Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LE MUSÉE DE LILLE Ayant été une de ses plus chères fiertés, le musée de Lille était devenu pour la France, depuis 1914, une de ses plus cruelles angoisses. Nos musées des départements sont mal connus, insuffisamment appréciés. Ils passent, au jugement de dilettantes qui, d'ailleurs, ne les ont jamais visités, pour des capharnaüm où, à côté des oiseaux empaillés et des curiosités locales, viennent échouer les « tartines » des Salons défunts, tandis que, par exception, l'on peut rencontrer çà et là quelque morceau pas trop mauvais qu'on ira voir, si l'on a encore quelques instants avant de boucler ses malles. Dans un pays qui eût été moins riche que le nôtre, et aussi moins insoucieux de ses richesses, nos grands musées provinciaux eussent été, au contraire, l'objet de visites spéciales. Au lieu de lésiner sur les frais d'entretien et d'installation (et même au besoin de publicité car il ne suffit pas de posséder des musées il faut aussi les révéler constamment au public), les municipalités, auraient comme en Italie, en Hollande et chez les Allemands, fait des sacrifices bientôt récompensés, pour convaincre le monde civilisé que notre pays est au moins aussi bien partagé que les plus réputés. On eût fait des voyages exprès pour admirer comme ils le méritent les chefs-d'œuvre que possèdent en grand nombre Lyon, Dijon, Grenoble, Besançon, Nantes, Angers, Reims, Nancy, Montpellier, Marseille, Aix, Montauban, Toulouse, Bordeaux, Poitiers, La Rochelle, Orléans, Caen, Bayonne, Tours, Amiens, Rennes, Troyes, Douai, Valenciennes, pour ne parler que de ceux de tout premier ordre, sans compter plus de cinquante autres qui parfois, dans de petites villes, réservent à l'explorateur maintes surprises ravissantes. La petite ville de Castres ne possède-t-elle pas à elle seule quatre Goya de tout premier ordre ? Saint-Quentin, grâce à La Tour et à l'ensorcellement du XVIIIe siècle, et Lille, grâce à la captivante énigme de la Tête de cire (plus encore qu'à ses incomparables Rubens et à ses multiples trésors de toutes les écoles), avaient échappé cependant à cette tenace indifférence. La rêveuse jeune fille était pour Lille un peu ce que sainte Geneviève avait été pour Paris, ou, plus précisément ce que la Joconde était pour le Louvre, quelque chose de protecteur, de mystérieux et de sacré, qui porte bonheur et que le Barbare le plus barbare n'ose point profaner. Elle explique et incarne le secret des palladiums et des naïmphs. Elle est de ces créations dont l'histoire échappe, dont la naissance paraît spontanée, et que l'on ne discute pas car il serait puéril et parfaitement inutile de les discuter. Jusqu'en ces derniers temps, on avait seulement pu savoir, par les grossières réclames que se décernait l'incorrigible kultur allemande, que les La Tour avaient été enlevés de Saint-Quentin, transportés à Maubeuge, exposés avec les œuvres d'art volées dans les châteaux, et fait l'objet d'une publication de librairie très inférieure et tout à fait superflue, puisque nous avons en France un ouvrage magnifique et digne, c'est tout dire, du sujet, et même deux somptueuses éditions de cet ouvrage. Mais pour Lille, des doutes poignants subsistaient. Pendant tout le courant de la guerre, les bruits les plus divers avaient circulé. Les personnes les mieux placées pour être renseignées ne savaient plus que croire. Tantôt le palais des Beaux-Arts avait été gravement endommagé au début par l'incendie et le bombardement, et l'on frémissait à la pensée de ce qu'avaient pu souffrir les collections, surtout sachant que ceux qui en avaient la charge n'avaient point tout d'abord réalisé l'étendue de leur responsabilité et de leurs devoirs. Tantôt,

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GÉRARD DAVID. — LA VIERGE ET L'ENFANT JESUS AVEC DEUX ANGES. — TRIPTYQUE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE --- au contraire, l'édifice avait été à peine touché et les grands personnages allemands faisaient leurs délices des galeries intactes. Un autre jour, on annonçait que des walkyries déménageuses avaient emballé avec le plus grand soin, pendant des journées entières, les peintures, dessins, objets d'art, en de nombreuses caisses parties pour des destinations inconnues. * En même temps que la délivrance de Lille, on a pu apprendre enfin la vérité sur le sort du grand musée. La tête de jeune fille et la Descente de Croix de Rubens sont demeurées cachées. Tout ce qui avait une valeur fut, aux approches victorieuses des alliées, pendant quelques semaines, soigneusement décroché et empaqueté par les équipes spéciales de pillage, sous la haute direction du