Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'AMOUR DE L'ART 11e ANNÉE - JANVIER 1930 FRANCE 10 - ÉTRANGER 15. 110, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS (VIe) P. PINSARD.

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GALERIE ZAK 16, rue de l'Abbaye Place St-Germain-des-Prés --- ŒUVRES DE : MODIGLIANI, EUGÈNE ZAK, DERAIN, UTRILLO, RAOUL DUFY, MARC CHAGALL, FRIESZ, BARBER, DE LA SERNA, BOSSHARD, EDZARD, STERLING et d'autres. --- LIBRAIRIE DE FRANCE, 110, Boulevard Saint-Germain — PARIS (VI) MYTHOLOGIE ASIATIQUE ILLUSTREE PRINCIPAUX COLLABORATEURS ELISSEEV, ancien professeur de l'Université de Pétrograd (Japon) J. HACKIN, conservateur du Musée Guimet (Lamaïsme et Inde) Clément HUART, membre de l'Institut (Perse) Raymonde LINOSSIER, attachée au Musée Guimet (Bouddhisme) Henri MARCHAL, conservateur d'Angkor Henri MASPERO, professeur au Collège de France (Chine) Madame H. de WILLMAN-GRABOWSKA, chargée de Conférences à la Sorbonne (Brahmanisme) Introduction de Paul-Louis COUCHOU Un fort volume in-4° raisin (24×31) de 400 pages. — Environ 600 illustrations 40 splendides hors-texte en noir et en couleur, dont 10 exécutés par les ateliers Daniel Jacomet 1.700 exemplaires sur vélin teinté Navarre. PRIX : 220 fr.

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L'AMOUR DE L'ART REVUE MENSUELLE FRANCE : 95 fr. BELGIQUE : 107 fr. Onzième Année ÉTRANGER : 150 et 175 fr. RÉDACTEUR EN CHEF : FRANÇOIS FOSCA --- SOMMAIRE DU N° 1. Janvier 1930 NUMÉRO SPÉCIAL CONSACRÉ A ANTOINE BOURDELLE - Antoine Bourdelle .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. PAUL JAMOT. - L'Influence Grecque chez Bourdelle.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. M. CHEVALLIER-VEREL. - Bourdelle et l'Argentine.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. Ed. SCHIAFFINO. - L'Enseignement du Maître Sculpteur Bourdelle .. .. .. .. .. .. M. DORMOY. - Bourdelle et la Pologne .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. JAN-TOPASS. - Hommage à Bourdelle .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. J.-L. VAUDOYER. - Une Lettre à Auguste Perret .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ANTOINE BOURDELLE. - La Grande Parole de Bourdelle .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. D' E.-F. JULIA. - Bourdelle .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. AUGUSTE PERRET. Encore le Meuble en Métal .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. E. TISSERAND & F. FOSCA. --- CHRONIQUES : - Chronique des Expositions .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. FRANÇOIS FOSCA. - OEuvres d'Hermann Paul .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. RAYMOND GEIGER. - Le Mouvement des Arts Appliqués et les Ensembles Mobiliers au Salon d'Automne.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. GASTON VARENNE. - Bibliophilie .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. RAYMOND GEIGER. - Bibliographie.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. - Chronique des Disques .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ANDRÉ JORAM. Toutes les photos de l'OEuvre d'Antoine Bourdelle contenues dans ce Numéro ont été reproduites avec l'autorisation de la LIBRAIRIE DE FRANCE, propriétaire de la reproduction graphique de l'oeuvre de l'artiste. La Table des Matières de 1929 paraîtra dans un prochain numéro. --- RÉDACTION ET ADMINISTRATION : LIBRAIRIE DE FRANCE, 110, Boulevard St-Germain, PARIS (VIe) -:- Téléph. Littré : 67-91 et 48-74 PUBLICITÉ : A. G. A., 155, Faubourg Saint-Denis -:- PARIS (Xe)

