Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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6 OCTOBRE 1912 LA CONSTRUCTION MODERNE PROPOS DE VACANCES En dépit des fantaisies saisonnières, et quels qu'en soient les bienfaits relatifs, les vacances s'imposent à nos contemporains comme une institution de plus en plus respectée, comme une coutume chaque année mieux observée. Il fut de mode longtemps d'admirer un peu naïvement l'extrême activité, l'énorme production du travail moderne. Nous devons en rabattre ou, plus exactement, répartir entre les facteurs réels l'incontestable augmentation des œuvres de l'industrie humaine. Plusieurs y verront une conquête glorieuse. Il semble bien en vérité que l'ouvrier travaille de moins en moins. C'est au machinisme toujours en progrès qu'il faut attribuer l'accroissement de la quantité, sinon de la qualité de l'ensemble des produits. Nous le voyons de près dans le bâtiment. Les ouvriers de tous nos corps d'état ont obtenu successivement des réductions notables de la journée. Ils revendiquent la semaine anglaise, de 50 et quelques heures, avec une journée et demie de repos dominical. Les chantiers municipaux accordent même à certains ouvriers à engagements permanents des congés annuels payés. Si nous ajoutons que la faculté productrice s'est amoindrie, quelquefois volontairement; que l'habileté professionnelle est devenue rare et que l'apprentissage est en détresse; si nous chiffrons les augmentations de salaires, atteignant 20 et 25 % en moins de dix ans, en même temps que les matériaux subissaient une hausse presque équivalente; nous aurons suffisamment montré les causes évidentes de la plus-value considérable, peu graduée, presque soudaine du prix de la construction. La répercussion sur les loyers ne s'est pas fait attendre; l'augmentation des vivres a ému l'an dernier les classes populaires des villes. 28° ANNÉE. N° 1. Un nouvel équilibre tend à s'établir entre les gains du travailleur et ses dépenses nécessaires... Aucun bénéfice pour lui dans cette évolution brusque dont il est l'auteur. Le standard of life est demeuré le même proportionnellement; l'homme y a conquis seulement une moindre durée de labeur. Dès l'enfance, le même phénomène caractérise le temps actuel. Nos élèves des lycées et collèges ne sont plus surmenés; à peine comptent-ils 190 jours de classes; et les pouvoirs publics préparent une nouvelle réforme (?) qui avancerait au 15 juillet la fin des études. Hélas! (ce n'est pas ici le lieu de le rappeler) les résultats des méthodes nouvelles n'ont guère répondu aux prédictions des fondateurs; le nombre des illettrés ne diminue pas, la proportion des demi-ignorants est navrante! Le niveau des diplômes universitaires, droit, médecine, grandes écoles tend à s'abaisser. Nos ouvriers sont peu capables, inférieurs à leurs devanciers. Nous n'en voyons pas moins, chaque été, un exode général de toutes les classes des habitants des villes vers les villégia-tures variées de notre pays: bains de mer, stations thermales, chasses, etc. Les grandes compagnies de chemin de fer ont encouragé le mouvement, elles y trouvent de gros avantages. Considéré au point de vue de l'architecture, ce développement des vacances nous a valu toute une floraison spéciale de constructions agréables, pittoresques, ingénieuses. Les plages de la Manche et de l'Océan surtout se sont couvertes de villas gracieuses, exigües, mais économiques et souvent décoratives. Les colonnes de la Construction moderne nous en donnent souvent de fort aimables spécimens. Les environs des grandes villes, découpés, lotis, aménagés, ont aussi donné lieu à d'intéressantes opérations d'un caractère plus modeste. Les petits employés, sinon les ouvriers, ont acheté, construit ou loué des pavillons simples et salubres, grâce à mille combinaisons financières à leur portée. Notre

