Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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IMAGES de FRANCE LA REVUE DES MÉTIERS D'ART JUIN 1944 LE NUMERO : 17 F° 13, RUE S’GEORGES, PARIS

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LE CINÉMA FILM MUSICAL (B): LA MALIBRAN, film français. - Cadre: Nombreuses scènes lyriques. - Sujet: La vie et la mort de la cantatrice Marie Malibran. Mise en scène: Sacha Guirity; terne et sans vie. Interprétation: Sacha Guirity; lourd; Geori-Boué; trêt; en bois; insuffisance photogénique encore accentuée par une photo irrégulière; polie voix, surtout dans les aigus; Suzy Prim, Debucourt, Varennes, Cocteau, etc.; Geneviève Guirity donne une note assez fraîche. Note: Film pesant, ennuyeux, monoton. Un beau sujet pourtant. FANTASIE (B): RÊVE BLANC, film allemand. - Cadre: Théâtres et patinoire germaniques. - Sujet: Amours... glissées de charmants jeunes gens faits pour s'aimer. Mise en scène: Geza von Coffra. Interprétation: Oily Holzmann, Wolf Albach, Reitz, Oscar Sima, Lotte Lang, Hans Olden, etc. Note: Thème général battu et rebattu, situations usées jusqu'à la corde. Se sauve heureusement par un "finale" sur glace à grand effet, très soigné et spectaculaire. FILM A SKETCHES (B): LA COLLECTION MÉNARD, film français. - Cadre: Divers intérieurs parisiens. Sujet: Recherche d'un papa européen insaisissable et bien négligent par une jeune matrice indo-chinoise. Mise en scène: Bernard Roland. Interprétation: Barous, Suzanne Dehally, Le Vigan, Delmont, Jean Périer, etc.; beaucoup de mérites pour peu de chose; Foun-Sen: bien fragile entre cette enfilade de sketches, est une jolie figurine d'Extrême-Orient; malheureusement donnée volontiers l'impression qu'elle est en bois. Note: Un plat de curry... au safran, bien entendu, mais d'où le piment est absent, à moins qu'on ne tienne pour tel une ébourbure profession de foi d'un loyalisme patriotique d'une... naivete bien curieuse. COMÉDIE DRAMATIQUE (A): LE CARREFOUR DES ENFANTS PERDUS, film français. C'est le procès de l'institution que l'on nomme en style administratif « Maison de redressement » et que l'homme de la rue désigne dans une langue plus familière sous le nom de « Bagne d'enfants ». Il est de notoriété publique que l'administration pénitentielle se soucie du « redressement » des jeunes en mail de scolose morale comme de sa première circulaire. À la loi d'airain de la répression, au carcan de fer de la morné discipline pénitentiare le film de Léo Joannon oppose une politique de compréhension, de récalculation des corps et des armes. Il place sous l'étude de trois anciens pensionnaires des cages de l'administration pénitentiare. Connaissant à fond la question — et pour cause! — ces trois hommes parviennent à obtenir des pouvoirs publics les fonds nécessaires à l'ouverture d'un établissement conforme à leurs rêves. Au Carrefour des enfants perdus la discipline est stricte mais non brutale. Pas de muz défiant l'esca-lade; pas de grilles ni de cachots; pas de gardes-chumeur en uniforme, revolver au côté. Les rayas sont pris en commun, les éducateurs au milieu de leurs ouailles. En toutes circonstances, la politi-tique de la maison est de démontrer, de convaincre avant de sévir. Toutes les fois qu'on le peut, on fait confiance à ceux qui