre à part dans les Salons de cette année. Ces œuvres existent fort heureusement, et certaines promiscuités gênantes ne doivent pas nous empêcher de les reconnaître. Parmi les œuvres qui demeurent les plus attachantes par leur caractère d'humanité, il faut marquer d'abord celles où l'artiste cherche à sonder une figure humaine, à lui faire refléter ce qui semble en réalité passer sur elle des lumières et des ombres de la vie, car tout visage nous apparaît bien comme un miroir placé dans un coin du monde, — plus ou moins sensible, plus ou moins obscur, plus ou moins déformant. Et il est curieux d'observer qu'à ce point de vue, les œuvres qui nous retiennent souvent le plus sont celles auxquelles le peintre attribue dans son œuvre la valeur la moins personnelle, — c'est-à-dire les portraits. Mais dans ces pages-là le plus souvent, lorsqu'il s'agit d'un artiste attentif et scrupuleux, la marque de la vie se trouve fortement imprimée, même lorsqu'on découvre des êtres assujettis à une vie monotone et mesquine. Les expressions et les sentiments se sont perpétués à travers les âges; et nous pouvons voir, jusque dans cette belle Exposition des Primitifs français actuellement ouverte, cet éternel intérêt du portrait. On se rend compte du peu d'importance que gardent dans un portrait sérieux les détails démodés des costumes et des ajustements; ils ne gênent pas du moment qu'ils ont été conçus avec une valeur pour ainsi dire négative, faits pour accompagner la figure et ne pas lui nuire. Dans les portraits de Rubens ou de Van Dyck, on va droit à la figure, aux mains, au caractère de l'attitude, que n'entravent point les habillements d'une fière sobriété. Nous avons aujourd'hui encore de ces belles peintures de figures. On se rappelle le superbe portrait que M. Albert Besnard nous avait donné l'an dernier de Mme Besnard; il a voulu rendre cette année au public une figure qui vient de disparaître et qu'il a fort bien connue, celle de Mme la Princesse Mathilde. La Princesse est repré-

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Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud (Photographie Crevaux) CH. COTTET

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L'ART DÉCORATIF sentée chez elle, accoudée sur un coin de table, près de la lampe, dans cette atmosphère d'intimité et de bienveillance qui était la sienne. Sans avoir le tout à fait grand caractère du portrait de Mme Besnard, dans ses notes grises, avec sa silhouette énergique, le Portrait de la Princesse Mathilde demeurera dans l'œuvre de Besnard une page juste et intéressante, où éclate le rouge lumineux de cet intérieur. A côté des nobles paysages de M. René Ménard, dont nous parlerons plus tard, il faut citer un excellent Portrait de Mme R.M**, très simplement conçu et profondément étudié, dans son ajustement sobre, sa pose de liseuse et l'entourage du décor domestique. M. René Ménard nous a d'ailleurs habitués, dans tous les portraits qu'il nous a donnés, parmi lesquels il faut toujours citer l'admirable Louis Ménard du Luxembourg, à cette caractéristique expressive d'une nature et d'une vie. Nous parlerons encore des figures de M. Jacques Blanche, où la solidité et le brio s'unissent si fortement, et des beaux tableaux où M. Caro-Delvaillle répand son ardent amour de la vie saine et pleine. (À suivre.) GUSTAVE SOULIER. La baie d'Ermones (Photographie Crevaux) --- RENÉ MÉNARD

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ARCHITECTURE DANOISE GARES DE CHEMIN DE FER ET HOTEL Rien de plus intéressant pour notre temps et pour l'avenir que le décor des grands hôtels. D'aristocratiques demeures existeront toujours sans nul doute, s'éleveront même où elles n'existaient pas, en Amérique par exemple, du moins pour cette aristocratie d'argent qui semble devoir remplacer les autres. Mais les grands hôtels, avec leurs façades et leurs façons de grands palais, se multiplieront plus encore, et leur architecture et leur décoration seront désormais parmi celles qui auront le plus tenté à l'imagination de nos architectes et décorateurs. On sait l'attention que l'Art Décoratif leur a déjà donnée. Le temple, le théâtre chez les Grecs, chez les Romains le temple encore, l'amphithéâtre, les arcs triomphaux, les thermes, les aqueducs, furent les thèmes principaux de leur architecture et les caractéristiques de leur civilisation. VISCHER Hôtel Bristol, à Copenhague