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L'ART VIVANT AVRIL 1936 - N° 202 - PRIX : 7 FRANCS --- JEAN PICART LE DOUX
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
L'ART VIVANT AVRIL 1936 - N° 202 - PRIX : 7 FRANCS --- JEAN PICART LE DOUX
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Ligue Française d'Action d'Art Manifeste : QUELS que soient, sur le plan politique, économique ou social, les intérêts particuliers qui les divisent, les peuples conservent en commun un certain nombre de valeurs. L'art français, la qualité française, qui ne sont pas l'apanage exclusif d'une élite, appartiennent, autant qu'à notre pays, au patrimoine de l'Humanité. Notre devoir d'hommes et de Français est de veiller à ce qu'une tradition, qui se poursuit depuis le moyen âge, ne soit pas interrompue. A mesure que déclinaient les vertus artisanales, des artistes toujours plus nombreux, satisfaits de dissimuler, sous des apparences distinguées l'indigence de leur imagination et de leurs dons manuels adoptèrent une certaine manière, qu'on appelle « l'académisme ». Ce mouvement se précipita, dès la fin du XVIIIe siècle. Dans chaque pays, les pouvoirs publics s'empressèrent d'approuver une attitude qui se généralisait. A cet art officiel se rattachent les constructions et les monuments qui déshonorent les places publiques du monde entier. On lui doit ces images du plus désolant pittoresque, provenant d'artistes dont le nom a sombré dans l'oubli, et aussi un ensemble d'initiatives qui sont un attentat à la logique et au bon goût. Mais aucun obstacle n'a jamais pu entraver l'essor du génie. Des héros, le plus souvent méconnus par le public et ignorés par l'Etat, ont su maintenir l'esprit de l'art véritable. Grâce au prestige de la peinture et de la sculpture françaises qui valent, aujourd'hui, à notre pays, le rang qu'occupèrent successivement l'Italie, les Flandres et la Hollande, l'art indépendant a définitivement triomphé. Si certains musées, en France, lui mesurent encore la place, il n'en est plus de même à l'étranger, où il est universellement adopté. Mais le mal est, hélas, irréparable. Si elles ont servi notre propagande, les plus belles œuvres de la peinture et de la sculpture françaises ont à jamais franchi nos frontières. Les hommes éclairés qui veillent ici sur les Beaux-Arts n'ignorent pas que l'art officiel a fait faillite. Mais, en raison des statuts de l'enseignement, des engagements contractés par l'Etat devant les élèves des écoles et devant leurs maîtres, ces hommes ne peuvent prendre les initiatives désirables en faveur de l'art indépendant. Alors qu'une partie de la société le considère à tort comme un article de luxe, les pouvoirs publics ne parviennent pas à placer l'art véritable au centre de l'activité et de la vie françaises. C'est ainsi que la tâche de perpétuer l'image des grands chefs de la guerre est confiée à des artistes dont la médiocrité insulte à de glorieuses mémoires. C'est pour aider les représentants de l'Etat, pendant une période transitoire, pour préparer ensuite à la France de demain et à ses artistes de meilleurs statuts, que nous avons fondé la LIGUE FRANÇAISE D'ACTION D'ART. Cette Ligue, dont les initiatives seront présentées par une Commission exécutive, recevant les avis d'un large Comité de presse, s'appuie sur un Comité d'action. Ce Comité comprend, non pas des officiels — dont la compétence n'est pas en cause, dont l'indépendance, toutefois, risque de ne pas être absolue — mais des hommes qui, dans les différentes sphères de la vie active, politique, financière, commerciale, industrielle, disposent de la plus large influence. De même que, sur le plan moral, les honnêtes gens s'entendent sur certains principes, ces hommes d'action sont d'accord avec nous sur un ensemble d'opinions et de vérités essentielles. Farouchement attachés à la défense de ces opinions, libres