sont tombés afin de leur donner l'impression qu'ils sont capables de se relever, qu'on ne les considere pas en pestifières. Initiative hardie, dangereuse même. Les réfor-mateurs le voient bien quand leur œuvre à peine debout est secouée par une révolte rattrouvant mort d'homme et fomentées par une « forte tête ». Du coup, l'administration s'estime édifiée ! Pour sauver le Carrefour, le chef de l'entreprise a recours à une mesure plus hardie encore : il lâche à travers Paris ses pensionnaires avec mission de vendre 200.000 francs de bons de solidarité. S'ils reviennent avec cet argent, la preuve sera faite que l'on peut tout attendre de l'homme en lui donnant sa chance. Cette preuve étant faite, non sans péripéties, l'œuvre survit et se développe malgré un conflit qui l'oppose à une bande de traquants du marché noir, conflit dans lequel elle pense périr à nouveau. Ce film est animé de bout en bout d'un allant généreux, qui intéresse et conquiert s'il n'émet pas toujours, car les ficelles qu'il tire sont parfois un peu grosses. De plus, comme toutes les œuvres à thèse, il pousse la démonstration à l'extrême; en voulant trop prover, il prend partfois un caractère un peu factice. Exemple: deux cents francs d'argent par la vente des bons, ne peuvent pas être frappés de la grâce au point de revenir lors au berceau avec leur butin. Un déchet raisonnable — 10 %, je suppose — aurait été tout aussi concluant et beau-coup plus vraisemblable. Tout cela passe d'ailleurs parfaitement dans le mouvement, qui est vif, vigoureux, fertile en rebondissements et en épisodes pittoresques. La mise en scène de Joannon est intelligente et suggérante. C'est, à mon avis, le meilleur film et le plus fortement marqué qu'il ait signé. Dary est bien, quoiqu'on peu guindé: Julien, moyen; Mercanton, mou et sans conviction; Darcey, gentille dans un rôle insignifiant; Bussières, silhouette cocasse et non sans finesse. La révélation du film est Reggiani, dont la composition juste et puissante est excellente. Le benjamin de l'affaire est un gamin surnommé la Puce, d'une gentillesse et d'un naturel charmants. MARCEL LASSEAUX. Abréviations: (A) Adultes seulement. — (B) Toutes personnes. --- L'AQUINO L'OPéra vient de nous donner de l'inédit en même temps qu'il tirait de l'ombre une vénérable partition datant du début de ce siècle et que nous risquions d'oublier. L'inédit se nomme Guiguel et Pandore. C'est un ballet dont Serge Lifar imagina l'argument et conçut la chorégraphie et dont André Jolivet écrit la musique; un ballet où l'on voit danseurs et ballerines en chair et en os singer les gestes des pupazi, faits eux-mêmes à l'image des humains. Imitation de cette imitation tant de fois utilisée qu'elle manque à vrai dire d'imprévu. Lifar, qu'on ne prend pas sans vert, s'est fort bien tiré de l'impassé et il a su très habilement éviter le poncif. Ces pantins animés, réduits en apparence à l'échelle de véritables marionnettes par l'artifice du décorateur Dignimont, illusionniste malicieux dont la manière originale renouvelle si heureusement les horizons scéniques, nous ont épargné dans une large mesure les gestes étroits pour se livrer à des divertissements plus harmonieux et pour former autour des rituelles entrées de solistes des cortages et des groupes d'un aspect d'autant plus