Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

Page 1

L'AMOUR DE L'ART 10e ANNÉE - 3e MARS 1929 FRANCE 10 - ÉTRANGER 15. 110, BOULEVARD SAINT-GERMAIN PARIS (VIe) --- P. PINSARD.

Page 2

GALERIE ZAK 16, rue de l'Abbaye Place St-Germain-des-Prés --- ŒUVRES DE : MODIGLIANI, EUGÈNE ZAK, DERAIN, RAOUL DUFY, MARC CHAGALL, GOERG, : : : DE LA SERNA et d'autres. : : : --- LIBRAIRIE DE FRANCE, 110, Boulevard Saint-Germain — PARIS (VI°) MYTHOLOGIE ASIATIQUE ILLUSTRÉE --- PRINCIPAUX COLLABORATEURS ELISSEEV, ancien professeur de l'Université de Pétrograd (Japon) J. HACKIN, conservateur du Musée Guimet (Lamaïsme et Inde) Clément HUART, membre de l'Institut (Perse) Raymonde LINOSSIER, attachée au Musée Guimet (Bouddhisme) Henri MARCHAL, conservateur d'Angkor Henri MASPERO, professeur au Collège de France (Chine) Madame H. de WILLMAN-GRABOWSKA, chargée de Conférences à la Sorbonne (Brahmanisme) Introduction de Paul-Louis COUCHOUD Un fort volume in-4° raisin (24×31) de 400 pages. — Environ 600 illustrations 40 splendides hors-texte en noir et en couleur, dont 10 exécutés par les ateliers Daniel Jacomet 1.700 exemplaires sur vélin teinté Navarre. PRIX : 220 fr.

Page 3

ÉDITIONS ORION 10, Rue de l'Abbé-de-l'Epée — PARIS (V°) — Téléph. Gob. 77-18 --- En souscription Pour paraître fin Mars EDGAR ALLAN POE LA CHUTE DE LA MAISON USHER Traduction de Ch. BAUDELAIRE 10 eaux-fortes originales dont 8 en hors-texte d’Alexandre ALEXIEIFF Justification du Tirage : Un exemplaire unique sur vieux Japon à la forme, contenant dix croquis originaux, trois épreuves d’une planche refusée, une suite des gravures du premier état avec remarques, une suite de l’état définitif et une suite des épreuves tirée après essayage complet des cuivres A souscrire 10 exemplaires sur vieux Japon à la forme, contenant trois épreuves d’une planche refusée et trois suites des gravures, à ...

Page 4

L'Amour de l'Art REVUE MENSUELLE FRANCE : 95 FR. BELGIQUE : 107 FR. ETRANGER : 150 et 175 FR. SOMMAIRE DU N° 3 (Mars 1929) RÉDACTEUR EN CHEF : FRANÇOIS FOSCA - Maxime Dethomas .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. J.-L. VAUDOYER. - François Le Cœur .. .. .. .. .. .. .. .. .. MARCEL MAYER. - Berthold Mahn .. .. .. .. .. .. .. .. .. FRANÇOIS FOSCA. - Arnold .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. CHARLES KUNSTLER. - Alexeieff, graveur .. .. .. .. .. .. .. .. .. ROGER BRIELLE. - L'Art français indépendant.. .. .. .. .. .. .. .. .. FRANÇOIS FOSCA. Chroniques : - Chronique des Expositions .. .. .. .. .. .. .. .. .. FRANÇOIS FOSCA - Le Mouvement des Arts Appliqués .. .. .. .. .. .. .. .. G. VARENNE. - Bibliophilie.. .. .. .. .. .. .. .. .. .. DIVERS Les lecteurs de langue anglaise trouveront, encarté dans le présent numéro, un Supplément contenant un résumé en anglais des principaux articles. 110, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS (VIe). :: Tél. LITTRÉ : 67-91. LITTRÉ : 48-74 --- LIBRAIRIE DE FRANCE, 110, Boulevard Saint-Germain — PARIS (VIe) --- L'ART PRÉCOLOMBIEN PAR ADOLPHE BASLER ET ERNEST BRUMMER Un splendide Volume in-4° carré, donnant plus de 300 Reproductions, dont 8 en plusieurs couleurs, la plupart inédites, provenant en majeure partie du Musée d'Ethnographie du Trocadéro et de Collections particulières 1 Volume cartonné : 165 francs

