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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI NATHAN REVUE MENSUELLE - 5e ANNÉE - J.-V. 1945
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI NATHAN REVUE MENSUELLE - 5e ANNÉE - J.-V. 1945
1898 : LA PREMIERE VOITURE. Moyens de production : - 30 m² - 1 tour - 1 forge à main - 1 enclume - 1 ouvrier 1935 - 1.200.000 m² - 17.000 machines-outils - 35.000 ouvriers. FABRICATION : 70.000 voitures, moteurs d'avions, automotrices, tracteurs, etc... Cet essor n'a été possible que grâce à un ensemble de méthodes consacrées par l'expérience: - SURETÉ DE LA CONCEPTION - SÉLECTION DES MATIÈRES PREMIÈRES - PRÉCISION DANS L'EXÉCUTION - RIGUEUR DES CONTROLES avec comme résultat : LA PLUS HAUTE QUALITÉ AU MEILLEUR PRIX LES SOLUTIONS DE L'EXPÉRIENCE AU SERVICE DE LA VIE MODERNE RENAULT L'AUTOMOBILE DE FRANCE
L'ARCHITECTURE ET LES LOIS RECUEIL ALPHABÉTIQUE DE DÉCISIONS DES COURS ET TRIBUNAUX COMMENTÉES À L'USAGE DES ARCHITECTES ET ENTREPRENEURS SOUS LA DIRECTION DE M. G. DURANT-FARGET AVOCAT À LA COUR DE PARIS PROFESSEUR DE LÉGISLATION À L'ÉCOLE SPÉCIALE D'ARCHITECTURE. CONSEILLER JURIDIQUE DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT. AVEC LA COLLABORATION DE : M. TALAMON, AVOCAT À LA COUR DE CASSATION. M. R. DURANT-FARGET, AVOCAT À LA COUR. M. OLIVIER, AVOUÉ À LA COUR. M. ROUAULT, AVOUÉ DE PREMIÈRE INSTANCE. Pour répondre d'une manière moderne au désir exprimé par de nombreux lecteurs, L'Architecture d'Aujourd'hui offrira désormais à ceux-ci le texte commenté des décisions juridiques intéressant l'architecte et l'entrepreneur au cours de l'exercice de leur profession. Quelle est la nature du contrat qui unit l'architecte ou l'entrepreneur à son client ? Comment l'entrepreneur et l'architecte pourront-ils exiger la rétribution équitable de leurs travaux ? Quelles sont, le cas échéant, les responsabilités que peuvent encourir l'architecte et l'entrepreneur ? Sont-ils solidaires l'un de l'autre ? Toutes ces questions se posent à chaque instant devant l'esprit de nos lecteurs. C'est pourquoi L'Architecture d'Aujourd'hui a décidé de consacrer dans chacun de ses numéros sous le titre « L'Architecture et les Lois », une rubrique à l'examen de ces différentes questions, comme aussi de toutes celles qui doivent ou peuvent être envisagées. Pour pouvoir fournir les éléments d'une rapide étude de ces multiples questions, nous avons décidé d'adopter un mode de présentation tout à fait nouveau. Notre rubrique juridique « L'Architecture et les Lois » ne sera pas publiée dans le corps même de la Revue, mais sur des cartes spéciales de bristol blanc. Nos lecteurs auront certainement le désir de conserver les décisions commentées que nous publierons. Afin de faciliter ultérieurement leurs recherches, ces décisions seront publiées sous forme de larges fiches portant, de manière apparente, un titre et une lettre destinée au classement alphabétique. Un indice numérique placé à la partie inférieure de la lettre permettra de suivre l'ordre chronologique et de vérifier qu'il n'y a pas de fiche manquante. Chacune de nos citations portera en tête une analyse très sommaire de la décision publiée et commentée. Les fiches pourront être classées soit dans des reliures, soit dans des fichiers spécialement étudiés pour un maniement pratique, (voir au verso). En sorte que nos abonnés pourront à toute époque retrouver, grâce à ce classement, toutes les décisions intéressant les cas qui pourront les préoccuper. Il leur suffira de consulter sous la lettre initiale les textes publiés. En peu de temps, grâce à nos commentaires, nos lecteurs auront en leur possession un véritable ouvrage de doctrine et de jurisprudence perpétuellement tenu au courant. Ce recueil constitue une innovation, les livres de droit se périmant très vite. Un tel ouvrage sera d'une portée pratique particulièrement opportune à un moment où les Tribunaux usent d'une réelle rigueur à l'égard des architectes et des entrepreneurs lorsqu'ils sont appelés à prendre en considération l'exécution par les architectes de leur mission et par les entrepreneurs de leurs travaux. Architectes et Entrepreneurs seront donc désireux, et