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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI NATHAN REVUE MENSUELLE - ANNÉE - MARS 1935
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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI NATHAN REVUE MENSUELLE - ANNÉE - MARS 1935
Anciens Établissements Clémancône 23, Rue Lamartine - Paris - Trudaïne 86-40 (3 lignes gr.) L'Électricité au Théâtre et au Cinéma Cinéma Jacques Haik, Boulevard Poissonnière - M. Bluyzen, Arch.
L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉL.: MOLITOR 19-90 ET 91 REVUE MENSUELLE — 5e SERIE — NUMERO 3 — MARS 1935 ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR COMITÉ DE PATRONAGE: MM. POL ABRAHAM, ALF. AGACHE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOUIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DÉMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, H. LE MÊME, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. B. MATHON, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE, VETTER COMITÉ DE RÉDACTION PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF HISTORIQUE: ALBERT LAPRADE URBANISME: MAURICE ROTIVAL ARCHITECTURE: G. H. PINGUSSON INTÉRIEURS: J. P. SABATOU TECHNIQUE: ANDRÉ HERMANT JULES POSENNER, SEC. DE RÉDACTION CORRESPONDANTS: ALLEMAGNE: JUERGEN SCHWEIZER — ANGLETERRE: E. GOLDFINGER — AUTRICHE: EGON RISS BELGIQUE: DE KONINCK — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — DANEMARK: HANJEN — ESPAGNE: GUITIERREZ SO-TO — ÉTATS-UNIS: DEXTER MORAND — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — GRÈCE: GEORGES KALYAVS — HONGRIE: PROF. DENIS GYORGYI — ITALIE: P. M. BARDI — JAPON: BRUNO TAUT — PALESTINE: J. BARKAI — PAYS-BAS: J. P. KLOOS PORTUGAL: PARIAL MONTEIRO — ROUMANIE: G. CANTACUZENE — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — SUISSE: H. ZWIGENTHAL — TCHÉCOSLOVAQUIE: JEAN SOKOL — U R. S. S.: PROF. ARKINE — YOUGOSLAVIE: ILITCH ET PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» A L'ÉTRANGER BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE À BRUXELLES. — ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE EU-GEN CARADA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MADRID. — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. — BRÉSIL: PUBLICACOES INTERNACIONALES, AVENIDA RIO BRANCO, 117, RIO-DE-JANEIRO. — COLOMBIE: LIBR. COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA TARIF DES ABONNEMENTS: FRANCE ET COLONIES: UN AN (DOUZE NUMÉROS) ………………………………………… 150 FR. PAYS ÉTRANGERS A 1/2 TARIF POSTAL: UN AN: 230 FR. — PAYS ÉTRANGERS A PLEIN TARIF POSTAL …………… 250 FR. PRIX DU NUMÉRO : FRANCE ET COLONIES : 18 FR. - ÉTRANGER 25 FR.
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SOMMAIRE 4 EN RELISANT LES VIEUX AUTEURS A. LAPRADE. CONSTRUCTIONS NOUVELLES EN FRANCE 6 GROUPE D'ÉDUCATION SOCIALE À LYON M. ROUX-SPITZ, ARCH. 10 BATIMENT DE LA CRIÉE À LA VILLETTE P. FOURNIER, ARCH. 12 ÉTABLISSEMENT DE BAINS-DOUCHES À PARIS P. FOURNIER, ARCH. 14 LA RÉSIDENCE AU VAL D'ESQUIÈRES R. DARDE, ARCH. 17 BUREAU DE POSTE À VANVES P. ET M. MARME, ARCH. 20 FOYER DE LA JEUNE FILLE À STRASBOURG JEAN SORG, ARCH. 22 CINÉMA D'ACTUALITÉS À PARIS A. GORSKA, ARCH. 24 CINÉMA D'ACTUALITÉS À PARIS CH. SICLIS, ARCH. 27 L'EXPOSITION DE 1937: NOUVEAUX CONCOURS G. H. PINGUSSON, J. P. SABATOU. L'ARCHITECTURE À L'ÉTRANGER 31 ARCHITECTURE NOUVELLE EN ANGLETERRE J. POSENER. ŒUVRES DE MM. SIR OWEN WILLIAMS, BURNET, TAIT ET LORNE, LUBETKIN ET TECTON, CHITTY, SKINNER, H. CHECKLEY, A. BOUXIN ET PILICHOVSKY. ARCHITECTURE D'INTÉRIEURS 56 TRAVAUX DE BARBE, DÉMARET, FURIET, SABATOU, SOGNOT, PINARD, RENAUDOT, NATANSON, HAMZA, DJO-BOURGEOIS, PERRIAND, VAGO, BARRET, GABRIEL, ATHÉLIA, ALBINI, GEMÈS, BRY, EWERTH, PLISCHKE. INFORMATIONS 78 EXPOSITION STYLCLAIR À PARIS. 81 RÉUNION DU COMITÉ DE L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI. 83 LA 3ème RÉUNION INTERNATIONALE D'ARCHITECTES. 84 BIBLIOGRAPHIE. 86 REVUE DES REVUES. 89 INFORMATIONS.