plaisant en leurs constructions variées qu'ils ne craignent pas d'incliner souvent à la fronde et de verser dans la caricature, mais avec un tact qui les rend extrêmement aimables. La musique d'André Jolivet se donne beaucoup de peine pour animer la partie. Elle s'agite tant et plus et ne se repose guère qu'un court instant pour s'exercer à la rêverie. Sa façonne a paru assez confuse et l'on a éprouvé trop souvent l'impression regrettable que les danseurs poursuivaient leur besogne sans attacher une extrême importance à ses suggestions. A côté de cette grille aux fraiches couleurs, si plaisante à voir, la friperie poussiéreuse au milieu de laquelle fut exhibé l'Etranger a paru minable. Comme le drame « symbolique » construit par Vincent d'Indy a donné surtout l'impression d'une candeur exagérée et que l'Opéra et sa troupe ne se sont guéré mis en frais pour le retour de ce mystérieux Etranger, cette partie eût risqué de nuire plus à sa réputation de chef-d'œuvre que de servir sa cause si la noble allure et la force expressive de la symphonie qui soutient le dialogue, si l'admirable prélude du second acte et tant d'autres pages d'orchestre, qui témoignent d'une haute sensibilité à travers ce que Gabriel Fauré appelait sans nulle ironie leur « imperturbable technique », n'avaient suffi à nous faire oublier le reste. Depuis quelques semaines, Lucien Muratore, qui poursuivait à travers le monde entier l'une des plus brillantes carrières de ténor qui se puissent imaginer, vient de revenir salle Favart, lieu de ses débuts, mais cette fois en qualité de directeur. Son passé le désignait pour ces fonctions. Il se pourrait que son caractère lui valut un titre de plus à les exercer. On dit que grâce à lui notre seconde scène lyrique, au glorious passé, aurait déjà recouvré son autonomie artistique, la seule qui importe, et quelle reprendrait enfin le cours de son existence sans plus faire partie d'un ensemble aux frontières indécises où l'on distinguait mal ce qui lui appartenait en propre. S'il en est ainsi, toute « ressource », comme parlent les aviateurs, lui relevent possible, et Muratore aura d'emblée fait le geste qu'il fallait pour réveiller la Maison et pour lui rendre son orgueil avec sa raison d'être. JEANNE BEIX. --- REVUE MENSUELLE 13, rue Saint-Georges, Paris (9°) Tél.: Tru 82-54, Ch. post., Paris 78-105, R.C. Paris 261-513 B (Saine). Bureau de Lyon: 87, cours Gambetta. Tél.: Monces 52-09, Ch. post., Lyon 984-22. OLIVIER QUÉANT, Directeur. ROGER BASCHET, Rédacteur en Chef. --- IMAGES DE FRANCE PLAISIR DE FRANCE SOMMAIRE Pages --- RÉSURRECTION DU BOULEVARD DU TEMPLE, par BAYLAC. --- EN RÊVANT D'UNE MAISON. --- LES SALONS ET LES PEINTRES, par ROGER BASCHET. --- Pages --- L'ART ET LA PHILOSOPHIE. --- LE LIT, par OLIVIER QUÉANT. --- LES VOYAGES D'UN POÈTE, VICTOR SEGALEN. --- ÉMAUX PEINTS, par MARCEL LASSEAUX. --- LE CINÉMA — LA MUSIQUE — LE THÉÂTRE --- JUIN 1944 --- TARIF DES ABONNEMENTS A. France, Colonies françaises et Monaco . . . . . . Fr. 178 B. Étranger: Affranchissement demi-tarif Fr. 300 Affranchissement plein tarif Fr. 390 --- Outils réservés pour tous les articles de ce numéro (texte et grauves). Copyright by « Images de France », 1944. Les manuscrits, insérés ou non, ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation.

