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PLAISIR de FRANCE SEPTEMBRE 1956 Mac Aroy
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
PLAISIR de FRANCE SEPTEMBRE 1956 Mac Aroy
PLAISIR DE FRANCE (IMAGES DE FRANCE) Revue mensuelle DIRECTEUR GÉNÉRAL-RÉDACTEUR EN CHEF : OLIVIER QUÉANT SOMMAIRE SEPTEMBRE 1956 No 215 | Éditorial | Pages | | --- | --- | | PRÉCIPITATION ET INGRATITUDE, par Olivier Quéant | 1 | | Un reportage littéraire | | | --- | --- | | LA REVANCHE DES CONCOURT, par Claude Baignères. | 2 | | Du tourisme | | | --- | --- | | DÉCOUVERTE EN VACANCES : COLLONGES LA ROUGE, par Janet Beyda.. | 10 | | Une enquête | | | --- | --- | | NOS AMIS LES CHATS, par Raoul Delfosse.. | 18 | | De la décoration | | | --- | --- | | SUR LES BORDS DE L'ADOUR, LE DOMAINE DE NAGUILE A PLUS DE TROIS SIÈCLES.. | 22 | | PETITS JARDINS SUSPENDUS DANS PARIS.. | 28 | | Une promenade | | | --- | --- | | NOUVEAUX ASPECTS DE PARIS, par Anne Fourny. | 34 | | La mode | | | --- | --- | | UNE PORTE S'OUVRE SUR LA MODE 1957 .. | 40 | | Au cœur de la légende | | | --- | --- | | LA CRÈTE, par Léah Lourié .. | 44 | | L'Itinéraire du Samedi | | | --- | --- | | « LA CHASSE » CHEZ L'ANTIQUAIRE, par Saint-Sère .. | 52 | | Une nouvelle inédite | | | --- | --- | | UNE JOURNÉE VIDÉ, par Martine Cadieu .. | 57 | | Rythmes du mois | | | --- | --- | | LES LIVRES, par Yves Gandon .. | 61 | | LES EXPOSITIONS : MATISSE, PEINTRE DU BONHEUR, par René Barotte .. | 62 | | LE CINÉMA, par Marcel Lasseaux .. | 63 | | Notre Concours touristique 1956 | | | --- | --- | | REMISE DES PREMIERS PRIX .. | 64 | | ÉCHOS ET INFORMATIONS .. | 65 | | LE RALLYE-BOUTIQUE .. | 66 | --- La rose de notre couverture a été dessinée par Mac Avoy, qui, après avoir fait le portrait d'Henry de Montherlant et de Picasso, vient de présenter celui de Jean Cocteau au Premier Festival de Peintures et Sculptures de Vichy. --- Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (textes et gravures). Copyright by Plaisir de France 1956. Les manuscrits non insérés ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation.
Parmi tous les appareils de bord le schéma ci-joint vous indique les groupes principaux. - Tableau de réglage de la pressurisation de la cabine passagers. - Indicateur de vitesse - Radio compas (indicateur). - Indicateur pression d'admission. - Réglage électrique du pas des hélices. - Manettes des gaz des quatre moteurs. Réservoirs essence ? --- Freins ? --- Hélices ? --- Moteurs ? --- Magnétos ? --- Contact ! --- ... ouverts. --- ... serrés --- ... petit pas --- ... dégagés --- * Tels sont les derniers mots du rigoureux dialogue (le check-list en langage d’aviation) qui, pendant vingt-cinq minutes, avant chaque départ, entre le commandant de bord et l’équipage, contrôle un à un tous les organes de l’appareil, et s’assure de leur parfait fonctionnement. * Chaque cadran du tableau a enregistré la réponse à chacune des 75 questions posées : le moindre détail a été minutieusement vérifié. * Maintenant tout est prêt. Les moteurs tournent. L’appareil peut décoller… Le pilote du Super DC6 UAT sait qu’il conduira ses passagers, d’une main sûre, vers toutes les villes d’Afrique que dessert l’U.A.T. --- JEP & CARRÉ PHOTO OCCUPINTE AÉROMARITIME
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Nos lecteurs nous écrivent... Madame Bovary. Sous le titre Emma Bovary a cent ans, un de nos rédacteurs évoquait en juillet le petit village de Ry, en Normandie, où Flaubert aurait situé son intrigue et qui serait devenu Yonville-l'Abbaye dans le roman. Or, nous avons reçu à ce propos quelques lettres, dont celle de M. René Herval, président de la Société des Écrivains normands : > Plusieurs lecteurs de Plaisir de France m'ont écrit pour me signaler qu'ils avaient lu avec surprise dans un numéro de votre belle revue, un article consacré à Mme Bovary, dans lequel il était parlé de la folle histoire de Ry, à laquelle, aujourd'hui, nul ne peut plus croire... > > ... Ry n'est qu'un Glozel littéraire. Il est fort probable que Flaubert n'a jamais mis le pied dans ce bourg. Il n'a certainement pas fréquenté les jeunes Delamare. Yonville-l'Abbaye n'a rien de commun avec Ry. Quant à Mme Bovary, c'est une création composite de l'auteur qui, toujours, a réclamé ses droits de paternité littéraire sur sa « petite bonne femme »... M. René Dumesnil, éminent flaubertiste, qui a publié jadis un ouvrage sur le parallélisme existant entre Ry et Yonville et