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LA CONSTRUCTION MODERNE 6 OCTOBRE 1912 dernier numéro signale les maquettes grandeur d'exécution exposées au Grand Palais. Ces recherches, parfois fantaisistes, répondent à un besoin réel d'expansion. L'encombrement des quartiers populaires est devenu un danger public au double point de vue de l'hygiène et du coût des loyers. La banlieue, dans un assez grand rayon, offrira un déversoir nécessaire, que la facilité des communications rendra praticable. Une très grosse opération, celle des fortifications, reliera la capitale à sa périphérie immédiate. C'est aussi à une coutume heureuse qui se renouvelle, la longue résidence des familles fortunées à la campagne, que nous devons la construction de nombreux châteaux dans nos provinces, de belles habitations particulières dans maintes régions de chasse ou de richesses agricoles. Nos confrères parisiens et provinciaux continuent à se distinguer dans cette branche de notre art, ils égalent les progrès constatés à Paris dans l'étude des maisons de rapport. C'est à dessein que je répète une fois de plus, publiquement, les éloges que notre corporation mérite sans conteste. Les architectes ont depuis trop longtemps ce qu'on appelle une mauvaise presse. Bien plus, en haut lieu, au Parlement même, ils sont, à chaque budget, victimes d'attaques aussi injustes que malveillantes. J'ai analysé ici même une conférence du XLe Congrès sur la loi nouvelle qui fixe les honoraires de nos éminents confrères, les architectes de l'Etat, loi bâclée, mal conçue, blessante pour notre corporation. Les rapporteurs du budget ont déversé sur les plus illustres d'entre nous des accusations incohérentes, violentes et sans preuves. Hélas! nous avons laissé passer. Pas une réclamation ne s'est élevée ! Aucune protestation, ni des hauts dignitaires du corps, les inspecteurs généraux, ni des grandes sociétés, plus libres, et dont le devoir impérieux était de réclamer un débat sérieux, un examen, un jugement motive (1). S'il est vrai que les peuples subissent les gouvernements qu'ils méritent, il faut dire aussi que chaque profession jouit auprès du public de l'estime et de la considération qu'elle a su mériter. Quand cesserons-nous de laisser ridiculiser par les journalistes toutes les œuvres des architectes? Que de bourdes s'écrivent chaque jour dans les feuilles les plus respectées sur le vandalisme des architectes en matière de restaurations historiques ; sur nos dilapidations des fonds publics en travaux somptuaires, mal disposés, mal exécutés! Il est grand temps de réagir. Défendons-nous, si nous voulons être respectés. Le moindre syndicat ouvrier tient en lutte les ministres et le Parlement. A quand la réhabilitation de l'architecte? (A suivre.) STAPATHI. (1) Signalons un article de BRINCOURT dans l'Architecture, vigoureusement appuyé par L. DINIER dans l'Action française : Les Rapports Simyan. --- JULES MASSENET ET L'ARCHITECTURE Jules Massenet, le grand compositeur, eut une excellente pensée, lorsqu'il résolut de narrer, dans les derniers mois de sa vie, avec ses souvenirs intimes et ses impressions personnelles, les événements qui entourèrent la production de tant d'œuvres remarquables. Le livre Mes souvenirs est lu avec le plus grand intérêt, parce que le maître, dès les premières pages, s'y montre d'une simplicité et d'une sincérité qui attirent. Celui qui a guidé toute une génération vers le beau, trace, avec une réelle modestie, l'histoire de sa vie ; il explique comment il devint le chantre de l'amour et les circonstances qui le guideront à en fixer le contour sentimental. Le remarquable maître, l'inoubliable musicien a quitté maintenant notre planète, pour — suivant sa propre expression — vivre dans la splendeur scintillante des étoiles ; il laisse aux générations futures des œuvres admirables qui ne périront pas. Parmi les souvenirs de Jules Massenet, au milieu des événements contés par lui et des sensations ressenties, nous ne voulons retenir aujourd'hui que ses relations avec les architectes, les peintres et les sculpteurs et nous en profiterons pour suivre les impressions éprouvées devant les monuments et les œuvres d'art ou les sensations ressenties dans les maisons habitées par le Maître. Dès le début de son existence de musicien, Massenet se trouve tout naturellement en contact avec des artistes. Certains d'entre eux le suivirent dans la vie à des titres divers ; il parle de ces maîtres dans ses mémoires tantôt avec des larmes, tantôt avec des rires, suivant que les souvenirs sont tristes ou gais. La première anecdote racontée date de 1863. C'était avant le départ pour la villa Médicis, où, à cette époque, le grand prix de Rome pour la musique devait, comme camarades pour la peinture, la sculpture, l'architecture et