Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LA MAISON ET SON DÉCOR... mobilier décoration 400 f. REVUE MENSUELLE FONDÉE EN 1921

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le véritable DILOPHANE carreau normand Plastique stratifié fabriqué en France depuis 1934, inaltérable, imperméable, insensible à la chaleur (130°) et facile à usiner, DILOPHANE ajoute à la gamme de ses nombreux coloris et dessins variés le véritable carreau normand réalisé en rouge vert et bleu. Ce décor inédit et exclusif convient particulièrement pour les ensembles rustiques et campagnards, mais donne néanmoins aux intérieurs citadins une note amusante et originale. Avec DILOPHANE; cuisines, salles de bains, dessus de meubles, plans de travail, etc.. sont toujours nets et d’ambiance agréable. C’est de tout repos : un simple passage de chiffon humide suffit à l’entretien. --- LA FIBRE DIAMOND 72 RUE DU LANDT, LA PLAINE SAINT-DENIS SEINE PLAINE 37-73 Demandez documentation et liste de nos dépositaires Depuis plus de vingt ans, DILOPHANE est à votre service comme l’attestent de nombreuses installations privées et commerciales.

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mobilier décoration 76, AVENUE DE SUFFREN - PARIS XV TÉL.: SEG. 24-05 C.C.P. PARIS 678.19 ÉDITEUR PROPRIÉTAIRE : MADAME EDMOND HONORÉ DIRECTEUR : MARCEL HONORÉ --- LAMAISONETSOND É COR N° 6 JUILLET-AOUT 1958 --- sommaire COUVERTURE : Coin de Salon Bibliothèque, par Claude Delor, Ektachrome de Jean Collas. - Vacances sur mesures, par Claude Opole. - Les Trésors du Pérou, par R. Chavance. - Actualité et tradition, par Bertrand Fatou. - Ronde des cylindres. - Développement et résumé, par Cl. O. - Germaine de Coster et le livre, par R. Moutard-Uldry. - Esthétique et collectivité, par Bertrand Fatou. - Les « Racines », de Roger Bernard, par R. Chavance. - Bureau d’études de statistique. - Les Informations artistiques, par R. Chavance. --- PRIX DE L’ABONNEMENT 9 numéros par an France --- 3.300 frs --- Union Française (envoi recommandé) --- 3.705 frs --- U.S.A. et Canada --- $ 10 --- Grande-Bretagne --- $ 3.10 --- Belgique --- 500 frs B. --- Italie --- 6.500 lires --- Suisse --- 44 F. S. --- Etranger (abonnement souscrit en France) --- 3.800 frs + 405 frs rec. = 4.205 frs --- Nous déclinons toutes responsabilités au sujet des indications de provenance qui nous sont données sur les articles que nous insérons. Les modèles publiés dans cette Revue sont et demeurent la propriété de leurs auteurs; toutes reproductions ou imitations, mêmes partielles, sont interdites et seront poursuivies par les auteurs. Les photos et manuscrits restent la propriété de la Revue et ne sont pas rendus. --- ROGER BERTHIER DÉCORATEUR TOUS TRAVAUX DE DÉCORATION APPARTEMENTS - TAPISSERIES - BUREAUX 48, RUE VITAL 16e — JAS. 35-97

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LES CRÉATIONS EXCLUSIVES DE CLAUDE DELOR DÉCORATEUR-ENSEMBLIER MAGASIN DE VENTE ET D'EXPOSITION 67, boulevard Beaumarchais PARIS (3e) ARCHives 04-63 M° Chemin-Vert Parking facile SALLES DE SÉJOUR EN FRÊNE BLANC • SIÈGES • CANAPÉS-LITS • BANQUETTES-LITS CRÉDIT 6 A 15 MOIS Catalogue illustré contre 6 timbres à 20 fr. --- Au Service de l'Economie Française --- B.N.C.I BANQUE NATIONALE POUR LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE LA B.N.C.I. ET SES FILIALES DISPOSENT DE PLUS DE 1.000 SUCCURSALES, AGENCES ET BUREAUX EN FRANCE, DANS LES TERRITOIRES D'OUTRE-MER ET À L'ÉTRANGER. --- PIERRE BOBOT Laqueur - Décorateur RESTAURATEUR DES MUSÉES NATIONAUX LAQUES MODERNES - LAQUES ANCIENNES 32, Rue Mathurin-Régner - PARIS-15° — SUF. 57-49