de tout intérêt personnel, voués au seul bien public, ils entendent PRÉSERVER LE PATRIMOINE ARTISTIQUE DE LA FRANCE, L'ENRICHIR ET MAINTENIR SON PRESTIGE A L'ETRANGER. Programme : La Ligue Française d'Action d'Art se propose, notamment, les buts suivants : Appuyer le vote d'un budget en harmonie avec les besoins et l'importance des Beaux-Arts et s'informer de l'emploi de ces fonds. Eduquer le vaste public dont le goût n'a pas encore été déformé, et qu'il s'agit d'initier, dès l'école, aux arts plastiques et appliqués. Veiller à la qualité de tous les livres et objets scolaires ainsi qu'à l'aménagement et au décor des écoles. Développer l'enseignement professionnel et technique. Opposer à l'enseignement officiel des Beaux-Arts un enseignement artistique et technique, digne de la France, en sollicitant le concours des artistes dont les noms s'imposent. Multiplier les bibliothèques, mais des bibliothèques accueillantes où les adultes pourront prendre goût à la lecture. Renseigner la province et les colonies, par des conférences accompagnées de projections et par des expositions de qualité. Protéger les sites de France, en les délivrant de tous les parasites : monuments indésirables dans les villes, lotissements désordonnés en banlieue, réclames sans pudeur, etc. S'efforcer d'obtenir que l'Exposition de 1937, s'il en est temps encore, présente réellement une synthèse de l'art français et que soient favorisés, à cette occasion, les vrais artistes, notamment ceux que sollicitent les décorations murales. S'intéresser à toutes les expositions, aussi bien à celles qui ont lieu en France qu'à celles organisées à l'étranger et par lesquelles l'art français est si souvent trahi. Favoriser les échanges internationaux par la fréquence de ces expositions et par la réception cordiale des artistes et intellectuels étrangers. Organiser, dans les grandes villes de province, des expositions susceptibles d'y attirer les visiteurs. S'inspirer, dans ce domaine, des expositions que l'Italie organise périodiquement, dans les grands centres régionaux (par exemple, en 1935 : à Venise : Le Titien ; à Ferrare : l'Ecole ferraraise ; à Parme : le Corrège, etc.) Pour la France : Exposition de Watteau à Valenciennes, de l'Impressionnisme : à Rouen ou au Havre, d'art bourguignon à Dijon, de Fragonard à Nice, de Daumier à Marseille, etc. Surveiller, d'une façon générale, toutes les manifestations nationales ou municipales, où le prestige de l'art français et de la qualité française est engagé, et, notamment, la décoration des légations ainsi que des grands paquebots, ces ambassadeurs de notre goût. Favoriser les achats des musées nationaux. Rechercher les moyens de combler les lacunes des musées, en ce qui concerne l'art moderne. Collaborer à la conservation des trésors nationaux et, en particulier, des chefs-d'œuvre du Louvre. Aider à la réorganisation des musées de province, qui ne seront visités par les touristes que s'ils mettent en valeur des œuvres de choix. Veiller à la sauvegarde des droits des artistes, sans que soit restreinte, en raison de taxes trop élevées, la reproduction des œuvres françaises à l'étranger ou en France. Ramener vers Paris le marché d'art ancien qui s'est transporté depuis la guerre à Londres et à Amsterdam, en raison des droits élevés perçus par l'Etat français sur les objets d'art passant en vente publique. Obtenir de l'Etat que les calendriers des Postes, ces seules œuvres d'art que les paysans et les ouvriers accrochent dans leurs maisons, préparent l'évolution de leur goût ; que les billets de banque, pièces de monnaie et timbres-poste soient dignes de notre pays. Que les vêtements militaires ne soient plus, par principe, ridiculement taillés. Contribuer à créer des rapports plus étroits entre l'art et les usagers : villes, collectivités, industries, en étudiant leurs besoins et en les mettant en contact