la gravure, trouver Layraud et Monchablon, Bourgeois, Brune et Chaplain. Dans trois voitures, les grands prix vont faire les visites réglementaires aux membres de l'Institut. « Presque tous ces messieurs, dit Massenet, nous firent savoir qu'ils n'étaient pas chez eux. C'était un moyen d'éviter les discours. M. Hittorff, le célèbre architecte, qui demeurait rue Lamartine, y mettant moins de façons, cria de sa chambre à son domestique : « Mais « dites-leur donc que je n'y suis pas ! » Charles Garnier est plusieurs fois cité dans les mémoires de Massenet, qui parle de l'Opéra comme d'une œuvre de haute magnificence et qui considère que le constructeur de ce monument, merveilleux théâtre, fut l'homme le plus exceptionnellement compétent que les temps modernes aient connu. Si le musicien admirait l'architecte, celui-ci rend hommage au grand talent du compositeur ; dans une lettre, qu'il signe Carlo, Garnier écrit à Massenet, le lendemain de la première du Roi de Lahore: « Je ne sais si c'est la salle qui fait de bonne musique ; mais, sapristi ! ce que je sais bien, c'est que je n'ai rien perdu de ton œuvre et que je la trouve admirable. Ça, c'est la vérité. » Au lendemain de la première de Werther, l'architecte de l'Opéra écrit au musicien les lignes suivantes, si touchantes et pittoresques à la fois: « Amico mio, deux yeux pour te voir, deux oreilles pour

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6 OCTOBRE 1912 LA CONSTRUCTION MODERNE t'entendre, deux lèvres pour t'embarasser, deux bras pour t'enlacer, deux mains pour t'applaudir et deux mots pour te faire tous mes compliments et te dire que ton Werther est joliment tapé, — savez-vous ? Je suis fier de toi et de ton côté, ne rougis pas d'un pauvre architecte tout content de toi — Carlo. » Lorsque Massenet fut nommé membre de l'Académie des Beaux-Arts, les premières cartes de félicitations qu'il reçut furent celles de Lefuel et de Ballu. Les peintres et les sculpteurs avaient aussi le célèbre musicien en grande estime. Massenet connut Corot à Ville-d'Avray. Harpignies gravissait gaillardement les étages du musicien, en dépit de ses quatre-vingt-douze années. Gérôme, dont il est question souvent dans le livre, était un admirateur de Thais; il était considéré par le chantre de Manon comme un esprit curieux de tout. Les saillies et les à-propos, rapides et amusants, du grand peintre faisaient la joie du compositeur; mais de tous les artistes — peintres ou sculpteurs — c'est de Frémiet dont il s'occupe le plus dans ses mémoires. Massenet prononça, en qualité de président de l'Institut, un fort beau discours aux funérailles de Frémiet, dont « les œuvres, dit-il, considérables par leur nombre et leur diversité, lui survivront, portant l'empreinte de son talent génial; elles laisseront un sillon lumineux dans l'histoire de la sculpture française ». Dans ce même discours, Massenet ajoutait : « Eloigné de toute prétention, il avait, quand il le fallait, le sourire qui doit faire valoir et aimer la pensée créatrice. Il avait un don merveilleux de l'à-propos et de la mesure... Ce qui caractérisait le talent si fort, si personnel, de Frémiet, c'était aussi l'esprit. Son esprit ingénieux et nerveux était habile à choisir les sujets ; il les composait avec une mesure, avec une malice exquises. On a pu avancer de lui que, de tous les sculpteurs de son temps, il fut le plus cultivé. » Voilà qui est fort bien dit et qui prouve combien était grandement judicieux le jugement de ce remarquable artiste que fut Massenet. Il donna la mesure de la justesse de ses appréciations dans les divers discours officiels que prononça, en différentes circonstances, ce musicien qui aimait les mathématiques et les sciences exactes et pour qui la littérature n'avait plus de secrets. Massenet admirait les œuvres artistiques ; il éprouvait d'enthousiastes sensations devant elles, que ce fussent des peintures, des sculptures ou des monuments. Ce grand musicien comprenait toute la poésie de la pierre travaillée par la main de l'artiste habile; il le prouve, lorsqu'il s'écrie, parlant de Frémiet, dans un discours prononcé devant l'Académie des Beaux-Arts : « Ah ! cette pierre, qu'il l'a aimée et caressée! Comme il a su la faire parler ! Aujourd'hui qu'il dort son dernier sommeil, encore tout entouré d'elle, elle s'attendrira