conseiller Paul Clemen, ce même personnage qui trouvait de si mirifiques arguments au début de la guerre pour justifier le martyr de la cathédrale de Reims et prouver que les véritables barbares étaient les Français. Ce personnage, promu par Guillaume II inspecteur des richesses d'art en Belgique conquise et en France occupée, va se trouver beaucoup moins absorbé par ces fonctions. C'est à la France, et non plus à son gracieux souverain, qu'il aura à rendre un compte exact des œuvres d'art qu'il protestera avoir « surveillées » pour se ménager le plaisir de nous les rendre. Nous pousserons l'ingratitude jusqu'à ne lui en savoir aucun gré. Et, toutes choses finies et bien finies, nous aurons la joie suprême de voir de nouveau resplendir dans Lille ressuscitée et plus prospère que jamais un ensemble magnifique dont les beautés nous seront encore plus chères et les leçons plus profondes qu'elles ne l'étaient avant que, par la privation et l'anxiété, nous en eussions senti le prix. C'est pour préparer nos lecteurs à ces sereines ivresses, et pour récapituler (après que les Allemands ont capitulé) ces trésors à la veille d'être recouvrés, ainsi que l'on ne se peut lasser de se remémorer les traits d'un être cher et que l'on redoutait de ne plus revoir, que nous reproduisons ici quelques-uns des joyaux du musée de Lille et que nous donnerons une vue sommaire des principaux chapitres de ce livre radieux bientôt rouvert aux pèlerins d'art du monde. Bien sommaire, en effet, et forcément, car lorsqu'il s'agit seulement d'énumérer les œuvres les plus précieuses ou les plus profitables à l'historien, au penseur ou simplement à l'inconnu, au passant raffiné et sensible, on demeure incertain de faire un choix et limité dans l'explication de ses préférences. Une pareille revue sert du moins à se rendre compte de la richesse et de la portée de ce Louvre du Nord. Ce qui frappait du moins tout d'abord, c'est qu'en revenant de Hollande et de Belgique, l'esprit et les yeux encore éblouis de tant de pages somptueuses et fortes, Lille demeurait de plain-pied avec de telles hauteurs. Elle en était même le prolongement ; elle commentait vos méditations et ravivait vos souvenirs. Tout naturellement, semble-t-il, mais de façon exceptionnelle, l'art flamand occupe (car désormais nous pouvons reparler au présent) au musée de Lille la place prépondérante. C'est à ce point que l'on s'est souvent dit, aux pires minutes du cauchemar, que si la Belgique avait été anéantie et Lille préservée, c'est là, non moins qu'à Munich et au Louvre qu'on aurait pu continuer à honorer Rubens dans presque toute l'étendue de sa gloire. En moins grand nombre sans doute, mais en égale qualité, le maître d'Anvers rayonne dans la Descente de Croix, dans le Saint Bonaventure, le Saint François en extase, le Saint François et la Vierge, et cette pathétique Mort de Madeleine qui n'a pas, à notre avis, été suffisamment appréciée par Clément de Ris, mais qui, à elle seule, suffirait avec la foudroyante Résurrection de Lazare F. GOYA. — « JEUNES ».

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE de Vienne, à faire comprendre que Rubens n'est pas seulement un géant éblouissant, mais aussi un génie dramatique égal aux plus grands. Que d'heures nous avons passées, en revenant de notre seconde patrie belge, dans la grande salle de Lille où résonnait comme en un temple la puissante symphonie de ce Calvaire ! N'était-ce pas la sœur jumelle de la Descente même d'Anvers, et, on pouvait presque le soutenir, la contre-partie et l'égal du sublime Coup de lance ? De quelle émotion ne serons-nous pas envahis, terrassés pour ainsi dire, quand nous pourrons le revoir dans sa grande salle calme et purifiée ! Van Dyck, en son genre, ne le cède guère à son maître en ce musée, car le Saint Antoine de Padoue, et surtout la Crucifixion de ce grand artiste dont on admire assez l'élégance, mais dont on apprécie bien trop peu la pénétrante, la déchirante sensibilité, peuvent compter comme des exemples parfaits de son aristocratie à la fois et de son humanité. Quoique brillants dans des régions déjà moins sublimes des maîtres tels que Gaspard de Crayer et Jordaëns donnent une forte idée de la grande école anver-soise. Les côtés parfois graves, solennels même de Jordaëns (comme on le peut voir dans l'admirable tableau de Rennes et dans celui du Prado), ne sont sans doute pas représentés à Lille, mais son aspect réjoui et réjouissant l'est à plaisir. Cependant, si nous avons été attirés tout d'abord par ce qui est, plus généralement, considéré comme représentatif de l'éclat flamand, il nous faut remonter aux adorables maîtres réputés « Primitifs » de par des