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L'AMOUR DE L'ART I JANVIER 1946 PRIX : 80 FRS

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CADRES ENCADREMENTS DORURE FOURNITURES POUR ARTISTES A L'ARC-EN-CIEL 88, Av. de Villiers PARIS Téléph.: CARNOT 93-73 --- Yves ROUÉ Joaillier 61, B4 MALESHERBES, PARIS (St-Augustin) --- Éditions Paul Dupont 4 bis, RUE DU BOULOI, 4 bis — PARIS vient de paraître: URBANISME Jean LEBRETON La Cité Naturelle RECHERCHE D’UN URBANISME HUMAIN Livre de foi et de raison dédié à ceux qu’intéresse l’amélioration de la condition humaine. 1 vol. de 180 p. in 4ecarré (22,5 × 28,5) avec 36 reproductions, hors-texte et figures. — PRIX : 225 FRANCS. Tirage sur Vélin supérieur (*limité à 50 exemplaires*). PRIX : 400 francs.

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EDITIONS D'ART SAGILE 139, rue du faubourg St.-Honoré. PARIS - BALzac 35-15 --- EN SOUSCRIPTION PARUTION : DÉCEMBRE 1945 RENÉ - JEAN CLOT XVI LITHOGRAPHIES ORIGINALES Présentation de Michel FLORISOONE Tirage strictement limité à 160 exemplaires Prix de souscription : 1.600 francs (taxe en sus) --- EN SOUSCRIPTION TIRAGE LIMITÉ A 100 EX. IMAGES DU MALHEUR 10 EAUX-FORTES DE JOHNNY FRIEDLAENDER PRÉSENTÉES PAR JÉROME, de l’Académie Française et JEAN THARAUD Les 10 eaux-fortes (format 32,5×42) que comporte cet ouvrage ont été tirées à 100 exemplaires, savoir 1 exemplaire sur Japon contenant des épreuves d’état; 9 exemplaires sur Arches et 90 exemplaires sur Velin de Rives. PRIX DE SOUSCRIPTION : 5.000 FRANCS NOTICES ET BULLETINS DE SOUSCRIPTION SUR DEMANDE

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L'AMOVR DE L'ART REVUE MENSUELLE VINGT-SIXIÈME ANNÉE NOUVELLE SÉRIE N° 8 --- COMITÉ DE DIRECTION Président : RENÉ HUYGHE Conservateur en chef des Peintures au Musée du Louvre M. FLORISOONE NICOLAS H. de LARIE JACQUES LASSAIGNE E. McFARLANE J. CHARLES MOREUX M. R AVAL Secrétaire de Rédaction DOMINIQUE KERVEN --- SOMMAIRE FRAGMENTS INÉDITS DES CAHIERS DE BRAQUE (Pensées et dessins). LE SECRET DE BRAQUE... J. Cassou VAN MEEGEREN, FAUSSAIRE DE VERMEER... Vitale Bloch IMAGES ET DOCUMENTS: I. Photo de Bonnard. II. Photo par Haussmann. III. Au musée Rodin, reportage photographique par Brassai PIERRES PRÉCIEUSES DE PARIS... G. Montbrun LES EXPOSITIONS: Gondouin... J. de Laprade Lorjou... V.St-Mirgors Les Galeries... D. K. L’élégance féminine dans la peinture... D. Kerven La Société des Amis du Louvre... J. Motheau À propos d’une exposition sur la reconstruction... LES FAITS: Retours de New-York : André Masson, Pierre Matisse... J. Leymarie LES LIVRES... G. B. --- DIRECTEUR : GERMAIN BAZIN Conservateur au Musée du Louvre --- DIRECTION ADMINISTRATION PUBLICITÉ 139, Faubourg Saint-Honoré Tél. Balzac 35-15 --- ABONNEMENTS FRANCE 1 an : 800 Fr. 6 mois: 450 Fr. ÉTRANGER 1 an : 950 Fr. --- ÉDITIONS PAUL DUPONT 4 bis, Rue du Bouloi - Paris 1er

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DESSIN INSPIRÉ DE L'ANTIQUE. Extrait des Cahiers de Braque.