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JEAN PERZEL LUMINAIRES Salle d'exposition : 3. Rue de la Cité Universitaire (Parc Montsouris) PARIS-14e Tél. : GOB. 77-24 Étude sur demande pour tous problèmes d'éclairage décoratif pour l'intérieur et l'extérieur --- ÉCLAIRAGE EXTÉRIEUR Cette applique en verre émaillé diffusant peut être exécutée, soit d'angle, soit à plat. Toutes les parties métalliques sont en métal inaltérable et peuvent, sans danger de corrosion, être exposées aux intempéries et embruns marins. Ces appareils sont composés d'un verre optique circulaire et se réalisent d'angle ou de façade, avec ou sans embase, en bronze fondu, décor vert antique ou autre (voir dessin). Un dispositif de réglage facile permet de diriger le faisceau, quel que soit le profil du terrain et sur une grande distance. Pour la campagne, ces éclairages disposés aux deux angles opposés d'une maison sont en même temps une mesure de sécurité.

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Réception d'une Compagnie d'Assurances (en collaboration avec Mr. Heulot, architecte) dominique M. GENEVRIÈRE ET A. DOMIN MEUBLES TISSUS - TAPIS - ÉCLAIRAGE ARCHITECTURE INTÉRIEURE 26, Avenue Kléber, PARIS-I6° - Pas. 10-77 et 78

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VACANCES SUR MESURES La façade ouest, côté séjour et service. Monté sur des dés de fondations, le chalet, à la livraison, se divise en trois éléments préfabriqués, équipés intérieurement et s'ados-sant les uns aux autres. Une ossature métal et bois, composée de cornières et de chevrons reçoit un parement extérieur en lames d'acajou. L'isolation thermique est assurée par un panneau semi-riide de fibre de verre. Une plaque d'isogil sort de support à la peinture ou aux papiers peints. Une couche d'huile et deux couches de verni marin protègent les doses d'acajou. Dans les conditions présentes de construction, la préfabrication des pavillons de campagne est l'expression concrète des problèmes généraux qui se posent à nos architectes et à nos ingénieurs. Le calcul difficile du prix de revient, l'absence de main-d'œuvre qualifiée, les entraînent dans des recherches de plus en plus ardues. Ayant conscience de ces données nouvelles, ils doivent sans cesse élaborer des méthodes rapides d'assemblage et de montage. La réalisation d'un pavillon livrable entièrement achevé, sur un terrain donné, dans un délai de huit jours, impose à cette architecture un aspect nouveau dû à sa structure même. Les formes découlent nécessairement des matériaux mis en œuvre et ces contingences extérieures justifient leur emploi. Un exemple de cette formule stylistique nous est proposée avec les chalets de week-end Premo, conçus pour une fabrication industrielle ; les constructeurs se sont attachés à leur donner un aspect plaisant. Une ossature métal et bois, composée de cornières et de chevrons reçoit un parement extérieur en lames d'acajou. L'isolation thermique est assurée par un panneau semi-rigide de fibres de verre. Une plaque d'isogil supporte la peinture ou le papier peint... Premo en a confié l'agencement intérieur à Philippe Roche qui a tenté, dans un esprit de simplicité, d'adapter la formule ornementale contemporaine à leur plastique très particulière. Tout leur ameublement reflète un désir de satisfaire à leur usage intermittent, tout en respectant la personnalité de l'usager. On a jugé qu'il était opportun, dans la conception exposée, de faire de ces ensembles non l'œuvre d'un seul homme mais d'une équipe ; la physionomie qui en résulte n'est pas sans intérêt. Coordonnés sous la responsabilité unique de Philippe Roche, son décorateur, Robert Paveau, Henri Lancel, Motte Mortier, Guariche, Minvielle et Disderot pour les luminaires, ont prêté leur concours. Une gamme de couleurs restreinte s'offrait au maître de l'ouvrage, ces pavillons étant livrés peints et tapissés. La salle de séjour du logis de trois pièces reçoit un papier de teneur rouge à graffitis noirs. Au plafond, des rectangles rouges, bleus ou jaunes viennent violer la neutralité d'un damier de panneaux blancs. Ces éléments appellent d'emblée l'attention et commandent à l'artiste de poser au sol des touches de couleurs plus sourdes. Ainsi le vert bouteille d'un tapis s'étend sur le parquet de pin ; un gris moucheté repose sur le fauteuil et les chaises. La pureté du frêne éclaire l'acajou sombre du buffet et de la table. La grâce fuselée du piétement des chaises, matérialisée en frêne, se déploie autour de la table. Une chambre ouvre directement dans la salle de séjour. Sur un plan géométrique nettement arrêté deux banquettes s'opposent ; un coffre de rangement s'insère dans le dièdre rentrant, solidement construit, aux proportions simples. La lumière joue sur la taille oblique, noir de nuit, des corps de tiroirs ; le plateau se protège par un revêtement de plastique stratifié bleu ; un bleu identique s'arrondit entre les bras d'un fauteuil. Philippe Roche marie les meubles qui lui plaisent à l'intérieur du pavillon de quatre pièces, tout en restant dans le domaine des formes créées par son équipe de collaborateurs. Pour la salle de séjour, tapissée de papiers peints blancs et noirs, le problème s'inverse : il ne faut pas tempérer mais sonoriser, animer ; c'est donc l'élément couleur qui prime. L'intensité d'un nylon rouge sur le fauteuil s'amplifie près d'un tapis vert ; la

