Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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3e Année - N° 70 5fr. 15 Novembre 1927 --- L’ART VIVANT Revue bi-mensuelle des Amateurs et des Artistes éditée par LES NOUVELLES LITTÉRAIRES LA RESTAURATION DU PARC DE L'HOTEL BIRON (MUSÉE RODIN) --- DIRECTEURS - FONDATEURS : Jacques GUENNE et Maurice MARTIN du GARD ADMINISTRATION ET VENTE: LIBRAIRIE LAROUSSE 13-17, Rue du Montparnasse, PARIS (6e) RÉDACTEUR EN CHEF: Florent FELS

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Galeries Georges Petit 8, RUE DE SÈZE, 8 — PARIS (X° Arrond') R. C. Seine 34.210 --- TABLEAUX MODERNES EXPOSITIONS - EXPERTISES BRONZES DE BARYE --- DIRECTION DE VENTES PUBLIQUES IMPRIMERIE ARTISTIQUE 12, rue Godot-de-Mauroy, 12 --- GALERIE MARCEL BERNHEIM 2 bis, rue Caumartin - Paris (9°) Téléph. Central 88-28 — Téleg. MABERNEGO, PARIS --- TABLEAUX MODERNES ÉCOLE DE 1830 ÉCOLE IMPRESSIONNISTE EXPOSITIONS PERMANENTES D’ART CONTEMPORAIN VENTE - EXPERTISES - ACHAT --- jean perzel verrier d'art luminaire sur rendez-vous par téléphone 1, rue henri-becque (XIII°) gobelins 77-24 --- VOIR recto de la dernière page d’Annonces { TARIF des ABONNEMENTS à L’ART VIVANT et des ABONNEMENTS à TARIF RÉDUIT à nos TROIS PUBLICATIONS : NOUVELLES LITTÉRAIRES, ART VIVANT JOURNAL DES VOYAGES. }

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EDITIONS MARCEL-SEHEUR PARIS — 10, Rue Tourlaque, 10 — PARIS R. C. Seine 102.506 — Tél.: Marcadet 42-74 — Chèque Postal 181-65 --- VIENT DE PARAÎTRE dans la collection L’ART ET LA VIE Portraits d’Artistes --- PAR JACQUES GUENNE --- TH. BOSSHARD - A. FAVORY - GROMAIRE CH. GUÉRIN - KISLING - LHOTE MATISSE - SIMON LÉVY - VLAMINCK --- Un magnifique volume de plus de 300 pages de format $19 \times 25$ , illustré de 48 reproductions hors texte en similigravure sur couché mat et de 9 héliogravures (dessins, eaux-fortes ou lithographies inédits) sur vélin d’Arches. 😊 😊 😊 Prix de l’exemplaire: … … … … … … … … … … … … … … … 75 francs.

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Galerie Locorno TABLEAUX ANTIQUITÉS OBJETS D'ART EXPOSITION: Octobre Novembre Décembre Téléphone : PROVENCE 37-52 --- Nandette Monthui 47, Rue Laffitte - PARIS — Telephone : TRUDAINE 75-00 — Exposition Boucher Touchagues du 15 au 30 Novembre --- DURAND-RUEL 37, Avenue de Friedland, Paris (8e) TABLEAUX MODERNES New-York -- 12 East 57th Street --- GALERIE GRANOFF CARNOT 35-40        166, Boulevard Haussmann        PARIS (VIII°) --- ALIX BOUCHE CHAGALL FAVORY FOUJITA DETTHOW --- CHAGALL --- DE LA PATELLIÈRE E.-O. FRIESZ RADDA H. DE WAROQUIER LAGLENNE --- TABLEAUX MODERNES ---

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2e PETITE FOIRE DES ARTS DECORATIFS MODERNES CÉRAMIQUES MEUBLES ÉTOFFES TAPIS ORGANISÉE PAR L'ATELIER PRIMAVERA AU PRINTEMPS DU 14 AU 26 NOVEMBRE 1927

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L'ART VIVANT 15 NOVEMBRE 1927 TROISIÈME ANNÉE L'ART DE L'ASIE CENTRALE À L'ÉPOQUE PROTOHISTORIQUE Nous ne savons que peu de choses sur l'Asie Centrale de l'époque préhistorique, et protohistorique c'est-à-dire de l'époque qui coïncide avec la période des monarchies orientales, de la cité grecque et de l'empire romain dans le proche Orient et en Europe. On a fouillé peu et mal en Asie Centrale. Ce qu'on a trouvé dernièrement au Turkestan russe et chinois appartient à une époque assez avancée, le temps du Bas-Empi e romain. Les dernières fouilles en Mongolie remontent à une période un peu plus ancienne : le 1er siècle avant et le 1er siècle après Jésus-Christ. Les trouvailles préhistoriques sont rares et mal classées. Nous n'avons qu'une fouille systématique et scientifique, celle de Pumpelly au Turkestan russe, et quelques trouvailles qui peuvent être classées et datées dans l'Altaï russe. Il n'y a que la région de Minoussinsk qui ait été bien explorée. Quoi qu'il en soit, nous commençons à comprendre de plus en plus que l'Asie Centrale, aux périodes préhistorique et protohistorique, a joué un très grand rôle