Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
Page 1
L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMES PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION
- MM. ARFVIDSON
- J. AUBURTIN
- LOUIS-H. BOILEAU
- LOUIS BONNIER
- BOUWENS DE BOIJEN
- A. DEFRASSE
- AD. DERVAUX
- TONY GARNIER
- L. GODEFROY
- CH. LETROSNE
- PIERRE PATOUT
- CH. PLUMET
- H. SAUVAGE
- LOUIS SOREL
- ANDRÉ VENTRE
Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ
---
NOUVELLE SÉRIE
2° ANNÉE N° 9
SEPTEMBRE 1925
---
SOMMAIRE
TEXTE
LE CHAUFFAGE AU GAZ . . . . . . . . . . . . G. RICHARD.
PLANCHES
Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes :
Pl. LVI à LVIII. Pavillon des Magasins du « Printemps » . . . . . . . . . . . . H. SAUVAGE.
Pl. LIX à LXI.
Pavillon de Nancy . . . . . . P. Le Bourgeois et J. Bourgon.
Bibliographie : Urbanisme . . . . . . . . . . . . JEAN PORCHER.
Un numéro : France, 10 francs. Étranger, 12 francs
L'abonnement annuel : France, 100 fr. Étranger, 120 fr.
L'année parue (1924) en portefeuille . . . . . . . . . . . . 125 fr.
---
ÉDITIONS ALBERT LÉVY
2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS (1er)
Tél. : Louvre 33-87. Chèques postaux 6696. R.C. Seine 64-696
Page 2
tentures murales lavables
Tous les linoléums
CIE LINCRUSTA-WALTON FSE ET LORÉID RÉUNIS
10, Rue de la Pépinière, PARIS - 8e
Tél.: WAGRAM 91-35
Tél.: WAGRAM 94-60
R. C. Seine 37.264
---
COMPAGNIE POUR LA FABRICATION DES COMPTEURS ET MATÉRIEL D'USINES A GAZ
Société Anonyme au Capital de 42.000.000 de francs
Réunion des Maisons :
M. NICOLAS, G. CHAMON, FOIRET et Cie SIRY, LIZARS et Cie, J. VILLIAMS, MICHEL et Cie.
12, Place des États-Unis à MONTROUGE (Seine)
Tél.: SÉGUR 92-00 à 92-04. Adr. Télégr.: COMPTELUX MONTROUGE
R. C. Seine 39.827
---
COMPTEURS D'EAU
à pistons : Système FRAGER
à piston disque : ÉTOILE D. P.
à piston cylindrique équilibré : ÉTOILE S. T. (STELLA)
à turbine : TU-TE-TA
COMPTEURS DIVISIONNAIRES
Location. Vente. Réparations à forfait. Relevés trimestriels
COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ
pour courants alternatif et continu
COMPTEURS A GAZ de tous systèmes
---
MIROITERIE-VITRERIE DÉCORATION ÉTALAGES-DORURE VITRAUX-GRAVURE
G. HAGNAUER Fils
Successeur de ALBERTIN et HAGNAUER Fils
17, Rue Cail - PARIS (X°)
EXPOSITION UNIVERSELLE, PARIS 1900
Médaille d'Or
Registre du Commerce Paris 28.030
TÉLÉPHONE NORD 15-97
Page 3
SOCIÉTÉ DES GRANDS TRAVAUX ÉLECTRIQUES
ANCIENS ÉTABLISSEMENTS FAILLE & REINHARDT
Direction : 11, Rue des Bleuets. Roquette 75-41, 86-57 | Magasin d'Exposition : 2, Rue Cardinet. Wagram 38-70
Succursales à : ROUEN - CAEN - SAINT-GERMAIN - DEAUVILLE - MONTESCOURT
LUMIÈRE — FORCE — SIGNALISATION — TÉLÉPHONIE
---
RUHLMANN
Meubles . Installations . Décoration
27, rue de Lisbonne
---
ÉTUDE PRATIQUE DES PLANS DE VILLES
Traduit de l'anglais par W. MOOSER
par Raymond UNWIN
Traduction revue et mise au point par Léon JAUSSELY, Architecte en chef du Gouvernement.
Tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent à l'urbanisme connaissent le livre de Raymond Unwin, qui est devenu classique sur ce sujet. Une traduction française de l'ouvrage, indispensable pour l'étude de cette science, nous était réclamée de tous côtés. Cette édition française vient de paraître et constitue un recueil de documents figurés, nombreux et divers, fort bien sélectionnés, d'ensembles et de détails, accompagnés d'un texte abondant et clair, qui initie le technicien par des exemples anciens et modernes, et l'amène à des considérations et des comparaisons fructueuses en le prédisposant à faire une œuvre personnelle pour l'adapter aux circonstances.
Prospectus illustré sur demande. L'ouvrage forme un volume relié de 366 pages, plus de 300 illustrations et 7 plans de villes en grand format. Prix ... ... ... 75 francs.
ÉDITIONS ALBERT LÉVY, LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS — 2, Rue de l'Échelle, PARIS (1er) R.C. Seine 64 696
---
ÉTABLISSEMENTS GENTIL & BOURDET
GRÈS FLAMMÉS ET MOSAIQUES
Société Anonyme au Capital de 1.700.000 Francs Siège social: 189, rue du vieux-pont-de-sèvres, billancourt Adr. Télégr.: GREFLAM-BILLANCOURT
AGENCE SPÉCIALE DE DESSINATEURS POUR L'EXÉCUTION DE TOUS AVANT PROJETS POUR L'ADAPTATION DE NOS GRÈS
7 GRANDS PRIX, MEMBRE DU JURY AUX EXPOSITIONS, LAURÉAT DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES (FONDATION PAUL SEDILLE)
Nous tenons à la disposition de nos lecteurs un PORTEFEUILLE destiné à contenir l'Année 1924 de l'Architecte contre 10 francs (port en sus pour l'étranger : 2 frs.). Ch. P. 6690, Paris. R.C. Seine 64 696.
Page 4
EDGAR BRANDT
SES FERRONNERIES
101 B° MURAT, PARIS
TELEPHONE AUTEUIL 07-95 12-40
R.C. DE LA JEINE N° 116.370
LUS TRERIE OBJETS D'ART
EXPOSITION PERMANENTE
---
E. BORDEREL & E. ROBERT
FERRONNERIE D'ART
131 RUE DAMREMONT
PARIS
TEL: MARC. 12.79
TEL: MARC. 04.85
R. C. Seine 95.918
Page 5
L'ARCHITECTE
LE CHAUFFAGE AU GAZ
La construction des chaudières à gaz a fait de réels progrès depuis ces dernières années et les quelques modèles présentés actuellement au public fonctionnent d'une façon satisfaisante. Le choix des matières premières, la disposition des brûleurs, la température de sortie des produits de la combustion, le type du thermostat, ont été l'objet des principales recherches des constructeurs.
Certaines dispositions particulières, autrefois mal connues, ou négligées, évitent maintenant toutes possibilités d'ennuis, particulièrement en ce qui concerne les conduits d'évacuation des produits de la combustion. La constitution de ces conduits doit tenir compte de la nécessité de recueillir les condensations plus ou moins corrosives qui se produisent lorsque les gaz atteignent le point de rosée ; ils doivent être construits en matériaux inattaquables (grès vernissé, fibrociment tubulaire, tôle enduite d'un vernis spécial) et emboîtés comme les tuyaux de descente pour éviter le ruissellement à l'extérieur.
Il résulte de ces progrès un développement des applications des chaudières à gaz. A Paris, le nombre des chaudières installées est passé, pendant l'année 1924, de 266 à 407 unités.
Ces chaudières ont été montées en majeure partie dans des installations de chauffage central auxquelles elles donnent des qualités de souplesse, de régularité et de propreté qu'il est impossible d'obtenir avec un autre combustible.
Il existe d'autres applications des chaudières à gaz dont l'intérêt, quoique limité à un champ d'applications moins vaste, n'est pas moins évident. Parmi les plus intéressantes, on peut citer le chauffage de l'eau pour la distribution d'eau chaude pendant la période d'été.
Cette distribution, dont l'importance est variable avec la destination des locaux, comprend généralement l'alimentation des cuisines, offices, cabinets de toilette, salles de bains, etc...
En principe, la distribution de l'eau est assurée
Fig. 105. — Le Chauffage au Gaz. — Grosse chaudière à gaz fonctionnant dans une usine du nord.