EN RELISANT LES VIEUX AUTEURS PAR ALBERT LAPRADE III LE LIVRE DE PHILIBERT DE L'ORME (suite) Si le Maître Lyonnais n'a pas les qualités de style de Jean Martin, l'ami de Ronsard, le traducteur de Léon Baptiste Albert, architecte florentin, par contre la lecture de son Traité offre un très grand intérêt. On saisit sur le vif l'intelligence des architectes français du XVIème siècle et leur science, faite des prodigieux trésors d'observations accumulées par les constructeurs du Moyen-Age. Au surplus, Philibert de l'Orme est ce que nous appellerions «un grand monsieur», plein d'expérience, satisfait de lui-même certes, mais fin psychologue. A lire ses écrits, nous voyons combien les hommes sont toujours les mêmes, les «Seigneurs» en particulier. Le premier livre contient une «préface accompagnée de singuliers advertisements pour ceux qui légèrement entreprennent de bastir sans l'advis et conseil des doctes Architectes». En un mot, c'est un envoi à l'usage des clients. «Devant qu'entrer bien avant en matière, je vous advertiray que, depuis trente-cinq ans en ça, et plus, j'ai observé en divers lieux, que la meilleure partie de ceux qui ont fait, ou voulu faire bastiments, les ont aussi soudainement commencez, que légèrement en avoient délibéré; dont s'en est ensuivie le plus souvent repentance et dérision, qui toujours accompagnent les mal advisez: de sorte que tels, pensant bien entendre ce qu'ils vouloient faire, ont vu le contraire de ce qui se pouvait et devoit bien faire. Et si, par fortune, ils demandoient à quelques-uns l'advis de leur deliberation et entreprise, c'estoit à un maistre Macon, ou à un maistre Charpentier, comme l'on a accoustumé de faire, ou bien à quelque Peintre, quelque Notaire et autres qui se diront fort habiles, et le plus souvent n'ont guères meilleur jugement et conseil que ceux qui le leur demandent. Et qui pis est, ils s'arrestent, pour toutes choses, à un seul plan de l'œuvre qu'on veut faire, estant figuré par ledit maistre Macon, ou bien par un autre, qui procedera comme il entend et peut estre bien à l'aventure, se promettant toutesfois estre bien expert en l'art d'Architecture, et avoir reputation de quelque grand architecte»... «Et si l'œuvre est commencée soudainement, plus soudainement plusieurs veulent qu'elle soit faite, avec bien peu de patience». Comme cela est toujours d'actualité! Les conseillers, non connaisseurs, sont légion. Et voici une autre engeance: «les «vils flatteurs» ceux qui vous accablent de: «C'est bien dict, Monsieur, c'est une belle invention, cela est fort bien trouvé et monstre bien que vous avez très bon entendement, jamais ne sera vu une telle œuvre au monde». Bien entendu, derrière le dos du client, ces renards se gaussent et disent tout le contraire. Aussi bien souvent «les Seigneurs se trompent et sont trompés des leurs». Alors «celuy qui fait bastir voit qu'il est repris, et que l'on trouve tant de fautes aux œuvres qu'il fait faire» que tout cela aboutit à «grande fascherie et ennuy en son esprit». Le Seigneur finalement est «mocqué des hommes; marry de son argent qui est mal employé». Il est absurde de voir les gens prendre trois ou quatre idoines pour un procès roulant sur «dix livres de rente» et se fier à eux-mêmes ou au premier maître maçon venu, quand ils se lancent dans une dépense de «vingt ou trente mille écus». A coup sûr, s'ils prenaient conseil des hommes «sages et savants», ils ne connaîtraient pas ces «repentances» et ils ne commettraient pas «ces faultes si grandes et si énormes». La question est grave. «A dire vérité on doit craindre merveilleusement de faillir à une grande entreprise et signalement de bastiments lesquels on voit toujours durant la vie et en reçoit-on ou plaisir ou grand regret». Bref on juge le Seigneur par ses ouvrages et il faut «que ce qu'il désire soit bien fait». Sans compter que par l'ignorance des incapables, «l'entreprise est si grande et la dépense si