sans doute, comme s'il était là toujours pour l'émouvoir, et il trouvera, dans l'obscur tombeau, des pleurs humides pour son vieil adorateur. » L'architecture provoque chez Massenet des élans d'enthousiasmes. Le compositeur de Werther donne aussi des descriptions des logis, de leur décoration et des impressions que donnent les édifices en général. Ses descriptions sont présentées toujours dans une langue qui, peut-être d'une grande simplicité, n'en est pas moins d'une réelle élégance; elles ont quelquefois la netteté d'un état de lieux, tant elles sont précises, sobres et nettes. Parlant de son habitation de Pont-de-l'Arche, par exemple, Massenet écrit : « Une porte massive, tournant sur d'énormes gonds, donnait accès vers la rue à un vieil hôtel bordé d'une terrasse d'où l'on dominait la vallée de la Seine et celle de l'Andelle. » Plus loin, il dit encore : « Les fleurs de lys se voyaient aux clefs de voûte des fenêtres de notre petit château. Il y avait un grand salon blanc, aux boiseries du temps délicatement sculptées, et éclairé par trois fenêtres sur la terrasse. C'était un chef-d'œuvre, d'une conservation parfaite, du xvi^e siècle. Trois fenêtres donnaient également jour à la chambre où je travaillais, et où l'on pouvait admirer une cheminée, véritable merveille d'art de style Louis XIV. » Un architecte érudit ne parlerait pas de ces diverses choses avec plus de précision. Et il en est tout le temps ainsi, qu'il s'agisse de l'Opéra de Paris, des théâtres d'Italie ou de celui de Bayreuth, des églises visitées ou de la maison où Goethe avait conçu son immortel roman, Les souffrances du jeune Werther. Cette sûreté de jugement, nous la trouvons aussi dans les confessions que le maître fait à ses petits enfants, en leur expliquant les impressions d'art ressenties par lui lors de ses divers voyages en Italie, ses visites aux musées ou ses haltes devant les belles façades, ou encore ses excursions à l'intérieur des somptueux monuments. Si Massenet avait suivi une autre voie, dès son enfance, il fut devenu peut-être un grand peintre, un remarquable sculpteur ou un architecte célèbre. Les bâtiments de l'Exposition de 1900 sont considérés par lui comme « envoyant vers le ciel des millions de notes joyeuses ». Le théâtre de l'Opéra est un « palais magnifique élevé par notre cher et grand Charles Garnier aux manifestations de l'art lyrique et au culte de la danse ». Le palais du Prince de Monaco, où le musicien, vécut, à plusieurs reprises, provoqua, lors de chacun de ses séjours, des enthousiasmes qui se traduisent par des qualificatifs : « paradis dantesque »; « luxueux et somptueux palais, tout embaumé par la flore des tropiques ». Ecoutez, d'ailleurs, cette description ; la citation mérite d'en être faite. Il y a des phrases qui ne peuvent être analysées ; il faut les lire sans en supprimer une virgule. « Ce palais, dit Jules Massenet, dont les tours génoises rappelaient le xve siècle, révélait par son aspect grandiose ces incomparables richesses intérieures offertes aux regards, dès qu'on y avait pénétré. En venant décorer Fontainebleau, le Primatic n'avait point négligé, arrivant d'Italie, de s'arrêter en cet antique manoir des Grimaldi. Ces plafonds admirables, ces marbres polychromes, ces peintures que le temps a conservées, tout donnait à cette opulente demeure, avec le charme souriant, une imposante et majestueuse beauté. » La « Villa Soleil », l'ancienne propriété de Villemessant, est, pour Massenet, une maison aux murailles blanches, empourprée tout entière par les feux de ce clair et bon soleil du Midi, ayant pour ceinture merveilleuse un bois d'eucalyptus, de myrtes et de lauriers. Bagatelle, que Massenet visite pour la première fois, par une belle journée de printemps, lui fait l'impression d'un délicieux petit château. La résidence du musicien, à Egreville, est un vestige survivant du moyen âge, dont l'ambiance l'inspire pour la composition du Jongleur de Notre-Dame. Il aime cette maison à cause de ces hautes fenêtres, de ces baies immenses qui envoyaient le jour dans la grande chambre; il se fait constructeur pour installer, au sommet de « cette chère retraite », une sorte d'observatoire, non dans l'espoir fallacieux de pénétrer la musique céleste, mais pour y mieux choisir la planète où il aimerait passer sa seconde existence.