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PARFUMS LANVIN RUMEUR MON PECKÉ ARPEGE SCANDAL PRETEXTE --- RIGAUD PARFUMEUR • 16, RUE DE LA PAIX • 51, RUE FRANCOIS 1er • PARIS les de vous parade leerie vers la joie air embaume --- JAEGER-LE-COULTRE HORLOGERIE DE LUXE ÉLOGE DU TEMPS SOCIÉTÉ D'ÉTUDE ET DE PUBLICITÉ --- PEUT SEMPLOYER SANS CREME POUDRE "PEAU FRAICHE" DE CARON LA SOMPTUEUSE PALLETTE DE COLORIS DE SES POUDES PERMET A CARON DE RENOUVELER LE TEINT, DE NOS ÉLÉGANTES, D'EN FAIRE VALOIR LE SATINÉ ET DE VARIER AINSI LE REFLET DE L'EUR BEAUTÉ! ---

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RESORRECTION du “LES ENFANTS DU PARADIS” Robert Macaire 1944 interprété par Pierre Brasseur. Jean-Louis Barrault dans le rôle de Deburau. Boulevard du Temple 1944 reconstitué à Nice. MARCEL CARNÉ, court de taille, voit grand. C’est un de ces contrastes que la nature se plaît parfois à réunir sous une même enveloppe... Ses Enfants du paradis semblent, aujourd’hui, marcher sur les traces des Visiteurs du soir, tout au moins pour l’ampleur des moyens employés. Une des belles réussites techniques de ce film est la reconstitution d’un coin du Paris de Louis-Philippe : le boulevard du Temple, surnommé « boulevard du Crime » par allusion aux innombrables forfaits qui se perpétraient quotidiennement... sur la scène des théâtres de mélodrame qui le bordaient. Ce décor, d’une scrupuleuse fidélité, ne comporte pas moins d’une cinquantaine de façades grandeur naturelle, c’est-à-dire d’une hauteur de 12 à 18 mètres et d’une longueur totale de 150 mètres. Le pavage même fut restitué dans son irrégularité d’origine, en matière moulée au lieu de grès, il est vrai, mais la camera n’y regarde pas de si près. Les quelque 300 fenêtres des maisons absorbèrent environ 500 mètres carrés de vitres. Quant aux échafaudages — problème dont nous avons déjà abordé la complexité dans une visite au paquebot de Je suis avec toi — il n’en fallut pas moins de 35 tonnes pour soutenir les 3.000 mètres carrés des façades, les 150 mètres cubes de bois d’œuvre, les 2 tonnes de clous, etc. Charpentiers, menuisiers, staffeurs, plâtriers, machinistes s’employèrent à cette Version moderne du théâtre des Funambules...

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BOULEVARD du TEMPLE par BAYLAC Le célèbre mime Deburau. Robert Macaire 1834 interprété par Frédérick Lemaître. réalisation pour le total honnête de 67.500 heures de travail, sans oublier les terrassiers, à qui incombait le soin d'extraire les 800 mètres cubes de terre nécessaires au nivellement du sol. Sur la scène des Funambules et du Grand-Théâtre, le célèbre mime Deburau et l'illustre Frédérick Lemaître s'incarnèrent à nouveau, quoique temporairement, sous les aspects de J.-L. Barrault et de Pierre Brasseur. Comme il se doit, ces ombres illustres se disputent une femme : Arletty. Autour d'eux, une masse compacte de sept cents figurants se démenaient, criaient... fumaient ! Mon Dieu, oui ! le paradis, le parterre fumaient la pipe ! Au compte de la production, bien entendu. Je reconnais que le « tirage » était réglementé, que des régisseurs passaient dans Boulevard du Temple 1834, d'après un document de l'époque. les rangs pour déposer dans les fourneaux béants les pincées de tabac strictement requises pour chaque prise de vues... Quand même... je serais curieux de connaître la somme qui s'est ainsi envolée dans ce gracieux décor vert et or ; mais ceci est secret d'État. Il ne nous reste plus qu'à attendre la sortie du film pour juger si le résultat sera à la hauteur des espoirs que suscite ce grand effort matériel. Hélas ! le scénario m'a paru... mettons : poétique et sentimental, avec un rien d'entortillement qui a bien son charme. Toutefois, il convient de voir ce qu'il sera devenu sous la main d'un homme dont la « classe » ne se discute pas. BAYLAC. ...et son modèle d'après une gravure du temps.