excessive que le Seigneur n'y peut satisfaire et est contraint que l'œuvre demeure du tout imparfaite ou bien longtemps suspendue et enterrompuë; de sorte qu'il est nécessaire ou de vendre quelques terres ou bien de les engager et aller aux emprunts». Faute d'avoir «prévu en son temps et preconsulté avec les doctes architectes» le bâtiment est mal commode, on perd tout «espoir d'y pouvoir commodément loger, de s'y maintenir en santé, y prendre plaisir et le donner aux amis, en avoir honneur et être tenu pour sage et bien avisé». Toute sa vie on conserve le «grand regret des excessives dépenses». Les seigneurs vieillissent «la plupart du temps ennuyés et malades, pour ne prendre aucun plaisir en tels logis». Il est vrai qu'il ne faut pas tomber dans l'excès contraire et ressembler à ces gens qui «ne peuvent résoudre et demandent l'opinion de plusieurs, jusques à leur commander force dessins et modèles mais ils ne savent choisir les bons, ni le temps propre pour besogner, ni moins les gens». Voilà des hommes qui gâchent leur vie «sans laisser aucun tesmoignage d'eux». Il est vrai que ces perpétuels timorés sont moins à blâmer que les prodigues et les orgueilleux et «il ne faut pas peter plus haut que son cul» comme disait un proverbe populaire de ce temps-là. En résumé, quand un client se lance dans une construction, il faut qu'il pèse tout, qu'il considère «quelle lignée et enfants il a, ou bien peuvent venir les siens, afin que son entreprise ne soit cause d'inimitiés entre eux après sa mort et leur engendre dissentions et procès, presque toujours accompagnés de ruine et destruction de maison au lieu de bonne amitié et paisible édification». Comme il est dit plus haut, construire est une grande affaire. Que le candidat bâtisseur choisisse un bon architecte autrement «il pourrait acquérir réputation d'être léger, en quoi il ferait une très grande plaie à son honneur» et risquerait «dommage et mocquerie trop cuisante». Notez bien ceci en effet: «les blasphmes ou louanges, honneurs ou deshonneurs, communément accompagnent les grands bastiments et grandes œuvres et spécialement celles
qui sont publiques ». Ça, c'est vrai. « J'ajouterai qu'ordinairement les personnes sont plus promptes à mesdire quand quelque chose va mal, qu'à en bien parler et bien estimer le labeur, fut-il en toute perfection ». Et c'est encore incontestable. Si l'architecte comprend son rôle, il « acquièrera bon bruit et renommée ». Il doit savoir adapter les édifices à la condition et à la fortune de chacun, « qu'il travaille pour les maisons royales, les princes, grands seigneurs, prélats et semblables: voire jusques aux marchands, bourgeois, gens de métier et burleurs ». Il faut voir « ce qui est possible à leur force et moyens, selon la qualité d'un chacun afin qu'ils ne dépensent tant qu'il faille emprunter et exposer davantage que leur revenu ou traffic ne rapporte. Aussi que le marchand ne rompe et laisse le train de sa marchandise pour bastir sa maison, car ce ne luy feront sagesse, mais plustost remercie, indiscrétion, folie et ruine, tant de luy que des siens ». Ceci dit, il faut que le client sache bien choisir son architecte et, l'ayant choisi, fasse en sorte de le laisser travailler en paix. Voici d'abord toutes les caractéristiques d'un bon architecte: « Il ne faut pas qu'il soit du tout ignorant de la Philosophie, des mathématiques, ni aussi des Histoires ». En un mot, il faut qu'il ait une « culture ». Il faut qu'il sache dessiner « qu'il entende la portraiture pour faire voir et donner à entendre à un chacun, par figures et desseins, les œuvres qu'il aura à faire. Semblablement qui cognaisse la perspective ». Inutile d'avoir des lumières trop complètes en médecine, Par contre, il lui faut quelque teinture de « Philosophie naturelle », du bon sens « pour discerner la nature des lieux, la qualité des eaux » et les mille autres questions dont dépend l'excellence d'un bâtiment. Il lui