Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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29° ANNÉE - TOME XXX
Nouvelle Série
FONDATEUR
ARMAND DAYOT
L'ART
ET LES ARTISTES
ART ANCIEN, ART MODERNE
ART DÉCORATIF
CINQ SIÈCLES
D'ART
À
L'EXPOSITION
DE
BRUXELLES
Par PAUL FIERENS
30 Illustrations
DIRECTEUR :
Magdeleine A-DAYOT
RÉDACTION - ADMINISTRATION
23, Quai Voltaire, PARIS-7°
Revue mensuelle d'Art de France et de l'Étranger
NUMÉRO 158
JUIN 1935
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L'ART ET LES ARTISTES
Revue Mensuelle d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif
Compte Chèques postaux : 603.69
Registre du Commerce Seine 58.503
(PARAISSANT DIX FOIS PAR AN)
Tous droits réservés.
Fondateur
ARMAND DAYOT
Directeur
Magdeleine A-DAYOT
COMITÉ DE PATRONAGE
- Louis BARTHOU, ancien président du Conseil des Ministres, de l'Académie française.
- M. Léon BÉRARD, ancien ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, de l'Académie française.
- Philippe BERTHELOT, Ambassadeur de France.
- Albert BESNARD, peintre, membre de l'Académie des Beaux-Arts et de l'Académie française.
- Antoine BOURDELLE, sculpteur.
- M. Edouard HERRIOT, ancien président du Conseil des Ministres, ancien ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts.
M. Jean-Julien LEMORDANT, peintre.
M. Paul LÉON, de l'Institut, Directeur général des Beaux-Arts honoraire, professeur au Collège de France.
Maréchal LYAUTEY, de l'Académie française.
Raymond POINCARÉ, ancien président de la République, de l'Académie française.
M. André TARDIEU, ancien président du Conseil des Ministres, président de la Société des Artistes Décorateurs.
Robert de la SIZERANNE, critique d'art.
COMITÉ D'HONNEUR
M. D. DAVID-WEILL, membre de l'Institut, président du Conseil des Musées Nationaux, vice-président de l'Union Centrale des Arts Décoratifs, vice-président de la Société des Amis du Louvre.
M. Maurice FENAILLE, membre de l'Institut, vice-président du Conseil des Musées Nationaux.
Comte M. de CAMONDO, vice-président de l'Union Centrale des Arts Décoratifs, membre du Conseil des Musées Nationaux.
Mme Pierre GOUJON, née REINACH, amateur d'art.
Julien SCHWOB D'HÉRICOURT, amateur d'art.
M. H. EBRARD, amateur d'art.
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29e ANNÉE — TOME XXX — SOMMAIRE DU NUMÉRO 158 (Juin 1935)
CINQ SIÈCLES D'ART
A L'EXPOSITION DE BRUXELLES
par Paul FIERENS
(30 illustrations)
L'ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ. — Le 25e Salon des Artistes Décorateurs, par Magdeleine A-DAYOT. — A travers le Salon des Tuileries, par Michel FLORISOONE. — Les Expositions, par M. F. — En Province et à l'Étranger. — A l'Exposition 1937. — Échos des Arts. — Chronique des Arts Décoratifs, par M. A-D. — Chronique Théâtrale et Cinématographique, (Intérim). — Les Livres, par M. A-D.
En hors-texte : PORTRAIT DE MÉLIADUSE D'ESTE, par Roger Van der Weyden.
Prix de ce numéro : 12 francs. — Abonnement pour la France : Un an (dix numéros) 100 francs
(Demandes de changement d'adresse : 1 fr. 30. — Numéro spécimen : France 5 fr. — Étranger : 7 francs.)
ABONNEMENTS POUR L'ÉTRANGER : 1er PAYS AYANT ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM (Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Rép. Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Colombie, Congo Belge, Cuba, Danzig, Egypte, Espagne et Colonies, Estonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guyane Hollandaise, Hedjaz, Hedjed et dépendances, Hongrie, Iraq, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc espagnol, Mexique, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et colonies, Roumanie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, U.R.S.S. (Russie), Uruguay, Vatican, Venezuela, Yougoslavie : Un an (dix numéros) 130 francs. (Le numéro ordinaire : 15 francs. Le numéro spécial : 18 francs. — 2e PAYS N'AYANT PAS ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM : Un an (dix numéros) 130 francs. Le numéro ordinaire : 18 francs. Le ne spécial : 20 francs).
