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Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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RAYMOND SUBES MAITRE FERRONNIER DERNIÈRES ŒUVRES

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RAYMOND SUBES MAITRE FERRONNIER DERNIÈRES ŒUVRES --- INTRODUCTION DE HENRI CLOUZOT CONSERVATEUR DU MUSÉE GALLIERA --- PARIS CH. MASSIN ET CIE, ÉDITEURS 51, RUE DES ÉCOLES, 51

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A LA MÈME LIBRAIRIE - G. Henriot . . . . FERRONNERIE DU JOUR - G. Fleury . . . . FERS ET SERRURERIE D'AUTREFOIS

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TABLE DES PLANCHES PL. --- Description --- 1. --- Grille d'intérieur en fer poli avec cabochons en verre moulé. --- 2. --- Grille en fer forgé destinée au Musée permanent des Colonies. MM. LARRADE et JAUSSELY, architectes. --- 3. --- Grille pour Hôtel particulier. M. GRANET, architecte.Grille d'intérieur. --- 4. --- Rampe d'immeuble. M. PATOUT, architecte. --- 5. --- Balustrade en fer forgé (Office National de Tourisme Espagnol). MM. DUVAUX et ROY, architectes. --- 6. --- Grille d'immeuble. M. GRANET, architecte. --- 7. --- Grille d'intérieur.Appui de communion. M. MARRAST, architecte. --- 8. --- Rampe de magasin. M. BOILEAU, architecte.Rampe d'immeuble en fer poli. --- 9. --- Grille de banque. M. FAUBE-DUJARRIC, architecte.Grille de l'Institut d'Art et d'Archéologie. M. BIGOT, architecte. --- 10. --- Grille pour un hôtel particulier. M. HOTT, architecte. --- 11. --- Grille en fer forgé. M. PATOUT, architecte.Grille de magasin. --- 12. --- Console desserte en fer poli. M. LLANO-FLOREZ, architecte.Console et devant de feu. --- 13. --- Grille d'entrée en fer forgé.Grille en fer poli. M. PATOUT, architecte. --- 14. --- Appui de communion en fer forgé. M. MARRAST, architecte.Grille d'intérieur en fer poli. --- 15. --- Grille en fer forgé à Suresnes. M. GREENOUGH, architecte.Grille d'immeuble en fer forgé. M. GRANET, architecte. --- 16. --- Grille en fer forgé avec cabochon en bronze (Mairie du V° arr. de Paris). M. PATOUILARD-DEMORIANE, architecte. --- 17. --- Rampe d'immeuble. M. PATOUT, architecte.Rampe d'immeuble. --- 18. --- Porte de tombeau.Porte d'ascenseur.Grille en fer forgé. MM. BASSOMPIERRE, DE RUTÉ et SIRVIN, architectes. --- 19. --- Rampe en fer forgé. M. BRUNO PELLISSIER, architecte.Rampe en fer poli. --- 20. --- Grille d'immeuble en fer forgé. M. SAUVAGE, architecte. --- 21. --- Grille d'ascenseur de magasin. M. LEFRANC, architecte.Intérieur de magasin. M. FREYNET, architecte. --- 22. --- Grille d'immeuble.Grille d'immeuble. --- 23. --- Porte pour salle de coffre en acier poli. --- 24. --- Rampe d'escalier. M. GENUYs, architecte.Rampe de l'escalier d'honneur de la Mairie du V° arr. à Paris. M. PATOUILARD-DEMORIANE, architecte. --- 25. --- Grille d'immeuble. MM. FOURNIER, architectes.Grille d'immeuble. MM. BASSOMPIERRE, DE RUTÉ et SIRVIN, architectes. --- 26. --- Grille d'immeuble à Paris. M. ABELLA, architecte. --- 27. --- Grille de banque à Paris. M. VIRET, architecte.Grille de banque. M. REMAURY, architecte. --- 28. --- Grille d'immeuble. MM. DUVAL et GONSE, architectes.Grille d'immeuble en fer forgé. M. WALTER, architecte. --- 29. --- Console et table en métal poli. --- 30. --- Lampadaires et cache-radiateur en fer poli. --- 31. --- Cache-radiateurs et console en fer poli. --- 32. --- Console et grille en acier chromé.Motif en tôle repoussée. --- 31177. — A. MARTEBUX et L. PACAT, imp., 1, rue Cassette, Paris. — 1931.