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LA CONSTRUCTION MODERNE 6 OCTOBRE 1912 Propriété de la Tilloye : Plan d'ensemble. PAVILLON DE LA TILLOYE, à Compiègne PLANCHES 1 A 3. Compiègne offre aux regards des visiteurs plusieurs aspects successifs et bien différents. Quand on a gravi les rues qui, montant des rives de l'Oise, traversent les vieux quartiers, quand on a, comme il convient, admiré le célèbre hôtel de ville, orgueil de la cité et témoignage de sa fidélité « au roi et au royaume de France », on arrive enfin à la Place-d’Armes et au Château ; on sait que, commencé par Gabriel et construit sur les restes des anciennes constructions, cet édifice eut des destinées brillantes que l’on n’a pas encore oubliées. Au delà de la Place-d’Armes et du Château, jusqu’aux confins de la forêt, s’étend une nouvelle ville, opulente, distinguée, habitée par une population élégante et aristocratique : riches étrangers, grands propriétaires, éleveurs et gens du monde aimant les sports et le cheval. C’est là, à quelques centaines de mètres du Rond-Royal, qu’est située la propriété de M. le baron E. de Barante, qui fait l’objet de nos planches et dessins de ce jour. Elle occupe un vaste espace entre la route de Paris, qui conduit à Compiègne, et la forêt même. Une grande avenue la traverse dans toute sa longueur et réunit les différentes parties du domaine. Car celui-ci comporte, en outre du pavillon d’habitation (ouplutôt du Château), des communs très complets et tout ce qui constitue les dépendances habituelles des grandes écuries : grand et petit pad-dokk, la longue piste, la piste enclose et le rond de voltige. Un grand jardin à la française entoure le château et laisse profiter de toute la vue des très beaux lointains qu’on découvre, en particulier vers le Sud-Ouest. L’aménagement complet de cette belle propriété, constructions et jardins, a été étudié par M. Georges Lisch, l’aimable et savant architecte, qui continue avec tant d’aisance et de Les choses de l’architecture ont, toute sa vie durant, intéressé le grand musicien ; c’est ce qui ressort des confessions qu’il fait dans les souvenirs de sa vie. Il a même, comme nous l’avons démontré, des appréciations très exactes en ce qui concerne les monuments que visite ou habite le grand artiste. Nous avons tenu à noter ici les impressions et les sensations particulières de Jules Massenet devant les manifestations d’art des architectes ; d’autres parleront ailleurs des divers sentiments qu’il exprime dans Mes Souvenirs. Notons, en terminant, que le grand artiste pense à l’architecture de sa dernière demeure, lorsqu’il écrit : « Je savais, ayant fait construire depuis longtemps mon caveau, que la lourde pierre, une fois scellée, serait, quelques heures plus tard, la porte de l’oubli ! » Cette fois, Massenet se trompe, l’auteur de tant d’œuvres puissantes ne peut être oublié ; il ne le sera pas : son nom appartient à la postérité comme les ouvrages impérissables que son cerveau a produits. WILL DARVILLE. Pavillon de la Tilloye : Plan du sous-sol.