dans le développement de l'Asie et qu'elle a exercé une influence marquée sur l'évolution de la Russie et par celle-ci sur l'évolution de l'Europe Centrale et Septentrionale, surtout à l'époque des grandes migrations, à la veille du Moyen Age. C'est dans le domaine de l'art que nous pouvons constater le mieux cette influence en étudiant l'évolution du style animal et celle du style polychrome qui prédominent dans les arts appliqués — les seuls qui soient assez bien connus de cette période en Europe. Ce ne sont pas les trouvailles en Asie Centrale elle-même qui nous renseignent sur l'évolution du style animal et du style polychrome dans cette contrée. Les trouvailles faites en Asie Centrale sont rares et sont distribuées en petits groupes sur une énorme région et sur l'espace de plusieurs siècles — sur une période plus que millénaire. — Pour étudier l'évolution du style animal et du style polychrome de l'Asie Centrale, nous devons recourir aux contrées bien mieux connues, celles de la périphérie de l'Asie Centrale — la Russie Méridionale, la Sibérie, la Chine et l'Inde. — En étudiant ces contrées, nous constatons que dès la période préhistorique un art frais et puissant s y est développé, un art de nomades guerriers, un art que nous connaissons par les objets familiers aux nomades, ceux qu'on ensevelissait avec eux dans leurs tombeaux. Nous connaissons bien cet art et son évolution dans la Russie Méridionale où les nomades guerriers — les Scythes et plus tard les Sar mates — qui ont conquis les steppes de la Russie Méri dionale et y ont établi de grands et durables royaumes, ont, pendant des siècles (du viii° siècle avant Jésus Christ jusqu'à l'époque des migrations), conservé leur mode de vie, leurs habitudes et, en conséquence, leur art qui n'a été qu'influencé par l'art grec des colonies grecques de la Mer Noire. En Chine et dans l'Inde, nous n'avons que des reflets de cet art et des influences qui ont été bientôt absorbés par l'évolution vigoureuse de l'art de ces pays. J'ai dédié plusieurs livres et articles à l'étude de cet art original et puissant et je suis heureux de pouvoir donner une esquisse de cet art aux lecteurs de L'Art Vivant. Je me bornerai à tracer l'histoire du style animal, plus intéressant que le style polychrome pour l'étude du développement de l'art médiéval de l'Europe (*). Le style animal n'est pas une création de l'Asie Centrale. C'est le style le plus ancien de tous les peuples dès l'époque paléolithique. Il n'a été remplacé par le style géométrique que vers l'époque néolithique. Plus tard, à la basse époque néolithique et aux premiers âges des métaux, le style animal, le style qui utilise la figure d'un animal comme base d'un système ornemental, eut une refloraison brillante dans plusieurs centres. L'Egypte ne l'a connu que pour une période bien courte et ne l'a pas cultivé. Elle a basé son système ornemental sur les motifs géométriques et sur la stylisation des plantes. L'Europe Centrale et Méridionale continua à cultiver le style géométrique qui fut graduellement vivifié et modifié par le style ornemental égyptien. Le style animal commença à s'y développer aussi, mais dès le commencement il y fut subordonné au style géométrique et disparut sans y prendre racines. Ce ne fut que dans l'Orient que le style animal prit un développement original et durable. Les Sumériens en Babylone, les populations de la Syrie et de l'Asie Mineure qui suivirent les traces des Sumériens en firent leur style favori sans cependant négliger le système géométrique et le système floral. C'est en Babylone qu'ont été inventés les animaux fantastiques qui jusqu'à nos temps dominent dans l'art décoratif : le sphinx, le griffon, le dragon. C'est ici qu'ont été formés pour la première fois le groupe héraldique ou antithétique, et le symplegma des animaux ou le groupe synthétique, qui ont eu un succès durable et forment encore la base de ce qui nous reste du style animal. Dans le proche Orient, le style animal ne devint jamais le style exclusif de la décoration. Il