Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LE FIGARO ILLUSTRÉ REVUE MENSUELLE JUILLET-AOUT 1935 - PRIX : 6 FRS

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Le Bon Goût Français d'Élégance du Bois --- LA COMTESSE V. DE MORTEMART --- LA COMTESSE ANTOINE DE VIREL --- LA MARQUISE DE MONTCALM --- MADAME RODOLPHE HOTTINGER --- LA COMTESSE J. DU PETIT-THOUARS --- MADAME JEAN-PIERRE PEUGEOT --- ...Le groupe impeccable des 12 voitures PEUGEOT se vit LE PREMIER GRAND PRIX D'HONNEUR DANS LA DEUX PREMIERS PRIX D'HONNEUR DANS LA DEUXIÈME CATÉGORIE AUTANT DE PRIX QUE A

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triomphe au Concours de Boulogne... ... présenté par Mesdames --- LA COMTESSE RAOUL DE LUBERSAC --- LA COMTESSE ALAIN DE SOLAGES --- LA COMTESSE DE CONTADES --- LA BARONNE GOURY DU ROSLAN --- LA COMTESSE H. CHANDON DE BRIAILLES --- LA COMTESSE DE GANAY --- décerner par un jury enthousiaste les plus belles récompenses PREMIÈRE ET DANS LA DEUXIÈME CATÉGORIES HUIT PRIX D'HONNEUR DANS LA PREMIÈRE ET LA DEUXIÈME CATÉGORIES VOITURES PRÉSENTÉES

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LE FIGARO ILLUSTRÉ • JUILLET-AOÛT 1935 SOMMAIRE - La Saison de Paris .. .. .. .. .. .. .. par Fernand DIVOIRE 4 - Le dîner en plein ciel .. .. .. .. .. .. .. 6 - Une soirée chez Mrs. Fellowes .. .. .. .. .. .. 8 - Croquis de Saison .. .. .. .. .. .. .. par Régis MANSET 10 - Saison " Normandie " .. .. .. .. .. .. .. par GUERMANTES 12 - Les Messagères de Paris .. .. .. .. .. .. .. par Jean LABUSQUIÈRE 16 - La Saison de Florence .. .. .. .. .. .. .. par R. de MAUSSABRÉ 18 - Une note blanche dans la nuit d'été .. .. .. .. .. .. par CORINNE 22 - Robes du soir pour le plein été .. .. .. .. .. .. 24 - Pour la plage .. .. .. .. .. .. .. 26 - Parcs à la française.. .. .. .. .. .. .. par Albert SAGE 30 - Jardins de Paris.. .. .. .. .. .. .. par A.S. 32 - Les piscines.. .. .. .. .. .. .. par Michel KAMENKA et Hila de HANN 35 - Le Salon des Tuileries .. .. .. .. .. .. .. par Paul HERMANT 38 - L'Art italien moderne .. .. .. .. .. .. .. par P. H. 39 - Femmes d'écrivains.. .. .. .. .. .. .. par Maurice NOEL 40 - Des lacs à la montagne .. .. .. .. .. .. .. par Marie DUJARDIN 48 DESSINS DE JORDAN, RÉGIS MANSET, JEFFROY --- ABONNEMENTS D'UN AN FRANCE, COLONIES ET BELGIQUE.. 60 francs. EUROPE : Pays à tarif postal élevé.. 90 francs. Pays à tarif postal réduit. 80 francs. COMPTE CHÈQUES POSTAUX : 242-53 CHANGEMENT D'ADRESSE : Pour tout changement d'adresse, nous prions nos abonnés d'écrire directement au FIGARO ILLUSTRÉ, en joignant à leur bande d'abonnement 1 fr. 50 en timbres-poste pour les frais.

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LE FIGARO ILLUSTRÉ JUILLET - AOUT 1935 --- "La femme élégante et son chien" aux Ambassadeurs. Garden-party chez la baronne Robert de Rothschild. L'heure du thé au Ritz. Le dîner des 300 au Pré Catelan. --- AVIS À NOS LECTEURS Nous rappelons à nos lecteurs que le FIGARO ILLUSTRÉ, comme chaque année, ne publie pas de numéro en Août. Le prochain numéro paraîtra donc le 1er Septembre et traitera plus particulièrement de la saison d’été, de la chasse et de voyages. --- SAISON DE PARIS