préjugés passés en proverbe, et qui sont pourtant aussi merveilleux de savoir que délicieux de fraîcheur, et nous trouvons alors un bijou de ce toujours rare et toujours adorable Gérard David, une Vierge avec l'enfant, enjouée, exquise, du type le plus pur, dans le paysage le plus luxuriant, le mieux fouillé, le plus amusant qui soit, avec ses animaux-joujoux se promenant comme en un paradis terrestre. Les deux anges musiciens qui forment les volets de ce délicieux tryptique ne sont-ils pas en leur genre aussi attrayants, aussi suaves, aussi véritablement « angéliques » que ceux de Van Eyck, provenant du rétable de saint Bavon, et qui, nous l'esperons bien, reviendront de Berlin à Gand pour compléter le célèbre polyptique ? Parmi les autres vieux maîtres des Pays-Bas, qui abondent au musée de Lille, Peter Cristus, R. van der Weyden, Thierry Bouts (avec la belle Fontaine mystique), Herry Met de Bles, Van Orley, etc., ne sont point absents. Et quant aux petits maîtres de Hollande et de Belgique, les voici se succéder, sur l'écran de nos souvenirs, en un tel fourmillement que nous ne pouvons que saluer les principaux au passage. Steen, le merveilleux comique et le broyeur de pierres précieuses, nous y divertit de ses pantomimes si philosophiques, et pareillement Brauwer, et Isaac Van Ostade, et Téniers particulièrement brillant ici, avec une Tentation de Saint Antoine exceptionnelle et la parabole du Mauvais riche aux enfers. Voici encore Molenaër, Van Bloëmen, Adriaan van Utrecht, Brekelenkam (avec une de ses meilleures scènes de famille, au brun doré si caractéristique), Salomon Koninck, Dirck Hals, Pieter Codde, Wouwermans, Brackenburg, etc., etc. L'honneur du paysage de Hollande est superbement soutenu avec des œuvres de premier ordre du vieux Van Goyen et par les deux Ruysdaël, le grand Jacob et le frais et limpide Salomon. Celui de la victuaille et de la nature morte, bien soutenu par de plantureux Snyders, égaux aux meilleurs de Flandre et des Fyt de la plus riche exécution. Frans Hals ne saurait tout à fait manquer, et une très belle Hille Bobbe, la vieille sorcière de Haarlem, vous éclate de rire de toutes ses rides, tandis qu'en passant devant elle, vous allez savourer l'inattendue curiosité de F. GOYA. — « VIEILLES ».

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET LES INDUSTRIES DE LUXE la Vénus de Van der Helst, le sérieux portraitiste du grand monde surpris ici en flagrant délit de sensualité; ou bien encore une Intimité de Pieter de Hooch, aussi belle de couleur que celles d'Amsterdam ou de Londres, et plus inattendue par l'étrangeté des personnages, entre autres une femme aux cheveux crépus, singulière créole du Nord ; ou enfin le grand Intérieur de l'église de Delft, d'Em. de Witte, un des plus beaux spécimens de ses tableaux d'architectures. A l'appel de ces souvenirs si pleins de charme, n'auraient garde de manquer trois belles pages encore, le Gue, de Sieberechts, ce peintre à la couleur si tranchée, de qui les œuvres lourdes mais si fortes ne se rencontrent que rarement ; le Portrait de femme, d'Antonio Moro ; enfin, l'Annonciation si pure, et d'un métier si accompli de Philippe de Champagne, qui, en sa personne de rare noblesse, avait réuni tout ce qu'il y a de plus élevé dans les génies français et flamand, chère et consolante alliance ! * Nous avons dû passer bien des noms et bien des œuvres, rien que pour cette capitale partie du musée lillois. Et déjà il nous faut, pour n'être pas trop incomplets, courir aux autres grands chapitres : l'Italien et le Français. Autre alliance prédestinée : non loin de Rubens et de Van Dyck étincellent Véronèse et Tintoret, et d'une salle où nous charmait Gérard David, on passera dans celle où rayonne doucement Ghirlandajo, avec sa Vierge à l'églantine, de qui la grâce est rappelée en une de nos gravures. Lille ne nous offre pas moins de quatre Paul Véronèse, le Christ au tombeau, le Martyre de Saint Georges, les figures allégoriques de la Science et de l'Eloquence. Trouver Venise et Anvers sous le même toit, quel régal ! Et dans le même enchantement rencontrer Corrège et André del Sarto ; comme contraste à leur souriante séduction, voir surgir à quelques pas l'âpreté du Greco ou les nerveux cauchemars de Goya, n'est-ce pas s'expliquer comment Lille a été de tout temps un grand foyer d'éducation artistique qui va redevenir plus bienfaisant que jamais quand la vie intellectuelle affluera dans la Cité en même temps que la vie industrielle ? Ces Goya sont des plus célèbres et méritent de l'être : le Supplice du garot et l'opposition si mordante entre les fringantes manolas, toutes provocantes d'insolence et de jeunesse, et