Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION - MM. ARFVIDSON - J. AUBURTIN - LOUIS-H. BOILEAU - LOUIS BONNIER - BOUWENS DE BOIJEN - A. DEFRASSE - AD. DERVAUX - TONY GARNIER - L. GODEFROY - CH. LETROSNE - PIERRE PATOUT - CH. PLUMET - H. SAUVAGE - LOUIS SOREL - ANDRÉ VENTRE Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ --- NOUVELLE SÉRIE 2e ANNÉE N° 2 FÉVRIER 1925 --- SOMMAIRE TEXTE ÉTABLISSEMENT BALNÉAIRE DE LA BUTTE-AUX-CAILLES . . . . . . Louis Bonnier. PLANCHES Pl. VII à XII. Établissement balnéaire de la Butte-aux-Cailles à Paris . . . . . Louis Bonnier. Un numéro : France, 10 francs. Étranger, 12 francs L'abonnement annuel : France, 100 fr. Étranger, 120 fr. L'année parue (1924) en portefeuille . . . . . . 125 fr. --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS (1er) Tél. : Louvre 33-87. Chèques postaux 6690. R. C. Seine 64-696

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L'ARCHITECTE ÉTABLISSEMENT BALNÉAIRE DE LA BUTTE-AUX-CAILLES « Le scandale de la Piscine de la Butte-aux-Cailles... risée du monde architectural et « sportif... » telle était l’opinion compétente émise par un éminent avocat à la tribune du Conseil Municipal, trois mois avant l’ouverture de l’établissement. « Etablissement modèle, exactement au niveau des exigences actuelles de l’hygiène et de la pratique, œuvre où revivent les mérites les plus sûrs du technicien, les plus délicates inspirations de l’artiste... » (Discours de M. le Préfet de la Seine, le jour de l’inauguration.) On doit croire que la piscine de la Butte-aux-Cailles ne mérite ni cet excès d’honneur, ni cette indignité, et que la vérité toute nue se tient entre la bienveillance de l’administration, envers un vieil agent quittant, après trente-sept années de service, la galère que la Ville de Paris montre dans son écusson, et les besoins naturels de l’éloquence municipale. La piscine n’a d’autre ambition que d’être le résultat consciencieux d’études assez complexes et c’est la seule raison qui nous amène à donner ici quelques renseignements à l’usage des gens de métier. Point n’est donc besoin d’étaler une compilation facile de documents sur l’histoire des bains et des piscines à Paris, de montrer leur création sur les pentes de la Montagne-Sainte-Geneviève par les conquérants romains, leur importance maintenue pendant le Moyen-âge par les croisés revenant d’Orient, leur décadence à partir du xvie siècle où Montaigne ne voit plus autour de lui que « gens aux membres encroutés, aux pores estoupez de crasse » et où Madame de Verneuil déclare à Henri IV « qu’il pue comme charogne ». L’immoralité des tenanciers d’étuves et de leurs clients, la pudibonderie administrative et surtout l’indifférence, sinon la répulsion générale, pour tout ce qui est hygiène et propreté, ruinent les organisations balnéaires. Le grand siècle ignore l’ablution et Louis XIV se borne à se faire laver les mains, à l’esprit de vin,... tous les jours. Plus près de nous, on indiquerait le commencement d’une faible réaction à la fin du xviiie siècle, la création des bateaux-piscines en Seine, illus-trés par Daumier et Bertall, les bains-chinois, les bains Vigier, les deux piscines privées installées par M. Christmann, rue Château-Landon et boulevard de la Gare, en 1883; enfin, les premières et rudimentaires piscines municipales : Rouvet, à ciel ouvert et froide en 1891, Hébert en 1896 et Ledru-Rollin en 1897, couvertes et chaudes. Peut-être sera-t-il plus intéressant de montrer, en déroulant l’évolution chronologique d’un projet de construction à la Préfecture de la Seine, au Conseil Municipal, dans les bureaux et sur les chantiers, avec quelle méthode sont étudiés, ménagés et gardés les intérêts de la Ville de Paris. La première commission municipale d’études, qui date de 1898, prévoyait, dans un programme beaucoup plus important et s’étendant sur Paris entier, la construction d’un établissement balnéaire à la Butte-aux-Cailles. Le choix de cet emplacement était déterminé par la présence, à quelques mètres de distance, d’un puits artésien, foré de 1866 à 1903, sur une profondeur de 582m40 et qui fournissait, en 1923, 1.800 mètres cubes par jour environ, à la température constante de 28°. En 1908, on se décida à un commencement d’exécution et un petit bâtiment destiné à être englobé plus