Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION
- MM. ARFVIDSON
- J. AUBURTIN
- LOUIS-H. BOILEAU
- LOUIS BONNIER
- BOUWENS DE BOIJEN
- A. DEFRAASSE
- AD. DERVAUX
- TONY GARNIER
- L. GODEFROY
- CH. LETROSNE
- PIERRE PATOUT
- CH. PLUMET
- H. SAUVAGE
- LOUIS SOREL
- ANDRÉ VENTRE
Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ
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NOUVELLE SÉRIE
2° ANNÉE N° 7
JUILLET 1925
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SOMMAIRE
TEXTE
L'ENSEIGNEMENT DE L'ARCHITECTURE
Après le Congrès de Londres (suite). Jean Porcher.
PLANCHES
Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes :
Pl. XLII et XLIII. Pavillon des Magasins des “Galeries Lafayette” . . . . . . . J. Hiriart, G. Tribout et G. Beau.
Pl. XLIV et LXV. Pavillon de la Manufacture de Sevres ...
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L'ARCHITECTE
L'ENSEIGNEMENT DE L'ARCHITECTURE
APRÈS LE CONGRÈS DE LONDRES (Suite.)
L'éducation architecturale, telle qu'elle est comprise actuellement correspond-elle aux nécessités présentes et suffira-t-elle à satisfaire aux exigences de l'avenir? — Tel est le sujet d'études que les architectes anglais ont proposé à leurs confrères étrangers réunis en congrès à Londres, au mois de juillet dernier. Il s'agissait, en somme, de comparer les différentes méthodes d'enseignement en usage dans les principaux pays d'Europe et d'Amérique, d'en analyser les résultats, de les critiquer, d'en dresser pour ainsi dire le bilan; puis de dégager de cet examen, pour l'avenir, des conclusions pratiques.
Mais, poser seulement ce problème, c'était, on le voit, soulever en même temps une question autrement vaste et difficile. Si les méthodes actuelles semblent à certains critiquables, se révèlent insuffisantes, serait-ce que l'objet auquel elle s'appliquent ait varié? L'architecture de demain exigera-t-elle des artistes une formation si différente? Sera-t-elle vraiment si «nouvelle»? Les uns l'espèrent, d'autres le redoutent. Un membre du Congrès a pu annoncer, sur un ton prophétique, la venue des temps nouveaux: «C'est pour toujours, a-t-il dit, que la tradition a été interrompue». Nous verrons ce qu'il faut penser de cette proclamation terrible.
Quelque opinion qu'on ait là-dessus, il est évident qu'avant de tracer un programme d'éducation pour l'avenir, il fallait tenter de définir «l'architecture de l'avenir», si une telle architecture existe. Ainsi, par la force des choses, les congressistes ont été entraînés loin de la simple pédagogie. Nul ne songera à s'en plaindre: c'est une rare fortune que de posséder sur un sujet de cette importance et de cet intérêt les opinions diverses des personnalités les plus autorisées de tous les pays. Rapports qui relient entre eux la fonction d'un bâtiment, son plan, sa forme, et sa décoration; importance d'une utilisation judicieuse des matériaux et d'une appréciation exacte des moyens qu'ils fournissent; limite imposée par la tradition à la libre fantaisie de l'artiste; valeur des notions de style, de goût: tout a été examiné et pesé. Des rapports et des discussions qui ont rempli les trois journées du congrès quelques principes simples se dégagent. Principes nouveaux? Nullement, on le verra : ils sont de toujours. On peut les avoir, à certaines époques, oubliés, méconnus; ils n'en forment pas moins la base de l'architecture non pas de l'avenir seulement, mais de tous les temps. Il n'y a pas la vieille architecture et la nouvelle: il y a la bonne et la mauvaise. La véritable architecture est la même toujours. Art de logique rigoureuse, elle se fonde sur un ensemble de données variables, mais dont les rapports sont constants, comme ceux des sons. De même qu'une belle œuvre musicale, une belle œuvre architecturale éveille en nous l'idée de l'unité; il n'y a rien de trop et tout y est; on ne saurait enlever quoi que ce soit, ni ajouter rien à cet ensemble compact, fermé, dont les divers éléments se complètent et se soutiennent sans se nuire. Le grand mérite du congrès aura été de nous rappeler les quelques règles immuables suivant lesquelles se combinent les parties de ce tout qu'est une construction, depuis le plan jusqu'aux détails de la décoration.