leur propre vieillesse ridée, édentée, hideusement ironique. D'ailleurs, ce n'est pas seulement cet intérêt en quelque sorte philosophique qui fait la valeur de ces belles peintures, c'est aussi leur exécution à la fois endiablée et savante et leur couleur qui, avec des éléments en apparence très sobres, produit la plus stridente harmonie. * Entre les trésors dont nous venons de donner un si rapide aperçu et la collection de dessins anciens connaissant peu de rivales réunie par le chevalier Wicar, ainsi que les riches galeries d'art français, le Buste de cire va de nouveau régner comme une douce et un peu mélancolique princesse, pleine de mansuétude et de chastes secrets, qu'on ne saurait espérer pénétrer jamais. Jadis, il était admis de l'attribuer à Raphaël, mais rien ne justifie cette légende, qu'il convient plutôt de prendre comme un symbole. A quoi bon chercher ? La Grèce ne nous a-t-elle pas légué des sœurs devancières de cette toujours jeune F. GOYA. — LE SUPPLICE DU GAROT.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET LES INDUSTRIES DE LUXE 365 beauté, et dont le charme et l'origine ne sont pas plus profonds ni plus mystérieux ? Du musée Wicar et de ses deux à trois mille dessins, il ne faut pas songer à donner ici même une idée résumée. Qu'il suffise de dire que Raphaël cette fois, et Michel-Ange, Léonard, Francia, Mantegna, tous les grands Italiens, et Durer, et de nombreux Flamands et Français, entre autres notre cornélien Poussin, offriront de nouveau leurs inépuisables enseignements. Toutefois nous ne pouvons passer aussi rapidement sur un ensemble tel que celui de la collection Wicar sans dire encore un mot de cette collection, provenant du peintre A. Fedi (de Florence). M. Woodbun en avait acheté une moitié pour environ 60.000 francs. Le chevalier Wicar paya le reste à peu près 15.000 francs. Il faudrait aujourd'hui ajouter au moins un zéro au premier chiffre, et deux zéros ajoutés ne suffiraient pas à donner une idée de la valeur du second. Mais ce n'est pas d'argent qu'on peut parler quand il s'agit de feuillets aussi précieux et aussi divers. Si nous prenons seulement les dessins de Raphaël au nombre de près de soixante, et ceux de Michel-Ange, moins nombreux, mais certains d'entre eux très puissants, puis ceux d'André del Sarte, on peut dire que le Musée de Lille possède là un répertoire unique, tant pour l'étude que pour la rêverie. Tels sont les principaux trésors anciens du musée, mais il nous reste à parler de l'art moderne, et pour l'art contemporain qui est plus richement représenté qu'en la plupart des musées départementaux. Pour l'art français, il est là, lui aussi, en nombre et en qualité, et on ne peut penser sans orgueil aux Poussin, aux Mignard, aux Jouvenet, aux Largillière, aux Le Brun, qui ouvraient la marche précédés eux-mêmes par le maître Bellegambe et ses deux belles œuvres la Trinité et le Pressoir mystique. Puis, ce sont : Watteau avec une Assemblée dans un parc orné d'un fragment antique, et le plus amoureux Greuze qu'on puisse imaginer, Psyché couronnant l'Amour deux perles qui étaient injustement reléguées dans l'ombre et qui exigeront cette fois des places dignes d'elles. Et c'est le curieux Watteau de Lille, l'amusant Boilly, les excellents peintres locaux, non indignes de précéder ou d'accompagner la grandiose Médée, de Delacroix ; l'Après-midi à Ornans, de Courbet ; le Sommeil, ce grand tableau des débuts de Puvis de Chavannes et dont le Musée, en l'accrochant en place défavorable ne semblait pas apprécier à sa valeur la biblique sérénité, les Troyon, les Daubigny, et cette Bataille de Hondschoote, de Lami et Dupré, qui reviendra là d'une façon fort opportune. Enfin, les Corot exquis (on fera enfin à la minuscule et sublime Vue de Subiaco la célébrité à laquelle elle a droit), le paysage mordoré, tout à fait à part, de Monticelli ; le grave et doux Tobie, de Cazin ; et jusqu'à l'exceptionnelle série des Carolus-Duran, le Portrait de Girardin et la Dame au chien entre autres, et bien d'autres œuvres de modernes non indignes de figurer à la suite des grands ancêns. Que vous allez nous être plus chers que jamais, ô charmeurs, ô poètes, ô doux et bienfaisants penseurs de tous les temps ! Que vous allez être vénérés et compris par nous, par nos amis, par les amis de la France, et de quel éclat vous ferez ressortir la honte de ceux à qui nous ne pouvons savoir gré de ne vous avoir pas profanés, parce que cela, comme de vaincre par l'injustice et le crime, était au-dessus de leurs forces ! ARSÈNE-ALEXANDRE, Inspecteur général des Beaux-Arts et des Musées. RUBENS. — LA DESCENTE DE CROIX. (PEINTE POUR L'ÉGLISE DES CAPUCINES DE LILLE.)