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BAGUÈS LUMINAIRE ANCIEN & MODERNE FERRONNERIE OBJETS D'ART 107, Rue de la Boëtie, PARIS Londres Bruxelles New-York ACADÉMIE RUSSE DE PEINTURE PEINTURE DESSIN CROQUIS CONFÉRENCES EXPOSITIONS PEINTURESUR PORCELAINE On s'inscrit : de 15 h. 30 à 17 h. 30 à l'ACADEMIE 11, RUE JULES-CHAPLAIN, PARIS-6e Metro : Vavin - Nord-Sud : Notre-Dame-des-Champs JULIUS MEIER-GRAEFE COROT avec 153 planches en héliotypie, format 27cm x 34cm. Relié demi-vélin 700 fr. ÉDITIONS KLINKHARDT ET BIERMANN, BRUNO CASSIRER 15, Derflingerstrasse, BERLIN W. 55. Cet ouvrage, en même temps que les reproductions de 153 chefs-d'œuvres de Corot, contient une étude sur l'œuvre du maître par J. Meier-Graefe, qui est appelée à avoir un grand retentissement. C'est une véritable résurrection de Corot que ce livre monumental.

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académie moderne 86, rue notre-dame-des-champs paris 6e professeurs : jean marchand. a. stopplaere. fernand léger. amédée ozenfant. alexandra exter. cours de composition, peinture, dessin, publicité, arts théâtral et cinématographique Galerie DRUET 20, RUE ROYALE, 20 TABLEAUX MODERNES BISSIERE, PIERRE BRUNE, MAURICE DENIS, G. DUFRENOY, J. FLANDRIN, W. GIMMI, P. LAPRADE, A. MAILLOL, H. MANGUIN, A. MARQUET, Mme MARVAL, F. VALLOTTON. EXPOSITIONS GALERIE ZBOROWSKI 26 - Rue de Seine TABLEAUX MODERNES RICHARD. - NATURE MORTE. TH. DEBAINS - DERAIN PIERRE FARREY - FAUTRIER BERON - GABRIEL FOURNIER OTHON FRIESZ - KISLING SABOURAUD - MODIGLIANI RICHARD - SOUTINE - UTRILLO Katia GRANOFF TABLEAUX MODERNES 19, Quai de Conti (6°) Littré: 34.58 Un éclairage d'Art les rampes les réflecteurs CHALIER pour GALERIES de TABLEAUX COLLECTIONS, etc... Marc CHALIER 266, Boulevard St-Germain - PARIS - Littré 81-12 b

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ANTIQUITES PERSANES NAZARE-AGA 3, Avenue Pierre Ier de Serbie (XVIe) 10 h. à midi — 14 h. à 19 h. Téléphone : Passy 76-69 BIGNOU TABLEAUX DE PREMIER ORDRE 8, Rue La Boëtie, 8 PARIS Edouard BOUET, Réparateur de Tableaux, Miniatures, Objets d’Art 9, Rue de Penthièvre (Maison Fondée en 1885) English Spoken ACHAT — — Tél. : ÉLYSÉES 61-96 Man Spricht Deutsch — — VENTE DUSAUSSO JOAILLIER EXPERT CAPUCINES 41 BD. DES AU COMPTANT ACHAT DE BLOQUES PIERRE CARREL POUR TOUTES EXPOSITIONS D’ART en Egypte roger breval 14 Rue Antikhana LE CAIRE

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RENÉ ZIVY 57, AVENUE MONTAIGNERond - Point des Champs - Elysées PARIS TABLEAUX ANCIENSMEUBLES ANCIENS:: OBJETS D'ART :: EXPOSITION PERMANENTE Téléph. : ÉLYSÉES 95-71 --- B. FABRE & FILS ANTIQUITES 19, Rue Balzac (VIIIe) Tél. : Elysées 28.60 --- Durand-Ruel 37, Avenue de Friedland (8e)PARIS TABLEAUX MODERNES NEW-YORK : 12 East 57th. Street --- J. Allard & Cie Les Maîtres Modernes 20, Rue des Capucines PARIS ---

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F. LINEL COULEURS FINE S. AQUARELLE DÉTREMPE GOUACHE HUI LE TABLEAUX MAROULAGE PLAFONDS PANORAMAS DÉCORS TOILES DE QUALITÉ A. BINANT DE BELLES COULEURS SUR DE BONNES TOILE S. Galerie Marcel BERNHEIM 2bis, Rue de Caumartin - PARIS (9°) Téléph.: Central 88-28 — Télégr.: MABERNECO-PARIS VENTE ET ACHAT DE TABLEAUX MODERNES DE PREMIER ORDRE EXPOSITIONS : EXPERTISES : R.-TH. BOSSHARD. - NU DE DOS.

