Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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FIGARO ILLUSTRE A L'ENSEIGNEMENT DE SCRÉPIN REVUE MENSUELLE SEPTEMBRE 4 - 9 - 3 - 2 FEX - 50 FZ Belgique - Belgique --- Harry O. MEERSON.

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COUVERTURES DE VOYAGE Depuis Couverture laine... 750 fr. — cuir... 1.600 fr. fourrure. 1.750 fr. --- HERMES PARIS : 24, Fo ST-HONORÉ - NEW YORK : 1 EAST 53RD STREET BIARRITZ . CANNES CHANTILLY DRAEGER

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Phot. Tabard MADAME GUISE QUI A OBTENU LE GRAND PRIX D'HONNEUR AU CONCOURS D'ÉLÉGANCE DE FONTAINEBLEAU AVEC LA CONDUITE INTÉRIEURE D8, S, DELAGE, CARROSSERIE LETOURNEUR & MARCHAND DELAGE 140 AV des CHAMPS-ÉLYSÉES A

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A.M. CASSANDRE 32 UNIC CHAUSSURES D'HOMMES PRODUCTION DES USINES FENESTRIER MARQUE FRANÇAISE 750 dépositaires : 450 en France, 300 à l'Étranger. — Envoi de la liste sur demande adressée à Romans (Drôme) WALLACE & DRAEGER

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FIGARO ILLUSTRÉ REVUE MENSUELLE 9ème ANNÉE SEPTEMBRE 1932 A L'ENSEIGNE DU GRAND ST CRÉPIN par LOUIS CHERONNET.. 421 PETITE HISTOIRE DU CUIR, MATIÈRE VIVANTE SERGE ODET. De la Prairie au Laboratoire .. .. .. .. .. .. .. 423 COMBE DE LA FRÉGEOILIÈRE. Métamorphoses. .. .. .. .. .. .. 428 L. R. 3.000 chaussures par jour .. .. .. .. .. .. .. 431 AU SERVICE DE L'ARTISTE ET DE L'ARTISAN P. M. Retour au Cuir dans la Décoration .. .. .. .. .. .. .. 432 MARTINE DELHORBE. Confort et Frivolités.. .. .. .. .. .. 434 MAX TERRIER. Où en est l'Art du Relieur? .. .. .. .. .. 438 LA VIE DU MOIS LES LETTRES MAURICE NOEL. Les Livres. .. .. .. .. .. .. .. 443 GÉRARD MERLATEAU. Le Livre dont personne n'a parlé .. .. .. 445 GEORGES PILLEMENT. Images de l'Etranger : L'Espagne .. .. .. 446 LES SPECTACLES JEAN CHARPENTIER. La situation des Théâtres subventionnés.. .. .. 449 RIP. Crevons l'Ecran! .. .. .. .. .. .. .. 451 GAUTREAU. Vers un statut de la Radiodiffusion. .. .. .. .. 464 LES ARTS JEAN OBERLÉ. Édouard Manet, grand peintre .. .. .. .. .. 452 JACQUES REYLIANE. Les Expositions. Revue des Ventes.. .. .. 453 LA MODE COMTESSE DE SÉDOUY. Restauration ou Moyen-Age? .. .. .. .. 458 La photographie de la couverture est de Harry O. Meerson. --- ABONNEMENTS D'UN AN FRANCE ET COLONIES .. .. .. .. 65 francs EUROPE Belgique .. .. .. .. .. .. .. 80 » Pays à tarif postal élevé .. .. .. 100 » Pays à tarif postal réduit .. .. .. 85 » ÉTATS-UNIS .. .. .. .. .. .. 4 $ COMPTE CHÈQUES POSTAUX 595-97 Rédaction, Administration et Publicité : HOTEL de FIGARO, 14, ROND-POINT des CHAMPS-ÉLYSÉES. - Tél. Élysées 98-31 à 98-38 --- NOTRE CONCOURS DU TEMPS PROBABLE Nous prévenons les très nombreux lecteurs qui nous ont envoyé, avant le 31 juillet, leurs précisions météorologiques pour le mois d'août, que le classement des réponses sera effectué dès que les chiffres officiels de l'O. N. M. nous auront été communiqués. Nous les publierons dans notre n° d'octobre, ainsi que la liste des gagnants. --- CHANGEMENT D'ADRESSE. — Pour tout changement d'adresse, nous prions nos abonnés d'écrire directement à Figaro Illustré en joignant à leur bande d'abonnement 1 fr. 50 en timbres-poste pour les frais. --- Tout abonné d'un an à cette revue a droit sur présentation de sa bande d'abonnement au siège de Figaro Illustré, à une magnifique photographie d'une valeur de 150 francs exécutée par le Studio PIAZ, 35, rue François-Ier. ---