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En rêvant d'une maison Maquette d'une grande maison et de son jardin dans la banlieue parisienne. --- La maison dont rêve chacun de nous est une maison dont il serait parfois bien difficile de préciser le plan, car, bâtie en esprit, elle repose sur le terrain mouvant d’une multitude de petits désirs à peine formulés ; elle a l’instabilité de l’imagination. Les décorateurs A. Renou et J.-C. Génisset ont néanmoins tenté de donner une forme à cette image; ils l’ont enfermée dans un réseau de cotes, lui ont assigné un style, l’ont dotée d’un mobilier et d’un jardin. Puis ils ont exposé à la Crémaillère ce rêve-type qui n’était peut-être plus tout à fait le nôtre, mais qui pouvait orienter nos désirs. Ils ont choisi le thème d’une grande demeure jouant le rôle d’hôtel particulier dans les environs immédiats de Paris : éloquent plaidoyer pour une décentralisation qui permet aux citadins de respirer chaque soir l’air de la campagne sans renoncer au confort de la ville ; maison de « fin de journée » pourrait-on dire par opposition à la villa de « fin de semaine ». Des maquettes, des plans et des ensembles mobiliers ont précisé tous les détails d’une vaste habitation évidemment conçue pour une période de grande prospérité… Beau programme, en effet ! Il faut surtout voir en cette exposition l’effort de deux décorateurs pour présenter leurs récents travaux : j’allais dire leurs « essais » parce que ce mot, loin d’être péjoratif, convient à l’œuvre de jeunes artisans assez courageux pour avouer que, cherchant encore leur voie, ils se laissent entraîner par l’inspiration du moment sans aucun souci d’inventer à tout prix un style personnel. Et cette franchise excuse certaines naïvetés. L’architecture fut confiée à M. Ter Mikélian, qui possède un sens très aiguisé du confort, mais préfère malheureusement les terrasses aux pittoresques toitures de l’Île-de-France. Quant au jardin, il est l’œuvre d’un paysagiste-poète, M. Nicolas Rubio, qui sur la surface réduite d’une --- IMAGES DE FRANCE

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maquette fit des terrassements, planta des arbres, dressa de minuscules fontaines, des escaliers et des statues, bref créa vraiment le jardin du rêve. Fantaisie? Non. M. Rubio a, sous bien des ciels, du nord au midi, modelé la nature à sa façon et créé un genre qui est un compromis entre le parterre à la française et le jardin provençal. Il a gardé la géométrie de l'un et l'exubérance de l'autre ; il a remplacé le grand axe du premier par les multiples points de vue et les petites perspectives du second. Pas de labyrinthes de buis, ni d'ifs symétriques, mais des allées romantiques et des coins sauvages où l'eau chante dans l'herbe. Il a dessiné son plan comme celui d'un appartement, en composant de véritables petites pièces de verdure, dont chacune a son caractère et sa poésie. Bref, un ensemble complet : une belle maison prête à être emportée par des gens qui n'ont pas de désirs précis, mais un merveilleux point de départ pour l'imagination des autres. R. B. Chambre de jeune fille. Plan du premier étage: 1, 2, 3, chambre, boudoir et salle de bains de jeune fille; 4, 5, 6, 7, chambre, boudoir, dressing-room, salle de bains de Madame; 8, 9, 10, chambre, dressing-room, salle de bains de Monsieur; 11, hall et escalier d'honneur; 12 escalier de service 13, lingerie; 14, office. Boudoir attenant à la chambre de jeune fille. Photographies « Images de France ».