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«La fonction crée le plan et la forme». — La formule est de M. Howard Robertson. On a vigoureusement insisté sur cet axiome, à plusieurs reprises, au cours du congrès. Cela paraît clair; au premier abord on pourrait s'étonner qu'une notion si évidente ait eu même besoin d'être rappelée. Pourtant cette insistance n'était pas superflue. Non seulement il y a là comme la base logique de tout l'art de bâtir, et l'idée, par cela même, méritait qu'on s'y arrêtât; mais il est facile de se convaincre chaque jour qu'il est peu de règles qui aient été plus parfaitement méconnues et plus souvent violées. Qui dira les méfaits du tiroir à modèles d'où l'architecte, sans se préoccuper de connaître au juste la destination de ce qu'il construit, extrait des plans à tout faire, des salles omnibus, des hôpitaux en forme de casernes, des bibliothèques qui ressemblent à des cirques? On s'imagine volontiers que n'importe quelle bâtisse peut servir à n'importe quoi. Mais la spécialisation des diverses branches de l'activité humaine est actuellement trop poussée, les exigences de la vie moderne sont trop précises, pour que l'architecte puisse se permettre d'ignorer les désirs et les besoins de ceux pour lesquels il travaille, quels qu'ils soient. C'est là le point fondamental: qu'un bâtiment soit avant tout adapté à sa fonction. À notre avis, c'est, en même temps que la plus sérieuse épreuve pour l'architecte, le secret de la véritable originalité, celle qui naît, non d'un vain parti-pris de nouveauté,
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mais de difficultés intelligemment comprises et vaincues. Il y a donc nécessité pour lui, sinon de tout savoir, ce qui compliquerait singulièrement son éducation, du moins de prendre le conseil des spécialistes et l’avis de ceux qui sont appelés à utiliser l’édifice qu’il construit ; en ce qui concerne plus spécialement l’étudiant, obligation de s’intéresser autrement qu’en théorie et sur le papier, à toutes les manifestations de l’existence moderne, de s’habituer à connaître et à résoudre les problèmes variés qu’elles posent. C’est sans doute ce qu’a voulu dire M. C. R. Ashbée lorsqu’il a parlé de la vie « sociale » de l’architecte ; il entendait sans doute, que sa fonction sociale était de bâtir à ses concitoyens des édifices qui leur convinssent. Il a raison, mais, s’il croit cette idée neuve, il a tort, car elle ne l’est point, il s’en faut ; y a-t-il constructions mieux adaptées à leur rôle, plus spécialisées en vue d’une fin, que les thermes romains ou les halles du Moyen Age ? Chercher à se conformer d’aussi près que possible à la fonction n’est point innover, mais suivre la plus vieille tradition. Ce qui est nouveau, ce n’est pas l’architecture, ce sont les besoins qu’elle doit connaître et satisfaire, qui varient et se développent sans cesse. Un jour, dans une ville surpeuplée, sur un terrain de plus en plus cher, il a fallu trouver le moyen de loger le plus grand nombre d’individus sur un espace aussi réduit que possible. Grâce à l’emploi de la charpente métallique, les étages ont pu s’empiler et l’on a vu s’élever les gratteciels de New-York ; rien de plus caractéristique que ces puissantes bâtisses, dont seul le souci d’une adaptation exacte à la fonction a déterminé le plan et la forme. Mais qu’à cette construction simple, qui vaut par les lignes seules et par l’impression de grandeur sévère qu’elles produisent, on vienne ajouter, sous prétexte de décoration, quelque inutile pâtisserie, une lanterne à colonnes ou une imitation de clocher, voilà l’effet détruit, tout l’ensemble aveuli, vulgarisé par cette excroissance incompréhensible.