faut aussi avoir quelque science de jurisconsulte, « à cause qu'il advient qu'en bastissant se peuvent mouvoir procès » mais de l'avis de l'auteur, Vitruve exagère, en prônant la connaissance des lois. Cela regarde les maîtres maçons et officiers. « L'architecte a une autre profession et beaucoup plus grande et honorable ». Vitruve exagère également en demandant que l'architecte soit grand Rhétoricien « afin de savoir bien séduire et rapporter éloquemment son projet devant les Seigneurs ». « Je suis d'opinion, avec Léon Baptiste Albert, que cela ne luy est nécessaire car il suffit qu'il donne seulement son conseil et montre sa diligence naïvement et dise ce qui sera expédient pour parvenir à son entreprise et intention. Cela est la principale rhétorique et éloquence d'un architecte. Toutefois, quand il en saurait quelque chose, il en aurait beaucoup meilleure grâce pour bien déduire son faict. Mais qu'il ne luy advienne ainsi qu'à plusieurs qui s'estudient plus à discourir et bien parler qu'à bien faire et ordonner: laquelle chose sert plutôt à surprendre les hommes que bien entendre à leur faict. Plusieurs ne savent parler beaucoup mais ils sont fort studieux et curieux de leur estat et trop plus à louer que ceux qui sont grands parleurs et font longs discours avecves ostentions de beaux portraits et bien peinturez mais leurs œuvres ne sont en rien semblables. J'en vois et en ai vu infinis qui ne savent rien dire, toutefois ils sont merveilleusement heureux à bien faire ce qu'ils entreprennent ». En un mot que le Seigneur en quête d'architecte ne se laisse pas prendre aux belles paroles mais s'informe des œuvres exécutées « Le seigneur se doit enquérir diligement de la suffisance de l'architecte et aussi entendre quelles sont ses œuvres, sa modestie, son assurance, preud'homie, gouvernement et bonheur en ses entreprises. Semblablement s'il est né pour bien conduire une œuvre, s'il est sage et s'il a les parties qui sont requises à un bon architecte. Cela est de grande importance car s'il est fol, glorieux, fier, présomptueux ou ignorant, il entreprendra une grande œuvre à laquelle il ne pourra dignement satisfaire et consommera en frais le Seigneur pour mal considérer et prévoir les choses nécessaires. Tels ne veulent communément être repris ne moins remonstrer et s'opiniastrent de tout faire à leur fantaisie, en danger de commettre grandes fautes par leur témérité et précipité inconscionné. Il serait très bon que l'architecte eut été nourry de jeunesse en son art et qu'il eut étudié aux sciences (outre celles que nous avons dict) qui sont requises à l'Architecture, comme entendre bien l'Arithmétique, je dis en sa pratique et théorique, la Géométrie aussi en théorique, mais plus en pratique pour les traits qui sont le vray usage d'icelle: pareillement l'Astrologie, Philosophie et autres disciplines, comme j'ai dict et sur tout entendre bien la raison des symmetries, pour donner les mesures et proportions à toutes choses, soient façade des maisons ou autres parties des bâtiments, ainsi que nous le montrerons cy-après. Il sera aussi fort bon qu'il ne soit du tout ignorant de la théorique de Musique, pour savoir représenter l'Echo et faire résonner et ouyr la parole et voix aussi bien de loin que de près. Qui est chose requise aux Temples et Eglises pour les prédications qui s'y font et psalmes et autres choses qui s'y chantent et proferent. Semblablement aux Auditoires où l'on plaide, aux théâtres où se récitent et jouent comédies, tragédies, histoires et semblables actes, afin que ceux qui sont loin puis- sent aussi bien ouyr que ceux qui sont près. Le Seigneur doncques ayant rencontré un architecte accompagné de tant de belles singularitez et surtout bonne âme, s'en pourra asseurer et luy commettre hardiment son œuvre. Mais aussi il gardera qu'il soit fasché par les domestiques ou parents de sa maison, car véritablement cela détourné beaucoup ses entreprises, inventions