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LES SALONS HISTOIRE ET TENDANCES VAN DONGEN. Société Nationale des Beaux-Arts. Photographies Guy Le Boyer. --- Société des Artistes français. PIERRE MONTÉZIN. LE SALON DES INDÉPENDANTS fut fondé en 1884 sous la direction d'Odilon Redon par un groupe de refusés résolus à protester contre la partialité des jurys ; il ouvrit ses portes à tous les artistes, sans distinction d'école, depuis les peintres du dimanche jusqu'aux chefs de file. Ce fut le Salon des essais, la cornue où étaient brassés tous les talents, le grand éventaire où le public avait mission de découvrir le génie de demain. Et, fier d'avoir servi de tremplin aux promoteurs de l'art actuel, aux fauves, rejetés de partout, il resta ouvert aux jeunes : ce qui, de nos jours, rend excusables encore ses folies, ses erreurs et ses invraisemblances ; mais il a perdu beaucoup de son utilité depuis que les peintres d'avant-garde n'ont plus besoin de lui pour s'imposer et qu'à la phalange des débutants se mêlent les grands maîtres qui tremblent toujours d'être laissés en arrière. --- Société Nationale des Beaux-Ars. YVES BRAVER. LA SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS, héritière des grands Salons d'autrefois, dont le premier eut lieu en 1667, est attachée aux vieilles traditions du dessin, de la composition et des valeurs ; elle prône une sincère observation de la nature et le mépris des fluctuations de la mode : principes jalousement sauvegardés par un jury que les sociétaires élisent chaque année, mais qui est à l'origine de bien des dissidences... Car la méthode de sélection fut accusée de fermer hermétiquement la porte aux novateurs. Et, effectivement, on ne pardonne pas à ce Salon d'avoir jadis refusé Manet, Pissarro, Cézanne ; on s'insurge contre le principe des récompenses ; on le traite de rétrograde. Il n'en peut être autrement : la mission de perpétuer au milieu des remous du modernisme les enseignements du passé est tâche ingrate, semée d'écueils. SUZANNE TOURTE. Salon des Indépendants. --- Suzanne Tourte. Salon des Indépendants.

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ET LES PEINTRES par ROGER BASCHET --- Salon d'Automne. BRAQUE. LA SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS prit naissance en 1890, au sein même de la Société des Artistes français, pour protester contre les distributions de récompenses qui conféraient à trop d’artistes le titre de « hors concours » ; telle était du moins la raison officielle derrière laquelle se cachait un conflit entre Meissonier et Puvis de Chavannes. Ce dernier, en claquant les portes, entraîna les artistes qui formaient alors ce qu’il est convenu d’appeler la « gauche » du Salon, mais qui se contentaient de faire quelques concessions aux tendances modernes et aux exigences de la mode. Des éléments nouveaux, comme Desvallières, Simon Besnard, se joignirent au groupe et accentuèrent le mouvement. Aujourd’hui, les deux Sociétés, réconciliées, plaident pour la même cause, en dépit de conceptions un peu différentes, et exposent ensemble sous le signe de la tradition. --- Salon des Tuileries. OTHON FRIESZ. LE SALON DES TUILERIES naquit, en 1923, de « l’obstruction systématique des jurys » : c’est une idée fixe des artistes. Albert Besnard, Lucien Simon, Le Sidaner quittèrent à leur tour la Nationale et inviteront un certain nombre de confrères, choisis parmi les meilleurs éléments des autres Salons, à jeter les bases d’un Salon unique. L’intention était bonne ; mais les organisateurs ne surent pas s’opposer à l’invasion des médiocres : amis et relations. LE SALON NATIONAL INDÉPENDANT, fondé en 1937 autour du peintre André Dauchez à la suite de démêlés personnels, est une autre dissidence de la Nationale. Quatre-vingts artistes abandonnèrent la vieille Société avec l’intention de constituer, à leur tour, un ensemble homogène comprenant des œuvres solides, bien construites et ne faisant aucune concession au goût du jour. Encore un beau programme ! --- Salon des Tuileries. H. DE WAROQUIER. LE SALON D’AUTOMNE, créé en 1903, marqua, par contre, un grand pas vers la gauche. La Société des Artistes français étant retardataire au gré de certains, la Société Nationale exagérément timide et les Indépendants trop accueillants, il favorisa les impulsions nouvelles dans tous les domaines de l’art, y compris les ensembles mobiliers, l’orfèvrerie, la reliure, etc. : tendances constructives qui se manifestèrent en particulier par le cubisme. Il eut pour présidents Frantz Jourdain, Eugène Carrière, Rodin, Renoir, qui, tous, avaient une religion artistique sincère. Aujourd’hui, le jury n’a d’autre souci que de rester dans le mouvement en conviant les grandes vedettes du modernisme au côté des avant-gardes : ce qui ne lui confère aucune unité. On y retrouve les mêmes noms qu’aux Indépendants et les mêmes errements… mais inexcusables. PAUL BRET. Salon National Indépendant. --- Salon des Tuileries. H. DE WAROQUIER. LE SALON D’AUTOMNE, créé en 1903, marqua, par contre, un grand pas vers la gauche. La Société des Artistes français étant retardataire au gré de certains, la Société Nationale exagérément timide et les Indépendants trop accueillants, il favorisa les impulsions nouvelles dans tous les domaines de l’art, y compris les ensembles mobiliers, l’orfèvrerie, la reliure, etc. : tendances constructives qui se manifestèrent en particulier par le cubisme. Il eut pour présidents Frantz Jourdain, Eugène Carrière, Rodin, Renoir, qui, tous, avaient une religion artistique sincère. Aujourd’hui, le jury n’a d’autre souci que de rester dans le mouvement en conviant les grandes vedettes du modernisme au côté des avant-gardes : ce qui ne lui confère aucune unité. On y retrouve les mêmes noms qu’aux Indépendants et les mêmes errements… mais inexcusables. PAUL BRET. Salon National Indépendant.