Page 5

académie moderne 86, rue notre-dame-des-champs paris 6e --- professeurs : jean marchand. a. stopplaere. fernand léger. amédée ozenfant. alexandra exter. cours de composition, peinture, - - dessin, publicité, arts - - théâtral et cinématographique --- GALERIE DRUET 20, RUE ROYALE, 20 TABLEAUX MODERNES BISSIÈRE, PIERRE BRUNE, MAURICE DENIS, G. DUFRÉNOY, J. FLANDRIN, W. GIMMI, P. LAPRADE, A. MAILLOL, H. MANGUIN, A. MARQUET, Mme MARVAL, F. VALLOTTON. GEORGES DUFRÉNOY - VENISE. EXPOSITIONS Salles du rez-de-chaus. Salles 1er étage 2e Groupe, 19e année 18 au 29 Mars Baignières, Clairin, Despiau Desvallières, Dethomas, Du- frenoy, Flandrin, Guérin, Paule Gobillard Marque, Madame Marval, H. de Waroquier. 1er au 12 Avril Exposition d'Ensemble 15 au 26 Avril Charles Camoin H. Malançon. --- Katia GRANOFF TABLEAUX MODERNES 19, Quai de Conti (6e) Littré : 34.58 b

Page 6

ANTIQUITES PERSANES NAZARE-AGA 3, Avenue Pierre Ier de Serbie (XVIe) 10 h. à midi — 14 h. à 19 h. Téléphone : Passy 76-69 BIGNOU TABLEAUX DE PREMIER ORDRE 8, Rue La Boëtie, 8 PARIS --- Edouard BOUET, Réparateur de Tableaux, Miniatures, Objets d’Art 9, Rue de Penthièvre (Maison Fondée en 1885) English Spoken ACHAT — — Tél. : ÉLYSÉES 61-96 Man Spricht Deutsch VENTE DUSAUSSON JOAILLIER EXPERT CAPUCINES 24 BD. DES AU COMPTANT ACHAT DE BISOUX PIERRE CARREL POUR TOUTES EXPOSITIONS D’ART en Egypte roger breval 14 Rue Antikhana LE CAIRE

Page 7

RENÉ ZIVY 57, AVENUE MONTAIGNERond - Point des Champs - Elysées PARIS TABLEAUX ANCIENSMEUBLES ANCIENS:: OBJETS D’ART :: EXPOSITIONPERMANENTE Téléph. : ÉLYSÉES 93-71 --- B. FABRE & FILS ANTIQUITES 19, Rue Balzac (VIIIe) Tél. : Elysées 28.60 --- Durand-Ruel 37, Avenue de Friedland (8e)PARIS TABLEAUX MODERNES NEW-YORK : 12 East 57th. Street --- J. Allard & Cie LesMaîtres Modernes 20, Rue des Capucines PARIS ---

Page 8

Galerie Marcel BERNHEIM 2bis, Rue de Caumartin - PARIS (9°) Téléph. : Central 88-28 — Télégr. : MABERNECO-PARIS --- VENTE ET ACHAT DE TABLEAUX MODERNES DE PREMIER ORDRE --- EXPOSITIONS --- EXPERTISES : H. MANGUIN. - INTÉRIEUR (VUE SUR LE PORT DE MARSEILLE). --- > De belles couleurs sur de bonnes toiles.... COULEURS F. LINEL TOILES A. BINANT Publicité Mallerich et Mitre

Page 9

N° 3 MARS 1929 L'AMOUR DE L'ART L'OMNIBUS. (Collection Comiot) Maxime Dethomas Il est mort le mois dernier, n'ayant plus, depuis quelques années, grand goût à vivre. Il supporta les épreuves de la maladie avec cette bonhomie silencieuse qu'il conserva toute sa vie, et qui, après avoir longtemps masqué une causticité sans fiel, lui servit à dissimuler le stoïcisme étale de la résignation. Cet homme grand et fort, et dont l'œuvre est toute faite d'accentuations et d'affirmations, n'était que discrétion et douceur. Très clairvoyant, sa sensibilité, à la fois instinctive et cultivée, le contraignait à découvrir, sous les apparences, les vérités les moins belles et les moins gaies. Cependant il sut toujours préférer l'indulgence à l'amertume. Sinon de quelques amis, Maxime Dethomas n'attendait rien des hommes; il ne se préoccupait ni de les blâmer, ni de les réformer. Physiquement et moralement, ne ressemblait-il pas un peu à cet ami du Fantasio de Musset, qui s'appelle Spark? Ce Spark qui allie aux songeries du poète la philosophie du sage, et auquel la vie a appris qu'il faut mettre son plaisir à la fois dans la poursuite de ce qui ne se laisse point atteindre, et dans la jouissance de ce qui est là, sous les yeux, à la portée de la main. L'inspiration de l'œuvre de Maxime Dethomas est double. Il y a d'une part en lui un réaliste, un peintre