Fig. 106. — Le Chauffage au Gaz. — Dispositif habituel d'accouplement de deux chaudières d'été et d'hiver. Montage en parallèle d'une chaudière à charbon et d'une chaudière à gaz.
SEPTEMBRE 1925.
Page 6
L'ARCHITECTE
---
Figure 107. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon des Magasins du « Printemps ». — Avant-projet.
---
Figure 108. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon des Magasins du « Printemps ». — Plan du rez-de-chaussée.
---
par un ballon réchauffeur habituellement branché sur le circuit de chauffage de l'immeuble. Pendant l'été, un système de robinets permet d'isoler le chauffage central du service d'eau chaude. Ce système oblige à maintenir allumée une chaudière trop puissante pour les besoins de l'été et conduit à des consommations de combustibles exagérées. C'est pourquoi on adjoint habituellement une chaudière de petite puissance capable d'assurer l'alimentation en eau chaude et même avec ce dispositif, le rendement reste faible en raison de l'interruption des besoins.
Si pour le service d'été, on emploie une chaudière à gaz, dont l'allumage et l'extinction sont instantanés et dont le réglage est automatique, les résultats changent complètement d'allure et l'emploi du gaz comme combustible devient alors plus économique que celui de l'anthracite.
On peut admettre que, dans le cas où le prix du gaz est de 0 fr. 55 le mètre cube et le prix de l'anthracite de 0 fr. 40 le kilog., le service d'eau chaude d'un appartement ne coûte que 2 francs par jour, alors que le même service, assuré par une chaudière à anthracite, coûterait près de quatre francs. Cette différence s'explique par la nécessité de laisser la chaudière à charbon en veilleuse pendant les heures de non utilisation.
Mais ce serait une erreur de
Page 7
L'ARCHITECTE
---
Figure 109. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon des Magasins du « Printemps ». — Coupe longitudinale.
croire qu'une chaudière à charbon mise en veilleuse, ne consomme presque plus rien sous le prétexte que sa température s'abaisse, car si l'on ferme le clapet du régulateur, la combustion se produit avec dégagement d'oxyde de carbone (comme dans les poêles à combustion lente) et chaque kilogramme de carbone pur, au lieu de dégager 8.137 calories, n'en dégage plus que 2.453. De 50 %, le rendement habituel de la chaudière à charbon tombe alors à 15 %.
Pour le cas d'un pavillon ou d'un grand appartement, la comparaison reste en faveur du gaz avec environ 3 fr. 45 par jour contre 4 fr. 80 pour l'anthracite.
Pour un hôtel à voyageurs comprenant 40 chambres et 2 salles de bains, si l'on tient compte de la main-d'œuvre, le service d'eau chaude par le gaz ne coûte approximativement que 18 fr. 15 par jour au lieu de 28 francs, avec l'anthracite.
Pour un immeuble de rapport de six étages, les dépenses respectives sont du même ordre.
L'utilisation de la chaudière à gaz pendant l'été
---
Figure 110. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon des Magasins du « Printemps ». — Coupe transversale.
---
Page 8
L'ARCHITECTE
présente encore l'intérêt d'éviter, pendant cette période, les ennuis résultant de l'approvisionnement du charbon et de l'enlèvement des cendres, ainsi que le service de la chaudière dont on peut alors complètement supprimer la main-d'œuvre spéciale (cas des hôtels et des immeubles). La même chaudière à gaz peut, en outre, servir de chaudière de demi-saison pour le début et la fin de l'hiver, périodes au cours desquelles le chauffage intermittent est tout indiqué.
Tablant sur les chiffres indiqués ci-dessus, on peut admettre que le chauffage au gaz revient au même prix que le chauffage à l'anthracite jusqu'à une température moyenne extérieure variant de 2° à 8°, suivant la nature et l'orientation des locaux.
De ce qui précède, on peut conclure que l'emploi des chaudières à gaz, munies de bons thermostats, semble indiqué pour assurer le service d'eau chaude, le chauffage de demi-saison et même le chauffage de pointe des pavillons, hôtels et immeubles.
G. RICHARD.
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHES LVI à LVIII.
— Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. — Pavillon des Magasins du « Printemps ». — H. SAUVAGE, architecte. — Intérieur. — LEVARD, architecte (D. P. L. G.).