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L'ART 1844 - 1944 un centenaire --- ET LA PHILOSOPHIE --- Il y aura cent ans cette année que naissait Nietzsche, dont la philosophie assez décevante mais non pessimiste — puisque, au contraire de Schopenhauer, il aima la vie — devait influencer, passionner ou à tout le moins intéresser les esprits cultivés du monde entier. N'est-ce pas à sa fameuse doctrine — le perpétuel recommencement de la vie — que Jean Cocteau emprunta tout dernièrement le thème de ce film puissant qui s'appelle "L'Eternel Retour"? L'œuvre d'un de nos plus brillants écrivains, Henry de Montherlant, lui aussi adepte de la joie de vivre, lui aussi partisan de l'individu fort — dur — pratiquant l'orgueil mais méprisant la popularité, ne s'apparente-t-elle pas par maintes fibres profondes aux théories chères à l'auteur de "Ainsi parlait Zarathoustra"? Les «libérations» de Montherlant n'offrent-elles pas une analogie avec la «salitude» de Nietzsche? Et comment ne pas percevoir aussi un timbre nietzschéen dans les paroles que Jean Anouilh vient de prêter au roi Créon, deux mille quatre cents ans après Sophocle premier auteur en date des tragédies sur "Antigone"? Peu de philosophes ont fait dans leurs constructions spirituelles une place aussi large que Nietzsche à l'art, qui, suivant qu'il exprime le monde comme volonté ou comme représentation, est «dionysien» (musique) ou «apolinien» (arts plastiques). A vingt-six ans, cet ardent hellénite consacrait son premier livre à "la Naissance de la tragédie", la tragédie grecque, œuvre d'art intégrale. Commentant la prédominance donnée par lui à l'art sur les sciences et le rationalisme, Edouard Schuré écrit dans son ouvrage "Précursseurs et Révoltés": «Ce n'est pas l'histoire, c'est l'art qui exprime la vraie vie.» Et, plus récemment, Thierry Maulnier a pu dire au cours de la préface de son livre consacré au grand penseur: «Pres de l'artisan Descartes, il (Nietzsche) est noble et guerrier: dialogue du géomètre et de l'artiste.» L'exaltation de l'art — dont notre revue a le culte — rencontre nos idées, atteint nos buts; nous avons donc, à l'occasion de ce centenaire, extrait de l'œuvre nietzschéenne ces aphorismes qui valent pour tous les temps. J. H. --- «Il me faut ici me lancer hardiment dans une métaphysique de l'art et répéter mon premier principe, que l'existence et le monde ne sont justifiables qu'en tant que phénomènes esthétiques.» «Seule vie possible; dans l'art. Autrement, on se détoure de la vie. Les sciences tendent à la destruction totale de l'illusion; le quiétisme s'ensuivrait, s'il n'y avait pas l'art.» (Extraits de la Naissance de la tragédie.) (1870-1871.) --- «Le réalisme dans l'art est une illusion. Vous rendez ce qui vous ravit, ce qui vous séduit dans les choses, mais ces sensations ne sont certainement pas éveillées par les choses elles-mêmes. Seulement vous ne savez pas quelle est la cause des sensations. Tout art qui se respecte a cru être réaliste.» (1880-1881) --- «Tout art a une action tonique, augmente la force, excite le plaisir (c'est-à-dire la sensation de force), stimule tous les souvenirs subtils de l'ivresse — il y a une mémoire spécifique qui se dépose dans de pareils états; tout un monde de sensations, lointain et fugace, y