Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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DECORATIVE ART 1926 “THE STUDIO” YEAR-BOOK TWENTY-FIRST ISSUE ARCHITECTURE, FURNITURE DECORATION, GARDENS ETC 475 ILLUSTRATIONS, 8 COLOUR-PLATES 44 LEICESTER SQUARE, LONDON, W.C.2 PARIS: LIBRAIRIE E. FLAMMARION, 26 RUE RACINE

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ARTS DÉCORATIFS 1926 --- ÉDITION ANNUELLE DE “THE STUDIO” avec traduction française --- LIBRAIRIE ERNEST FLAMMARION Rue Racine, 26, PARIS

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INTRODUCTION L'EXPOSITION des Arts Décoratifs et Industriels de Paris marquera une étape dans l'histoire de l'art décoratif. Les leçons à tirer de cette exposition sont trop nombreuses et complexes pour être traitées dans un espace aussi limité que celui de ces notes, mais on peut en tirer quelques conclusions. Les œuvres exposées par les dessinateurs et les artistes continentaux semblent en général s'inspirer d'un esprit que nous ignorons dans notre pays; c'est-à-dire d'un enthousiasme raisonné et bien fondé visant un but bien défini. Par contre les objets décoratifs exposés dans la section britannique, bien qu'ils fussent, dans certain cas, remarquablement conçus et exécutés, donnaient l'impression d'être les résultats d'efforts individuels ne reposant sur aucun fondement. Le succès très relatif qu'a obtenu la section britannique est dû probablement à ce manque de cohésion; celui-ci provient, dans une certaine mesure, du peu d'entente qu'il y a, dans notre pays, entre les architectes et les artisans, les premiers n'entrant point en contact avec les différents artisans d'art. Dans plusieurs pays, plus spécialement en Autriche et en Allemagne, l'on trouve des architectes, des dessinateurs et des ouvriers collaborant étroitement, s'entr'aidant et formant ainsi une véritable association. Un exemple typique de ceci est le "Deutscher Werkbund" qui travaille d'une manière désintéressée et qui donne chaque jour des preuves de son esprit de coopération. A Paris, parmi les exposants continentaux, nombre d'entre eux ne se distinguaient pas que par leur originalité, mais on sentait que leur travail avait été compris et soutenu par leurs compatriotes. L'originalité dans notre pays, au lieu d'être accueillie favorablement, se trouve être trop souvent reçue avec méfiance. Quel que soit notre marasme, nous sommes persuadés que nous possédons plusieurs dessinateurs, parmi la jeune génération, à qui, pour

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INTRODUCTION faire connaître leur talent, il ne manque qu'un public plus apte à comprendre leurs efforts. La funeste influence provoquée par la convoitise des collectionneurs et l'ignorance du public, sont les deux éléments responsables de cet état de choses, ainsi que nous le dit plus loin Sir Frederick Ponsonby. La racine de ce mal pourrait être probablement trouvée en la cherchant dans notre éducation. Ceci nous amène à parler de la très intéressante section consacrée à l'Exposition des Arts décoratifs de Paris, aux exposants des écoles d'art. Là, parmi les " nurseries ", si l'on peut dire, des différents pays, l'on pouvait remonter jusqu'aux sources même de chacun des systèmes d'enseignement : ceux-ci nous montrent qu'il serait nécessaire, pour nous, de faire un inventaire, nous permettant de nous rendre compte des différentes méthodes et des différentes conceptions de nos écoles d'art. L'exposition de South Kensington nous a clairement indiqué que nous devions transformer en partie l'enseignement; nous le comprimmes en regardant ce concours de dessins industriels qu'avait organisé alors la Société Royale des Arts ; on se rendait compte de l'enseignement des différentes écoles d'art. Il faut avouer que la moyenne des dessins exposés, au nombre de deux mille environ, était peu encourageante. Il est fort difficile de savoir ce qui se fait en nos écoles, mais on n'y trouve aucune politique suivie, attaquant le problème avec des conceptions un peu vastes. Il est parfaitement évident que les étudiants suivent trop souvent leurs cours avec des " œillères", leurs efforts étant du reste influencés par un but purement commercial; et il est parfaitement évident aussi que les jeunes dessinateurs ne pourront pas contribuer à donner une forme concrète à l'opinion du public, mais la bonne volonté du public n'est pas le seul facteur essentiel du problème qui nous intéresse. * Le mécontentement actuel est la cause des nombreuses critiques qui paraissent chaque jour dans la presse. Des opinions autorisées ont fait connaître leur mécontentement en voyant les constructions érigées dans " Regent street "; elles auraient pu être l'occasion d'accomplir des œuvres intéressantes, ce manque d'imagination surprendra certainement les générations futures. Plusieurs jeunes architectes montrent quelque irritation à l'égard de la résistance passive d'une partie de leur clientèle à toute idée nouvelle, les clients insistent à vouloir du pastiche. Il y a encore de nombreuses et puissantes idées rétrogrades, parfaitement illogiques, même parmi les architectes et les dessinateurs qui arrêtent les tentatives