s'y développa combiné avec le système géométrique et floral. Ce n'est qu'en Russie Méridionale et en Asie Centrale que le style animal régna suprême et supplanta presque entièrement le style floral et le style géométrique. Les Scythes apportèrent avec eux ce style animal combiné avec un style polychrome très primitif, et ce style s'établit avec eux dans la Russie Méridionale pour plusieurs siècles. Ce style importé par les Scythes a très peu de commun avec le style animal de la Meso potamie. Il ne connaît point les animaux fantastiques. Il ne s'intéresse pas aux groupes antithétique ou synthétique. Il cultive la figure d'un animal seul, non fantastique mais réel, et la stylise sans la géométriser. Il couvre cette figure d'animal d'autres figures d'animaux ; il donne aux extrémités de ces animaux — aux (*) On trouvera les détails et une bibliographie de la question dans mes deux livres anglais: "Iranians and Greeks in South Russia", Oxford, 1922, et "The Animal Style in South Russia and China", Princeton, 1928. ---

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L'ART VIVANT pattes, aux queues, aux cornes — la forme d'un animal entier stylisé mais non géométrisé ou la forme d'une partie d'un animal ; il réduit les animaux aux parties essentielles, par exemple, le bec, l'œil, l'aile pour un aigle, etc.; et il combine ce style animal avec une polychromie rude mais savante. Ce style qui apparaît en Russie soudainement et entièrement formé n'a pas été inventé en Russie. Il n'y a pas de précédents. Il y a été importé. Et la seule place d'où il a pu être importé c'est la patrie des Scythes : l'Asie Centrale. Nous pouvons suivre l'évolution du style animal en Russie pendant des siècles. Sous l'influence du proche Orient et de la Grèce, il se modifie et assume des formes moins originales, plus civilisées. Il adopte les animaux fantastiques, les groupes anti-thétiques et synthétiques, il combine ses animaux avec des plantes et des ornements géométriques. Mais il traite toutes ces innovations dans sa propre manière. C'est lui, par exemple, qui a inventé la palmette animale, la roue solaire animale, etc... Plus les Scythes s'hellénisent, plus leur style animal dégénère. Une partie des motifs s'hellénisait, l'autre devenait un cliché stéréotype et se mourait faute de forces vitales. Il semble que le style animal de l'Asie Centrale était étouffé par l'Art Européen et disparaissait lentement mais sûrement. Il n'en était rien. Tandis que ce processus se développait en Russie Méridionale, un nouveau style animal était en formation en Asie Centrale. Ce style néo-animal de l'Asie Centrale, nous le connaissons non seulement en Russie Méridionale, où il apparaît avec de nouveaux nomades qui remplacent les Scythes dans les steppes de la Russie Méridionale — les Sarmates, — mais nous en trouvons des produits un peu partout dans l'Asie Centrale : en Sibérie jusqu'au lac Baïkal, dans l'Altai, dans la Mongolie et, enfin, en Chine et dans l'Inde. Ce style néo-animal n'est pas une simple continuation du style animal scythe. Il en est l'héritier. Il a adopté sa technique et ses procédés. Il a accepté toutes les innovations que le style animal scythe a empruntées à l'art de l'Asie Mineure et de la Grèce. Mais il a remodelé ce style complètement, il y a introduit du sang nouveau. Et sous les mains créatrices de ces nomades de l'Asie Centrale, auxquels les peuples classiques ont donné le nom de Sarmates, le style animal a subi une renaissance vigoureuse qui l'imposa à tous les nomades des premiers siècles après Jésus-Christ. Ce furent ces derniers qui l'importèrent en Europe. Le style néo-animal prit pour base de son système ornemental non seulement une figure d'animal isolée mais un groupe d'animaux. Il n'a pas beaucoup employé le groupe antithétique. Ce groupe était trop froid et trop formel pour cet art robuste et pathétique. Ce qu'il a cultivé, c'est le groupe synthétique, le symplegma des animaux, deux ou trois animaux se combattant entre eux. Ce groupe, d'origine mésopotamienne, était