reparait. Le laid, c'est le contraire de l'art, ce que l'art exclut, sa négation: du plus loin que s'annoncent la décadence, l'appauvrissement de la vie, l'impuissance, la dissolution, la décomposition, l'homme «esthétique» réagit par la négation. Le laid a une action déprimante, il exprime une dépression.» (1888) --- «Les Français, profondément artistes: le caractère réfléchi de leur civilisation, leur logique dans la réalisation de la belle apparence ne prouve rien contre leur profondeur.» (1884) --- «On est artiste à la condition que l'on sente comme un contenu, comme «la chose elle-même» ce que les non artistes appellent la forme. De ce fait on appartient à un monde renversé, car maintenant tout contenu nous apparaît comme purement formel — y compris notre vie.» (1888) --- «Pour l'artiste, la «beauté» est en dehors de toute hiérarchie parce que dans la beauté les contraires sont maîtrisés, ce qui est le signe suprême de la puissance exercée sur une réalité opposée; cela sans tension. Qu'il n'y ait plus besoin de violence, que tout suive et obéisse si aisément de l'air le plus aimable du monde, voilà ce qui réjouit la volonté de puissance de l'artiste.» (Extraits de la Volonté de puissance. Physiologie de l'art.) (1885-1888.) --- IMAGES DE FRANCE ---

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et alit Lit grec, vers 460 avant J.-C. par OLIVIER QUÉANT Le lit, un petit mot. Le lit, toute la vie... Lits de la préhistoire : amas de peaux de bête ; Lits de mousse ou de foin du guerrier de toujours. Couche du vagabond, lit de l’anachorète ; Crèche de Bethléem où Jésus vit le jour. Lits pompeux des seigneurs, lits des grands capitaines, Berceaux des nouveau-nés, lits nuptiaux, lits de mort, Lits de parade, lits de camp et lits de reines ; Lits de l’humble et du fier, lits du faible et du fort. Tous les actes essentiels de notre vie, toutes ses phases principales ont lieu dans un lit: naissance, union, procréation, maladie, souffrance, mort... La grande évasion aussi : le rêve. Et l’histoire du lit est l’histoire du monde... La première idée de l’homme fut de se coucher par terre : il lui arrive de le faire encore, faute de mieux. Mais il chercha vite à pallier la dureté du contact : si les Egyptiens se bornèrent à étendre une natte sur le sol et à disposer un chevet sous la tête (comme on le fait de nos jours au Japon), les Grecs, plus raffinés, ajoutèrent des montants en forme de pilastres. Le lit romain, lui, se compléta d’un dossier ; ainsi se réalisait un confort digne des copieux festins auxquels les Romains prenaient part moelleusement étendus. Quant au lit byzantin, il était plus haut à son chevet qu’à son pied, sans doute pour éviter que les dormeurs n’eussent le sang à la tête. Cette pratique devait d’ailleurs subsister longtemps : de vieilles estampes de notre moyen âge représentent ainsi de bons bourgeois semblables à ces poupons emmaillotés que dans certains pays on accroche au mur. Bien qu’encore rudimentaire, le lit était devenu par excellence vers le xive siècle le siège de la personne royale : le roi couché, les princes assis, les grands officiers debout... Inauguré à cette époque, le cérémonial du « lit de justice », tenu par le roi, se perpétua tout au long des siècles de monarchie. IMAGES DE FRANCE