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L'ÉCORCHEUR RUSTIQUE — ART ROMAIN (MUSÉE DU LOUVRE) Phot. Giraudon L'ÉCORCHEUR RUSTIQUE

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A l'enseigne du grand S^t Crépin Il y a la pierre, le fer : vieux matériaux. Il y a les époques de la pierre taillée ou polie, l'âge du fer : premiers quartiers de noblesse de l'histoire de l'homme. Mais il n'y a pas de temps du cuir : le cuir est de tous les temps. Cette doublure extérieure de la peau de l'homme est inséparable de l'histoire de l'humanité. C'est le même jour fatal qu'Adam eut faim et froid et qu'il tua ses frères inférieurs. Et immédiatement dans la famille la mode fut aux manteaux de cuir... Lorsqu'avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes... Ainsi dès leurs premières sorties nos primitifs aieux empruntèrent-ils aux animaux des vêtements qu'ils ne devaient jamais leur rendre. Vêtements inusables : le chasseur qui se parait orgueilleusement du pelage fumant et saignant de sa victime a légué une peau de bique à l'automobiliste de 1900, et sur les verts pacages des terrains à dix-huit trous l'aimable golfeur a revêtu la tunique, devenue chauve au cours des siècles, du tendre berger porteur de houlette, et qui, la nuit, sous les étoiles, se confondait avec son troupeau. Personne n'a jamais eu à regretter d'avoir porté un costume de cuir. Personne... sauf Hercule qui, lui, en est mort. Mais c'était un demi-dieu et la légende aime l'exceptionnel. Il y a bien aussi saints Crépin et Crépinien, ces deux riches jumeaux qui se firent pérégrins et carreleurs pour mieux répandre en Gaule la nouvelle foi et furent martyrisés par ordre de l'empereur Maximin. Mais ça n'est pas tout à fait la même chose. Et sans eux, quels patrons auraient bien pu choisir tous les pauvres cordonniers à qui le poète interdit de lever les yeux plus haut que leur travail, et qui, paraît-il, ne sont pas les mieux chaussés, et les savetiers dont, autrefois, les financiers faisaient taire les chants pour cent écus — ils ont maintenant la T. S. F. —, et Gnafron le regrolleur ? Grand saint Crépin et bon saint Crépinien, protecteurs de ceux qui, solitaires au fond de leur échoppe, travaillant de l'alène et du tranchet près de la lampe sombre au-dessus de laquelle s'amollit la poix, rapetassent les godasses des pauvres Charlot et de ceux qui alignés le long d'une chaîne interminable, devant des mécaniques compliquées, fabriquent des « box calf », des « Richelieu », ou des escarpins vernis comme on fabrique des automobiles... Priez pour nous, afin que jamais nous ne soyons des va-nu-pieds ! A propos de bottes, ou plutôt à propos de souliers : connaissez-vous les petites salles obscures du Musée de Cluny où sont conservés des spécimens de toutes les chaussures possibles et imaginables depuis la sandale jusqu'aux houseaux des postillons en passant par le mocassin, le soulier à la poulaine, la pantoufle, la babouche et la bottine à boutons ? Allez-y, ne fût-ce que pour excuser Restif de la Bretonne. Et c'est pourquoi depuis toujours, dans tous les pays, de l'orient à l'occident et du sud au nord, des pasteurs nomades couchant sous des tentes de poils, des bergers errants taillant des pipeaux sous la lune, ou des gauchos acrobates dont l'existence fait rêver les enfants épris d'aventures conduisent et gardent des troupeaux et de tous temps et tous lieux les animaux ont donné leurs peaux pour les hommes qu'ils fussent Hébreux, Arabes, Kirghiz Indiens, ou Newyorkais ou Bajocasses... Un des plus beaux exemples de philanthropie que je connaisse. Petit à petit, les hommes apprirent donc à tirer le meilleur parti de cette admirable matière tenant chaud, protégeant de la pluie, conservant l'eau, le vin et le lait (je vous assure que l'autre est l'ancêtre de la bouteille thermos) et qui est résistante comme le bois et souple comme l'étoffe. Ils apprirent à l'écharner, à l'épiler, à l'étirer, à la tanner au-dessus du feu de