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QUELQUES OEUVRES DES SCULPTEURS ANIMALIERS DU XVIIe SIÈCLE A VERSAILLES CEUX qui aiment Versailles savent découvrir sous ses apparences de solennité un peu ancienne et monotone des trésors de jeunesse et de sève jaillissante. La nature y est disciplinée, mais elle n'a point perdu ses droits. Dans le Château, si l'on quitte les appartements majestueux et trop vides pour pénétrer dans l'intimité des cabinets, on est émerveillé de la joie que répandent partout, aux panneaux sculptés et dorés, les fleurs innombrables et les jeux d'enfants. Et dans les jardins, sans parler des nuances infinies dont le printemps et l'automne revêtent la noblesse des arbres, n'admire-t-on pas, en bordure ou au carrefour des allées et dans les recoins mystérieux des bosquets, tout un peuple de marbre, de bronze ou de plomb qui s'anime diversement selon les heures du jour? « L'ennuyeux parc de Versailles » est bien vengé des calomnies de Musset; il offre à ses fidèles le sujet de perpétuelles surprises. L'œuvre des sculpteurs de Versailles n'est peut-être pas encore goûtée comme elle le mérite. L'imitation trop visible ou la copie patiente des chefs-d'œuvre de l'antiquité romaine y détourne d'abord l'attention des figures où s'exerce une verve plus personnelle et française. Assurément, parmi les statues de marbre qui bordent le Tapis Vert et les rampes de Latone ou du Parterre du Nord, il y a bon nombre de morceaux sages, sans grand accent, auxquels, d'ailleurs, on aurait tort de reprocher cette sagesse: ils gardent le rythme; par leurs notes graves, un peu pareilles, ils soutiennent la grande symphonie, ils tissent harmonieusement la trame où se détachent d'autres notes splendides. Où trouver plus de fière et svelte élégance qu'à la Diane de Desjardins, d'ardeur qu'à la Venus de Le Gros, de plénitude et de souplesse qu'à l'Air de Le Hongre? La Venus avec l'Amour des frères Marsy, dont les épaules et le visage sont gercés par le vent et la pluie, a la beauté suave et touchante d'un marbre de Praxitèle. Voilà des considérations qui ne semblent guère nous préparer à l'étude des sculpteurs animaliers de Versailles; mais point du tout. Parmi ces nobles marbres de Venus, de Dianes, d'Apolons et de Nymphes qui emplissent les ateliers régents par Le Brun, d'où peuvent donc sortir ces animaux de bronze qui luttent et se déchirent, et lancent de furieux jets d'eau? Ils sortent de ces mêmes ateliers et ils sont l'œuvre des mêmes sculpteurs. La même main qui a délicieusement arrondi et poli l'épaule de cette « L'AIGLE ET LE RENARD. — GROUPE EN PLOMB PROVENANT DU LABYRINTHE DE VERSAILLES.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE SINGE MONTÉ SUR UNE CHÈVRE. — GROUPE EN BLOMB DU LABYRINTHE. excitait l'admiration générale ; l'Itinéraire tracé par le roi lui-même à l'usage des visiteurs et dont il existe à la Bibliothèque nationale de Paris un exemplaire écrit et raturé de sa main, avec des copies calligraphiées, ne manque pas de recommander la vue des fontaines des Cabinets. Après quoi, tournant vers l'Orangerie, il conduit les curieux au plus singulier des bosquets du parc, le Labyrinthe. C'est là que nous allons pénétrer aussi, mais de façon toute idéale, puisque cet amusant et fantastique bosquet, peu à peu ravagé et ruiné, détruit de fond en comble et replanté sous Louis XVI, est devenu le Bosquet de la Reine. La salle spacieuse, toute environnée d'arbres exotiques, tulipiers, cèdres et pins, où eut lieu la fameuse entrevue nocturne du cardinal de Rohan avec la fille d'Oliva, chargée de jouer le rôle de Marie-Antoinette dans la pitoyable comédie qui devint l'Affaire du collier, a remplacé, avec les petits ronds-points qui se dissimulent dans l'épaisseur des charmilles, les capricieux détours de l'allée qui serpentait jadis et semblait se perdre dans les méandres du Labyrinthe. Il serait superflu d'exposer en détail l'histoire de ce Labyrinthe ; elle a été narrée avec l'érudition la plus minutieuse par M.Auguste Jehan dans une jolie Revue qui a cessé de paraître : Versailles illustré (1). C'était, dans le premier parc de Louis XIV, un souvenir de ces (1) Un tirage à part de ces articles a