nous ne leur conseillons, d'examiner à la lumière des principes juridiques toute difficulté qu'ils rencontreront dans l'exercice de leur profession, avant que cette difficulté ne prenne un caractère contentieux. Ils voudront s'éclairer sur leurs droits et sur leurs devoirs, sur leurs obligations et sur ce qu'ils peuvent réclamer. C'est pourquoi L'Architecture d'Aujourd'hui à compter de ce jour a décidé d'organiser au profit de ses abonnés, avec l'aide de jurisconsultes spécialisés dans ces questions, un service de consultations qui, nous en sommes convaincus leur rendra les plus grands services. Pour avoir droit à une consultation, notre abonné n'aura qu'à joindre à sa demande ses références d'abonné. Les réponses avec l'analyse de la question posée paraîtra autant que possible dans le numéro qui suivra la réception de la question. Et cette publication, ne sera pas seulement profitable à ceux de nos abonnés qui auront sollicité notre avis, mais encore à tous ceux de nos lecteurs à l'esprit desquels se poseraient, dans le même moment, des questions identiques ou analogues.
L'ARCHITECTURE ET LES LOIS CONSEILS A NOS ABONNES POUR LE CLASSEMENT DES FICHES Dans le but de faciliter la tâche de nos abonnés dans le classement des fiches juridiques, nous avons fait étudier à leur intention des classeurs spéciaux et des fichiers leur permettant le maniement pratique des fiches constituant l’ouvrage de jurisprudence : l’ARCHITECTURE ET LES LOIS. C’est à nos abonnés qu’il appartient de choisir le système de classement : classeurs ou fichiers spéciaux sont cédés à nos abonnés à des conditions très favorables. --- Classeur types pour 300 fiches environ (modèle reproduit ci-dessus), prix : frs. 15.- Fichier pour 1.000 fiches environ (renseignements complémentaires sur demande) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . — 35.- Port en supplément.
L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉL.: MOLITOR 19-90 ET 91 REVUE MENSUELLE — 5e ANNÉE — NUMÉRO 6 — JUIN 1935 ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR COMITÉ DE PATRONAGE: MM. POL ABRAHAM, ALF. AGACHE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOUIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DÉMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FELIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, H. LE MÊME, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. B. MATHON, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE, VETTER COMITÉ DE RÉDACTION PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF HISTORIQUE: ALBERT LAPRADE URBANISME: MAURICE ROTIVAL ARCHITECTURE: G. H. PINGUSSON INTÉRIEURS: J. P. SABATO TECHNIQUE: ANDRÉ HERMANT JULES POSENNER, SEC. DE RÉDACTION CORRESPONDANTS: ALGÉRIE: M. LATHUILLIÈRE — ALLEMAGNE: RALF TROJE — ANGLETERRE: E. GOLDFINGER — AUTRICHE: EGON RISS — BELGIQUE: DE KONINCK — BRÉSIL: EDUARDO PEDERNEIRAS — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — DANEMARK: HANJEN — ESPAGNE: GUITIERREZ SOTO — ÉTATS-UNIS: DEXTER MORAND — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — GRÈCE: GEORGES KALYVAS — HONGRIE: PROF. DENIS GYOERGYI — ITALIE: P. M. BARDI — JAPON: BRUNO TAUT — PALESTINE: J. BARKAI — PAYS-BAS: J. P. KLOOS — PORTUGAL: PARDEL MONTEIRO — ROUMANIE: G. CANTACUZENE — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — SUISSE: H. ZWEIGENTHAL — TCHECOSLOVAQUIE: JEAN SOKOL — TURQUIE: ZEKI SAYAR — U. R. S. S.: PROF. ARKINE — YOUGOSLAVIE: PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» À L'ÉTRANGER ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE EUGEN CARADA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MAURID. — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. — BRÉSIL: PUBLICACOES INTERNACIONALES, AVENIDA RIO BRANCO, 117, RIO-DE-JANEIRO. — COLOMBIE: LIBR. COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA. — AUSTRALIE: FLORANCE ET FOWLER, ELISABETH HOUSE, ELISABETH STREET, MELBOURNE CT TARIF DES ABONNEMENTS: FRANCE ET COLONIES: UN AN (DOUZE NUMÉROS) ………………………………………… 150 FR. PAYS ÉTRANGERS A 1/2 TARIF POSTAL: UN AN: 230 FR. — PAYS ÉTRANGERS A PLEIN TARIF POSTAL …………… 250 FR. PRIX DE CE NUMÉRO : FRANCE ET COLONIES : 25 FR. - ÉTRANGER 30 FR.