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AVANT-PROPOS En tête de ces planches, qui représentent — et seulement en partie — l'œuvre de ferronnerie sortie depuis moins de deux ans de l'atelier de RAYMOND SUBES, il convient d'exposer sa formation et de retracer sa carrière. Ces préliminaires sont d'autant plus indispensables, pour expliquer l'abondance et l'importance de sa production, que le plus jeune maître de notre école française de ferronnerie n'a pas encore été l'objet d'une étude spéciale. Si jamais le terme de « vocation » a pu s'appliquer à un artiste, c'est à Raymond Subes qu'il faut le réserver. Fils d'un fonctionnaire qui ne rêvait pour lui d'autre avenir qu'une carrière administrative, il se sentit véritablement « appelé » vers les arts appliqués. A 14 ans, sans autre bagage artistique que ce qu'il avait pu recueillir aux cours du soir, il passa le concours d'entrée de l'Ecole Boulle (1906). Notre grande Ecole professionnelle n'était pas alors ce qu'elle est devenue par la suite. A. Fréchet, qui devait en faire une pépinière de créateurs et de beaux artisans, y professait l'histoire de l'art. Mais c'était déjà (rare exception) une école de métiers. Subes y apprit la cisclure, le tournage, très peu de forge, mais beaucoup de dessin. Ce fut sa sauvegarde et la base de sa formation. Après quatre années d'études et un court passage à l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs, où il suivit les leçons de Charles Génuy, Adrien Bruneau, un autre de ses professeurs, devenu lui aussi un des meilleurs artisans de la réforme de notre enseignement professionnel, le plaça comme dessinateur à l'atelier de ferronnerie dirigé par Émile Robert, dans les Établissements Borderel (1911). Il était bien modeste alors, au fond des Batignolles, cet atelier de la rue Damrémont, qu'un industriel aux larges vues avait réuni aux siens depuis deux ans. Une quarantaine d'ouvriers, à peine, groupés dans un local prélevé sur le grand hall de construction métallique des Établissements Borderel, exécutaient les travaux de ferronnerie d'art dont la spécialité était réservée à Émile Robert. Mais le bon maître s'y sentait chez lui, et il avait la joie d'enseigner le beau métier de la forge, rêve de toute sa vie d'apostolat, à vingt-cinq apprentis. Toute la journée retentissait le bruit du marteau et de la lime. Subes y resta jusqu'à son départ pour le service militaire en 1912. Puis vint la déclaration de guerre. Il partit avec son régiment dès le début des opérations, se battit à Longuyon, fut grièvement blessé à la bataille de la Marne, médaillé militaire et réformé en 1916 après un an d'hôpital. Qu'allait-il entreprendre? Le moment n'était pas favorable aux travaux d'art. Ernest Borderel était aux armées. Rue Damrémont on ne travaillait qu'au ralenti. Subes alla retrouver son bon maître à Enghien, où il avait ouvert un atelier particulier et, naturellement, un atelier d'apprentissage. Émile Robert l'accueillit à bras ouverts, et comme il n'avait pas de dessins à lui demander, il lui mit le marteau en mains. Pendant trois ans, Subes apprit à forger et travailla à l'étau. Il