formé, en 1901, une très élégante brochure : Le Labyrinthe de Versailles et le Bosquet de la Reine. L. Bernard, éditeur, à Versailles. nymphe, s'est amusée à hérisser sauvagement les soies de ce sanglier, la crinière de ce lion et le pelage de ce loup. Voilà une des surprises et un des enseignements de Versailles. Les artistes, bien dirigés, sont bons à tout faire, et tout ce qu'ils font est bien ; c'est un beau miracle d'éducation. Aujourd'hui, la division du travail l'emporte ; il y a des spécialités, même en sculpture. Pour un Barye et un Frémiet qui ont parfois modelé la figure humaine tout en continuant leurs admirables études d'animaux, combien d'autres dont un chien, un cerf, un lion, un tigre, auront été les seuls modèles ! A gauche et à droite du Parterre d'eau et dominant les rampes de Latone, on aperçoit deux bassins carrés, bordés de marbre, dont les miroirs reflètent le feuillage des profondes charmilles que le soleil couchant trouve de ses flèches d'or. De leur margelle, sur le devant, une nappe liquide s'écoule dans un second bassin étroit et long, ouvert au ras du sol, et par-dessus lequel se croisent, sans se heurter, les jets qui jaillissent de deux groupes d'animaux en bronze : à gauche, un tigre terrasse un ours, et un limier abat un cerf ; à droite, deux lions terrassent un loup et un sanglier. Ce sont les Cabinets des animaux, dont le premier porte de nom de Fontaine du Point du jour et le second de Fontaine de Diane ; les bronzes en ont été fondus par les Keller, en 1687, d'après des modèles de Houzeau pour la Fontaine du Point du jour, de Raon et de Van Clève pour la Fontaine de Diane. Déjà, sous Louis XIV, la beauté de ces bronzes SINGE MONTÉ SUR UNE CHÈVRE. — GROUPE EN PLOMB DU LABYRINTHE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE ingénieux bosquets de la Renaissance dont on rencontre aujourd'hui encore de parfaits exemplaires en Angleterre et en Italie. Le Nôtre l'avait conçu sans aucun ornement autre que les haies épaisses qui empêchaient d'en discerner les détours, sorte de charade, de logogriphe architectural dont la nature, subtilement torturée, faisait tous les frais. Mais bien-tôt, en 1672, au moment où les bassins du parc commençaient à se peupler de leurs figures de plomb, l'idée vint d'animer de figures l'énième de ce Labyrinthe. Esope était à la mode; La Fontaine venait de publier, en 1668, le premier recueil de ses Fables, en un beau volume illustré de gravures de Chauveau; on trouva bon, pour divertir le roi, de donner à ces compositions l'apparence de la vie. Et alors, en très peu de temps, une année à peine, le plus prodigieux jouet fut créé : trente-neuf fontaines où les fables d'Esope étaient représentées au vif par des figures de plomb coloriées. A chaque tour et retour de ce Labyrinthe, des bassins furent creusés, qu'alimentaient des eaux jaillissantes : sous des berceaux de verdure ou de treillage, de petits massifs de rocailles se dressèrent, sur lesquels les acteurs de la comédie ésopique jouèrent leurs rôles, réglés par Charles Perrault et que Benserade avait expliqués en une série de quatrains, peints en lettres d'or sur des écriteaux de plomb. A la porte d'entrée, deux figures plus humaines accueillirent les visiteurs : Esope qui invitait à l'intelligence de ses fables, et l'Amour qui tenait le peloton de fil pour guider au dédale du Labyrinthe. On ne se lassait point de s'y émerveiller. Ajoutez à cela que l'Amour symbolique dont la fonction n'était que d'offrir un plan de visite aux passants, leur proposait, sans qu'il y parût, des divertissements moins honnêtes : tant de recoins mystérieux, de bancs et de tonnelles semblaient inviter les curieux à d'autres égarements. Ajoutez aussi que le lieu était bien commode pour les malandrins, et que les mauvais drôles qui, de tout temps, ont accoutumé d'exercer leur manie destructrice sur les marbres et les plombs de Versailles, avaient beau jeu dans ces bosquets. Le sieur Lefranc, « préposé au Labyrinthe », qui touche, selon que nous révèlent les Comptes des Bâtiments du Roi, en février 1674, pour une année de ses gages, la somme de 900 livres, s'il était consciencieux, n'avait pas une sinécure ; et le sieur