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matité du cuir au naturel tendu sur les chaises s'harmonise avec le même chêne ciré des meubles : une incrustation de formica rouge liaisonne les portes paravents du buffet et le corps de tiroirs que flanque, à droite, un meuble bar. Les formes elles-mêmes se mettent en mouvement dans la chambre des enfants. Devant une ten-ture aux courbes ondoyantes, deux lits jumeaux se superposent, les garde-corps s'enlacent, la chaise s'incurve, l'abattant du secrétaire bascule, se redresse dans une ingénieuse combinaison. Deux couleurs s'accordent, un jaune poussin sur les murs, un orange vif sur la chaise et les housses des lits. Il naît une controverse entre les papiers peints de la chambre des parents : des striures blanches s'affi-nent sur un fond gris et des raies noires s'allongent sur un blanc pur. En juge sombre et imposant, un fa-u-teuil bleu s'approfondit. Des chevets laqués noir s'érigent de part et d'autre d'un lit en frêne, un rouge cerise s'allonge sur sa housse. Tout tend à une liberté d'allure, à la joie spontanée et vivifiante des vacances. Claude Opole Ouvrant par une baie libre sur la salle de séjour, la chambre des parents se meuble dans un angle de deux banquettes-lits qui s'adossent à un coffre conçu par Henri Lancel. Le corps de tiroirs est laqué noir tandis que le couvercle se protège sous un revêtement de formica bleu. Motte a étudié l'ample dossier du fauteuil se déversant vers l'arrière, les accotoirs montant de fond pour répondre avec simplicité au confort physique à offrir. La chambre des parents dans le pavillon de quatre pièces. Minvielle incorpore deux tables de chevet laquées noir de part et d'autre d'un lit tendu de tissu rouge cerise. Guariche, Motte et Mortier lui opposent le bleu foncé d'un confortable fauteuil Steiner. Deux veilleuses de Mortier les éclairent.