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les Cahiers de Braque Il faut choisir, une chose ne peut être vraie et vraisemblable. La liberté n’est pas accessible à tout le monde, pour beaucoup elle se place entre la défense et la permission. La magie est aussi dangereuse pour ceux qui la pratiquent que pour ceux qui la subissent. La liberté pour le commun, c’est le libre exercice des habitudes ; pour nous c’est franchir le permis. Où l’on fait appel au talent c’est que l’imagination fait défaut. Peu de gens peuvent se dire je suis là. Ils se cherchent dans le passé et se voient dans l’avenir. La survivance d’une chose n’abolit pas le souvenir. Le raisonnement est une voie pour l’esprit et un tumulte pour l’âme. C’est la précarité de l’œuvre qui met l’artiste en posture héroïque. Ce qu’on ne nous prend pas nous reste. C’est le meilleur de nous-même. Fragments inédits.

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Le secret de Braque par Jean Cassou C'est une aventure risquée que de se basarder dans le labyrinthe d'un artiste et de tenter de remonter jusqu'à ses sources : lui seul peut vous en ouvrir la voie et vous confier la clef de son laboratoire central. Dans le cas de Georges Braque on est aidé par son goût des maximes et sa gracieuse et lucide puissance de réflexion. Cela l'intéresse que de voir clair dans le noir. Car avoir des idées claires — dont on fait vulgairement l'apanage des Français — ce n'est pas penser sur du clair, parler de choses claires, c'est-à-dire superficielles, futiles, évidentes. Mais savoir mettre au clair des choses qui peuvent parfaitement être complexes, et profondes, et difficiles, et obscures. Braque, le plus clair et le plus français des peintres, n'ignore rien des ténèbres où se forme la création artistique. Cet homme, dont on a parfois noté à quel point le visage ressemblait à celui de Corot, à celui de Chardin, et qui est toute gentillesse et lumière, avec, dans son art, ce quelque chose d'artisanal, cet air de suprême aristocratie populaire qui sont les marques essentielles de la production française, connaît, sans le redouter, mais en sachant l'analyser et l'exprimer, le mystère de l'opération poétique, ses

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détours secrets, ses origines confuses et impérieuses. Les ouvrages les plus simples ne le sont pas à leur principe. Ils sont le fruit d'une élaboration qu'il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir et de savoir révéler. Braque prétend qu'il existe deux formes d'art : celui qui développe et raconte et celui qui ne se présente que dans une situation abrupte et difficile, se heurte à de l'inconnu et reçoit de l'œuvre naissante une réponse imprévue, comme un choc et une surprise. Dans le premier cas la conception de l'artiste se projette et trouve son aise. Dans le second elle se transforme en quelque créature qui connaît l'idée intérieure du créateur et son intention mieux qu'il ne le voit lui-même. Braque explique tout cela mieux que moi. Il oppose Versailles, qui s'étend et s'organise logiquement, sur une plate-forme, et le Mont Saint-Michel qui se juche sur un roc, d'où d'étroites et violentes réponses à ce qu'avait pu vouloir son auteur. Il se classe, lui, du côté de ce dernier, du côté des Romans et des Gothiques, là où la pensée première, au lieu de s'épanouir tout naturellement et de prendre forme CHAR ANTIQUE. — Extrait d'un des Cahiers de Braque (Photo Molinard et Franceschi).

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avec complaisance, se fait dès le départ rétive, insistante, obsédante, comme appelant un accord qui ne saurait venir. Et quelque chose d'autre vient, qui surgit sur la toile, et manifeste dans l'inconscient du peintre une présence plus profonde encore et plus urgente que l'idée qu'il avait cru extraire, exprimer, tuer. Et tous les objets familiers qu'il croyait connaître, et que nous aussi croyions connaître, apparaissent sous une forme singulière, brisée, puis hyperboliquement épanouie, puis de nouveau arrêtée et contrainte, SIGNE DU ZODIAQUE. Dessin extrait d'un des Cahiers de Braque (Photo Molinard et Franceschi). traversée de quelque autre angle, rompue et déchirée. Au milieu de cette intimité si étrangement transposée, des silhouettes de femmes se découpent, partagées d'une ligne d'ombre souple et précise comme une longue fleur. Courbe des meubles, schéma des vases, profil des visages et des choses tout cela a constitué dans l'observation et la bantise originelles du poète, un monde de prodigieuses images: plus prodigieuses encore sont celles qu'elles ont finalement produites et où se révèle le Page extraite d'un des Cahiers de Braque (Photo Molinard et Franceschi).

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