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"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE AUTOMNE M CM XXV --- ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ
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"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE AUTOMNE M CM XXV --- ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ
"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE - Pierre GUSMAN, Directeur-Fondateur - P.-J. ANGOULVENT, Secrétaire de la Rédaction - Albert MORANCÉ, Administrateur COMITÉ DE PATRONAGE MM. Louis BARTHOU, de l'Académie Française — Henri BÉRALDI, Président de la Société des Amis des Livres — Albert BESNARD, de l'Académie Française, Directeur de l'École Nationale des Beaux-Arts — Léon COMAR, Président de la Société de la Gravure sur bois originale — François COURBOIN, Conservateur des Estampes à la Bibliothèque Nationale — le Comte DURRIEU, de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres — J.-L. FORAIN, de l'Académie des Beaux-Arts, Président de la Société des Dessinateurs Humoristes — Jean GUIFFREY, Conservateur des Peintures, des Dessins et de la Chalcographie du Musée du Louvre — Émile MALE, Directeur de l'École Française de Rome, Membre de l'Institut. COMITÉ DE RÉDACTION MM. Marcel BOUTERON, Bibliothécaire de l'Institut de France — Robert BURNAND, Archiviste-Paléographe — Jean CORDEY, Émile DACIER et P.-A. LEMOISNE, Bibliothécaires à la Bibliothèque Nationale — Loys DELTEIL, Expert — Hector LEFUEL — Mlle J. DUPORTAL, Docteur ès lettres. ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ À PARIS, 30 & 32, RUE DE FLEURUS Téléphone : Fleurus 00-68. — Chèques postaux : 143-51, Paris. — R. C. Seine 109-330
"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE QUATRIÈME ANNÉE XV° FASCICULE SOMMAIRE DU FASCICULE D'AUTOMNE M CM XXV ÉTUDES - Marcel Vertès, peintre du Paris cosmopolite, par Robert de Beauplan. 75 - François de Hérain, peintre, sculpteur, graveur, par Robert Rey. 79 - Paul Renouard, illustrateur, par Loys Delteil. 82 - Claude Garamont, "graveur des lettres grecques du Roy", "tailleur des caractères de l'Université" (1480-1561), par Pierre Gusman. 85 - Une reliure parisienne du XVIe siècle à décor de Peaux-Rouges, par Hector Lefuel. 97 - L'Estampe primitive dans les anciens Pays-Bas et dans les provinces belges (XVe siècle), par Pierre Gusman. 102 - Les Arts du Livre en Russie depuis la Révolution, par P.-J. Angoulvent et Simon Lissim. 109 - Échos et Propos de Saison: - La gravure. xvii - Le beau livre. xviii HORS-TEXTE - SUPPLÉMENT SPÉCIAL À L'ÉDITION DE LUXE: Au dancing. Pointe-sèche originale de Marcel Vertès, tirée par V. Jacquemin. - Madame chez son portraitiste. Lithographie originale de Marcel Vertès, tirée par Duchatel. 75 - Mendiantes des pays envahis. Pointe-sèche originale de François de Hérain, tirée par A. et M. Vernant. 79 - Danseuses. Eau-Forte de Paul Renouard, tirée par A. et M. Vernant. 83 - Page de titre des "Mots français selon lordre des lettres, ainsi que les fault escrire", imprimée à Paris en 1544 par Robert Estienne, avec des romains de Garamont. Phototypie. 87 - Portrait de Claude Garamont, par Léonard Gaultier, et pages de titre et de texte de l'Histoire des Successeurs de Alexandre le Grand, imprimée à Paris en 1545 par Pierre Gaultier, avec des italiques de Garamont. Phototypie. 91 - Spécimen des divers corps de romains et d'italiques de Garamont actuellement utilisés par l'Imprimerie Nationale. 95 - Plat supérieur de la reliure à décor de Peaux-Rouges recouvrant l'ouvrage: "Discours du voyage fait par le Capitaine Jacques Cartier... etc.". Phototypie. 99 - La Vierge en gloire, estampe primitive probablement d'origine brabançonne (vers 1420). Phototypie. 103 - Saint-Eloi dans son atelier d'orfèvre. Gravure primitive d'origine bourguignonne (XVe siècle). Phototypie. 107 - Deux bois d'illustration russes, par Alexis Kravtchenko et Nicolas Piskaref. Phototypies. 109 - Ex-libris russes modernes, par I. Vidberg, Serge Tchechonine, V. Massioutine et D. Mitrochine. Phototypies. 111 - Deux couvertures de livres russes, par J. Tcherkessof. 111 ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ A PARIS, 30 & 32, RUE DE FLEURUS