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La chambre des enfants. Une chaise " coquille " Steiner, vient studieusement se placer devant un secrétaire agencé ingénieusement par Robert Paveau. L'abattant bascule à la verticale dans son cadre et l'ensemble ferme un petit corps d'armoire. Les deux étagères bibliothèque s'abritent derrière des portes de glace. Deux tits jumeaux se superposent; les caffres inférieurs glissent sur un roulement à bille; ils peuvent céder leur place à un lit gigogne. Une incrustation de formica rouge souligne le plan vertical d'une desserte réalisée en chêne naturel. L'automatisme de notre époque a inspiré à Robert Paveau le fonctionnement des portes, qui s'ouvrent et se replient en appuyant sur un bouton. Un tapis vert exalte le rouge du fauteuil Steiner revêtu de nylon. Les photos de cet article sont de Jean Collas La salle de séjour du chalet de trois pièces. Un film de poliester protège le frêne et l'acajou qui s'associent dans la composition de ces meubles. Henri Lancel les a dessinés dans un souci de pureté, de légèreté printanière. Disderot les éclaire. Au plafond, un couvre joint accesse un damier de plaques portées en blanc. À intervalles irréguliers, le maître d'œuvre y a découpé des rectangles rouges, bleus ou jaunes.

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LES TRÉSORS DU PÉROU Par la très belle exposition dont le Petit Palais nous fit bénéficier, cet été, nous fumes conviés à la découverte d'un monde, un monde nouveau, même pour ceux qui croyait le connaître, s'ils n'avaient eu encore sous les yeux l'édifiant spectacle de la variété de son art. Dans ces œuvres, dans ces trésors, toute l'évolution du pays des Andes se manifeste, une évolution de quarante siècles à peine, dans laquelle il n'est pas interdit de voir comme un résumé de celle qui, depuis de nombreux millénaires, se déroulait aux abords de la Méditerranée. Bien qu'une assez grande indécision subsiste sur les dates lointaines des premières migrations en Amérique du Sud, il semble que les plus anciennes manifestations de l'industrie humaine n'y remontait pas au delà du néolithique, puisqu'elles consistent déjà en tissus, d'ingénieux tissus de coton cordé ou bouclé. Plus d'un signe incline pourtant à croire que l'homme y vécut d'abord de la chasse et de la cueillette. Ainsi les pointes de flèches en ardoise et en obsidienne, extraites, à vrai dire, de couches archéologiques qui ne les situent qu'au septième siècle avant notre ère, à l'époque dite de "Chavin", mais sont considérées, en raison de leur technique et de leur matière, comme des vestiges d'une époque bien antérieure. De même le décor d'une tasse de l'époque "Nazca", aux premiers siècles de notre ère, rappelle une scène de chasse telle que l'on en put voir sans doute longtemps auparavant. Mais les habitants du Pérou ont vite donné des témoignages de leur esprit inventif. Devenus sédentaires de bonne heure, ils n'ont pas tardé à se révéler, à la fois, comme agriculteurs et comme artistes. Une série impressionnante de moulages en plâtre ou de répliques en ciment d'obélisques, de corniches, d'idoles monolithiques, nous les montre sculpteurs de figures et de décors suggestifs en pierre, tandis qu'apparaissent les plats et les vases de céramique. Ce sont, pour commencer, les pièces que révélèrent les cavernes de Paracas, lesquelles les abritaient depuis les temps chavi-noides et où s'affirme déjà une attrayante richesse décorative. Si la pratique, encore imparfaite de la cuisson ne permet d'obtenir qu'un vernis noir ou grisâtre, les formes de ces manières de bouteilles, dont le goulot à double courbe fait penser à un étier, ne manquent pas de fantaisie et les décors, faits seulement d'incisions et de reliefs, parfois de peintures à la résine, posés à froid sur l'argile cuite, présentent une curieuse diversité. Dès lors l'art de la céramique ne cesse plus de se développer. Les roitelets des peuplades qui occupaient le nord et le sud de la Cordillière, les Machicas, les Nazcas, comptent sur l'éclat des productions artistiques pour rehausser leur prestige. La richesse des poteries y pourvoit pour une bonne part. C'est la période dite des "Cultures locales", de 100 à 850 de notre ère environ, le temps des vases en forme de personnages, d'animaux. La technique s'est améliorée. On sait maintenant obtenir des tons colorés et, du même coup, s'affirme une réelle habileté dans le modelage qui crée des têtes réalistes, étrangement vivantes. Tandis que le potier perfectionne ses moyens de réalisation, l'orfèvre se montre à son tour et sans tarder fait preuve de multiples ressources. Il crée, un peu dans le style de la Colombie voisine, des bijoux en métal précieux, laminé, soudé, embellit d'ornements en filigrane, en repoussé, des colliers, des bracelets, des disques pour les