tard dans l’ensemble de l’établissement, comprenant 30 cabines de bains-douches, était inauguré en 1909 et porté à 50 cabines en 1910. En 1919, dès la fin de la guerre, le programme est repris, après une enquête sans résultat auprès des grandes villes de province, et un premier avant-projet complet est remis par l’architecte en novembre 1920, comportant une nef de piscine de 526m², un bassin de natation de 27m de longueur et 147 cabines de déshabillage. La surface bâtie est de 1.447m² et le devis, revisé par le service du Contrôle, prévoit une dépense de 3.685.000 fr. Or, en juillet 1920, une mission de techniciens, confiée à M.Heubès, architecte-en-chef adjoint et à M. Girard, ingénieur-en-chef, chargé des installations mécaniques, visitait les établissements de toute nature, bains-douches, piscines, lavoirs, etc. depuis Nancy jusque Tourcoing, en passant par Mulhouse, Colmar, Strasbourg, Metz, Cologne, Aix-la-Chapelle et Bruxelles, y constatait beaucoup d’aménagements ingénieux, de détails intéressants, relevait un certain nombre d’erreurs, mais, comme il arrive fréquemment en ces sortes d’enquêtes, n’y trouvait aucun modèle absolu s’adaptant au programme parisien. FÉVRIER 1925.

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L'ARCHITECTE Fig. 20. — Établissement balnéaire de la Butte-aux-Cailles à Paris. — Plan du sous-sol. Le rapport très complet des enquêteurs, leurs conseils et aussi la lecture des ouvrages importants consacrés aux établissements balnéaires à l'étranger, persuadèrent l'architecte de reprendre entièrement ses études. Le 5 mars 1921, il présenta un nouveau projet dans lequel la surface construite était portée à 628m², la longueur du bassin à 33m³³, le nombre des cabines à 177, la dépense à 4.408.000 francs, chiffre résultant du coefficient de 3,79 appliqué à un devis qui, en 1914, eut été de 1.163.000 francs. Le 26 mars, le Conseil Municipal prescrit, dans le programme général des nouvelles piscines de Paris, l'achèvement de l'établissement balnéaire de la Butte-aux-Cailles. Un sondage préalable, exécuté sur la demande de l'architecte, avait révélé que le terrain, comme la majorité de ceux qu'achète la Ville de Paris, qui a besoin de grandes surfaces et qui désire les payer le moins cher possible, était mauvais. A la surface, d'importants remblais; dessous, des stratifications déclives et irrégulières, inclinées vers la vallée de la Bièvre, puis encore deux étages de carrières, conduisaient à rechercher le bon sol jusqu'à 13m de profondeur environ au-dessous du niveau général du rez-de-chaussée. Le 22 septembre 1921, le service des Carrières commençait ses travaux qui devaient se prolonger jusqu'en mai 1922. Néanmoins, l'architecte faisait entreprendre, pour gagner du temps, mais avec toute la prudence nécessaire, les déblaiements de terrasse en juillet 1921 et les travaux de fondations de maçonnerie, adjugés au mois d'octobre suivant, s'ensuivaient immédiatement. Cette lenteur intentionnelle lui permettait d'ailleurs de donner satisfaction au désir exprimé, en décembre 1921, par le Conseil Municipal et l'Administration, d'un nouvel et important remaniement des plans adoptés, impliquant l'extension des tribunes, de la salle de propreté, la création d'une salle de déshabillage pour les groupements sportifs et scolaires, etc., travaux qu'il était autorisé à exécuter le 7 mars 1922, sous la réserve expresse que les frais en seraient payés par les économies à réaliser sur les sommes mises primitivement à sa disposition. Dès ce moment, la construction se poursuit normalement jusqu'à l'inauguration du 4 mai 1924, malgré deux mois et demi de grève en 1923, ce qui donne environ deux années d'exécution pour au moins autant de préparation administrative. Examinons maintenant avant de visiter l'établissement lui-même, quelles étaient les conditions générales du problème à résoudre, les difficultés principales à vaincre. Nous avons dit l'état déplorable du terrain en général. Au cours des travaux, on a constaté encore l'inconsistance du sol naturel filtrant au travers des ciels de carrière fissurés ou brisés par le poids des remblais voisins. Il en résultait l'obligation absolue d'assurer l'étanchéité complète des installations de la piscine où l'eau, souvent en pression, se trouve en surabondance dangereuse.