auquel nous avons transmis la lettre de M. René Herval, nous a, de son côté, donné son opinion : > ... Tant que l'on n'aura pas découvert — et il y a bien des chances pour qu'on ne le trouve jamais — un document de la main de Flaubert déclarant que telle bourgade normande lui servit de modèle pour Yonville dans Madame Bovary, la question demeurera posée. A mon humble avis, l'art du romancier est précisément dans cette incertitude, qui confère au détail une valeur universelle en lui donnant pourtant une sorte de précision apparente. La question est donc parfaitement oiseuse. Je n'ai pas toujours pensé ainsi, mais une étude approfondie m'a fait voir dans l'art réaliste tout autre chose que la reproduction photographique des êtres et des lieux : tout paysage, tout caractère est une création dont les éléments ont été observés ici et là, puis transposés. À propos de notre numéro de juin. Notre numéro de juin, consacré à la maison de campagne, a remporté un grand succès. Il fut épuisé en quelques jours, et de nombreux lecteurs ont, en des termes parfois touchants, manifesté à cette occasion leur attachement à Plaisir de France. Voici l'une de ces lettres, signée de Mme R. L. à Carvin, dans le Pas-de-Calais. Lectrice de Plaisir de France depuis sa parution, j'ai toujours conservé la même sympathie pour votre belle revue et éprouvé en la lisant, la même sensation de détente. J'aime vos éditoriaux qui, si parfaitement « dosés » obligeant à réfléchir, à deviner ce que vous ne pouvez pas exprimer. Votre numéro spécial de juin est à mon avis ce que vous avez composé de plus « prenant » sous tous les rapports. Vous méritez, comme le disait au début du siècle un professeur du lycée Banville (à Moulins, Allier) à celui de ses élèves dont il était vraiment satisfait : « C'est très bien, M. X..., c'est bien même ! » Le mausolée du maréchal Lyautey. A la fin de son éditorial de juillet, Olivier Quéant écrivait, parlant du maréchal Lyautey : « Et là-bas, cet autre homme qui avait pacifié et construit, qui avait su, lui, se faire respecter et aimer, allons-nous le laisser reposer sur une terre où désormais notre drapeau ne flotte plus ? » Des lecteurs lui ont écrit, dans des sens très différents : M. C. B. à Casablanca. Abonné à Plaisir de France, depuis son premier numéro, arrivé au Maroc comme soldat en 1912, membre d'une famille nord-africaine depuis plus d'un siècle, je dois vous dire combien la fin de votre dernier article nous a péniblement surpris. Se peut-il vraiment que l'on pense en France, au transfert des cendres du créateur du Maroc moderne? Le drapeau français n'y flotte plus ; c'est un fait. Il nous appartenait de l'éviter... Pour nous, Français qui avons fait souche dans cette seconde patrie, le mausolée de Rabat constitue le dernier pavillon qu'il serait infiniment triste d'amener. Les Marocains, peuple noble, ont le sens de la grandeur. Ils ne nous le demanderont certainement pas... Voici la lettre que M. Olivier Quéant envoya aussitôt à M. C. B. : Dans mes récents éditoriaux, j'ai tenu à adresser une pensée aux Français d'Afrique du Nord, afin qu'ils sachent que nous partageons leurs soucis et leurs épreuves. J'ai plusieurs fois visité le Maroc et ai pu, en causant avec des professeurs, des médecins, des ingénieurs, des hauts fonctionnaires, constater l'avoir admirable accomplie par la France. J'ai donc été profondément navré d'apprendre que le drapeau français avait été « amené » dans tout le pays. J'ai su aussi que certaines avenues qui portaient le nom de Lyautey allaient être — si ce n'est déjà fait — débaptisées. C'est pour exprimer mon indignation que, dans le numéro de juillet, j'ai rappelé l'inscription qui figure sur le mausolée du maréchal, et que j'ai émis cette hypothèse d'un retour de ses cendres, qui serait comme le symbole d'une protestation de la France contre une ingratitude. C'est là, je le répète, une hypothèse, peut-être une boutade. Vous l'aurez compris mais je tiens à vous préciser dans quel esprit de profonde tristesse j'ai écrit cette ligne... M. G. L. à Sétif. Bravo, Monsieur, bravo pour votre éditorial : les Français d'Algérie, qui se sentent comme moi entraînés par l'effroyable tourbillon de la désespérance, y trouveront la force d'espérer encore et de croire, malgré tout, que tout n'est pas pourri dans notre France. Merci d'avoir su trouver les idées et les mots qui nous redonnent du cœur. Il y a « prémices » et « prémisses ». Nous nous excusons