Ce pavillon, qui est le résultat de nombreuses études, devait entrer dans le cadre d'un gabarit très sévère imposé par l'Administration. Sa réalisation présentait une difficulté toute particulière d'exécution provenant de la fragilité du plafond de la gare des Invalides sur lequel il devait être construit.
On dut chercher des points d'appui, soit sur un mur de soutènement bordant la gare, soit sur quatre colonnes en fonte qui se trouvent en sous-sol. Une poutre de deux mètres de haut en béton armé est établie sur ces quatre colonnes et reçoit elle-même une série de poutres secondaires dont une des extrémités s'appuie sur le mur de soutènement de la gare et l'autre extrémité porte en encorbellement les poteaux d'angle du bâtiment se trouvant au delà de la
Fig. 111. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. Pavillon des Magasins du « Printemps ». — Hall intérieur.
Page 9
L'ARCHITECTE
Figure 112. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon de Nancy. — Plan d'ensemble.
ligne des quatre colonnes de soutien. Ces travaux très délicats ont été exécutés par la maison Perret frères.
Afin d'occuper le maximum de volume, l'architecte s'est imposé en dernier ressort de remplir complètement le gabarit imposé. Il en est résulté une enveloppe très simple qui fut très richement revêtue de matières précieuses.
En effet, tous les soubassements sont exécutés en ciment vitrifié dit « Lap d'Or », dont on a déjà vu une première application dans la piscine du « Printemps » au Salon d'Automne. Ces plaques de ciment sont niellées de filaments d'or noyés dans la masse et couronnées par une corniche en mosaïque de grès noir et or.
La toiture en béton armé doublée de paille comprimée à sa partie inférieure, pour maintenir la fraîcheur des locaux en été; est recouverte de grandes lentilles en verre coulé, exécutées par Lalique et donnant un peu l'impression de gros galets d'une tonalité générale chamois clair. Des foyers lumineux dissimulés projettent leurs feux sur les façades et la couverture.
La direction des magasins du « Printemps » avait insisté spécialement pour que les fleurs soient employées avec profusion, vasques, jardinières, éléments décoratifs qui accidentent la silhouette de la façade n'ont pas d'autre but que de recevoir des arbustes et des fleurs.
Il ne faut malheureusement chercher aucune concordance entre la disposition intérieure du bâtiment et son ossature extérieure, sauf en ce qui concerne les ouvertures qui ont été demandées en temps utile par les ateliers Primavera à l'architecte et ont dû être adaptées aux besoins intérieurs.
L'architecte a ignoré jusqu'au dernier moment ce que les ateliers feraient à l'intérieur de son bâtiment.
Nous publions en même temps, la composition intérieure de l'architecte Levard, attaché aux ateliers Primavera.
Aucune correspondance n'existe en plan, ni en coupe avec les formes du pavillon. La préoccupation a visiblement été de réaliser une série de pièces destinées à être vues séparément en laissant entre elles des vides quelconques. Le programme de cet intérieur est : une habitation d'un grand artiste — plus justement d'un « riche » artiste, le génie n'entrant pas forcément cet épanouissement matériel — comprenant deux vestibules, un hall central et un certain nombre de pièces réparties autour de celui-ci : cabinet de travail et salle de bains à gauche, boudoir et salle à manger à droite et à l'opposé de l'entrée, chambre à coucher.
Figure 113. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon de Nancy. — Coupe transversale.
Page 10
L'ARCHITECTE
Fig. 114. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon de Nancy. — Salle de conférences. — Escaliers de la tribune.
Les deux petits vestibules polygonaux sont garnis de vitrines renfermant d'originales poteries et céramiques, œuvres de différents artistes et exécutées dans l'usine de Sainte-Radegonde près de Tours.
Le hall central est composé par A. Levard. L'ossature est constituée par quatre grosses colonnes sur lesquelles s'accrochent de hautes poutres; toute la partie basse du hall est très ouverte ce qui a permis des perspectives agréables. Les deux parois latérales présentent à l'étage un balcon circulaire donnant sur une petite galerie, un peu écrasée peut-être, mais rompant la monotonie d'un grand nu blanc. Au pied des colonnes, des grilles en fer forgé de Mozer servent de paravent.