Bureaux : 23, Quai Voltaire, Paris-7e
Copyright by L'Arts et les Artisans, 1935.
Secrétaire de Rédaction : MICHEL FLORISOONE
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CROISIÈRES 1935
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BULLETIN D'ABONNEMENT
à détacher et à envoyer à M. L’Administrateur de l’Art et les Artistes
23, quai Voltaire, Paris (7e)
Je soussigné _______________________________
demeurant à _______________________________
déclare souscrire à un abonnement d’un an à l’Art et les Artistes au
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A _______________________________, le _______________________________ 193
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Prière de joindre à ce bulletin la somme de : Pour la France : 100 frs ; Pour les pays ayant adhéré à la convention de Stockholm : 130 francs. Pour les pays n’ayant pas adhéré à cette convention 150 francs.
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Archives Phot. Musée du Louvre
ROGER VAN DER WEYDEN. — LE TRIPTYQUE BRAQUE.
CINQ SIÈCLES D'ART
A L'EXPOSITION DE BRUXELLES
Au delà du Parc de Laeken, sur cent vingt-cinq hectares englobant un large plateau, des terrasses, des pentes douces, on a vu surgir, en l'espace de moins d'un an, une ville toute en palais et pavillons, jardins fleuris, avenues rectilignes, une ville qui a beaucoup de styles au pluriel et quelque style au singulier. Décrire l'Exposition universelle et internationale de Bruxelles serait ici, pour plusieurs raisons, besogne inutile. Décrire, d'ailleurs, prendrait trop de temps et n'équivaudrait pas à rendre compte de l'état d'esprit qui s'empare du visiteur dès qu'il franchit le seuil de la cité magique où, le jour, se déploient au vent les drapeaux de tous les pays, et où, la nuit, la fée de l'électricité préside aux jeux multicolores des cascades et des fontaines lumineuses. Nos lecteurs ont vu ou verront. Tandis que se proposent à l'attention les dernières innovations des techniques, des industries, des métiers, et que l'exposition fait en quelque sorte la somme des conquêtes réalisées dans le domaine de l'activité pratique — luxe, confort, soumission de la matière aux exigences de la vie moderne — le spectacle bien ordonné procure au flâneur, au
La manifestation artistique de beaucoup la plus importante à l'Exposition Internationale de Bruxelles étant la présentation de l'art brabançon, nous avons voulu lui réserver la plus large place. C'est pourquoi nos lecteurs trouveront dans ce numéro une étude étendue de cet art, sans que pour cette raison les participations hollandaise, anglaise et française soient oubliées : nous avons réservé à celles-ci plusieurs pages finales (N. D. L. R.)
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L'ART ET LES ARTISTES
profane, le délicat plaisir d'un « dépaysement ».
A force de montrer ce dont le présent est capable et que nous soupçonnions à peine, à force de « faire le point » et de tracer aussi des perspectives d'avenir, on nous projette hors du siècle et c'est dans l'irréel, dans une illusion bienfaisante, dans un rêve ou dans un mirage que nous avons le sentiment de vivre et de nous promener. D'autant plus que le grand passé participe à la grande fête. Il y retrouve une actualité qui développe son prestige. Si, d'une part, dans la Gare modèle, œuvre de l'architecte Victor Bourgeois — à laquelle ont collaboré les sculpteurs Jespers et Puvrez, les peintres Gustave de Smet, Willem Paerels, Jean Timmermans, Albert Dasnoy et quelques autres — on respire une pure et assez exaltante « atmosphère 1935 », d'autre part une savoureuse reconstitution du Vieux Bruxelles avec ses maisons à pignons, ses échoppes, ses cabarets, son ambiance de kermesse breughélienne, nous transporte dans un décor agréablement « gothico-baroque » où s'évoquent, un peu mêlés et confondus, les souvenirs du moyen âge, les fastes de la Renaissance, la franche gaité d'autrefois.
