Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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7e Année LE NUMÉRO : 10 Fr. Novembre 1929 FIGARO SUPPLÉMENT ARTISTIQUE ILLUSTRÉ P. A. de LASZLO. — Portrait de S. M. la Reine Elisabeth de Grèce. Supplément envoyé gratuitement aux abonnés du « Figaro quotidien »

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7e ANNÉE REVUE MENSUELLE FIGARO SUPPLÉMENT ARTISTIQUE ILLUSTRÉ NOVEMBRE 1929 PRIX DU NUMÉRO 10 FR. --- SOMMAIRE PAUL JAMOT, Conservateur au Musée du Louvre : Dunoyer de Segonzac . . . . . . . . . page 9 JAMES DE COQUET : Potage-Partie . . . . . . . . . page 15 GUERMANTES : La Sonnette et le Parapluie . . . . . . page 18 ÉDOUARD WORONIECKI : L’Exposition polonaise de Poznan. . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 22 A. LÉTIENNE : Sur quelques Bois de la Renaissance. page 25 M. FOUQUIER : Les Baléares. . . . . . . . . . . . page 28 RENÉ CHAVANCE : De l’Art religieux moderne aux Mosaïques musulmanes du VIIIe siècle. . . . page 31 COMTE DE L’AIGLE : Les Courses de Lévriers. . . . page 35 MARC VANNIER : Le Tapis d’Orient dans la décoration du home . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 38 ROGER DARDENNE : L’Exposition René Engel. . . . page 40 JACQUES REYLIANE : Les Ateliers A. Nozal et F.-A. Bridgman.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 41 RAYMOND DURAS : Les beaux Livres. . . . . . . page 42 Calendrier des Ventes et des Expositions d’Art. pages 43 et 47 Ce Supplément artistique est envoyé gratuitement aux abonnés du Figaro quotidien. Rédaction, Administration et Publicité : Hôtel de Figaro, 14, Rond-Point des Champs-Élysées Téléphone : Élysées 98-31 à 98-38

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FIGARO 7e Année SUPPLÉMENT ARTISTIQUE ILLUSTRÉ Novembre 1929 --- DUNOYER DE SEGONZAC par Paul Jamot DUNOYER DE SEGONZAC. — Paysage.

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FIGARO DUNOYERZAZAC M. Paul Jamot, dont la compétence s'étend aussi bien à la peinture classique qu'à l'art moderne, a bien voulu nous réserver la primeur de quelques-unes des pages qu'il vient de consacrer à Dunoyer de Segonzac. Le beau portrait de Segonzac, que nous sommes autorisés à publier par une faveur spéciale, ne manquera certes pas d'attirer à l'écrivain et à son modèle de chaudes et sincères sympathies nouvelles. Segonzac, cependant, eut dès sa prime jeunesse des partisans convaincus et chaleureux. D'abord un bon nombre de ceux qui le connaissaient personnellement. Pas tous : car les qualités qui le rendaient si séduisant aux yeux des uns étaient justement celles qui mettaient les autres en méfiance. Gai compagnon, boute-en-train de toutes les parties, amusant, spirituel, bon enfant, mais sachant se faire respecter, avide de plaisir, plein d'une chaude et puissante vitalité, il plaisait et se plaisait à plaire aux hommes et aux femmes. Il est de ces mortels dont le prestige ou le charme agit à l'instar d'une force de la nature. Ils n'ont pas besoin de moyens plus ou moins savamment calculés pour entretenir leur popularité. Aussi demeurent-ils partout et toujours simples et gracieux dans le sérieux autant que dans le familier. Chez eux, nulle affectation. Ils sont heureux de la joie qu'ils lisent dans les regards et s'amuse en amusant. Le défaut, ou plutôt l'écueil d'une telle nature, ce serait de se laisser entraîner par la griserie de l'applaudissement à user et abuser des ressources d'une santé de fer pour des prouesses de plus en plus débridées et inutiles, qu'il s'agisse de la chasse, du sport, de la table ou du reste. Segonzac n'a jamais été avare en ce genre, il n'a peut-être pas toujours été

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SUPPLÉMENT ARTISTIQUE LES BRANCARDIERS (Dessin). économe ; mais il a un fond de sagesse qui n'a pas trop tardé à lui faire toucher du doigt la vanité de certaines dépenses de forces en regard de ce qu'un artiste comme lui se doit de faire du temps de la vie... Toutefois, malgré ces succès de la vie de bohème, il y eut longtemps contre Segonzac une mauvaise volonté plus ou moins déclarée dans certains groupes d'artistes et chez les écrivains qui leur étaient inféodés ou inspiraient leurs doctrines. On affecta de ne pas le prendre au sérieux même en faisant son éloge. Les mots « charmant garçon », « gentilhomme campagnard », « bon vivant », « amateur bien doué », servaient astucieusement à indiquer qu'il n'y avait pas de place pour lui dans un empire gouverné par des normes mystérieuses et inédites, où régnait l'abstraction, que l'on voulait tout animé d'intellectualité, mais où, contrairement à l'étymologie, l'intellectuel semblait être ce qui ne se comprend pas. Les plus libéraux de cette petite franc-maçonnerie hermétique insinuaient que M. de Segonzac avait peut-être de la facilité, du talent même, mais qu'il n'allait pas du tout dans le sens où devait dorénavant s'orienter l'avenir de l'art. A vrai dire, Segonzac, malgré son bon garçonnisme, ne prenait pas la peine de dissimuler son peu de goût pour ce qui lui paraissait un formalisme raffiné, mais sans vie. Il a toujours eu son franc-parler. Puisqu'on le traitait de gentilhomme campagnard, il était tout prêt à défendre vigoureusement la bonne Mère Nature, cette Nature qu'il aimait, lui, et dont ces messieurs prétendaient s'affranchir. Et pour défendre, comme tous ceux qui ont du sang dans les veines, il attaquait. Il ne peut concevoir l'art sans le naturel et il a horreur de l'esthétisme. Aujourd'hui le temps a passé ; les conflits de tendance se sont quelque peu apaisés ; nous pouvons être justes pour les deux partis. Phénomène analogue à ce qu'on a vu pour Ingres et pour Delacroix. Il fut une heure où il fallait absolument choisir et où l'on ne pouvait être avec Delacroix qu'en étant contre Ingres et réciproquement, avec passion, acharnement et intransigeance. Baudelaire est sans doute le premier grand esprit qui, de leur vivant même, a su les comprendre tous les deux et dire pourquoi et en quoi on devait tous les deux les admirer. Nous n'avons plus aucun mérite à suivre son exemple. Ainsi en est-il à nos yeux de Picasso et de Segonzac, quel que soit le sentiment qu'ils gardent l'un pour l'autre. Même Guillaume Apollinaire, qui fut le coryphée du cénacle, on peut aujourd'hui, sans trahir Segonzac, non seulement déplorer sa mort prématurée à la guerre, mais louer ce poète à la fois doctrinaire et aventureux, juger peu banal cet homme qui se connaissait un pouvoir peu banal de propulsion des idées, quelle que fût leur valeur, et qui les lançait en effet pour voir ce qu'elles deviendraient dans le monde. Toujours est-il que Segonzac ne craint pas de dire Eau-forte pour " LES CROIX DE BOIS ".