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TOUT L'ART MODERNE EN TROIS REVUES SPÉCIALISÉES L'ART D'AUJOURD'HUI Peintures, Dessins, Estampes, Sculptures de notre temps. — Directeur : Albert Morancé ; Secrétaire de la Rédaction : Christian Zervos. — Soixante planches en couleurs et en noir et des études critiques sur les Peintres et les Sculpteurs vivants. - Abonnement annuel (4 fascicules) - Édition sur vélin... ... ... ... France et Belgique ... ... 100 fr. - Édition de luxe sur Arches imprimée au nom du souscripteur, contenant un frontispice particulier. Tirage à 100 exemplaires numérotés. ... ... Union postale... ... 125 fr. - Prix d'un fascicule (édition sur vélin) : France et Belgique, 30 fr. Autres pays, 35 fr. L'ARCHITECTURE VIVANTE Documents sur l'activité constructive dans tous les pays. — Directeur : Jean Badovici. — Cent planches de documents, en couleurs et en noir, des entretiens sur l'architecture contemporaine et des chroniques scientifiques. - Abonnement annuel (4 fascicules) - France et Belgique... ... ... ... 100 fr. — Union postale... ... ... ... 125 fr. - Prix d'un fascicule : France et Belgique, 30 fr. Autres pays, 35 fr. LES ARTS DE LA MAISON Choix des œuvres les plus expressives de la décoration contemporaine. — Directeur : Christian Zervos. — Quatre-vingts planches de documents en couleurs et en noir, des causeries sur l'esthétique et la technique des métiers d'art. - Abonnement annuel (4 fascicules) - France et Belgique... ... ... ... 100 fr. — Union postale... ... ... ... 125 fr. - Prix d'un fascicule : France et Belgique, 30 fr. Autres pays, 35 fr. --- SPÉCIMENS ET BULLETINS DE SOUSCRIPTION SUR DEMANDE AUX ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ

MARCEL VERTÈS PEINTRE DU PARIS COSMOPOLITE MARCEL Vertès est Hongrois. Il a vingt-neuf ans. Il était déjà fort connu à Budapest, quand, au lendemain de la guerre, il décida de se fixer à Paris. Sa réputation ne l'y avait pas précédé et elle était entièrement à reconquérir. Nous ne savions rien de lui. Il n'en savait pas davantage de nous. — S'imagine-t-on quelle idée, à une époque où les peuples vivaient repliés sur eux-mêmes à l'intérieur de leurs frontières hostiles, un jeune artiste pouvait se former de Paris? Il entrevoyait, à travers la légende et la littérature, la capitale du goût, de l'élégance raffinée et du luxe. Avec une ingénuité qu'il avoue aujourd'hui en souriant, il lui supposait deux étages : en haut, le monde, à peu près dans l'atmosphère et le cadre des romans de Paul Bourget; au-dessous, une bohème cordiale d'étudiants à bérets, avec leurs Mimis-Pinsons et leurs lorettes, comme chez Murger : la plaine Monceau et le quartier latin... Au lieu de cela, il tomba en plein Paris de 1919, dans ce caravansérail inouï de tous les peuples, de toutes les races et de toutes les classes, dans ce bouleversement de toutes les traditions et de toutes les hiérarchies sociales, dans cette frénésie de jouissances et de danse. Il cherchait Paris et les Parisiens : il trouva Cosmopolis, le jazz-band et ses nègres, les métèques de l'univers et Babel en folie. Il n'avait pas de préjugés. Il avait l'œil neuf et une acuité précise d'observation. D'emblée, il se révéla le peintre qui convenait à ses modèles. ---
— C'est dans les journaux illustrés qu'il débuta, par quelques dessins pris sur le vif. La Charrette lui demanda un numéro sur les Etrangers à Paris. Il les silhouetta comme il les voyait, avec ce qu'on pourrait appeler une exactitude caricaturale. Mais déjà il préparait son premier recueil. Ce monde interlope et quelque peu pourri dont il apercevait autour de lui l'agitation, c'est par ses dessous secrets et, si l'on peut dire, par sa sentine qu'il voulait y pénétrer. Il publia Maisons..., aux Editions Pellet, que préfaça Pierre Mac-Orlan. Aucune épithète n'accompagnait ce titre, suffisamment explicite par lui-même. Ces douze lithographies originales, soulignées chacune d'une légende, évoquèrent le souvenir de