avec les artistes. Obtenir du Commissariat du Tourisme que la propagande en faveur de l'art français faite à l'étranger s'appuie sur nos richesses artistiques. Préconiser l'organisation de circuits artistiques, de manière à donner aux touristes des notions générales sur la France, sur son art et sur ses paysages. Ces circuits doivent avoir pour objet de faire connaître une région française déterminée ; ou un but plus précis : celui d'étudier un groupe de monuments, églises romanes, cathédrales gothiques, châteaux de la Renaissance, etc... Créer un office d'informations artistiques, dans le but de renseigner les touristes étrangers s'intéressant à l'art, sur les ressources artistiques de la France non mentionnées dans les guides de voyage. Le cas échéant, leur faciliter la visite des manufactures de l'Etat, des ateliers d'artistes, et aussi des collections privées qui peuvent, seules, les instruire sur l'art actuel, en raison de l'insuffisance des musées d'Etat. Surveiller la tenue des employés de l'Etat et la propreté des administrations publiques. Sauver le cinéma français, qui sombre dans la plus basse médiocrité, en favorisant les réalisations authentiques contre la sottise et le mercantilisme. Seconder les efforts en faveur des théâtres qui représentent une tradition nationale, tout en appuyant les initiatives les plus audacieuses. Réprimer les spectacles scandaleux. Veiller à la qualité de nos grands orchestres. Favoriser la venue en France des grands chefs d'orchestre étrangers. Rechercher l'adaptation de l'activité théâtrale et de ses formes modernes, tant à l'égard des masses populaires que sur le plan des élites. Préparer ou favoriser la création de nouvelles salles de théâtre en même tant que soutenir toutes les entreprises anciennes ou récentes ayant un caractère original. Veiller à la transformation ou aux modifications du statut des grands théâtres subventionnés tant dans l'ordre dramatique que dans l'ordre lyrique. Étudier les rapports du théâtre et de la musique avec la radio et la nécessaire adaptation de ceux-ci avec le maintien des principaux théâtres dans les provinces françaises. Étudier une coordination, par des troupes jouant des œuvres nouvelles en même temps que le grand répertoire, des principaux théâtres de plein air, le Théâtre d'Orange étant destiné à devenir un grand rendez-vous d'art tragique et lyrique français. Obtenir l'amélioration de la radiophonie, la création de programmes de culture musicale par T.S.F. Rechercher les derniers témoignages de l'artisanat. Susciter la création de musées d'arts populaires régionaux ainsi que d'un grand musée d'art populaire français à Paris. Créer, à l'usage des périodiques français et étrangers, des artistes et des étudiants, une documentation photographique judicieusement classée et offrant un vaste répertoire de formes. Susciter ou protéger toutes les œuvres sociales destinées à secourir les artistes. Préparer le statut des artistes dans la France de demain. La L.F.A.A. se tiendra en contact avec les organisations déjà existantes, dont l'action, sur certains points, peut être parallèle à la sienne.
Ligue Française d'Action d'Art Siège Social provisoire : 1, RUE LORD-BYRON, PARIS-VIIIe Fondée sur l'initiative de M. Jacques Guenne, directeur de l'Art Vivant, par MM. Gabriel Boissy, rédacteur en chef de Comœdia, Jean-Marc Campagne, Jean Cassou, Bernard Champigneulle, René Chavance, Louis Chéronnet, rédacteur en chef d'Art et Décoration, Raymond Cogniat, Pierre du Colombier, Philippe Diolé, rédacteur en chef de Beaux-Arts, Paul Fierens, Jean Gallotti, Maximilien Gauthier, Waldemar George, Simone Kapferer et Jacques Kim, rédacteurs en chef de l'Art Vivant, Claude Roger-Marx, Gaston Poulain, Louis Vauxcelles, Marcel Zahar. COMMISSION TECHNIQUE PERMANENTE Jean AJALBERT Paul-J. ANGOULVENT Alexandre ARNIOUX Georges BESSON René BLUM Gabriel