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bois de leurs foyers ou avec les excréments de ceux-là mêmes qui à leur tour, allaient être bientôt sacrifiés. Et ils apprirent aussi à l'orner, car l'homme (qui est le compagnon de la femme) ne peut point vivre sans parure. Et les peaux devinrent cuirs. Et le cuir frappé, gravé, gaufré teint ou doré se fit l'auxiliaire du voyageur (coffre de voyage bombé, velu ou clouté ou malle de cabine précise et lisse, harnais et selles fatigués de tant de relais ou combinaison de l'aviateur tachée d'huile, voile au temps des Phéniciens et chapeau de marin au temps des frégates), entra dans les demeures dont il revêt les murs et les meubles, sièges de Cordoue ou fauteuils club, et enfin comme il se doit, pour toute matière noble, fit la guerre sous la forme de godillots, d'havresacs, de gibernes, de cartouchières ou de boucliers chez les Zoulous et de culottes de peau dans la Garde ! Multiplicité du cuir : La pensée, pour se conserver, lui a demandé le parchemin et la reliure parce qu'il est aussi perdurable que la pierre, et la machine l'a transformé en courroies pour transmettre sa force. Puanteur épouvantable, méphitiques exhalaisons des tanneries, là-bas par exemple, de Gentilly aux Gobelins, tout le long de cette Bièvre aux abords salpêtrés et écaillés mais que nous aimons ainsi, et aussi senteur racée, luxe odorant du cuir de Russie dont le vivant et intime bouquet se développe au contact de la tiédeur féminine, et sait se marier au parfum en vogue et à l'arome du tabac blond dans l'air des Champs-Elysées... : Parisiens, tout cela c'est encore le cuir. ...Innocentes chèvres bélantes et toujours, dans la défensive, arquées, moutons pressant stupidement vos indéfrisables poussiéreuses les unes contre les autres, vaches aux yeux de Junon regardant passer des trains, veaux timides et suants, chamois bondissants plus souples que votre peau, pores roses et généreux goinfres et vos frères exotiques les aimables pécaris, l'homme est moins inquiet de la façon dont il utilisera vos dépouilles opimes que le sculpteur devant son marbre : toujours son fils lui réclame des chaussures ou une gibecière, et sa femme un sac à main ou une ceinture. Pardonnez-lui : il a tant de besoins ! Et puis il y a la Mode..., mais là ce n'est plus mon affaire ! Allez, malgré tout, soyons toujours amis, car je puis vous assurer que la Parisienne et quelques-unes de ses sœurs vous ont bien de la reconnaissance et qu'elles vous caressent encore longtemps après votre mort. Et cela, mon Dieu, n'est pas à dédaigner. LOUIS CHERONNET Dessins de Jordan Phot. Schall