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L'ARCHITECTE --- Établissement balnéaire de la Butte-aux-Cailles à Paris. Vue des piliers supportant le bassin. Il fallait introduire, dans la largeur insuffisante de l'immeuble resserré entre deux murs mitoyens immuables, une série d'éléments qui eussent gagné considérablement à se partager quelques mètres supplémentaires. Il fallait tenir compte de la présence d'un bâtiment déjà existant, utilisé, et dont il importait de ne pas interrompre le fonctionnement intense. Il fallait jumeler, sous la même direction et sous une surveillance facile, deux établissements distincts : bains-douches et piscine. Il fallait assurer une ventilation et un chauffage réguliers dans tout l'établissement, les rendre facilement contrôlables et réglables, en vue de visiteurs habillés ou déshabillés et à toute époque de l'année. Il fallait prévoir l'alimentation des cabines, des bains-douches, du bassin, non seulement par les eaux chaudes venant du puits artésien à 28°, mais encore, au besoin, en cas de manque de celle-ci, par l'eau de source de la Ville, à 8°, réchauffée. Il fallait tenir compte de ce que le radier du seul égout public utilisable, place Paul-Verlaine, était sensiblement au niveau du fond du bassin et, cependant, assurer la vidange facile et rapide de ce bassin et de toutes les canalisations. Il fallait prévoir et neutraliser, dans la mesure du possible, l'indiscipline et le vandalisme coutumier des baigneurs. Dans leur tournée d'enquête, MM. Heubès et Girard avaient, une fois de plus, constaté à l'étranger l'esprit de discipline qui permet d'organiser le fonctionnement régulier de vastes établissements et de les préserver de la destruction au moyen de simples inscriptions. L'expérience faisait prévoir d'abord, et a permis de constater ensuite, qu'il ne saurait en être de même chez nous. Pour parer à ce danger, il fallait disposer les locaux de façon à rendre les soins de propreté obligatoires et inévitables et rechercher toute disposition spéciale empêchant la salissure, la détérioration ou le vol de tout ce qui est à portée de la main des visiteurs. Enfin, traiter tout l'ensemble de la construction avec le souci d'économie convenable à un établissement essentiellement utilitaire, tout en donnant au public la sensation d'une œuvre accueillante où des matériaux judicieusement choisis sont étudiés dans le sens de leur utilisation logique pour des besoins évidents. Le plan d'ensemble montre, dans l'axe, sur la place Paul-Verlaine, au premier plan, les bâtiments du service des entrées, les vestibules; au second

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L'ARCHITECTE Fig. 22. — Établissement balnéaire de la Butte-aux-Cailles à Paris. — Installation de la chaufferie. --- plan, la grande nef de natation; à droite, le hall de déshabillage de la piscine; à gauche, le bâtiment des douches; puis, de chaque côté, le long des murs mitoyens, des courettes d'isolement. Au fond, les services ayant leurs accès par la rue nouvelle; à droite, la salle de propreté, la salle des groupements sportifs et scolaires; à gauche, le service médical, le grand escalier menant le public à sa tribune, la cour des combustibles et sa porte charretière particulière. La grande nef a été naturellement traitée en béton armé, les bâtiments secondaires en briques rouges de Pargny-sur-Sault; couvertures en tuiles plates ou en ciment à forte pente, menuiseries blanches, socles et linteaux en béton bouchardé remplaçant économiquement la pierre prévue au devis et empêchant, par sa rugosité, toute affiche intempestive, toute inscription obscène. La façade principale tend à expliquer le plan et à marquer, par le trumeau d'axe, l'inscription du titre de l'établissement, l'écusson de la Ville de Paris, la forme du toit et le drapeau réglementaire, la situation médiane de la salle de surveillance et de contrôle