LA 1re TRANCHE DES H. B. M. A. DE CHATENAY-MALABRY A ÉTÉ RÉALISÉE AVEC NOS MENUISERIES MÉTALLIQUES ET BOIS FENÊTRES, BÂTIS, HUISSERIES MÉTALLIQUES PORTES CAISSONNÉES SPÉCIALES BTÉ S.G.D.G. DEMANDEZ-NOUS NOS STANDARDS L. DOUZILLE ING.A.M 7, RUE SÉBASTIEN-MERCIER - PARIS XVE - VAUG. 69-00.69-01 SIÈGE SOCIAL ET USINES A ALBERT (SOMME) - TELEPHONE : 43 A ALBERT PUB.: ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI
NUMÉROS SPÉCIAUX DE « L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI » H. B. M. 5 INTRODUCTION PIERRE VAGO. 7 LE LOGEMENT OUVRIER CONTEMPORAIN HENRI SELLIER. 11 IMMEUBLES COLLECTIFS ALBERT LAPRADE. I. HISTORIQUE DES H. B. M. 15 NAISSANCE DU PROBLÈME, PREMIÈRES SOLUTIONS JULES POSENER. - LE CAPITALISME PRÉCURSEUR DE 1510. - LE COLBERTISME. - LE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. Les réformes entreprises au cours du dix-neuvième siècle s'avèrent comme inefficaces. Les utopies, par contre, amènent à des réalisations pleines d'avenir. La question de l'habitation à bon marché est étroitement liée à l'urbanisme. Il faut réviser l'ordre de grandeur de nos villes. 35 RECUEIL DE NOTES SUR L'HISTOIRE DES H. B. M. 39 BIBLIOGRAPHIE DES H. B. M. Notamment sur l'histoire et la législation. II. LÉGISLATION ET ORGANISATION DES H. B. M. 45 LÉGISLATION, VOIES ET MOYENS PIERRE BOURDEIX. - POLITIQUE DE L'HABITATION. - HYGIÈNE DE L'HABITATION. - LÉGISLATION FRANÇAISE. - LE MOUVEMENT À L'ÉTRANGER. - VOIES ET MOYENS. L'importance primordiale de la question du point de vue social et national est soulignée. L'auteur voit dans la construction à grande échelle des H. B. M. le moyen le plus efficace pour absorber le chômage. Des erreurs courantes sont vérifiées au moyen d'un riche matériel statistique. III. URBANISME DES H .B. M. 57 LES GRANDS ENSEMBLES MAURICE ROTIVAL. - PROBLÈME GÉNÉRAL ET IMPLANTATION DES CITÉS. - AMÉNAGEMENT DE LA CITE. Vue d'avion de la ville actuelle; un plan d'urbanisme régional se révèle nécessaire; plan de la cité d'H. B. M.: classement des zones, classement des rues, urbanisme tenant compte de l'orientation. Il faut transformer la grande ville. 73 FORMES DE LA CITE: Recueil de plans et de photos. L'importance du sujet ainsi que l'abondance de la documentation qui nous est parvenue nous ont amenés à réserver pour le prochain numéro les études suivantes: PROGRAMMES ET TENDANCES M. G. PINGUSSON. LE PLAN DE L'HABITATION A BON MARCHÉ FRANTZ-PHILIPPE JOURDAIN ET JEAN-PAUL SABATOU. QUESTIONS TECHNIQUES ANDRÉ HERMANT. ainsi que plusieurs études spéciales ayant rapport à la question. Ce numéro paraîtra fin juillet. Nous avons remplacé une étude spéciale sur l'esthétique des H. B. M. par un recueil de photos que nous avons librement intercalées dans les textes. Notre étude a pour but de rappeler des essais oubliés et de fixer un standard qui puisse servir de point de départ. Elle n'a nullement la prétention d'être complète. CE NUMÉRO A ÉTÉ RÉDIGÉ SOUS LA DIRECTION DE JULES POSENER
BLOC D'HABITATIONS A BON MARCHÉ A BARCELONE Voir plan page 75. ARCHITECTE: ZUAZO UGALDE Photo Illustradore Espanola
INTRODUCTION PAR PIERRE VAGO Le problème des habitations collectives populaires est un de ceux où les questions architecturales sont le plus étroitement liées aux questions sociales et politiques. Le lecteur sera un peu étonné de trouver, dans ce numéro, des points de vue nettement politiques et sociaux, opposés d'ailleurs, mais exprimés avec vigueur et conviction. Ainsi, M. Bourdeix croit pouvoir constater la faillite des solutions «étatistes» du problème du logement, et plaide la cause de «l'initiative privée». Cependant, des exemples innombrables ne tendent-ils pas à prouver exactement le contraire? L'intervention des pouvoirs publics n'a-t-elle pas été provoquée par la carence de l'initiative privée, par les abus de la spéculation, par les déplorables conditions hygiéniques des logements considérés uniquement comme des «placements» de capitaux, auxquels il fallait assurer un rendement maximum. Et c'est là bien dans la logique des choses, car il ne faut pas vouloir prétendre de «l'initiative privée», un mécanisme qui serait, en quelque sorte, contre