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N° 1 JANVIER 1930 L'AMOUR DE L'ART PEGASE. BAS-RELIEF. Photo Vizzavona. Antoine Bourdelle Il suffira toujours, pour faire un bon statuaire, d'avoir le sens des formes, des proportions, de l'équilibre, le don de construire une figure comme un architecte construit un édifice, et, si à ces vertus s'ajoute quelque rayonnement spirituel, ce statuaire pourra compter parmi les plus grands. Le xixe siècle, cependant, et le commencement du xx° ont connu une autre race de sculpteurs, et il n'est pas défendu de leur vouer une prédilection particulière. Ce sont des poètes, des lyriques et ils jouent avec la couleur et la lumière. Antoine Bourdelle est de cette race : il en est un des fils les plus séduisants et les plus puissants. Ce n'est pas par hasard que plusieurs de ceux qui ont honoré la sculpture française depuis plus de cent ans ont été peintres en même temps que sculpteurs, non seulement parce qu'ils ont recherché pour leurs statues ou leurs bas-reliefs des effets qui relèvent plus ou moins directement de la peinture, mais parce qu'ils ont plus d'une fois demandé au pinceau et à la toile le moyen d'exprimer leur pensée ou leur rêve. Les aqua-relles et les peintures de Barye sont des œuvres qui se suffisent à elles-mêmes : elles sont aujourd'hui presque aussi admirées que ses bronzes. Carpeaux est un observateur vif et passionné de la vie, le crayon à la main ; et ses tableaux, s'ils sont restés pour la plupart à l'état d'ébauches, sont des ébauches spontanées et puissantes, qui montrent toutes les qualités d'un peintre original. Rodin a pratiqué aussi la peinture à l'huile et le pastel, mais assez rarement, et ce n'est pas là qu'il a mis sa marque. En revanche, on sait la part considérable qui revient dans son œuvre aux dessins, dessins colorés, dessins de peintre, et les quelques eaux-fortes qui sortirent de sa main sont admirables. Quant à Bourdelle, ce n'est pas seulement par des ébauches, des études, des notes brillantes ou vives qu'il a manifesté ses dons exceptionnels de peintre, c'est par de grandes œuvres, par des compositions couvrant de larges surfaces murales, et je me demande si l'on avait vu un cas pareil depuis l'illustre sculpteur qui peignit le plus vaste et le plus riche ensemble décoratif que nous ait laissé la Renaissance italienne. Le vestibule du Théâtre des Champs-Elysées fut pour Bourdelle sa "Chapelle Sixtine" ; et nous y saluons une des plus belles créations décoratives de notre

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L'AMOUR DE L'ART FRAGMENT DU MONUMENT AUX MORTS DE 1870-71 A MONTAUBAN. Photo Vizzacoma.