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Petite histoire du cuir, matière vivante De la prairie au laboratoire > La nature est supérieure à tout et les plus grands artistes n'ont jamais pu qu'essayer de fixer dans leurs œuvres ses plus belles manifestations d'un instant. Nous, Messieurs, nous avons l'éclatante fortune de travailler, sans la déformer, une matière première naturelle. Nous ne retournons pas à l'élément constitutif fibre pour le filer, puis tisser ou réaliser un quelconque agglomérat, non. Nous respectons le plus beau des tissus, celui qui est l'œuvre de la nature, nous rendons permanentes ses qualités périssables et nous adaptons sa couleur, sa souplesse et sa résistance aux besoins de l'homme depuis les emplois les plus utilitaires jusqu'aux plus luxueux. Ainsi s'exprimait, au cours de la dernière « Semaine du Cuir de France », avec un orgueil professionnel bien légitime, M. Lepage, Président du Syndicat général des Cuirs et Peaux de France. En France, pays d'éleveurs, d'industriels, de savants, d'artisans et de créateurs, l'industrie du cuir, la plus vieille du monde, a de tous temps déroulé son cycle complet plus harmonieusement qu'ailleurs. Nous avons voulu, dans cette courte étude, en examiner les différents aspects actuels. De la bête qui nous regarde placidement de sa prairie lorsque nous passons dans le train, à la valise que nous avons dans le filet, au fauteuil dans lequel nous nous asseyons, aux livres reliés de notre bibliothèque, à ces souples gants, à ces solides brodequins, que d'opérations, de préparations savantes, d'habiles travaux. Nous ne sommes pas étonné d'apprendre de M. Lepage, à qui nous avons rendu visite dès le début de cette enquête, qu'ils font vivre dans notre pays, plus de 500.000 ouvriers et que l'industrie des cuirs et peaux occupe le troisième rang dans l'activité nationale. « Rien ne remplace le cuir », on se rappelle cette formule que proclamait récemment une affiche éclatante de Cappiello. « Ce n'est pas une vaine formule publicitaire, insiste M. Lepage, et toutes les tentatives qui ont été faites pour substituer au cuir d'autres produits n'ont abouti qu'à prouver sa supériorité. En ce qui concerne les courroies de transmission, pour ne prendre que cet exemple, les travaux scientifiques les plus récents sont d'accord sur ce point avec les résultats de l'expérience industrielle. » Excellence de la matière, universalité de son emploi, noblesse des industries qui président à sa transformation : suivons-en les différentes étapes : Le rôle de l'éleveur. Premier producteur d'une matière si précieuse, l'éleveur ne saurait, dès l'origine, lui donner trop de soins. Son intérêt le lui commande d'ailleurs aujourd'hui plus que jamais si l'on examine les conditions économiques dans lesquelles se trouve placé l'élevage français : c'est ce qui ressort de l'exposé qu'a bien voulu nous faire M. G. Legendre, l'un de nos ingénieurs agricoles les plus compétents en matière d'élevage : « Depuis la guerre, nous a-t-il déclaré, l'élevage français connaît un essor que l'on peut qualifier d'inespéré. Les difficultés inhérentes à la main-d'œuvre font limiter la culture au strict minimum. Cela favorise le développement des herbages appelés à la remplacer, donc l'assainissement du cheptel.

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En outre, l'amélioration des terrains a permis l'amélioration du bétail. Jadis, il n'y a pas encore bien longtemps de cela, on consommait du bœuf, fait, adulte ayant cinq ans et parfois davantage. Aujourd'hui, le même poids marchand d'animal est obtenu avec un bœuf de trois ans ou moins. Alors qu'on vendait deux animaux en dix ans, on en vend maintenant plus de trois pendant la même période. Au lieu de 1.200 livres de viande livrées à la boucherie, le même terrain approprié en fournit, à présent, 1.800 dans le même temps. Le veau, lui-même, se consomme plus jeune, l'agneau remplace le mouton et l'antenais; le porc jeune, enfin les animaux adultes dont on ne veut plus. Avec un même nombre de têtes, nous avons en réalité près de deux fois plus de bétail à la consommation. La situation économique de l'éleveur n'en est pas plus brillante, cet accroissement de production n'ayant pas été suivi d'un accroissement de consommation aussi rapide, surtout en raison de la crise, et le coefficient de cherté du bétail, par rapport à l'avant-guerre étant à peine de $4 \frac{1}{2}$ . Des améliorations économiques qui ont été proposées, il importe de retenir ici ce qui vise la qualité des peaux ou, comme on dit, des « cuirs ». Le 5e quartier. Ces « cuirs » font partie de ce que l'on est convenu d'appeler en boucherie le 5e quartier, qui est constitué d'autre part par les abats de toute nature. Le rendement de ce cinquième quartier est évalué d'avance par le chevillard et doit couvrir tout d'abord des frais généraux importants et les taxes d'abattage. (C'était même autrefois son seul bénéfice et l'on disait qu'il travaillait pour la peau.) S'il ne peut en escompter un revenu suffisant, il devra se rémunérer ailleurs, au détriment du consommateur, mais aussi de l'éleveur. L'intérêt de celui-ci, comme nous le disions au début, est donc de bien « soigner » le 5e quartier, pour en tirer le meilleur parti, et avant tout de préserver la peau de ses bêtes de tout ce qui peut en diminuer la qualité. » Ce n'est d'ailleurs pas seulement son intérêt, c'est son devoir, ainsi que nous l'apprendra M. Joseph Fischer, Président de la Chambre syndicale des Commissionnaires aux ventes publiques de Cuirs et Peaux en poils : « La production française des cuirs et peaux en poils, nous dit-il, tient en effet une place considérable dans l'économie française. Avec la variété de ses diverses régions géographiques, notre pays produit des variétés de cuirs et peaux qui se distinguent par des caractéristiques très marquées, des qualités très tranchées, qui classent la production française dans une position très spéciale vis-à-vis des autres productions nationales, au point que certaines industries étrangères doivent faire appel à notre production sans qu'il soit possible de trouver ailleurs les éléments de concurrence. La Bretagne, le Nord, la Normandie, le Nivernais, la Provence, etc., sont des lieux de production très différents, admirablement connus non seulement par le consommateur français, mais également par les consommateurs étrangers. Aussi ne faut-il pas hésiter à mettre notre élevage national au premier plan, EN HAUT : L'ENTRÉE DES ABATTOIRS DE LA VILLETTE. CI-CONTRE : EN RANGÉES INTERMINABLES, LES BÊTES ATTENDENT D'ÊTRE IMMOLÉES. CI-DESSOUS, À DROITE : LES ACHETEURS ÉVALUENT LE RENDEMENT POSSIBLE DU 5e QUARTIER. À GAUCHE : DÉBARQUEMENT D'UN TROUPEAU DE MOUTONS. Phot. Schall