des entrées entre les deux grandes baies cintrées de la piscine, d'une part, et des bains douches, d'autre part, sans autre communication entre les deux parties de l'établissement qu'une étroite porte de service. Si nous pénétrons par la porte de droite dans le porche de la piscine, nous laissons à notre gauche le guichet où le baigneur reçoit, moyennant 1 fr. 50, une serviette et son numéro d'ordre, passe au tourniquet qui enregistre son entrée, et voit le meuble-trémie par où, à la sortie, il enverra dans les sous-sols son linge mouillé. Une porte formant tambour le conduira dans le vestibule véritable, éclairé à la fois par la cour anglaise de droite, par deux baies donnant sur la nef de la piscine et enfin par une coupole en béton armé translucide. À droite, monte l'escalier privé menant à l'appartement du Directeur; à gauche, un second escalier, fermé par une grille, mais conduisant, les jours de grande réunion, à la tribune du jury. Au pourtour, des bancs couvrant les tuyaux de chauffage et, dans le carrelage, des douilles destinées à l'installation d'une filière les jours d'affluence. La seule porte accessible au public le mène ensuite, à droite, au hall de déshabillage, formé d'un rez-de-chaussée et de deux étages de cabines superposées en deux rangées latérales, desservies par deux escaliers extrêmes et, au centre, par un service de W.-C. Chaque cabine mesure, en plan, $0^{m}97 \times 1^{m}21$ et contient: un siège et deux portemanteaux en ciment armé, un miroir de $0^{m}32 \times 0^{m}20$ , appliqué sur l'envers de la porte de

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L'ARCHITECTE bois ouvrant facilement de l'intérieur, mais que, seuls, les gens de service peuvent ouvrir de l'extérieur. Enfin, un pédiluve de 0°285×0°285 (dimensions intérieures). Ce pédiluve est la solution d'un difficile problème de l'organisation de la piscine. Nous avons dit plus haut qu'il ne fallait pas compter obliger les baigneurs à passer par la salle de douches, avant le bain, grâce à une simple consigne écrite. On a donc combiné le plan des locaux de façon que, en temps ordinaire, la seule entrée de la nef fut située dans la salle même des douches, laquelle communiquait elle-même avec le hall de déshabillage par une unique porte. Ce système a donné des résultats absolus, malgré les protestations émises par les baigneurs les premiers jours d'exploitation, se refusant à passer à la douche parce qu'ils se disaient propres. Le seul inconvénient inévitable consiste en ce que le baigneur, venant se rhabiller, foule, pieds nus, dans le hall de déshabillage, un sol qu'il a sali lorsqu'il y est venu se déshabiller, chaussé. Le pédiluve qu'il trouve en rentrant dans sa cabine, analogue à la cuvette de bois de certains bains de mer, contient assez d'eau chaude pour lui permettre de supprimer tout inconvénient au moyen d'un coin de serviette mouillée. Chaque cabine, dont le numéro correspond à celui du jeton d'entrée, est lavée à la lance après chaque occupation. Un chevron bleu, blanc ou rouge, suivant l'étage, tracé sur l'extérieur de la porte, de la même couleur que le caleçon du baigneur, indique que la cabine est occupée par un membre de l'une des trois séries qui se déshabille, se baigne ou se rhabille. Le hall est chauffé par des tuyaux lisses passant dans les cabines et, au centre, par des sièges circulaires dont le soubassement forme bouche de chaleur. Il est éclairé au moyen d'un double plafond vitré et d'une petite baie verticale desservant chaque cabine. La salle de propreté, qui vient à la suite, contient : 16 pommes de douches libres, 10 cabines fermées par un rideau, et 28 pédiluves de 0°42×0°50 (intérieurement). L'architecte s'est heurté, dans l'achat qu'il voulait faire d'éléments sanitaires de diverses natures pour l'ensemble de la piscine, grands et petits pédiluves, éviers, etc., Installation de la chaufferie.