nature. L'exemple de Vienne, que nous avons eu l'occasion d'étudier en détail à cette même place (1), est extrêmement significatif à cet égard. Aussi comprendra-t-on l'énergie avec laquelle certains autres de nos collaborateurs s'élèvent contre ce qu'ils considèrent comme le principal obstacle au progrès de l'habitation populaire, et l'insistance avec laquelle ils réclament des solutions radicales que, d'après eux, seul un État ayant de son rôle une conception «totalitaire», peut apporter. Et ceci est d'autant plus compréhensible qu'il n'est pas téméraire d'affirmer que le problème de l'habitation populaire est, avant tout, un problème essentiellement social et un problème d'urbanisme avant que d'architecture. Or, qui dit urbanisme, dit plan, règle, discipline, primauté du collectif. La divergence des points de vue que nous venons de constater sur le plan politique n'est pas moindre dans les autres domaines. Et c'est bien qu'il en soit ainsi, parce que chaque problème peut être envisagé sous des angles tellement différents, et trouver les solutions les plus diverses. M. Henri Sellier, dont on connaît la longue et féconde carrière d'administrateur d'une des plus importantes communes de la région Parisienne (2), se préoccupe avant tout des améliorations urgentes à apporter à la santé et au bien-être des populations laborieuses de la banlieue. L'urbaniste s'attachera à démontrer l'excellence des vastes solutions qu'il préconise, après avoir soigneusement pesé le pour et le contre des principales doctrines en présence. Il soulignera avec force que des tentatives isolées, pour excellentes qu'elles soient, ne peuvent apporter une solution définitive si elles ne s'intègrent pas dans un plan général — et nécessairement grandiose — si l'on prend le cas, qui est le plus urgent, des importantes agglomérations déjà existantes. Car c'est là que le mal est plus profond: il s'agit de sauver plutôt que de guérir, et il n'y a qu'un remède: le bistouri. Tel n'est pas l'avis de M. Albert Laprade, auquel nous avons demandé son habituel — mais toujours si savoureux — «regard en arrière». Consciencieusement, il commence l'«historique» des immeubles collectifs à l'époque des ichtyosaures et des plésiosaurines. Que l'histoire de l'habitation est remplie de jolies choses! Que d'innommables casernes ne construit-on de nos jours! Avec un certain goût du paradoxe, M. Laprade semble donner des arguments à ceux qu'il a toujours combattus. Pourquoi tant reconstruire? Gardons nos vieux quartiers pittoresques; confions-les à des équipes de plombiers, de peintres, d'électriciens, sous la direction de jeunes architectes de goût, et nous obtiendrons un résultat excellent, «qui miscuit utile dulci»... A ceci on ne manquera pas d'objecter: qu'à toutes les grandes époques de l'art, les architectes ont eu le courage de démolir ce qui ne répondait plus aux nécessités des temps, et le remplacer par des œuvres «modernes»; qu'aujourd'hui, en particulier, la situation exige des solutions nouvelles et hardies, et non des palliatifs; qu'au point de vue strictement économique, la «mise en état» de vieux quartiers, sans apporter une solution pleinement satisfaisante, serait presque aussi coûteuse que le résultat que l'on pourrait obtenir par l'application de principes francs et nets et de méthodes hardies. Et que — au surplus — il vaut mieux ne pas songer à ce que seraient ces vieilles maisons pittoresques, une fois transformées, les fenêtres élargies, les murs repeints, le chauffage et l'ascenseur installés, les planchers percés pour le passage des innombrables canalisations, les plans modifiés pour adapter les logements à nos exigences... Laissons ces objecteurs sceptiques à leurs arguments, et voyons plutôt ce que l'on nous propose «de l'autre bord». Les perspectives sont, en effet, séduisantes. Ces belles cités, propres et claires, au tracé régulier, où les éléments sont logiquement distribués, où tout est prévu et ordonné; où les loeiments, généreusement ensoleillés, ouvrent sur des voies calmes, agrémentées de pelouses et de plantations; où le confort le plus complet est assuré à tous les habitants par la production en série