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et pour cela les producteurs ou éleveurs doivent lutter contre les facteurs qui, laissés libres, parviendraient trop facilement à porter préjudice à la qualité et, partant, à la réputation du produit français. Quels sont ces facteurs? Fléau de la nature, fléau des hommes. Le premier c'est la maladie l'hypoder-mose bovine, le Varron, larve qui perce de mille trous la meilleure partie de la peau, celle de l'épine dorsale. Au Danemark, en Belgique, les gouvernements eux-mêmes soutiennent la lutte contre ce dangereux parasite. En France, la tannerie, les organisations syndicales s'en sont dès longtemps chargées : on prodigue à l'éleveur les conseils, on lui indique les remèdes : avec un peu de soins et d'attentions, la maladie peut disparaître complètement. Il ne faut pas oublier d'ailleurs qu'en dehors du préjudice causé à la peau, l'animal varroné est en moins bon état de santé, se développe moins, et dans le pays laitiers, la production de lait se trouve diminuée. L'autre fléau, c'est l'aiguillon, utilisé surtout dans le midi de la France pour la conduite des bestiaux, un peu partout pour leur embarquement. Barbare et douloureux, il crible le cuir plus dangereusement qu'une larve, le traverse, transforme en véritable passoire la peau fine et sensible, et qui n'a pas le temps de se cicatriser, des animaux abattus jeunes. Dans la majorité des pays, en Amérique notamment, on ignore l'aiguillon : conduire les bêtes au fouet est tout aussi facile. Il faudrait, en France, un acte de volonté administrative. En attendant, sur ce point-là encore, des conseils rédigés d'une façon très claire ont été adressés par le Syndicat des Cuirs et Peaux, à tous ceux qui ont à prendre soin des bêtes. M. Tainturier. Président de la Commission des Ventes publiques de Cuirs verts, a bien voulu nous les communiquer : Aux agriculteurs, ils recommandent encore de tenir leur bétail, en parfait état de propreté, sur des litières abondantes, dans des étables saines : quand le poil est tenu net doux et luisant, la peau est en bon état. On demande aussi aux éleveurs de renoncer aux clôtures en fil de fer barbelé, économiques en apparence, mais dont les ronces laissent sur le cuir, comme autant de cicatrices, des sillons profonds. Cet utile document ne s'adresse d'ailleurs pas aux seuls agriculteurs. Après avoir rappelé cette vérité évidente que l'intérêt particulier n'est prospère que si l'intérêt général est bien servi, il fixe à chaque corporation, comme nous le verrons par la suite, le rôle qui lui revient dans la préservation et la conservation de cette précieuse peau en poils. Aux abattoirs. Sauvé du varron, préservé de l'aiguillon, le poil net, poussé par son destin, le troupeau arrive à La Villette ou à Vaugiard, immenses abattoirs parisiens qui ont la difficile mission d'alimenter chaque jour en viandes fraîches une vaste agglomération de plus de 6,000,000 d'habitants aux exigences diverses. On a beaucoup critiqué nos abattoirs. On s'est étonné de l'indi- EN HAUT : LES ARMES IMPRESSIONNANTES DU SACRIFICATEUR. CI-CONTRE : NOUS AVONS CONSERVÉ LES MÉTHODES D'ABATAGE DE NOS PÈRES. EN BAS À GAUCHE : LA SAIGNÉE DES PORCS. EN BAS À DROITE : COMMENT ON DÉPOUILLE UN BŒUF. Phot. Schall