BOISSY Pierre BONARDI Maurice BRILLANT Max BRUSSET Jean-Marc CAMPAGNE Jean CASSOU Bernard CHAMPIGNEULLE René CHAVANCE Louis CHERONNET André CEUROY Raymond COGNAT Pierre du COLOMBIER Constance COLINE Jacques COPEAU Philippe DIOLÉ Pierre-Louis DUCHARTRE ANDRY-FARCY Paul FIERENS François FOSCA Charles FEGDAL Jean GALLOTI Maximilien GAUTHIER Waldemar GEORGE Georges GRAPPE Jacques GUENNE Jacques HOLTZER Edmond HONORE René JEAN Simone KAPFERER Jacques KIM Charles KUNSTLER Jacques de LAPRADE Paul LAVALLEY Marius-Ary LEBLOND Eugène MARSA Claude ROGER-MARX Léon MOUSSINAC Charles OULMONT Jean PAINLEVÉ Armand PIERHAL Gaston POULAIN Fr. RIBADEAU-DUMAS Georges-Henri RIVIÈRE André SALMON Dominique SORDET Louis VAUXCELLES Jacques VIÉNOT Marcel ZAHAR Jean VALLEE Bureau provisoire : Président : Jacques GUENNE, Secrétaire Général : Waldemar GEORGE. Trésorier : Maximilien GAUTHIER. La ligue comprend également un Comité de Patronage groupant les personnalités les plus éminentes et un Comité de Presse réunissant les meilleurs écrivains et journalistes. COMITÉ D’ACTION Etienne ADER Pierre ARGENCE Gabriel ASTRUC Paul BÉNAZET Georges BERNARDOT Elie BOIS Tony BOUILHET Louis CARTIER Edouard CHAMPION Philippe CLÉMENT Gabriel COGNACQ Louis DAUSSET Raoul DAUTRY Robert DENOEL Charles FASQUELLE Pr. Jean-Louis FAURE René GILLOUIN Roger GOMPEL Bernard GRASSET Duc d'HARCOURT E. HERMES Jacques JACOBSEN Henry KAPFERER Fernand JAVAL J. H. LABOURDETTE Pierre LAGUIONIE Lucien LAINÉ Jeanne LANVIN Pr. Charles LAUBRY Arsène de LAUNOIT Pr. Fernand LEMAITRE Maurice MERCIER André MEYER Rolf de MARÉ Anatole de MONZIE Robert PEUGEOT Y.-Georges PRADÉ Jean PUIFORCAT J. de ROVERA Bernard STEELE Chanoine TOUZE Ambroise VOLLIARD, etc. --- BULLETIN D’ADHÉSION Je soussigné demeurant à déclare adhérer à la Ligue Française d'Action d'Art (1, rue Lord-Byron, Paris-VIIIe), association déclarée sous le régime de la loi du 1er juillet 1901. Ci-joint ma cotisation annuelle (chèque, chèque postal 1972.50 Paris, ou mandat poste) de : Signature : Membre adhérent : 35 fr. par an. Membre bienfaiteur : 1.000 fr. par an. Membre donateur : 5.000 fr. par an. Les cotisations de membre adhérent peuvent être rachetées pour une somme de 500 fr. --- D’UNE CHAINE limitée à celle de son millon le plus faible. ES D’UNE VOITURE ont limitées aux possibilités d’un seul de ses organes. CTION TOTALE est donc subordonnée à la perfection de chacun des maillons que forment tous les organes d’une voiture. Du moteur au différentiel, du pare-chocs avant à la lan- terne arrière, tout doit être de la plus haute qualité. Dans une Hotchkiss tout est parfait depuis A jusqu’à Z. Vous êtes donc assuré avec une Hotchkiss d’avoir la satisfaction totale par sa QUALITÉ TOTALE KISS 168. B° ORNANO. ST DENIS
LA RESISTANCE D'UNE CHAINE est limitée à celle de son maillon le plus faible. LES PERFORMANCES D'UNE VOITURE sont limitées aux possibilités d'un seul de ses organes. LA SATISFACTION TOTALE est donc subordonnée à la perfection de chacun des maillons que forment tous les organes d'une voiture. Du moteur au différentiel, du pare-chocs avant à la lanterne arrière, tout doit être de la plus haute qualité. Dans une Hotchkiss tout est parfait depuis A jusqu'à Z. Vous êtes donc assuré avec une Hotchkiss d'avoir la satisfaction totale par sa QUALITÉ TOTALE HOTCHKISS 154.CHAMPS-ELYSEES.PARIS LE JUSTE MILIEU 168.B° ORNANO.S° DENIS

Ce numéro de L'Art vivant, daté d'avril 1936, présente une couverture consacrée à Jean Picart Le Doux. Le contenu de la revue semble aborder des thèmes liés à l'art, à la mode et à l'automobile, avec des publicités pour des tissus d'ameublement, des voitures Peugeot, des pellicules photographiques Gevaert, des fourrures, de la lingerie, et des produits Shell. Un manifeste de la Ligue Française d'Action d'Art y est également inclus, critiquant l'art officiel et promouvant l'art indépendant.