Bailly, peintre, chargé de « l'entretienement des peintures et dorures du Labyrinthe », eut fort à faire durant de longues années. Cependant, malgré la surveillance, malgré les réparations, tout ce décor de jouets fragiles et trop ingénieux s'usait, se détruisait peu à peu ; lorsqu'à l'avènement de Louis XVI, fut entreprise la replantation du vieux parc, le Labyrinthe acheva de périr. Les figures d'Esope et de l'Amour, reléguées durant plus d'un siècle dans un magasin, n'en sortirent que pour être placées, en 1885, par l'architecte Leclerc, à l'intérieur du bosquet de l'Arc de Triomphe, misérablement reconstitué. Quant aux animaux de plomb, leurs restes mutilés demeurèrent amoncelés en désordre, jusqu'à ce que pût être organisé, il y a quelques années, un intéressant musée provisoire où les débris qui n'ont pas trouvé place dans les décors du Château et du parc, bois, plombs ou marbres à reliefs, sont peu à peu classés et ordonnés, en attendant le local plus ample où ils pourront être offerts à l'étude et à la curiosité. Il y a là tout ce qui a pu être sauvé du Labyrinthe, une trentaine de figures et de groupes (exactement trente-quatre) mais en quel état ! Une partie des animaux et tous les VASQUE AUX SINGES. — GROUPE EN PLOMB DU LABYRINTHE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE Deux Perroquets élevés sur de petits rochers vomissent de l'eau en bas dans un bassin. Le Singe, assis sur un tronc d'arbre, désespéré de se voir embarassé dans une chemise, lève la teste et forme un gros jet. Trois autres, debout autour d'un tronc de chêne orné de feuilles et de glands, supportent de leurs épaules et de leurs mains tendues une large vasque, pour illustrer la fable XI, Le Singe et ses Petits : Un Singe trouva un jour un de ses Petits si beau, qu'il étouffa à force de l'embarasser. > Le Singe fit mourir ses petits en effet, > > Les serrant dans ses bras d'une étreinte maudite. > > A force d'applaudir soy-mesme à ce qu'on fait, > > L'on en étouffe le mérite. Trois Singes adossez soutiennent une coquille ronde de bronze doré, sur le milieu de laquelle un Singe étreint dans ses bras un de ses Petits, qui jette un long trait d'eau en l'air. Cette dernière figure manque ; mais on ne peut s'empêcher de songer, devant la vasque au triple support, à ces délicieux bassins de l'allée d'eau, Les Marmousets, que Claude Perrault venait tout justement d'inventer, et dont celui-ci nous donne une amusante caricature. Non moins belle et pittoresque est l'illustration de la fable VI, L'Aigle et le Renard : Une Aigle mangea les petits d'un Renard au pied de l'arbre où estoit son nid, ne croyant pas qu'il peust s'en venger; mais le Renard ayant trouvé un flambeau allumé, mit le feu à l'arbre et brûla les Aiglons. Le renard, tenant dans sa gueule la torche enflammée, tourne autour du tronc de chêne ébranché qui s'épanouit en bouquets de feuilles et de glands pour porter la UN OUS. — FIGURE EN PLOMB DU LABYRINTHE. oiseaux, à l'exception d'un seul, n'ont plus de tête ni de pattes ; les plombs ont été tordus, brisés, arrachés ; et pourtant que ces restes sont beaux encore ! Examinons-les un par un. Les plus curieux et les mieux conservés sont les singes ; il y en a deux perchés sur des chèvres dont la vie, la souplesse sont vraiment prodigieuses, sous les traces de couleurs qui en accentuent encore le réalisme. Un autre, accroupi sur un rocher, lève la tête pour lancer un jet d'eau; c'est Le Singe roy, de la fable XXIII, que Charles Perrault décrit en ces termes : Un Singe fut élu Roy par les Animaux pour avoir fait cent singeries avec la couronne qui avait été apportée pour couronner celui qui seroit élu. Un Renard indigné de ce choix dit au nouveau Roy qu'il vint prendre un trésor qu'il avoit trouvé. Il y alla et fut pris à un trébuchet tendu où le Renard disoit qu'estoit le trésor. > Le Singe fut fait Roy des autres animaux, > > Parce que devant eux il faisait mille sauts. > > Il donna dans le piège ainsi qu'une autre Beste, > > Et le Renard luy dit : Sire, il faut de la teste. Au milieu d'une espèce de cabinet de verdure est un bassin tout entouré de differens Animaux qui jettent de l'eau. Le Singe au milieu assis, paroist se jouer avec la couronne