auprès de nos lecteurs d'avoir écrit dans le titre de la page 56 de notre numéro de juillet : « les prémisses d'un style », alors qu'il fallait orthographier « prémices ». Cette faute ne nous avait pas échappé en recevant l'épreuve ; et la correction aurait dû être faite. M. C., professeur au lycée de Toulouse nous a fait remarquer cette erreur, en nous rappelant que « prémices » désigne les premiers produits de la terre ou les premières productions de l'esprit, alors que les « prémisses » sont les deux premières propositions d'un syllogisme. La rose « Plaisir de France ». Nous recevons toujours de nombreux dessins de roses, inspirés à nos lecteurs par nos couvertures. En voici un que nous envoie Mademoiselle Arlette Duveau, de Lyon, en l'accompagnant d'une charmante lettre dans laquelle elle nous dit sa fidélité à « Plaisir de France ». --- Plaisir de France
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ÉDITORIAL PRÉCIPITATION ET INGRATITUDE J'ALLAIS écrire un éditorial sur la précipitation. Un charmant libraire de La Bourboule qui, après le coup de feu des quatre mois d’été, goûte dans le calme durant les huit autres les vraies joies de la vie, me disait : « Les Français, et singulièrement les Parisiens, sont atteints d’une psychose de bousculade. Ils viennent me demander le mardi un hebdomadaire illustré qui, jadis, paraissait le samedi ; l’éditeur en a avancé la sortie au vendredi, puis au jeudi, puis au mercredi (bientôt donc ce sera à nouveau le samedi). Ces clients savent très bien que ce journal arrive le mercredi, mais ils viennent quand même le demander la veille. Pourquoi? Ils ne peuvent pas attendre. Attendre quoi? Des nouvelles du Tour de France ou des événements d’Algérie? Non, ils les connaissent par leur quotidien. Ils attendent une pâture, l’assouvissement anticipé d’une soif de quelque chose. » Tandis que je dédicace des livres, mon libraire philosophe continue de s’épancher : « L’autre jour, un passant entre et me demande une carte Michelin. Je lui tends celle de l’Auvergne. L’homme, choqué, proteste : « Ah non ! L’Auvergne, c’est fini ! Nous l’avons faite en trois jours. Je veux une carte de la Savoie : nous y partons demain ! » C’est alors que, posant la plume, j’ouvre un des journaux qui sur un comptoir sont là, en piles. J’y apprends l’accueil enthousiaste fait à la tournée de Jean-Louis Barrault en Amérique latine, cet accueil qui prouve combien est resté grand le prestige de la France. Et dans cette même feuille, je lis, atterré, les paroles d’un homme d’État étranger qui a osé accoler au nom de mon pays un mot horrible. J’évoque mon premier voyage en Égypte, mon émerveillement. C’était en 1950. A mon retour, je décidai que Plaisir de France qui originellement ne devait parler que de la France, ouvrirait ses fenêtres sur le monde. L’Égypte, chère à notre cœur, à notre esprit et à nos yeux, serait le premier pays étranger mis à l’honneur dans nos pages. « Dans ce numéro, avais-je confié à un ami égyptien, je veux dire ce que la France doit à l’Égypte et ce que l’Égypte doit à la France. » Souriant, il me répondit : « A part le style retour d’Égypte, je ne vois guère ce que la France doit à l’Égypte. C’est vous, Français, qui les premiers avez su déchiffrer les inscriptions de nos lointains ancêtres, qui avez créé l’égyptologie, qui nous avez donc appris notre histoire. Ce sont vos religieux catholiques qui dans leurs collèges du Caire et d’Alexandrie ont éduqué et formé notre élite tout en respectant la religion musulmane. Ce que savent nos médecins, nos architectes, nos ingénieurs, c’est de la France qu’ils le tiennent. Tout le monde ici parle français, a bu votre culture. Et ce canal, il est en terre égyptienne, mais il n’existerait pas sans l’audace d’un Français… » Et voilà que gardant intacte mon amitié pour tous ces Égyptiens, pour toutes ces Égyptiennes dont j’ai savouré là-bas durant tant de soirées l’exquise hospitalité et me sentant en parfaite communauté avec eux, je viens d’écrire un éditorial sur l’ingratitude. Olivier Quéant.

Ce numéro de "Plaisir de France" présente un éditorial sur la précipitation et l'ingratitude, un reportage sur les concours, un article sur Collonges-la-Rouge, une enquête sur les chats, et des sujets variés sur la décoration, Paris, la mode, la Crète, l'antiquité, et la littérature. Il inclut également des critiques de livres, d'expositions et de cinéma, ainsi que les résultats d'un concours touristique.