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Saison PAR FERN Saison de Paris, tu ne seras jamais une Season. Tu es autre chose, de plus doux, et que les ans ramènent, et ramèneront sans fin, à travers les modes, les formes de carrosserie, et les « crises » de tout ordre. La saison de Paris enveloppe tous ces accidents. Elle est l'écrin, plus précieux que ce qu'il contient, parce qu'il porte le nom : « Paris ». Elle n'est pas formée seulement de spectacles, de réunions à Longchamp, de réceptions, de fêtes. La société parisienne est heureuse d'être la société parisienne. Permanente, elle ne se voit pas variable. Ainsi, elle peut continuer à se regarder, j'oserai dire à se regarder en rond ; et elle laisse tourner autour d'elle le monde et le temps. Que voir dans cette sérénité, sinon du courage ? Le monde et le temps tournent. La société célèbre le temps des équipages. Qu'elle continue donc héroïquement à compter les mail-coaches qui sont la gloire de la journée des drags ; et l'année suivante, elle compte un mail de moins, et la suivante un de moins encore. Je me rappelle avoir, lorsque j'étais petit garçon, fait sur le toit d'un mail-coach le trajet de Paris à Pierrefonds. C'était alors presqu'une chose normale. Les roues cerclées de fer sautaient sur les pavés, et quand on traversait un bourg, la longue trompette avertissait la population d'avoir à regarder un équipage. Un mail, aujourd'hui, qui se risquerait sur les routes... Mais il faut que les mails tiennent jusqu'au dernier, et les hauts de forme gris perle, et les œillets à la boutonnière. Et il faut aussi que nous sachions croire, par-delà les chapeaux gris et les boutonnières fleuries, à la Saison, éternellement renouvelée, de Paris. La saison de Paris n'est pas faite de regrets, mais de vie et de printemps. Quelques habits, quelques toilettes, quelques dos nus dans le juin frais et quelques habitudes, et le souvenir des ballets russes, cela est bien, cela est dévotement bien. Mais aussi, Saison de Paris, tu es la douceur de la Ville, en juin ; tu es la floraison des roses à Bagatelle, tandis que de la terrasse de cette jolie folie, les couleurs soyeuses des joueurs de polo courent en taches rapides sur la pelouse vert clair. Roses de Bagatelle, aux beaux rouges simples, et roses de rosiéristes, aux blancs nacrés, chargés de rose, aux carmins mêlés de trop d'or, aux jaunes tachés de trop de pourpre ; roses trop « intellectuelles » et dont le parfum recule devant la violente odeur des seringas. Mais vous demeurez, roses anciennes de Bagatelle, jetées en masses ardentes sur les espaliers. La saison de Paris, c'est la floraison d'un jardin d'Auteuil. C'est le fouillis des parterres et la renaissance des arbres. C'est le muguet qu'on offre au bord des routes, par brassées, aux carrefours des forêts parisiennes. Ce sont les vapeurs bleues de Corot qui traînent encore sur Ville d'Avray. C'est un peu d'émotion, un peu d'émotion discret où se rejoignent l'ardeur sonore de la rue et la tranquillité close des Tuileries, un bouquet de corsage et les mille feux des Champs-Élysées. Chers Champs-Élysées... On aimait leur élégance un peu morte, la « distinction » de leurs soirées un peu obscures. On s'y montrait les restaurants cachés sous la verdure, et le Cirque d'Été qui n'était pas si joli, et « Cuba » installé dans l'hôtel de la Paiva... Aujourd'hui, les terrasses des grands cafés se rejoignent

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Le Paris FERNAND DIVOIRE presque, comme aux boulevards d'autrefois. Et chacun d'eux se dépense en recherches de couleurs, en jeux de glace et en musique. Le néon fuse en jets roses, verts, bleus, rouges. Est-ce plus mal ? Il me semble que je ressens mieux, par toutes ces lumières, la saison de Paris. Il me semble qu'elles me font plus alerte, plus allègre que je ne le serais sous les anciens becs de gaz. Et que ma joie puisse être partagée par plus de gens qu'elle ne l'eût été entre une fin de siècle et une guerre, encore une fois, est-ce plus mal ? Le décor se modifie ; les personnages se remplacent au gré des statistiques ; mais la saison renouvelle, sans le changer, son programme perpétuel. Le Bois n'est-il pas le même sous son nouveau feuillage du même vert, avec ses « pavillons » habillés de neuf et ses autos qui se suivent sagement sous l'œil sévère des agents qui ont en partie remplacé les gardes, couleur de pelouse ? Juin de Paris ; curieux miracle de juin, le mois qui hésite, le mois où l'on a ôté le fil que l'on n'avait pu ôter en avril, et que l'on n'avait guère osé ôter en mai. Ce n'est plus le printemps, car le printemps a perdu sa bourgeonnante âcreté ; ce n'est pas encore l'été, car tout est encore circonspect — le don des bosquets et les vœux des hommes. Mais où il faut encore rester et où déjà on ne pense qu'à partir. Mois où les femmes portent à son sommet l'art de s'habiller et où déjà elles commandent les maillots de bains grâce auxquels elles ne s'habilleront plus... Mois où, délivrées de l'hiver, elles ne sont pas encore ces hardies plongeuses, qui se lanceront vers l'eau dans un « saut d'ange » parfaitement photogénique. Saison même de Paris, parce que toutes les saisons de Paris s'y voient par quelque reflet d'elles-mêmes. Certaines nuits que l'on voulait fêter dans les jardins ont de petits frissons d'hiver ; certains matins font penser à l'automne ; certaines après-midi, aux beaux feux de l'août. On voudrait s'alanguir et les bras sont nus, mais les manteaux les couvrent encore. Les femmes se disent à bout de souffle, car les nuits de fête sont plus longues que les jours. Un peu plus de rose cache les joues ; les yeux s'avouent un peu plus brillants ; les gestes, un peu plus lents, laissent volontiers comprendre une lassitude que nous considérons avec un peu plus d'émotion. Elles pèsent à notre bras de toute leur faiblesse. Vite, une cape soyeuse sur ces douces épaules pâles. Violons, lune, jeux d'eau, rossignols... Odeur sucrée du chèvrefeuille... On trouve tout cela à Paris, dans la saison de Paris. Il s'agit pour nous de parler moins fort que le rossignol, moins fort que le jeu d'eau, moins fort que le parfum du chèvrefeuille. Près de nous, sous la cape, est une femme, rien qu'une femme... Miracle de juin ; miracle fugitif de la saison de Paris. Déjà juillet, maintenant, transforme en sportive la chère et tremblante créature exténuée. Demain, elle n'aura plus besoin de notre bras, que pour entrer au casino. Féerie de juin, féerie de la saison de Paris, féerie où rien jamais, ni les enseignes lumineuses, ni les buildings, ni les affiches hurlantes des cinémas, ne saura triompher de la douceur parfumée d'Ile-de-France. FERNAND DIVOIRE