d'éléments standards bien étudiés et permettant un très grand nombre de combinaisons; la mise en œuvre rationnelle des matériaux et de procédés nouveaux, la centralisation des services communs; etc... Il y a évidemment de quoi soulever des enthousiasmes! S'agit-il de rêveries irréalisables? Nullement. Il y a eu déjà des essais, plus ou moins heureux, sur une échelle plus ou moins vaste. S'il y a eu des échecs, il y a eu aussi d'éclatants succès. Quoi qu'il en soit, le problème est posé; aux architectes de l'étudier, en attendant le jour heureux où le résultat de tant d'efforts, de tant de foi, de tant d'énergie généreusement dispensée, de tant de travail modeste, souvent anonyme, pourra quitter enfin le papier pour entrer dans le domaine des réalités. Pierre VAGO. --- (1) A. A., 1re année, No 7. (2) Conseiller général depuis 1910, maire de Suresnes depuis 1919, M. Sellier dirige actuellement l'Office Public d'H. B. M. du Département de la Seine pour la création duquel il a vaillamment lutté.
LES TOURS D'HABITATION DE DRANCY Photo prise d'un petit jardin donnant l'impression que devrait avoir le groupe si les espaces libres étaient gardés. ARCHITECTES: BEAUDOUIN ET LODS
LE LOGEMENT OUVRIER CONTEMPORAIN par HENRI SELLIER Il est possible, à l'heure actuelle, de jeter un coup d'œil sommaire sur les résultats de la loi Loucheur, présentement quasi caduque, et d'en dégager quelques conclusions en ce qui concerne son influence sur une politique rationnelle du Logement. Il faut bien reconnaître qu'à cet égard les résultats ont été décevants. Dans une étude publiée au lendemain du vote de la Loi, j'avais émis à cet égard des anticipations que les événements, hélas, n'ont pas confirmées. (1) « L'application de la loi Loucheur doit dégager l'architecte domestique française. Celle-ci sera d'autant plus rationnelle que son étude aura été dominée par la connaissance des expériences de l'étranger, des avantages et des inconvénients qu'ont mis en évidence les procédés utilisés par ailleurs; mais elle devra être exactement adaptée aux conditions climatiques et sociales du pays, du milieu et aux possibilités économiques qu'offre notre pays. ...La méthode préconisée par certains, qui tend à dépouiller l'architecte de la marque personnelle de l'homme de l'art, en assurant l'exécution des plans par des bureaux de techniciens, sans initiative individuelle nous mènerait rapidement à la disparition de tout progrès architectural ». Or, en réalité, l'application de la loi Loucheur a, d'une façon générale, été mise en œuvre par deux méthodes opposées, mais aboutissant trop souvent au même résultat désastreux. D'une part, dans le compartiment « accession à la petite propriété », on a continué les errements anciens. Tous les métiers et sous-métiers de chef-lieu de canton, prénommés orgueilleusement « architectes » déjà responsables du massacre de la reconstitution des régions dévastées, se sont abattus sur la loi Loucheur, et ont multiplié sur l'ensemble du territoire français les baraques les plus inommables, qui caractérisent le style architectural tout particulier dit: « de la Banlieue parisienne ». D'autre part, à Paris notamment, on a, soit en ce qui concerne le programme prévu par la loi, soit pour ceux qui ont été exécutés en marge, méconnu la nécessité de laisser son individualité à l'homme de l'art, et abouti avec le seul souci de recherche du prix de revient, à multiplier les casernes qui, avant qu'il ne soit longtemps, constitueront les nouveaux îlots insalubres de l'agglomération parisienne. Peut-on de cet ensemble, où presque nulle part n'apparaît l'esprit d'initiative, de recherche ou d'émulation, dégager quelques règles qui tendent à marquer une orientation nouvelle de l'architecture domestique ? Cela est certes bien difficile, et il semble au contraire, qu'après un mouvement sérieux de l'opinion publique et la recherche de formules nouvelles et hardies, il y ait à l'heure actuelle une sorte de réaction dans le sens de la routine et du statu quo. Sans doute, il semblerait que la diminution des prix de revient résultant de la crise actuelle, qui tend à ramener les devis à des proportions raisonnables, soit