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28e ANNEE LA CONSTRUCTION MODERNE PL. 1. PAVILLON DE LA TILLOYE A COMPIEGNE. — Façade principale — Architecte : M. Georges Lisch Supplement à la Construction Moderne n° 4.

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LA CONSTRUCTION MODERNE 6 OCTOBRE 1912 Pavillon de la Tilloye, à Compiègne. - Architecte : M. Georges Lisch. - Plans des 2e et 3e étages. Rez-de-chaussée et 1er étage. --- Figure Caption: Pavillon de la Tilloye, à Compiègne. - Architecte : M. Georges Lisch. - Plans des 2e et 3e étages. --- Diagram Description: The diagram shows a detailed layout of the pavilion at Compiègne, with various rooms and their dimensions labeled in French. The room labels include: - Salon d'Études - Ch. 1 - Ch. 2 - Ch. 3 - Ch. 4 - Ch. 5 - Ch. 6 - Ch. 7 - Ch. 8 - Ch. 9 - Ch. 10 - Ch. 11 - Ch. 12 - Ch. 13 - Ch. 14 - Ch. 15 - Ch. 16 - Ch. 17 - Ch. 18 - Ch. 19 - Ch. 20 - Ch. 21 - Ch. 22 - Ch. 23 - Ch. 24 - Ch. 25 - Ch. 26 - Ch. 27 - Ch. 28 - Ch. 29 - Ch. 30 - Ch. 31 - Ch. 32 - Ch. 33 - Ch. 34 - Ch. 35 - Ch. 36 - Ch. 37 - Ch. 38 - Ch. 39 - Ch. 40 - Ch. 41 - Ch. 42 - Ch. 43 - Ch. 44 - Ch. 45 - Ch. 46 - Ch. 47 - Ch. 48 - Ch. 49 - Ch. 50 - Ch. 51 - Ch. 52 - Ch. 53 - Ch. 54 - Ch. 55 - Ch. 56 - Ch. 57 - Ch. 58 - Ch. 59 - Ch. 60 - Ch. 61 - Ch. 62 - Ch. 63 - Ch. 64 - Ch. 65 - Ch. 66 - Ch. 67 - Ch. 68 - Ch. 69 - Ch. 70 - Ch. 71 - Ch. 72 - Ch. 73 - Ch. 74 - Ch. 75 - Ch. 76 - Ch. 77 - Ch. 78 - Ch. 79 - Ch. 80 - Ch. 81 - Ch. 82 - Ch. 83 - Ch. 84 - Ch. 85 - Ch. 86 - Ch. 87 - Ch. 88 - Ch. 89 - Ch. 90 - Ch. 91 - Ch. 92 - Ch. 93 - Ch. 94 - Ch. 95 - Ch. 96 - Ch. 97 - Ch. 98 - Ch. 99 - Ch. 100 Each room is labeled with its corresponding dimension in meters (m). The room labels are arranged in a grid format, with each cell containing the label of the room and its dimensions in meters. --- Additional Details: - The diagram includes detailed measurements for each room, indicating the size and position within the pavilion. - The room labels are placed in specific areas to identify different sections of the pavilion. - The overall layout is designed to accommodate multiple rooms and spaces as per the original plan. --- Conclusion:

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Pavillon de la Tilloye, à Compiègne. — Architecte : M. Georges Lisch. — Grand salon. LA CONSTRUCTION MODERNE 6 Octobre 1912

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28e Année LA CONSTRUCTION MODERNE PL 2. PAVILLON DE LA TILLOYE, A COMPIEGNE. — Façade sur le jardin. — Architecte : M. Georges LISCH Supplément à la Construction Moderne n° 2.