et dispositions comme je l'ay vu par expérience en divers lieux. De sorte que le Seigneur se fait beaucoup plus de dommage en cela qu'il ne saurait penser. Je diray davantage que j'ay cogneu bien souvent que les serviteurs ne veulent ce que les Seigneurs désirent et trouvent communément mauvais ce qui plait auxdits seigneurs: comme aussi sont les parents, et même la Dame de la maison, étant communément marrie de ce que son mary entreprend et grognant contre ce qu'il ayme, et à qui il porte faveur: et autant en fait le mary envers sa femme. Lesquelles choses causent beaucoup de troubles et empechements qui rompent les grandes entreprises si les conducteurs et memes les Seigneurs ne sont sages. Il faut doncques estre bien advisé et prudent pour se garder de tels inconvenients et donner pouvoir et liberté à l'Architecte de choisir les maistres maçons et ouvriers tels que bon luy semblera afin qu'il luy soient obéissants, autrement s'ils ne le rêverent et ne veulent faire son commandement, l'œuvre ne se pourra jamais bien conduire et en adviendra grand dommage au Seigneur ». Albert LAPRADE.
UN GROUPE D'ÉDUCATION SOCIALE A LYON ARCHITECTE: M. ROUX-SPITZ PLAN DU PREMIER ÉTAGE
UN GROUPE D'ÉDUCATION SOCIALE À LYON MICHEL ROUX-SPITZ, ARCHITECTE L'ensemble des bâtiments désignés sous le nom de Groupe d'Education Sociale du 5ème arrondissement à Lyon, comprend un nombre très important de services groupés sur un terrain de surface assez réduite (env. 1.800 m²). Ces services qui résument l'outillage social de tout un quartier, comprennent: une crèche (avec entrée indépendante), le logement de la directrice de la crèche, et un service de consultation pour enfants. Dans les étages: un dispensaire avec 3 cabinets médicaux, salle de radio, laboratoire; des salles de réunions pour les diverses sociétés, etc... Dans le bâtiment central, la Justice de Paix, son greffe et ses annexes, une bibliothèque de quartier avec grande salle de lecture, des salles de cours pour l'Enseignement ménager avec cuisine, salles de lavage et repassage, réfectoire, salle de couture et coupe, grande salle de cours. Au 4ème Etage du bâtiment central, une vaste salle de gymnastique en communication directe avec la terrasse couvrant la salle des fêtes et donnant au milieu d'une agglomération, un espace en plein air de près de 500 m². L'aile gauche est occupée sur 3 étages par un établissement de bains-douches (45 cabines de douches et 12 cabines de bains) avec entrée indépendante. Enfin, toute la partie centrale du terrain est occupée par la salle des fêtes de 1.000 places avec ses dépendances (scène, loges d'artistes, escaliers de secours, etc...). Le sol de cette salle est horizontal, et les fauteuils sont démontables, ce qui permet la transformation rapide de la salle de spectacles en salle de bal ou de banquet. L'accès aux différents services se fait par un vaste hall central. Des escaliers latéraux desservent les 4 étages de services; des escaliers indépendants desservent les galeries de la salle, reliés à chaque étage, par de grands paliers servant de foyer-fumoir. La ventilation de la salle des fêtes a été particulièrement étudiée. L'air filtré et conditionné est introduit par les parties hautes, loin des spectateurs, afin d'éviter la sensation de courant d'air.
HALL D'ENTRÉE Photo Sylvestre VESTIBULE DE LA SALLE DES FÊTES.
LA SALLE. Photo Sylvestre

Cette revue mensuelle d'architecture, "L'Architecture d'Aujourd'hui", publie en mars 1935 des articles sur les constructions nouvelles en France, incluant un groupe d'éducation sociale à Lyon, un bâtiment de criée à La Villette, et des établissements de bains-douches à Paris. Elle présente également des projets à l'étranger, notamment en Angleterre, ainsi que des travaux d'architecture d'intérieur et des informations sur des expositions et des réunions d'architectes. Un article de fond revisite les écrits de Philibert de l'Orme sur l'architecture.