de nature à inciter les constructeurs à apporter quelque progrès dans l'aménagement des immeubles. Dans les sphères administratives il en est tout autrement: La Préfecture de la Seine en particulier, vient d'imposer aux organismes placés sous son contrôle, le retour aux formules que l'on croyait à tout jamais abandonnées, et qui tendent à limiter l'intervention publique à la construction de ghettos pour les familles nombreuses et d'abris minima pour la population des centres urbains. Le récent concours organisé par la Ville de Paris est d'ailleurs la traduction de cet état d'esprit. Or, en France en général, et dans la région parisienne en particulier, le progrès dans les questions d'habitation dépend dans une mesure décisive, de l'intervention des pouvoirs publics. Tant que des règlements insuffisants, permettront la construction à multiples étages sans ascenseur, tant qu'ils autoriseront une utilisation intensive du terrain, telle qu'on l'a constatée dans certains groupes édifiés par la Ville de Paris sur les fortifications, tant qu'ils n'imposeront pas l'organisation d'un minimum de confort à l'intérieur du logement, le type d'architecture dit « de la zone », continuera à couvrir la plus grosse partie des territoires périphériques de Paris. Toute amélioration, tout confort, se paient; or contrairement à l'Anglo-Saxon, au Scandinave, ou au Germain et avec la même mentalité que l'Espagnol ou l'Italien, le Français en général, et le Parisien en particulier, a un souci minimum de l'habitation. Des familles aisées d'ouvriers préfèrent s'entasser parfois dans des immondes baraques, où elles ne paient que peu ou pas de loyer, que de faire l'effort nécessaire pour s'assurer, en consacrant à l'habitation une proportion plus importante du salaire, un appartement convenable. Comme la plupart des municipalités de Banlieue contemplent d'un œil indulgent le foisonnement des champignons qui se produit autour de leur commune, comme il suffit de parcourir les terrains suburbains, pour se rendre compte que dans nombre de cas, des quartiers entiers sont couverts de constructions que l'application la plus élémentaire des principes et des règlements d'hygiène devrait prohiber, des locaux convenables, loués à un prix modéré, restent vacants. Si au contraire les règlements favorisaient l'édification de la maison normale, celle du vingtième siècle, s'ils étaient rigoureusement appliqués, si toutes les agglomérations insalubres anti-réglementaires étaient pourchassées comme elles le méritent, les progrès dans le confort du logement, deviendraient possibles et rapides. Quelque graves que soient à cet égard les observations ci-dessus, il est utile néanmoins de constater que des progrès certains ont été depuis une trentaine d'années enregistrés dans la mentalité générale. Il y a trente ans, le progrès, dans les immeubles neufs des faubourgs de Paris ou de la banlieue, consistait à mettre un cabinet d'aisances par palier, à la disposition des habitants qui, antérieurement, ne trouvaient cette commodité que dans la cour. L'installation du robinet d'eau, substitué à la borne-fontaine, et posé dans la cour de l'immeuble est, à la même époque, apparue comme une nouveauté révolutionnaire. Le robinet avec le « plomb » sur le palier, a marqué, il y a à peine un tiers de siècle, le dernier mot du confort ouvrier. Or, il est évident qu'à l'heure actuelle les 4/5 des familles ouvrières refuseraient d'occuper un appartement ne comportant pas de water-closet individuel, et n'ayant pas l'eau sur l'évier. On peut de même poser en principe, que l'utilisation du gaz et de l'électricité a pris un caractère général, alors qu'au début du siècle elle constituait encore un luxe, réservé aux classes privilégiées. (1) Illustration, 30 Mars 1929.

La revue mensuelle "L'Architecture d'Aujourd'hui" consacre ce numéro spécial aux Habitations à Bon Marché (H.B.M.). Il aborde l'historique du problème, la législation et l'organisation des H.B.M., ainsi que leur urbanisme, avec des études sur les grands ensembles et les formes de la cité. Des articles traitent également du logement ouvrier contemporain et des immeubles collectifs.