Futuristes et passésistes trouvent leur compte à l'exposition de Bruxelles. L'architecture d'aujourd'hui, précise et nette, intelligente, d'un fonctionnalisme qui a dépouillé l'esprit de système, y fait la preuve de sa remarquable et presque héroïque vitalité. Les constructions d'un Eggerickx, entre autres, se recommandent par une élégance qui ne doit rien à l'ornementation. Bien entendu, les erreurs sont nombreuses et le faux moderne est plus abondant que le vrai dans le « compromis » que nécessairement constitue une entreprise poursuivie sous le signe de l'élec-
Musée de Berlin
ROGER VAN DER WEYDEN. — PIETA.
(Triptyque de Miraflorès)
tisme. Mais enfin, l'ensemble est honnête, les monstres architecturaux sont assez rares. On peut aussi bien appliquer à l'art ces paroles que prononçait le roi Albert, haut protecteur de l'exposition, en dégageant la leçon, la morale du magnifique effort tenté par la Belgique : « Les temps difficiles que nous traversons n'autorisent pas le découragement. »
Nous nous abstiendrons donc de critiquer ici ce qui dans le plan de l'exposition et dans l'aspect de plusieurs édifices nous semble mal répondre aux vœux de l'urbanisme, de l'esthétique contemporaine et de notre goût personnel. Il y a trop à admirer pour qu'on insiste sur certaines fautes et certaines timidités d'organisateurs
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CINQ SIÈCLES D'ART
ROGER VAN DER WEYDEN. — LA NATIVITÉ.
(Triptyque de Miraflores)
plutôt routiniers, d'exécutants dépourvus d'invention, de décorateurs en délire. Notons, au surplus, que l'exposition a fourni, durant la période de crise dont nous éprouvons la rigueur, du travail à beaucoup d'artistes, choisis en général parmi les plus intéressants de l'école belge, et que l'on peut considérer comme un symptôme de redressement, de retour aux saines méthodes des époques vraiment créatrices, la bonne grâce avec laquelle maint peintre ou sculpteur, trop jaloux hier de sa vision particulière et de sa personnalité, a accepté les suggestions d'un programme et s'est plié à la sévère discipline d'une œuvre collective, sous la direction d'un chef, d'un patron. Travaillant d'après les maquettes d'Egide Rombaux, une équipe de statuaires qui surent, au besoin, faire abstraction de leurs préférences stylistiques, ont mené à bien la décoration monumentale du hall gigantesque et de fière allure qui domine l'exposition. Ce labeur «en chantier», contrôlé par un «maître d'œuvre» ne fait-il pas songer aux pratiques médiévales des imagiers, à la soumission des sculpteurs de Versailles aux desseins de Mansart, d'André Le Nôtre et de Le Brun?
L'art moderne, à l'exposition de Bruxelles, n'a pas été traité en parent pauvre. On lui a réservé un pavillon dans lequel M. Van Puyvelde, bravant l'impopularité et muni pour la circonstance de pouvoirs dictatoriaux, présente ce qui compte, à ses yeux comme aux nôtres, de la peinture et de la sculpture belges : Ensor, Permeke, Minne, Gustave de Smet, etc., tandis que les nations étrangères participant à l'exposition, France et Italie en première ligne montrent une série d'échantillons de leur production officielle ou indépendante. C'est néanmoins vers le Palais de l'art ancien, où «Cinq siècles d'art» se résument, que nous allons nous diriger. C'est là que les chefs-d'œuvre nous attendent.
C'est là que l'honnête homme, l'érudit, le simple amateur, oubliant ce qu'une exposition «universelle et internationale» a forcément de théâtral, d'extérieur et de publicitaire — la beauté n'étant point sa seule raison d'être — trouve dans le secret de sa ferveur, dans l'intimité de sa conscience, dans sa communion, sous les espèces de l'art, avec un passé qui lui tient au cœur, les meilleurs motifs d'espérer, d'avoir confiance et de se réconcilier avec la condition humaine, avec l'histoire — et avec l'univers entier. La Belgique veut conserver son optimisme; elle le justifie en tournant ses regards tantôt vers un futur dont les éléments s'élaborent dans ses usines, ses ateliers, ses écoles, tantôt