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INTRODUCTION de la jeune génération; il semble que pour beaucoup de gens tout effort esthétique suppose l'imitation servile du passé. Qu'on s'inspire de la tradition, ceci peut se soutenir mais que la copie des styles se fasse au détriment de toutes qualités personnelles dans le dessin des architectes, c'est vouloir mettre un point final à l'histoire de l'art anglais. Il y a heureusement à l'étranger un esprit révolutionnaire qui, chaque jour, prend plus d'importance et on peut espérer que la personnalité et l'indépendance des dessinateurs iront en augmentant. Les demeures que nous reproduisons aujourd'hui, illustrent suffisamment le charme et le caractère des constructions conçues par des artistes travaillant suivant nos meilleures traditions, mais capables, tout de même, de modifier leur art suivant les idées modernes. Les influences réactionnaires se font sentir tout aussi violemment en ce qui concerne nos arts industriels et décoratifs, et causent un sérieux préjudice à notre prospérité commerciale. Si l'on considère l'Exposition des Arts Décoratifs de Paris d'une manière purement commerciale, l'on peut dire que cette manifestation du gouvernement français, habilement secondé par des entreprises privées et les Gouvernements d'autres pays, a eu comme résultat d'amener de l'argent ailleurs qu'en Angleterre; les Américains en particulier furent spécialement attirés par cette exposition. Aux États-Unis, malgré que le public soit fortement influencé par notre tradition et nos sentiments, les idées nouvelles sont largement accueillies. Les conditions économiques actuelles en Europe rendent nos manufacturiers désireux d'obtenir le marché américain; certains de nos produits industriels ont été écoulés en grande quantité, mais il s'agit maintenant de sortir d'une formule toujours pareille : les intérêts des peintres, sculpteurs et architectes sont protégés grâce à la Société des Arts, à l'Institut Britannique de l'Art Industriel, à l'Association du Dessin et des Industries et à d'autres organisations similaires, mais aucune de ces organisations n'est formellement reconnue pour défendre les intérêts des dessinateurs et des artisans. Même, si nous nous trouvions avoir quantité de " génies ", nous n'aurions rien nous autorisant à les reconnaître officiellement car nous ne possédons aucun diplôme nous permettant de donner à leurs travaux quelque récompense officielle. Si un dessinateur capable avait le droit de placer après son nom quelques lettres mystérieuses, le public