bien connu des Grecs. L'art ionien archaïque l'avait introduit dans son répertoire, l'art néo-ionien de l'Asie Mineure l'avait employé largement. De l'Asie Mineure, il fut importé en Russie Méridionale et en Italie où, en Etrurie, il devint le motif favori de l'art étrusque des iv° et iii° siècles avant Jésus-Christ. Le même groupe florissait aussi dans l'art persan des v° et iv° siècles avant Jésus-Christ. C'est donc un motif bien connu. Mais remarquez ce que les Sarmates en ont fait. Comparez un des symplegmas classiques à ceux de l'Asie Centrale. Quelle force, quelle énergie et quelle férocité dans la figure d'un aigle qui tue un yak et quel pathos tragique dans la figure du yak mourant, pathos qui ne se rencontre que dans les figures d'animaux agonisants de l'art assyrien. Et en même temps une stylisation habile et raffinée, un sens ornemental qui ne se retrouve que chez de grands artistes, une combinaison rude mais vigoureuse d'une symphonie animale avec une symphonie géométrique polychrome. Notez que notre plaque est incrustée de pierres dans la technique du cloisonné. Ou bien regardez la scène de chasse dans une forêt. Que de mouvement dans les figures des chasseurs, des chevaux, du sanglier, du chien ! Et quelle stylisation savante du paysage, des arbres, des rochers ! On ne s'étonnera donc pas que cet art si puissant et si original quoique multiséculaire ait impressionné ses contemporains, qu'il ait pénétré en Chine et y ait influencé l'évolution de l'art chinois de l'époque Han et des époques postérieures, qu'il ait trouvé son chemin aux Indes et qu'il soit devenu le style de tous les peuples de l'Asie Centrale, la stylisation chinoise bien avancée d'un des symplegmas favoris de l'art sarmate : deux bêtes féroces tuant un cheval. Nous pouvons suivre sur d'autres plaques chinoises toutes les étapes de cette stylisation. Elles nous montrent un lion qui vient de tuer un yak, deux tigres savamment stylisés, qui deviendront bientôt ce que les archéologues chinois appellent les hydres; par ailleurs, une lutte rituelle de deux cavaliers démontés dans une forêt. Les formes, la technique, la composition sont les mêmes que celles de la plaque sibérienne, mais la vigueur et l'originalité manquent à cette imitation chinoise d'une plaque de l'Asie Centrale. Ne soyons donc point surpris que, lorsque cet art puissant et créateur qui exerçait un attrait si particulier sur la psychologie de ceux qui envahirent l'Europe à l'époque des migrations, se rencontra en Russie Méridionale avec l'art de l'Europe Centrale dans sa version germanique,il ait triomphé bientôt de cet art géométrique et lui ait imposé sa polychromie savante aussi bien que quelques éléments de son style animal. Quand, avec les Goths et les Sarmates et plus tard avec les Huns et d'autres nomades de l'Asie Centrale, cet art pénètre en Europe, il n'y périt point. Il ne fut ni submergé ni suf-fué par l'art provincial romain, héritier de l'art cel-tique; il se mêla à cet art, il le modifia et le transforma. C'est l'origine de ce que nous appelons l'art Mérovingien. Il en fut autrement dans l'Europe Septentrionale. Dans le Nord Scandinave, l'art de l'Asie Centrale n'apparut point avec des conquérants. Il y pénètre par les grandes voies commerciales : sa version européenne, l'art néo-animal combiné avec l'art romain et l'art celtique, par l'Allemagne du Nord et l'Angleterre ; sa version originale qui avait été adoptée par les peuples habitant la Russie Orientale, Centrale et Septentrionale, par les grands fleuves russes : la Kama, le Volga, les Dvinas, la Néva. Ce fut cette version originale qui produit en Scandinavie la renaissance du style animal à l'époque des Vikings dont l'exemple le plus brillant est le bateau d'Oseberg. Nous ne pouvons expliquer cette renaissance si nettement orientale que par l'influence directe du style néo-animal, non par l'influence du même style fort appauvri et très géométrisé de l'Europe Centrale. M. ROSTOVTZEFF, Professeur d'histoire ancienne à l'Université de Yale.