Le cabinet de travail par Guillemard comprend au centre le cabinet de travail proprement dit, à droite un départ d'escalier conduisant à l'étage et à gauche la bibliothèque dans une sorte d'alcoce. Les meubles et boiseries d'un bleu foncé donnent un aspect non pas austère, mais vieillot qui sied à l'ensemble.
La salle à manger, est traitée dans une harmonie claire, accentuée par les flots de lumière des 3 baies, qui jouent heureusement sur la grande table. Sur la peinture murale se détache la fontaine intérieure de S. Olesiewicz. La salle de bains fut composée par A. Levard. Le revêtement de marbre blanc veiné est composé de blocs triangulaires alternés. La baignoire également de marbre est encastrée dans le sol : on y descend par quelques marches. Dans un des angles une minuscule baie, placée à hauteur d'homme, éclaire la toilette abritée par un petit arc dont les retombées portent sur des colonnettes.
Cette tendance moderne aux revêtements de marbre n'est que désir de parer à l'effet de pauvreté des matériaux de gros œuvre actuels.
L'habitation intime a été supposée au premier étage sauf toutefois la chambre à coucher et la salle de bains qui, pour la publicité, a été mise au rez-de-chaussée.
Il est regrettable qu'un seul artiste n'ait pas été chargé de la composition extérieure et intérieure de ce pavillon. On aurait ainsi évité ce mensonge de l'ensemble qui nuit aux deux compositions. C'est une erreur de programme qui fit composer sous la coupole générale de béton armé tout une architecture intérieure d'un parti et d'un principe tout différents. Mais ni l'un, ni l'autre des deux architectes n'en est responsable.
PLANCHE LIX à LXI. — Pavillon de Nancy. — P. LE BOURGEOIS et J. BOURGON, architectes (D.P.L.G.).
Placé au centre de l'Esplanade des Invalides, le
Page 11
L'ARCHITECTE
---
Fig. 115. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon de Nancy — Salle de conférences. Vue prise de l'estrade.
---
pavillon de Nancy est le symétrique de celui de Lyon et Saint-Etienne. Il couvre une surface de 800 m² et se compose d'un hall central donnant accès, d'un côté à une salle de conférences et de l'autre à un musée de productions régionales artistiques et industrielles.
Comme pour le Pavillon de Lyon et Saint-Etienne, il lui fut imposé de laisser dans le hall central un large passage laissant se faire librement la circulation du centre de l'Esplanade aux allées latérales.
Le programme qui a servi de point de départ à la composition de ce bâtiment est celui d'un siège et d'un office pour la région économique de l'Est. La composition s'inspire, d'autre part, du caractère métallurgique dominant des industries de l'Est de la France. C'est ainsi que le dôme intérieur du hall central et les colonnes qui le supportent ont été réalisés en fer et en acier. Les frises décorant extérieurement les entrées et formant lintceaux et intérieurement la coupole, représentent des ouvriers métallurgistes au travail : elles sont l'œuvre du sculpteur Bachelet.
Au centre du hall, une fontaine exécutée par Dilly et les glaceries de Saint-Gobain, rappelle par ses jeux de lumière la coulée de la fonte dans les usines de l'Est. Enfin des portes en fer forgé du jeune ferronnier Jean Prouvé, donnent accès aux deux ailes du Pavillon.
L'aile gauche renferme une salle de conférences et d'auditions musicales pouvant contenir 450 personnes. De chaque côté de l'entrée, deux escaliers de marbre conduisent au balcon. Les sièges placés au centre de la salle laissent une large circulation latérale que les vitraux de Gruber, inspirés des paysages lorrains et des travaux de reconstruction des régions dévastées, égayent de chaudes tonalités. Au fond, la scène spacieuse, au sol suffisamment élevé, peut recevoir un petit orchestre symphonique et à plus forte raison un conférencier. L'ensemble décoratif de cette salle n'est que la traduction logique de la construction.
L'aile droite contient le musée régional comprenant une grande salle rectangulaire, une plus petite et deux galeries latérales qui partant du hall et se rejoignent derrière la salle extrême du pavillon. Composée de panneaux, la grande salle comporte des vitrines dans sa partie basse ; à la partie supérieure court une frise où toutes les industries principales de la région de l'Est sont représentées : industries métallurgiques, textiles, céramiques, menuiseries d'art, verrerie, broderie, etc...