Pas plus que le plan et la forme ne sont indépendants de la fonction, la décoration ne peut l’être de la forme. Il est nécessaire que l’architecte, constructeur du bâtiment, en soit aussi le décorateur, que tout s’exécute sous sa direction unique. Le rôle de l’ornement est d’accompagner la ligne ; il naît d’elle et ne peut vivre en dehors d’elle. Or, de plus en plus, il semble qu’il y ait séparation de pouvoirs entre l’ingénieur qui construit et l’architecte qui décore ; et peu à peu le terme d’architecture se confond avec celui de décoration. C’est un grave danger ; tous les pays en souffrent ; le mal est devenu si patent dans certains que les pouvoirs publics eux-mêmes s’émeuvent. Il n’est que temps de réagir. Écoutons le représentant de l’Italie, M. Giovannoni :
Depuis cinquante ans, nous dit-il, l’architecture en Italie se divisait entre deux groupes d’individus suivant chacun une route différente : les architectes sortis des Ecoles d’ingénieurs civils, et ceux venus des Instituts des Beaux-Arts. Les uns étaient purement ingénieurs, les autres purement décorateurs. Pendant toute cette période les essais faits pour donner une pleine et complète unité aux études architecturales ont été très nombreux ; des sections spéciales pour les étudiants en architecture furent entre autres fondées dans les Ecoles polytechniques. Ces essais ont abouti finalement à la fondation de l’École Supérieure d’Architecture de Rome (1919), dont l’enseignement est une combinaison de celui des Écoles d’Ingénieurs civils et des Instituts des Beaux-Arts.
Même note en Amérique : « un constructeur
Fig. 82. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. Pavillon des Magasins des “Galeries Lafayette”. — Façade.
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étant chargé de la construction d'un bâtiment de 20 ou 30 étages, s'adresse à l'ingénieur pour les calculs, voire pour le plan, et l'architecte viendra faire une façade n'ayant aucune relation avec l'intérieur. C'est dire quel rôle prépondérant joue l'ingénieur dans la construction ».
Pour la France, M. Jaussely a rappelé, fort à propos, les exemples du Pont Alexandre-III et du Pont de la Tournelle. Le disparate de tels monuments est éclatant : aucune unité, aucune vue d'ensemble ; c'est le produit bâtard de l'union de hasard de deux spécialistes, l'ingénieur et le décorateur ; chacun a travaillé de son côté ; pour coordonner, pour unir, personne : il n'a manqué que l'architecte.
La conclusion de ces quelques remarques est qu'il faut « encourager les étudiants à penser organiquement, structuralement, non à penser à des dessins décoratifs » (M. Richardson).
Le dessin ! Voilà la bête noire de quelques-uns des congressistes : toutes les erreurs, il en est rendu responsable. On dessine trop. « Il faut, dit encore M. Richardson, faire des réalisateurs, non d'ambitieux dessinateurs. L'architecte n'est pas seulement un artiste, il doit aussi être un savant ». Rien de plus juste d'ailleurs. Blondel déjà ne disait pas autre chose. On cherche une forme belle sur le papier avant de s'être préoccupé des nécessités de la fonction ; mais, au fond, l'ordre dans lequel se succèdent les diverses opérations n'est rien, l'attitude intellectuelle de l'artiste est tout : il doit prendre certaines habitudes de pensée. De telles habitudes ne s'acquièrent guère que sur le terrain, par une pratique dont l'utilité ne fait de doute pour personne. Les congressistes sont d'accord là-dessus. Seule d'ailleurs la
Fig. 83. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon des Magasins des "Galeries Lafayette". — Plans du rez-de-chaussée et du premier étage.
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EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIELS MODERNES.
Pavillon des Magasins des "Galeries Lafayette". — Coupe longitudinale.
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EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIELS MODERNES.
Pavillon des Magasins des "Galeries Lafayette". — Coupe transversale.
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jeune et trop exclusivement en contact avec la réalité, il y a fort à craindre que le développement de sa personnalité ne s'en ressente ; il tendra facilement vers l'artisanat, vers le truc et la recette, ou vers la spécialisation.