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L'ARCHITECTE --- Établissement balnéaire de la Butte-aux-Cailles à Paris. Plan d'ensemble du rez-de-chaussée. --- à la nonchalance, pour ne pas dire à la mauvaise volonté des fournisseurs possibles, demandant des délais invraisemblables et des prix prohibitifs; il a dû étudier et composer des aménagements en ciment armé et les revêtir de carreaux de faïence qui, en fin de compte, sont tous d'une exécution plus rapide, sont aussi pratiques, coûtent moins cher et se réparent plus facilement. La salle de propreté est éclairée par le haut au moyen d'un double plafond vitré, percé dans une double voûte organisée contre la condensation. Un double mur la sépare du mur mitoyen et prévient les difficultés probables. Outre la porte d'entrée et la porte de la nef, une troisième porte donne accès aux groupements sportifs ou scolaires qui pénètrent dans l'établissement par la façade postérieure. Pour eux, le déshabillage s'opère dans une salle spéciale, éclairée sur la rue nouvelle et sur la cour, meublée de bancs en ciment et entourée de cinquante armoires individuelles en tôle. Une organisation sanitaire spéciale dessert l'arrivée de ces groupements. Pénétrons maintenant dans la nef du bassin dont la voûte est portée par sept arcs en plein centre de 16m60 de portée et 15m70 de hauteur au-dessus du bassin. Rectangulaire, la nef mesure

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L'ARCHITECTE 44m00 dans sa plus grande longueur et 16m50 dans sa largeur. Au milieu, le bassin, de 33m33 sur 12m00; aux deux extrémités, d'une part la tribune du public et d'autre part celles du jury demandées après coup pour les exhibitions sportives. Des bancs en ciment, le long des trottoirs latéraux et en porte-à-faux de 2m00 au minimum, recouvrent les tuyaux de chaleur. Du côté de l'entrée, le trottoir a une largeur d'environ 8m00, formant plage, et donne accès au petit bain par deux escaliers latéraux. L'eau pénètre dans le bassin par une nappe en cascade, allant d'un escalier à l'autre dans toute la longueur du petit côté et, aussi, par deux ouvertures débouchant dans les parois longitudinales du grand bain, au-dessous du niveau de l'eau. Deux échelles de fer descendent dans le grand bain, symétriquement aux escaliers du petit bain. Les jours ordinaires, l'eau atteint, dans ce petit bain, au droit des escaliers, une profondeur de 0m75 pour arriver à 1m10, à environ 11m00 de ces escaliers, là où un câble métallique sépare les deux bains; puis la pente s'accenue pour descendre à 2m75 à l'extrémité opposée du grand bassin où sont ménagés, dans le radier, les deux grands orifices grillagés de vidange. Dans la frise qui entoure le haut du bassin, on a percé 64 orifices d'évacuation des eaux vers un chéneau, extérieur à la cuve et placé en sous-sol, le long de la paroi de la cuve. Les jours de réunion sportive, en obturant ces orifices par un bouchon de cuivre, on laissera monter le niveau de l'eau de 0m25 de façon à atteindre 1m00 de profondeur minimum dans le petit bain et 3m00 dans le grand. L'eau s'écoule encore dans le même chéneau, mais en passant par dessus le bord supérieur de la paroi. Le long des trottoirs, des douilles permettent d'installer les poteaux en fer d'une filière de protection. Le nombre des spectateurs admis les jours d'affluence dans les tribunes et sur les trottoirs est d'environ mille, dont l'évacuation est facilitée par l'ouverture en grand des portes, ordinairement fermées, qui ouvrent alors sur les vestibules. Dans le fond du bassin, dont la longueur est un sous-multiple de 100m00 et permet aux nageurs de chiffrer leur puissance, on a tracé, blanc sur bleu, quatre lignes de nages longitudinales. Pour plus de visibilité, ces lignes sont accentuées, au fond de l'eau, par des hublots munis d'une ampoule électrique. L'ensemble est recouvert par une double voûte appuyée sur les arcs en béton armé, occupée par les canalisations diverses, accessible aux gens de service et annihilant les condensations. L'éclairage vertical est établi dans les quatre parois du lanterneau supérieur; l'évacuation de l'air chaud se fait, au plafond, par des ouvertures de section réglable, dans un grenier, accessible aussi, disposé en chicane et le conduisant à l'extérieur. Un service sanitaire est en communication directe avec la nef du bassin. Symétriquement à la porte d'entrée de la piscine, ouvert seulement les jours d'exhibition, se trouve l'escalier de la tribune du public et un escalier conduisant au sous-sol. Le service médical Fig. 25. — Établissement balnéaire de la Butte-aux-Cailles à Paris. — Plan du premier étage. PLACE PAUL VERLAINE