et fait un long jet en l'air. Le Renard à son costé semble se moquer de luy. Un autre, des plus réjouissants, est celui de la fable XVII, Le Perroquet et le Singe : Un Perroquet se vanotoit de parler comme un homme. Et moy, dit le Singe, j'imite toutes ses actions. Pour en donner une marque, il mit la chemise d'un jeune Garçon qui se baignoit, et s'y empestra si bien, que le jeune Garçon le prit et l'enchaîna. > Le Perroquet eut beau, par son caquel, > > Imiter l'Homme, il fut un Perroquet; > > Et s'habillant en Homme, sous le linge > > Le Singe aussi ne passa que pour Singe. UN BOUC. — FIGURE EN PLOMB DU LABYRINTHE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE Page 370 Vasque à l'intérieur de laquelle, sur un sol parsemé de touffes d'herbe, il ne reste plus que les pattes des aiglons. Il y a d'autres renards, et surtout des loups, à peu près tous dans la même attitude, dressés sur les pieds de devant, la tête haute et la gueule ouverte, forte et rouge sous la saillie des dents ; tous lançaient un jet d'eau, soit que, dans les fables XIII, XIV, XXI, ils aient affaire à des grues, soit qu'ils jouent avec des porcs-épics (fable XXX), qu'ils illustrent enfin les fables XXXV et XXXVII (Le Renard et le Corbeau, Le Loup et la Teste). D'autres animaux, en assez grand nombre, étaient rassemblés autour d'un rocher, dans un cabinet de treillage, pour illustrer la fable XII (le Combat des animaux). C'est de là que proviennent les deux singes montés sur des chèvres qui « jettent par surprise de l'eau par un cornet de bronze doré ». Là se rattache évidemment ce petit ours, aux pattes courtes et lourdes, à la toison épaisse, qui semble fourvoyé dans la ménagerie du bon Esope ; et encore ce bouc, dont je ne rencontre le rôle dans aucune des fables représentées ; tandis que cet autre, de grande taille, à mi-corps, les jambes de devant dressées dans une attitude de protestation, est bien celui de la fable XXIV (Le Bouc et le Renard) : Un Bouc et un Renard descendirent dans un puits pour y boire; la difficulté fut de s'en retirer. Le Renard proposa au Bouc de se tenir debout, qu'il monteroit sur ses cornes, et qu'estant sorti, il luy aideroit. Quand il fut dehors, il se moqua du Bouc et luy dit : si tu avois autant de sens que de barbe, tu ne serois pas descendu là sans savoir comment tu en sortirois. Tous deux au fond d'un Puits, taciturnes et mornes, De s'assister l'un l'autre avoient pris le parti : Le Renard pour sortir, se haussant sur ses cornes. Fit les cornes au Bouc après qu'il fut sorti. (Benserade a dû penser que La Fontaine lui envierait ce trait d'esprit.) On voit un puits de rocaille, duquel il sort une grosse nappe d'eau. Le Bouc montre plaisamment la teste, et semble se plaindre au Renard, qui, hors du puits, vomit encore de l'eau sur luy pour l'insulter. Parmi les oiseaux, il y a trois paons faisant la roue, sans tête, hélas ! mais d'une beauté encore incomparable, avec l'éventail vertigineux de ces plumes qui ont conservé leur peinture, les ocellations de bleu sur fond vert ; on dirait de bronzes japonais émaillés dont l'épanouissement eût réjoui Whistler et enchânerait notre Besnard. Ils illustrent les fables VII (Les Paons et le Geay), IX (Le Paon et la Pie) et XVI (Le Paon et le Rossignol). Un autre paon, au repos, les ailes et la queue tombantes, appartient au groupe de la fable VII. Le beau cygne, dont le corps se gonfle et dont les ailes s'ouvrent et frissonnent, a sa place dans la fable XXXVI (Le Cygne et la Grue), tandis que le dinde superbe, qui se rengorge et se hérisse de toutes ses plumes, a dû être logé au Combat des Animaux. Un coq, dressé sur ses ergots, sa large crête émaillée de rouge, secoue son plumage magnifique et réplique à la perdrix de la fable II. Le dragon de la fable X (Le Dragon, l'enclume et la lime) a un air superbement chinois, la crête armée de piquants, les ailerons courts, la queue tortueuse ; un autre, de dimensions moindres, encore tout émaillé de rouge et de vert, est manifestement Le Serpent à plusieurs queues que l'on LE BOUC DUPÉ PAR LE RENARD. FIGURE EN PLOMB DU LABYRINTHE. LE SINGE A LA CHEMISE. FIGURE EN PLOMB DU LABYRINTHE. LE SINGE ROI. FIGURE EN PLOMB DU LABYRINTHE.