Cela tient, dit M. Curtis Green, à ce que "l'activité nécessaire dans la pratique moderne rend la surveillance personnelle du maître pratiquement impossible, ou très rare. Un apprenti est obligé d'apprendre ce qu'il peut des assistants du bureau. Il peut participer à un grand nombre de travaux, voir de beaux dessins et apprendre la routine d'un bureau d'architecte. Il voit le résultat du talent et de l'expérience de son maître, mais n'apprend peu ou rien des principes ou des théories qui ont servi à l'exécution des œuvres de ce dernier. Il devient un imitateur et poursuit la tradition d'un homme et de son œuvre plutôt qu'il ne fait de l'architecture dans le sens large du mot".
A l'origine de toute activité élevée, il y a quelques années de travail désintéressé. C'est pourquoi, faute de mieux, le système des ateliers semble, malgré tout, préférable.
(A suivre.)
JEAN PORCHER.
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EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHES XLII et XLIII. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. — Pavillon des Magasins des « Galeries Lafayette » — J. HIRIART, G. TRIBOUT et G. BEAU, Architectes (D.P.L.G.).
Ce pavillon a, comme centre d'intérêt en façade, un grand vitrail dans lequel s'ouvre la porte en haut de l'escalier d'honneur. A droite et à gauche, deux
pratique peut rompre l'architecte à l'utilisation des matériaux. Mais sur les moyens de donner cet enseignement pratique, les avis diffèrent. En fait, ce n'est point commode. Est-il possible de trouver un moyen terme entre le système français des ateliers, purement théorique, et le système anglais du "pupilage" ou apprentissage, purement pratique? Les Anglais semblent tenir au leur, qui, plaçant directement l'étudiant sur le chantier, le dresse peu à peu, par la vue quotidienne des réalisations, à évaluer exactement les données d'un problème et à le résoudre pratiquement. En principe au moins, car ces avantages ne sont pas certains. Mis trop
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Figure 86. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon de la Manufacture de Sèvres. — Façade.
Figure 87. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes
Pavillon de la Manufacture de Sèvres. — Coupe transversale.
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demi-voutes aux sgrafittis d’or canalisent les visiteurs. Le plan général a été étudié pour permettre un sens de circulation à la grande foule. Le problème d’un pavillon d’exposition est, dans un petit espace, de permettre à un maximum de personnes de visiter sans désordre.
Une double circulation a été prévue avec un sens unique. La première tourne autour du hall central éclairé par le grand vitrail. Sur cette galerie s’ouvrent les chambres, salons, salle à manger, boudoir, bibliothèque. La deuxième, par l’escalier d’honneur, conduit à la galerie du premier étage où se trouvent : salons de thé et terrasses fleuries.
Toute la construction, entièrement en ciment armé, repose sur une console sans aucune fondation.
Le grand vitrail étudié en collaboration par les architectes et Maurice Dufrène, et réalisé par Gruber, est traité d’une façon absolument nouvelle avec des saillies et des volumes, véritable architecture de verres.
Les revêtements intérieurs sont de marbre, d’or et d’argent, seules les rampes en fer forgé, les vitrines ornées d’étoffes précieuses rompent cette harmonie.
Sur les terrasses se trouvent des pergolas où grimpent des rosiers et tout autour des jardins où l’if met sa note sombre.
L’atelier « La Maitrise » sous la direction de Maurice Dufrène a étudié et réalisé tous les ensembles mobiliers de ce pavillon et ils sont d’une habileté souple toute française.
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Figure 88. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes.
Pavillon de la Manufacture de Sèvres. — Plan d’ensemble.
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PLANCHES XLIV et XLV. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. Pavillon de la Manufacture de Sèvres. — P. PATOUT, architecte (D.P.L.G.).
Plusieurs projets avaient été établis par l'architecte A. Ventre, lorsque celui-ci pria son confrère Patout de reprendre entièrement cette étude en faisant table rase de tout ce qui avait été fait.
Le programme donné par l'Administrateur de Sèvres exigeait que les bâtiments de ce pavillon laissent entièrement visible le Dôme des Invalides.