Toulouse-Lautrec. Le talent était, en effet, de même veine. Mais la similitude des sujets laissait toute la marge de l'époque. La débauche moderne n'est plus celle de ces harems de filles grasses et maquillées, avachies au coin des tables, dans leurs peignoirs à fleurs et leurs savates. Le vice lui a donné comme une cérébralité érotique. Elle mêle la chlorose des fausses petites filles à la manie sadique des vieillards. Feuilletez ces images : il ne s'en dégage aucune polissonnerie grivoise, mais plutôt une sorte d'amertume vengeresse. En faut-il un exemple ? Maussadement, deux fillettes équivoques et problématiques, aux épaules et aux jambes grêles, se dévêtent. On ne voit point l'homme, sinon par son ombre, projetée sur le lit bas, et par une paire de gants qui traîne sur un fauteuil. La légende dit : « Et vous allez à l'école? » — Dancing suivit, chez le même éditeur, avec une présentation de Paul Reboux. C'était l'autre visage — celui qui s'étale au grand jour de ses lumières factices — de la même concupiscence. Marcel Vertès s'est fait le naturaliste de cette faune spéciale, masculine et féminine, et, souvent aussi, de ce troisième sexe indéterminé — femmes-garçonnnes et messieurs-dames — que l'on rencontre dans les thés à la mode des Champs-Elysées, dans les boîtes de nuit du quartier Caumartin et à Montmartre. À Montmartre surtout, où grouille cet extraordinaire mélange d'Américaines emperlées et de filles, de nouveaux riches et de rastaquouères, de Boliviens et de danseurs — 76 —
caucasiens, de cocaïnomanes et d'invertis : Montmartre, avec son orgie de champagne et ses relents de noce crapuleuse, le tintamarre assourdissant de ses orchestres, la mascarade puérile de ses serpentins, de ses ballons rouges et de ses jouets distribués aux soupeurs ; Montmartre ivre de joie frelatée, secoué de fox-trot comme d'une danse de Saint-Guy, et que surprend, dans l'éreintement de sa veille et la déliquescence de ses fards, une aube morne... — Si, pour tous ces pantins de la grande vie, le crayon de Vertès se montre impitoyable, il suspend toutefois son ironie devant l'harmonie des lignes et du mouvement que la danse met en valeur, devant l'esthétique nouvelle des corps jeunes et souples qu'un même rythme entraîne et associe. L'émule de Toulouse-Lautrec ou de Gavarni devient soudain comme le Fragonard du vingtième siècle. Il est l'annaliste charmé de la femme d'aujourd'hui, aux robes et aux cheveux courts, au corps d'éphèbe que plaquent et que moulent les tissus soyeux, hors de la tyrannie et de l'encombrement de toutes les surcharges ou de tous les accessoires vestimentaires. La fréquentation des dancings devait le conduire à nous représenter les étapes de la Journée de Madame, son dernier album, aux Editions Marcel Guiot, avec un texte de Pierre-Plessis. Cette Parisienne — car c'est bien elle, enfin, qu'il a découverte dans Paris — que nous voyons entre les mains de son masseur et de son coiffeur, en amazone, au Bois, ou au volant de son automobile, chez son couturier, chez son peintre ou chez son amant, à sa toilette du soir ou dans sa loge du théâtre, est rigoureusement de son temps, — de notre temps. A toutes les époques, assurément, les femmes se sont habillées et déshabillées, elles ont vécu, souri, aimé, elles ont été au spectacle et se sont données en spectacle : mais Vertès excelle à noter, parmi toutes les attitudes, tous les gestes communs ou banals, ceux qui sont caractéristiques, que les générations antérieures ne pouvaient soupçonner et que les âges prochains auront, sans doute, remplacés par d'autres. On ne saurait concevoir un art qui date davantage. Il porte son millésime, qui est le nôtre, et c'est pourquoi il gardera sa valeur ---

Byblis est une revue consacrée aux arts du livre et de l'estampe, publiée par les Éditions Albert Morancé. Ce fascicule d'automne 1925 présente des études sur des artistes tels que Marcel Vertès, François de Hérain, Paul Renouard et Claude Garamont. Il inclut également des articles sur la reliure, l'estampe primitive et les arts du livre en Russie, ainsi que des hors-textes originaux.