Page 10

L'AMOUR DE L'ART DESSIN. (Musée du Luxembourg). poids et l'épaisseur de la matière. Il enferme pour ainsi dire ses personnages dans leurs propres contours ; l'être humain devient dans cette œuvre le prisonnier de ses formes. La plupart des figures qu'il traça ont une densité presque opprimante. Les pas de ces personnages, s'ils s'animaient devant nous, n'auraient-ils point la sonorité volumineuse et implacable de ceux que Mozart fait entendre, lorsque, au dernier acte de Don Giovanni, le Commandeur, chaussé de bottes de basalte, avance autoritairement dans la nuit ? Le souci de Maxime Dethomas ne semble jamais avoir été de donner, par le dessin, l'impression ou l'illusion de la vie. Le frémissement de l'épiderme, l'immatérialité d'une chevelure, les indécisions de contours dont la lumière spiritualise les formes, ne l'ont jamais tourmenté. A cet égard, si son grand ami de jeunesse, Toulouse-Lautrec, l'a influencé quant aux choix des sujets, cette influence est demeurée nulle quant à la manière dont ces sujets sont traités. Toulouse-Lautrec essayait de fixer ce qui fuit, ce qui s'efface, ce qui ne se laisse qu'éphémèrement apercevoir. Une litho de Lautrec est un instantané. Pour lui, une femme qui passe est aussi prête à se dérober, à disparaître, que le papillon, que la fleur, le rayon sur l'eau. Dethomas, au contraire, cherche à dégager plastiquement d'un être ses éléments de durée. Les diverses parties qui composent un individu, il les soumet à un tout inamovible. Un gant, un bouquet, une feuille de papier de mœurs et de caractères, qui choisit ses modèles parmi les petites gens ou les gens médiocres ; et, d'autre part, un imaginatif et un rêveur. L'un aurait pu être l'illustrateur consciencieux et soumis des Mémoires d'un jeune homme rangé de Tristan Bernard ; l'autre a été l'illustrateur de Molière, de Couperin et d'Henri de Régnier. Ainsi voisinent, dans une riche production, les platitudes de l'existence quotidienne et ce qui permet de s'évader de cette existence-là. Du même trait calme, épais et lent, Maxime Dethomas fixait tour à tour sur le papier l'aspect morose de tel petit bourgeois des Ternes, de telle pauvre fille de Montmartre, et la silhouette (parée de la poésie que le temps confère à ce qui n'est plus) de tel personnage du carnaval vénitien, de tels fantômes à perruque ou à vertugadin des Amants Magnifiques et de la Cité des Eaux. Pour s'exprimer, Maxime Dethomas avait mis au point un métier dont l'originalité n'a peut-être pas été suffisamment discernée par ses contemporains. Ces grands dessins sombres et massifs, où les noirs l'emportent le plus souvent sur les blancs, très construits, et, pour ainsi dire, "architecturés", à les apercevoir, sans se soucier de ce qu'ils représentent, de qui pourrait-on les rapprocher ? Il me semble qu'il faut remonter jusqu'à Piranèse pour trouver un artiste qui, autant que Dethomas, a aimé étendre et étaler sur la blancheur du papier les noirs de l'encre ou du charbon. Comme Piranèse avec le burin et le cuivre, Dethomas impose aux yeux, avec le fusain et le crayon Conté, le DESSIN. (Musée du Luxembourg).

Page 11

L'AMOUR DE L'ART Dessin pour un costume de théâtre semblent faits ici de la même matière qu'une main, qu'un visage, que la chair. Dans ces dessins, ce qui vit ne se différencie guère de ce qui est inanimé ; ce qui est immuable, de ce qui va s'anéantir. C'est par là que cet art d'apparence si soumis à la vérité, prend parfois quelque chose d'un peu hallucinant. Il arrive que ces figures implacables, indiscutables, ressemblent à celles que l'on voit en rêve. Uniquement par le métier, Maxime Dethomas a créé une sorte de fantastique naturaliste qui étonne, fascine, et qui peut même parvenir à procurer comme un vague malaise. A cet égard, ne serait-il pas possible d'établir un rapprochement entre l'art de Maxime Dethomas quand il peint les gens de son temps et l'art d'un écrivain d'une toute autre génération, Julien Green ? Tous deux possèdent le secret de donner à la vie de tous les jours un aspect vaguement spectral, déshumanisé, qui transfigure le réel sans le dénaturer. Je connaissais Maxime Dethomas depuis des années, et savais tout ce qu'il y avait de bonté contenue et parfois mortifiée derrière ce visage tout ensemble souriant et triste. Je le vois, voici bien longtemps, dans la petite salle du Weber, rue Royale, où je n'ai pas connu Tinan, où je n'ai pas connu Toulouse-Lautrec, lesquels furent les deux chers compagnons de sa jeunesse. Maxime Dethomas figure, à peine déguisé, dans Penses-tu réussir? Ce livre doux-amer peint des jeunes gens devenus aujourd'hui aussi poétiquement irréels et fantasquement improbables que les jeunes gens de Shakespeare ou de Musset. Pour Tinan, Sainte Véronique (App. à M. Gilbert de Voisins).