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L'ART VIVANT --- PECTORAL EN OR TROUVÉ EN HONGRIE. ART SCYTHE. MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE BUDAPEST. V° SIÈCLE AVANT J.-CH. --- PECTORAL EN OR TROUVÉ EN RUSSIE MÉRIDIONALE. ART SCYTHE. MUSÉE DE L'ERMITAGE. SAINT-PÉTERSBOURG. VI° SIÈCLE AVANT J.-CH. --- DEUX PLAQUES DE CEINTURE EN BRONZE. SYMPHONIES DE DEUX TIGRES (HYDRES) ART CHINOIS. COLLECTION C. T. LOO. ÉPOQUE HAN ---

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L'ART VIVANT --- PLAQUE EN BRONZE TROUVÉE EN CHINE. DEUX ANIMAUX (TIGRES ?) TUANT UN CHEVAL. VERSION CHINOISE DE L'ART SARMATE. ÉPOQUE HAN PLAQUE EN BRONZE TROUVÉE EN CHINE. LION DÉVORANT UN BUFFLE OU UN VAK VERSION CHINOISE DE L'ART SARMATE. ÉPOQUE HAN (?) PLAQUE EN BRONZE TROUVÉE EN CHINE. LUTTE RITUELLE DANS UNE FORÊT. VERSION CHINOISE DE L'ART SARMATE. ÉPOQUE HAN PLAQUE EN BRONZE TROUVÉE EN RUSSIE MÉRIDIONALE. TÊTE D'UN SAIGA. ART SCYTHE. MUSÉE DE L'ERMITAGE, SAINT-PÉTERSBOURG V° SIÈCLE AVANT J.-C. PLAQUE EN BRONZE TROUVÉE EN RUSSIE MÉRIDIONALE. TÊTE D'UN ÉLAN. ART SCYTHE. MUSÉE DE L'ERMITAGE, SAINT-PÉTERSBOURG V° SIÈCLE AVANT J.-C. PLAQUE EN BRONZE TROUVÉE EN RUSSIE MÉRIDIONALE. TÊTE D'UN SANGLIER. ART SCYTHE. MUSÉE DE L'ERMITAGE, SAINT-PÉTERSBOURG V° OU IV° SIÈCLE AVANT J.-C. ---

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L'ART VIVANT LOUISE HERVIEU > Ah ! mon cher cousin, voilà donc de ces pauvres lignes de Louise, mais il fallait bien que je vous dise mon attendrissement devant votre affection pour mes maux et mon travail et moi-même... » Ainsi débute une lettre que je reçus le 20 octobre, en réponse à celle où je lui promettais tout mon concours à son exposition rétrospective ; hélas ! lui disais-je, absent de Paris et retenu au loin, je ne verrais pas ces peintures, que j’ignore. Car je n’ai connu que plus tard cette femme étonnante que j’appelle “ma cousine”. Nous cousinons, en effet, depuis je ne sais plus laquelle de mes chroniques du mercredi, dans Comédia, dont le ton manquait en vérité de tenue ! Elle vint chez moi. Elle m’effraya, je l’avoue. Pauvre chère fille, dégingandée, amaigrie par la souffrance et le régime alimentaire qui lui était imposé, combien peu ressemblait-elle alors à cette rigolotte petite bonne femme riant aux anges, qui faisait, en 1910, de si terribles peintures et qu’on disait un monstre. Je cite encore cette phrase de la lettre qu’accompagne une bouffonne et charmante photographie d’une gigolette. Les pieds en équerre sur le sol, comme s’apprêtant à danser ; visage plein, corsage plus plein encore, dans ses fanfreluches ; jupe fleurie, à paniers ; et sur la tête un petit chaperon de page coquin pour music-hall. Vous être sûre, ma chère Louise, que vous avez été cela ? Point du tout “petite bonne femme” ni “rigolotte”. Vous portiez les signes de la fatalité. Cette image ne vous représente pas du tout telle que vous m’êtes apparue après la guerre, les bras alourdis de paquets, vos “commissions” dans Paris, votre cartable d’écolière plein de dessins et d’épreuves de lithographies, un parapluie et je ne sais plus quels paquets ; tout cela que vous dépôsez chez moi, quelques instants de repos, avant d’attraper le métro ou le tramway de Boulogne-Billancourt. Vous débordiez de tendresse, vous sembliez n’avoir que des amis bons comme le pain. À vous entendre, les amis de Louise n’auraient été que des anges ailés sur le patron de notre adorable Fénéon, cette sirène à barbiche qui nous présenta l’un à l’autre, dans les bureaux somptueux de La Sirène où allait paraître mon Ayméris. C’étaient les temps prospères de cette firme d’“avant-garde”, à tendances “sociales”. Chaque employé fumait d’exquises cigarettes dans un riche cabinet particulier, à peine moins vaste que celui du