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RAYMOND SUBES, MAITRE FERRONNIER apprit à lutter avec la matière, à lui faire exprimer, sans autre auxiliaire que le feu et la frappe, toutes les formes de la nature et tous les caprices de l'imagination. Il conquit les qualités de robustesse et d'ampleur qui sont les premières dans le bel art du feu. Il rivalisa de virtuosité avec ce ferronnier au grand cœur, dont la fièvre de création était telle qu'il ne pouvait s'arrêter et qu'au cours d'un ouvrage il ajoutait toujours quelque chose et encore quelque chose, sans jamais dire assez. Il reçut de cet apôtre, dont la passion était d'enseigner, tous les secrets de métier retrouvés ou acquis, tous les tours de main qui faisaient jadis la gloire des corporations. Comme son maître, le jeune artisan eût pu partir, la canne de compagnon en mains, pour faire son tour de France. Il n'eut pas à aller aussi loin. Ainsi que bien d'autres il eut sa chance. Ernest Borderel le prit en 1919 comme directeur de ses bureaux de dessin et lui confia l'atelier de ferronnerie qu'avait occupé Robert. Et son histoire s'arrête là. Depuis dix ans, il n'a pas quitté la rue Damrémont où progressivement le nombre de ses ouvriers est monté à près de 300. Il occupe pour ses travaux tous les bâtiments des Bati-gnolles. La charpente métallique a maintenant son usine à part à Saint-Denis; la menuiserie métallique à Reims. La première œuvre exposée par Subes, une lampe portative, figura au Musée Galliera au printemps de 1920. Depuis lors, il n'a jamais cessé de présenter ses créations à ce Musée comme au Salon des Artistes Décorateurs et au Salon d'Automne. Ses travaux à l'Exposition internationale des Arts Décoratifs de 1923 lui valurent un grand prix et le ruban de la Légion d'honneur. Mais quelle participation! Rampe de communion et lustre de l'Oratoire dans le pavillon de la Société de l'art appliqué aux métiers, consoles, portes, vitrines, encadrements de glaces du petit salon de l'Ambassade, cache-radiateurs, appareils luminaires dans la galerie de la classe 4, porte d'entrée de la rue Saint-Dominique-Fabert, ferronneries et cache-radiateurs au Club des Architectes diplômés par le gouvernement, porte et balcon du cazin Morancé-Corcellet, porte d'entrée du pavillon de l'Afrique française. Il faut en omettre, sous peine de dresser un fastidieux catalogue. Mais comment passer sous silence sa participation à la décoration du paquebot «Ile-de-France», la plus belle œuvre d'architecture navale de notre temps? Balustrade de la grande descente, portes sur la galerie, porte de la chapelle, on peut dire que dans ces œuvres d'esprit très moderne il a su s'élever jusqu'au style. Pendant ces dix années de labour ininterrompu, qui lui ont permis d'exécuter des ouvrages par centaines, Subes n'a cessé de se discipliner, d'évoluer dans le sens de la simplicité, de la concision, de l'équilibre, de la franchise d'exécution. Cette discipline il la doit pour une bonne part à sa collaboration avec nos meilleurs architectes : Marrast, Haubold, Tournon, Abella, Sauvage, Granet, Expert, Letrosne, Defrasse, Laprade, Faure-Dujarric, Bigot, Boileau, Patouillard, Genuys, Patout, Bouwens, Ventre, Arvidson, Duval et Gonse et bien d'autres. On ne travaille pas impunément avec un passionné

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RAYMOND SUBES, MAITRE FERRONNIER comme Robert sans subir son influence. Or le tempérament du maître le portait trop aisément à s'affranchir de la règle, de la mesure, de la logique, à n'écouter que le caprice non de son imagination mais de sa main. Quand il avait pris le marteau il ne savait pas se modérer plus qu'un virtuose devant son instrument. Il avait toujours une gamme, un trait, un arpège, une volute, un feuillage, un fleuron à ajouter. Ce qui fait que dans son œuvre si sincère la postérité retiendra, de préférence aux travaux où il n'a écouté que sa fantaisie, ceux où la nécessité de rentrer dans un ensemble architectural l'a obligé à sacrifier son amour de l'agrément et du pittoresque à la précision de l'ordonnance générale. Une des premières œuvres de Subes, remontant à 1920, lorsqu'il ne s'était pas encore libéré de cette dangereuse empreinte, montre bien dans quelle voie il faillit s'engager. Certes cette petite grille d'intérieur, rehaussée de cuivre, est charmante, mais son ornementation rappelle les décors de broderie que Maurice Dufrène dessinait pour ses coussins, dix ans auparavant. Elle parle un langage précieux, distingué, élégant. Ce n'est pas celui qui convient au fer. En 1923, Subes a conquis sa personnalité. Il ne se laisse plus entraîner par l'amour du détail. Il conçoit ses projets en fonction de l'architecture, et de l'architecture telle que notre époque la comprend, avec des lignes simples, des divisions accusées, des oppositions fortement marquées de parties légères et de masses robustes. Depuis deux ou trois ans, il tire de l'ornement géométral son inspiration et sa certitude. Mais ce n'est pas pour lui une formule vide. Si, comme tout le fait prévoir, une réaction contre le nudisme de la construction (et du mobilier) se dessine, son souple talent saura évoluer au mieux du nouveau goût. Pour le moment, les formes qu'il donne à ses conceptions sont faites à souhait pour l'outillage mécanique. Sur ce point encore il s'est nettement affranchi de la doctrine de Robert. Hors du marteau, il n'y avait pas de salut pour le maître d'Enghien. Il est mort sans avoir jamais voulu utiliser la soudure autogène. Subes — et comme il a raison! — n'estime pas qu'un ouvrage de forge est moins beau parce que la machine-outil supplée la main humaine. Il croit au contraire qu'elle permet seule d'aborder certains grands travaux de forge, comme cette porte de 13 mètres de haut qu'il construit en ce moment pour une banque américaine et que les bras réunis de dix compagnons d'autrefois n'auraient pu exécuter. Il n'a pas la superstition du marteau qui laisse ses traces sur le fer pour exciter les gens du monde. La précision du marteau-pilon lui semble préférable. Il ne se refuse pas plus à utiliser la machine pour le rabotage, pour le cintrage, pour le polissage, pour débiter ses barres, dont un simple coup de cisaille tranche en flûte de Pan vingt-cinq à la fois, qu'il n'hésite à utiliser des fers nouveaux, des aciers inoxydables, des alliages même comme le duralumin. La machine ne fait pas laid. Il suffit, on ne saurait se lasser de le répéter, de lui donner les modèles qui lui conviennent et de ne pas chercher à lui faire exprimer ce qui ne peut être beau que