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Kéro à une anse en forme d'animal. Inca. oreilles. Le tisserand ne reste pas en arrière Sur des métiers, dont il dispose à présent, il réalise de fines étoffes, du noué, du filet, de la gaze, il fabrique des lainages. Et tout cela se mue en châles, en “ ponchos ”, en mantes aux vives colorations. Vers les alentours de l'an mille se déclenchent apparemment des invasions, des combats, des pillages. Pour se défendre, on se groupe. Des confédérations s'organisent, celles de Chincha, d'Huaura du Grand Chimu. Un empire s'édifie, son économie se consolide. C'est l'époque de Tiahuanaco. Les arts s'étendent, se diffusent, influent les uns sur les autres, mais, comme il arrive fatalement sous la poussée d'une abondante production, se banalisent dans une certaine mesure pendant que se perfectionnent les procédés, dans le traitement des métaux particulièrement. Et l'on atteint de la sorte le quinzième, puis le seizième siècle. Malgré la victoire du groupe de Cuzeo sur les cités rivales et la puissance accrue de l'Etat, la qualité des arts incline encore à s'affaiblir, sauf dans le domaine de l'architecture, dans la construction des forteresses et des palais auxquels les Incas confèrent une singulière grandeur. Or, sur ces entrefaites, interviennent les Espagnols qui conquièrent de vastes territoires de l'Amérique du Sud, entre autres le pays des Incas. Pendant quelque temps le travail artisanal des indigènes y subsiste, vases, tapis, tissus et ces gobelets en bois très orné, les “ keros ” qui s'étaient répandus dans les dernières années de l'indépendance. Mais l'influence des conquistadores s'insinue rapidement et bientôt domine, non sans laisser place à des réminiscences du caractère indien qui se manifeste surtout dans la somptuosité décorative de certains meubles, des armoires toutes revêtues de motifs sculptés et dorés, des cadres prestigieux où l'éclat de l'or fait presqu'oublier les peintures qu'ils contiennent. Car la peinture est née au Pérou sur l'initiative des nouveaux venus et sous l'action du culte catholique auquel de nombreux convertis fournissent l'apport de leur talent original qui transparaît dans les images pieuses, à côté du maniériste italien, des façons de voir espagnole et flamande qu'enseignent à leurs auteurs les gravures où ils puisent des sujets. Le portrait n'est guère pratiqué avant la proclamation de l'indépendance. Mais si, dès lors et au cours du XIXe siècle, plusieurs artistes péruviens s'y font remarquer, ceux-ci, sauf José Gil, fidèle continuateur de ses aînés, abandonnent peu à peu la tradition de l'époque coloniale et la production contemporaine, assez abondante d'ailleurs, s'aventure internationalement dans tous les genres et toutes les tendances, y compris les non-figuratives. Un autre art cependant s'était affirmé brillamment, à côté de la peinture, au cours de la période active qui suivit la conquête espagnole, l'art de construire pour lequel nous avons déjà noté les heureuses dispositions des Incas. Il a érigé — de précieuses photographies, aux murs de l'exposition l'attestent — des monuments imposants dont le style renaissance abdique toute sobriété sous des dentelles de pierre. Et Kéro polychrome. Inca.