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6 OCTOBRE 1912 LA CONSTRUCTION MODERNE Pavillon de la Tilloye. — Architecte : M. Georges Lisch. — Les Communs. distinction les traditions du maître vénéré dont notre génération a connu le grand talent et l'admirable activité et dont maintes œuvres conserveront le souvenir. Pour le pavillon, M. Lisch a eu recours à l'élégante simplicité du style Louis XIII, dont la coloration rouge et blanche s'harmonise si parfaitement avec les décors de verdure et de bois. Ici, soit que l'on arrive de la forêt ou de la ville, la note gaie des façades apparaît dans la perspective des belles et larges avenues, entre les grands arbres qui lui font un cadre majestueux et le cachent aux regards. Sur la façade principale, on remarquera un porche formant avancée et descente à couvert; sur l'autre façade, un grand perron tenant toute la largeur du pavillon central va d'une aile à l'autre, bordé à droite et à gauche par une balustrade en pierre dissimulant les sauts-de-loup qui règnent tout autour de l'édifice et servent à l'éclairage des sous-sols. Les plans que nous reproduisons ci-contre sont suffisamment clairs: leur seule vue sera plus agréable que la lecture d'une longue description. Ils montrent le souci de grand confort qui a présidé à toute cette distribution intérieure d'un pavillon destiné à être habité en toutes saisons, et à offrir une large hospitalité aux invités, à l'époque des villégiatures. Nous nous arrêterons un instant à l'installation des communs. Ceux-ci ont été étudiés avec un soin particulier selon les indications et les goûts du propriétaire, homme de cheval, qui a tenu à réaliser une installation modèle. Au rez-de-chaussée on trouve d'abord 8 boxes pour chevaux de selle et

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LA CONSTRUCTION MODERNE 6 OCTOBRE 1912 Pavillon de la Tilloye à Compiègne. — Architecte : M. Georges Lisch. — Communs : 1er étage et combles. d'attelage, sellerie, forge, remises pour voitures et pour automobiles. A l'étage, dans une des ailes, sont les greniers à fourrages et à grains; le reste de la surface est amenagé en logements et chambres pour tout le personnel des écuries. La forme un peu spéciale du plan de ce bâtiment a été voulue par le propriétaire pour répondre à une orientation-type des écuries. La disposition en éventail se prête d'ailleurs bien à la surveillance et fournit une sorte de cour intérieure favorable au service. --- L'eau et la lumière à Paris (Suite. Voyez 27e année ; page 620.) LES PROGRÈS DE L'ÉCLAIRAGE PAR LE GAZ Bien que notre Ville lumière soit en retard puisqu'elle s'est laissée devancer par les grandes capitales Berlin, Londres, Bruxelles), pour les grosses lampes au gaz avec surpression, il n'en est pas moins vrai que, lorsqu'elle s'y met, elle va vite en besogne et n'est pas longue à surpasser ses sœurs. Je ne puis faire l'historique de l'éclairage à Paris, mais il est bon, je crois, de remémorer l'existence du gaz. Les premières expériences d'éclairage public par le gaz de houille datent de 1817-1820, avec brûleurs à air libre. En 1879, le bec, dit papillon, fait son apparition à Paris, rue du Quatre-Septembre, puis peu de temps après, il cède le pas aux becs à récupération. En 1889, Paris se trouvant trop devancé par les capitales étrangères, on installa de puissantes lampes à arc, concurremment avec des becs à récupération ou à air réchauffé. Avant l'apparition du bec à incandescence, genre Auer, c'est-à-dire à flammes bleues, où l'éclairage est produit non pas par la flamme du gaz, mais par le rayonnement du corps incandescent qui y est placé, on se servait des becs à flammes blanches. Ces becs peuvent se classer en trois catégories : 1° — A. — LES BECS À AIR LIBRE. Bec ordinaire percé d'une fente verticale de 6/40 de millimètres de largeur, consommant 140 litres à l'heure et d'une intensité légèrement supérieure à un carrel. B. — Les becs Manchester, percés de deux petits conduits cylindriques inclinés l'un vers l'autre. Les deux veines du gaz en se rencontrant s'étalent l'une contre l'autre et produisent une flamme plate, genre papillon, dont le plan est perpendiculaire au plan des petits conduits cylindriques. C. — Les becs-bougies sont constitués par un bouton sphérique, percé d'un petit canal cylindrique vertical. 2° BECS À VERRE. — Types anciennement très variés, dont le 1. Bec ordinaire. 2. Bec Manchester. 3. Bec bougie.