P. Patout construisit deux pavillons bas, sans baies d'éclairage sur l'extérieur, placés des deux côtés d'un jardin réglé par huit vases monumentaux et une ligne de petits socles reliés par des chaînes.
Le parti général est une trouvaille, l'unité est obtenue malgré la condition posée et l'exposition en plein air dans le jardin constitue une spirituelle mise en valeur des matières exposées. C'est H. Rapin qui est l'auteur de ce jardin.
Dans l'un de ces pavillons, se trouve, entouré d'une galerie, le salon d'honneur, œuvre de Jaulmes; dans l'autre, la galerie étant au contraire au centre, des salles qui l'entourent servent de présentation aux faïences, grès, porcelaines, etc.
Les galeries sont décorées par Rapin, auteur d'un cabinet de travail, Bagge présente une pièce d'habillage, Lalique une salle à manger extrêmement distinguée et P. Patout une salle de bains. Les vases dessinés par P. Patout ont été engravés par Gauvenet.
PLANCHE XLVI. — Exposition des Aris Décoratifs et Industriels Modernes. — Pavillon des Magasins du « Louvre ». A. LAPRADE, architecte (D.P.L.G.).
Ce pavillon a été composé avec la volonté de construire au moindre prix tout en réalisant un bâtiment pouvant durer six mois. Il a donc été établi en fer et en bois ignifugé, revêtus de staff peint.
Malgré ses matériaux modestes, ce bâtiment donne l'impression d'une construction en béton armé avec un enduit à gros grain. On a visiblement cherché l'équilibre, la joie sans excentricité, en faisant jouer un très grand rôle à la garniture florale qui s'étale en larges jardinières au premier étage et dans l'ébrasement des fenêtres au rez-de-chaussée.
Sur une partie basse assez pleine avec des fenêtres correspondant aux salles exposées, on a construit un premier étage très ajouré. Le programme imposait la servitude de ne rien construire de solide au delà d'une ligne à 45° partant à cinq mètres du sol, mais les pergolas étant permises, on en a usé largement. Cette pergola couvre la terrasse d'un thé qui occupe tout ce premier étage. Ce thé,
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très vivant, jouit d'une vue séduisante sur l'esplanade.
Une des particularités de ce bâtiment est d'avoir placé des vitrines extérieures aux huit angles obtenus de l'octogone, tant au rez-de-chaussée qu'au premier, vitrines permettant de montrer tous les produits du magasin, autres que l'ameublement. La sculpture décorative de ce pavillon est l'œuvre du sculpteur Binquet. A l'intérieur, l'architecte a composé le hall central, sorte de patio de repos que rafraîchit une svelte fontaine ; il a également aménagé la salle de bains, entièrement en verre moulé translucide, éclairée en arrière des parois verticales, du sol et du plafond.
PLANCHE XLVII. — Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. Pavillon de Lyon et Saint-Etienne. — T. Garnier, architecte (d. p. l. g.).
Le programme de ce pavillon n'a pas été nettement établi dès l'origine. Le but en était de présenter tout d'abord la « Soierie », industrie dominante de la région Lyonnaise, puis les industries de Saint-Etienne, enfin les œuvres des artistes décorateurs : meubliers, dinandiers et sculpteurs lyonnais. On fit en réalité un pavillon d'Exposition à tout faire. La composition fut centralisé sur le hall d'entrée, dont le but est de mettre en valeur une fontaine de jardin, en même temps que de développer un motif de couverture en gradins. Pour rompre la monotonie de l'extérieur, l'architecte eut l'idée d'entourer ce pavillon de la Soie d'un grand nombre de vases de ciment malheureusement peu étudiés.
La construction terminée, l'architecte M. Roux-Spitz fut chargé par le Syndicat des fabricants de Lyon de la présentation décorative des soieries. Malgré le peu de hauteur, il réalisa des chutes verticales dans des ordonnances de colonnes et colonnettes de marbre. Des poutres rejoignant ces colonnes reçoivent les soies qui y furent naturellement posées.
La fontaine du hall d'entrée, ainsi que le cartouche qui surmonte l'entrée, sont du sculpteur Larivé. Une statue représentant la Soie est l'œuvre du sculpteur Marcel Renard.