directeur, M. Lafitte. Un parfum d’ail dont raffolait cette fine bouche lyonnaise envahissait les salons d’attente où jasait le fébrile Claude Anet, non encore automobiliste, tandis que Guégan veillait à la mise en page et à l’illustration des splendides bouquins annoncés ; la façade marmoréenne et expressionniste d’une bibliopole munichoise lentement s’élevait, rue La Boétie, vis-à-vis celle de la galerie Ro-enberg, à côté de Hessel, proche de toutes les pinacothèques marchandes, sur le carreau de la peinture moderne. C’était envi-rant ! Vos beaux dessins pour le Baudelaire, vous me les avez montrés là, chère Louise Hervieu ; vos fusains violents et caressés, votre prose fiévreuse, vous m’y avez initié peu à peu, modestement, presque honteuse d’avoir des talents qui défendent la modestie, à qui les possède. Vous ne m’avez jamais dit d’où vous veniez, quelle fut votre formation, si vous aviez été une élève de la Maison Nationale de Saint-Denis, ou une ex-institutrice d’Ecole laïque et obligatoire, ni si vous aviez parcouru une tout autre carrière que celle du professorat. On vous savait astreinte aux dures lois et exigences de la piété filiale, aux labours de la ménagère, vous sans cesse endolorie, à peine nourrie de pâtes à l’eau, soumise au régime Combes avec cette sensation de vertige, ces vapeurs intolérables dont nous comparions les nuances chez chacun de nous, en relation avec l’acte d’écrire ou de dessiner la tête penchée en avant. Et comme un chat maigre, vous filiez par les rues, vers les imprimeries, pour réparer un accident survenu à vos planches, ces dessins compliqués d’exécution, d’un métier incopiable, qui vous est propre ; l’expression pathétique de votre inclassable génie. Vos beaux noirs de velours ou de crêpe ; vos blancs, vos gris, par quels procédés les obteniez-vous, avec le fusain et de la mie ? Grattage, non. Tripotage, dans des cendres ; bredouillage d’une main crispée au bout du bras, emmanchée comme le bec trop long de la cigogne à son col qui n’en peut mais, vous vous ouvrirez parfois à vos amis des inconforts de votre organisation matérielle, chez vous, loin du centre, dans la triste banlieue de Billancourt. À La Sirène, lieu de loisirs et de luxe, vous rapportiez votre “ouvrage” comme l’ouvrière en chambre aux grands magasins, dégageant je ne sais quelle atmosphère à la Marguerite Audoux, l’amie du pauvre Charles-Louis Philippe, mais quoi ? Tout semblait au mieux dans le meilleur des mondes, puisque vous aviez des amis, des affections brûlantes, et cette chère petite fille malade, pour laquelle vous inventiez cet album délicieux qui est un cours de dessin, de goût, d’art, à l’intention des enfants. De ces “amis” par qui Louise Hervieu se vantait d’être comblée, il en est qu’elle ne nommait pas ; ceux chez lesquels elle transporta plus tard ses fusains, son papier, sa mie et ses chiffons. Chez ces anonymes mécènes, elle passait des jours, au chaud, du moins, parmi des bibelots précieux ou amusants. Je devais trouver une de mes plus rares consolations, écrite dans la belle préface à son catalogue, dans l’amour des objets innocents. Sans cesse, j’ai rencontré de ces choses que je voulais représenter (c’était ma façon de les chérir) parce qu’elles étaient charmantes et bien délaissées. Tel objet que nous chois’mes dans le ravissement, qu’a-t-il fait pour nous déplaire maintenant ? quel est son tort ? De n’avoir pas changé en face de notre pauvre et imparfait amour. My tère des objets familiers! ces miroirs profonds comme les eaux des ab’mes, où se sont perdus tant de visages ardents, le temps les voile d’une haleine, la leur… Joujoux hors de mode, qui eurent tant à souffrir de la possession, je vous ai recueillis, j’aurais voulu vous soigner et vous guérir de vos blessures et de n’être plus aimés... ---