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RAYMOND SUBES, MAITRE FERRONNIER fait à la main. D'ailleurs, il ne faut pas s'y tromper, les ouvriers de Subes savent forger. Il les a formés de A à Z dans l'atelier d'apprentissage que lui a légué Robert et qu'il continue à entourer de sa sollicitude. Lui-même n'a jamais abandonné le marteau. Quand il ne réussit pas à faire comprendre à un ouvrier comment il veut voir traiter une pièce, il se met lui-même à l'enclume, et il forge. C'est par cette forte organisation du travail que l'on s'explique la singulière fertilité de production de Raymond Subes. Mais s'il a industrialisé son outillage, il n'a pas industrialisé son talent. Il est resté maître et seul maître, comme au premier jour, de ses facultés créatrices. Il se renouvelle continuellement sans s'épuiser. Tous ses modèles diffèrent et l'on ne peut pas dire qu'il y a un style Subes, parce que, à la saison prochaine, il présentera des modèles d'une inspiration toute différente. L'abondance, parfois, est un danger. Mais quand elle est servie par l'amour du beau métier, de l'ouvrage conduit jusqu'au bout, elle devient une qualité maîtresse, la marque d'un tempérament supérieur. Nous sommes vraiment à une belle époque du fer. Jamais, aucun des maîtres d'autrefois — et Raymond Subes les connaît bien puisqu'il restaure en ce moment les chefs-d'œuvre de Lamour pour les Monuments historiques — n'ont eu d'aussi puissants moyens d'exécution ni d'aussi bons matériaux. Gardons pour ces virtuoses du marteau une admiration d'autant plus fervente qu'avec le seul outillage manuel ils ont réalisé des merveilles comme les grilles de Sens ou les pentures de Notre-Dame. Mais qu'auraient-ils fait s'ils avaient pu forger des masses impressionnantes comme celles que Subes emploie couramment, au lieu d'assembler brin à brin leurs volutes ou leurs barreaux comme la dentellière fait de ses réseaux! HENRI CLOUZOT. Les croquis qui accompagnent cet Avant-Propos ont été dessines dans les ateliers de Raymond Subes, par Ch. A. Edelmann.

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RAYMOND SUBES, MAITRE FERRONNIER. PI. 1 GRILLE D'INTÉRIEUR EN FER POLI AVEC CABOCHONS EN VERRE MOULÉ. — R. SUBES, FERRONNIER. Imp. Catala frères, Paris. Ch. Massin et Cie, Éditeurs, Paris.

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RAYMOND SUBES, MAITRE FERRONNIER. Pl. 2 Grille en fer forgé destiné au Musée permanent des Colonies. — R. Subes, ferronnier. MM. Laprade et Jaussely, architectes. Imp. Catala frères, Paris. Ch. Massin et Cie, Éditeurs, Paris.