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INTRODUCTION serait alors convaincu de son importance. La majorité des gens cultivés dans notre pays n'est certainement pas incapable d'apprécier ce qui est beau, mais il y a incertitude dans le goût et le discernement. Les jugements se forment d'après l'opinion des autres et suivant les conventions du moment, une attitude négative permet de ne pas se tromper. La constitution d'une collection de dessins modernes pourrait contribuer à former des jugements un peu plus entreprenants; elle devrait non pas être exposée dans une galerie, mais être arrangée de manière à reproduire autant que possible l'atmosphère d'un intérieur. Les dessins et les photographies de bons exemples architecturaux compléteraient ces reproductions d'intérieurs où figureraient la décoration, le mobilier, céramique, etc. L'éclairage s'harmoniserait avec ces ensembles, de manière à donner une impression de réalité, en réduisant au minimum l'élément " musée ". Il est certainement déplorable et ridicule d'exposer des meubles et des objets dans des salles d'une échelle en tous points disproportionnée avec celle pour laquelle ces objets sont destinés, sans parler de l'éclairage qui, forcément, n'est pas celui pour lequel ces mêmes objets ont été conçus. Des tentatives de ce genre ont déjà été faites du reste. A New-York au Musée Métropolitain, dans la section américaine, on a reproduit des intérieurs de chaque période. Cette même idée a prévalu dans l'arrangement de certaines chambres au Palais des Arts de l'Exposition de Wembley, cet élément humain eut vite fait de conquérir l'opinion publique. * Une collection nationale à laquelle s'ajouteraient quelques exemples continentaux, serait un excellent moyen d'étude pour nos artistes, malheureusement, étant donné les circonstances, on ne peut guère espérer du gouvernement, l'argent nécessaire pour une manifestation de ce genre. Notre seul espoir serait qu'un mécène fasse pour l'architecture et l'art décoratif, ce qu'on a fait à la " Tate Gallery " pour la peinture et la sculpture modernes. * Les éditeurs désirent pour conclure exprimer tous leurs remerciements aux architectes, artistes, artisans et dessinateurs, dont les œuvres sont reproduites dans cet ouvrage et pour le service qu'ils ont ainsi rendu.

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ARCHITECTURE PAR LE PROFESSEUR CH. REILLY EN Angleterre, la mode est à la petite habitation, on ne construit plus les grandes maisons de campagne d'avant-guerre. Nos dettes, que nous payons religieusement à l'Amérique et les dettes que les autres pays nous payent moins religieusement en sont une des causes. Une des autres raisons est l'extinction de la race des filles de cuisine et la pénurie en général de domestiques. Il est certain que des artistes comme Sir Edwin Lutyens qui, avant la guerre, construisaient, principalement, de grandes demeures à la campagne, avec lesquelles ils s'étaient fait une réputation mondiale, ont été obligés de trouver un nouveau champ d'action. Sir Edwin Lutyens, grâce à son imagination, construit actuellement de grands immeubles commerciaux, dans le centre de Londres, tous plus intéressants les uns que les autres, étant chacun un véritable monument. Il semble, du reste, qu'en Angleterre, la tendance générale soit à la simplicité et à "l'orthodoxie"; même M. Baillye Scott se joint à ce mouvement, sans pourtant perdre de son individualité. Les maisons de petites dimensions, s'inspirent du style "Georgian", quoique la vogue de celui-ci soit moins grande que ces dernières années, car un bon architecte ne peut pas se cloîtrer dans un même mode d'expression. Les récents "cottages", édifiés par le gouvernement et les municipalités, sont une création bien moderne, généralement d'un style classique et de proportions régulières. C'est la raison pour laquelle tant d'architectes ont pu obtenir d'heureux effets d'ensemble, qu'une architecture plus compliquée n'aurait pas permis de réussir. L'on peut espérer retrouver bientôt cette même simplicité dans les maisons construites par les spéculateurs et les entrepreneurs. Quand ceux-ci bâtissent aux alentours de nos villes et plus spécialement près de Londres, ils s'expriment certainement avec plus de simplicité qu'ils ne le faisaient il y a une douzaine d'années, mais on ne sait encore, si cette simplicité est due à une nouvelle mentalité ou simplement à l'économie. Ce désir de simplicité, qui a amené l'emploi de surfaces sans ornementsations, a aussi amené une grande recherche dans les enduits, dont sont