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L'AMOUR DE L'ART temps. Dans ce monument qui représente une date décisive de l'architecture moderne et pour la façade duquel Bourdelle sculpteur a fait un fronton et des métopes qui sont célèbres, il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour me faire dire que le peintre a encore surpassé le sculpteur. Que l'on ne m'accuse pourtant pas de tiédeur pour des morceaux admirables et d'une éclatante originalité, tels que la métropole de la Musique et celle de la Danse ! Des bas-reliefs d'ailleurs, et des bas-reliefs à faible saillie comme ceux-ci, c'est de la sculpture qui est bien près de la peinture. Et je me demande si tout ce qu'ils contiennent de plus beau et de plus rare n'apparaît pas avec encore plus d'élan et de liberté dans les fresques où, reprenant à sa façon les Thèmes éternels, Bourdelle a dit l'émotion que la pensée antique et les fables merveilleuses de la mythologie grecque et les amours et les combats des hommes et des dieux éveillent, après plus de deux mille ans, dans l'âme d'un grand artiste qui est un grand poète. Car Bourdelle est avant tout un poète, un lyrique. Ce penchant inné qui l'attire vers la peinture, qui lui fait tourner la sculpture elle-même vers les ambitions plus spécialement réservées à la peinture, n'est qu'un autre nom de la vis lyrica, toujours bouillonnante et sans cesse jaillissante, qui est en lui. La peinture, par les ressources si variées et si extensibles que mettent à sa disposition la couleur et la lumière, la peinture qui s'empare de l'espace, semble ouvrir un royaume vaste, vague et indéfiniment hospitalier à des sentiments, à des aspirations qui se trouveraient peut-être à l'étroit dans les limites plus précises et sous la règle plus inflexible qui régissent les ouvriers du marbre et du bronze. Bourdelle a fait des vers. Son Poème du sculpteur, qu'il publia en 1890 dans un journal de Montauban mérite une place de choix parmi les essais littéraires des grands artistes de notre époque, à côté des sonnets de Degas. Dans les pages où il a jeté au jour le jour ses pensées sur l'art, sur la vie, sur l'humanité, les éclairs du génie brillent au milieu de colonnes rompues et de lianes enchevêtrées, au travers de brumes sibyllines. Ils brillaient aussi dans les propos familiers qu'il était toujours prêt à prodiguer au bénéfice soit de ses élèves, soit de ses amis, soit de tout visiteur venant, pour peu que celui-ci eût gagné sa confiance par quelque preuve d'intelligence ou de sensibilité artistique. L'art, en effet, occupait, absorbait, exaltait toute son activité mentale, spirituelle et, on peut le dire, morale. On aurait tort, cependant, de se représenter Bourdelle comme un esthète enfermé dans un rêve, si altier et si précieux fût-il, comme une sorte de fakir de l'Occident déterminé à ne rien voir ni des remous et reflets de la vie quotidienne, ni des grands événements promis à l'histoire. Il avait un culte profond et fervent pour les grands esprits, pour les grandes figures qui honorent et dominent l'humanité, pour ceux qui lui apportent des beautés, des consolations, des vérités ou des espérances nouvelles. C'est vraiment avec quelque chose du noble romantisme philosophique d'un Eugène Delacroix et en s'élevant bien au-dessus d'une vision purement pittoresque des hommes et des choses, qu'il a aimé l'histoire et la légende. Il n'a pas consacré moins de pensées, d'efforts ni de temps à son admirable masque de Beethoven qu'au groupe colossal édifié à la gloire du "Libérateur" Alver. L'un des derniers souvenirs qu'il m'ait été accordé de garder de lui avant la maladie finale, se rapporte à une visite que je lui fis pour lui demander, au nom de la Société des Amis de la Médaille, de faire une médaille à l'effigie d'Eugène Delacroix. Seul il nous avait paru capable d'interpréter avec intelligence et amour le visage impérieux, tourmenté, élégant, fier, méditatif et passionné du grand homme qui peignit les Massacres de Scio et les Femmes d'Alger et qui écrit le Journal. Quelle joie ce fut en effet de voir Bourdelle s'enflammer en un instant pour ce beau projet ! Mais quelle tristesse aujourd'hui de penser que la maladie et la mort sont venues arrêter dès la première étape le travail de la conception dans ce cerveau d'artiste et de poète ! Au cours de cette même visite Bourdelle montra combien il était étranger aux étroitesse de cénacle ou de coterie et combien tous les types de grandeur humaine hantaient constamment son esprit. À peine avait-il exprimé son espoir de glorifier dignement un maître si admiré, qu'il parla de Foch. Le généralissime des armées alliées pour une juste cause dans une guerre terrible, le soldat chrétien qui RODIN.