Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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N° 5 MAI 1928 L'AMOUR DE L'ART SAINTE MADELEINE AU DÉSERT. COROT CHEZ P. ROSENBERG Paysages d'Italie et Figures IL semble que la peinture contemporaine passe par une période de torpeur. A cet état, on peut découvrir plusieurs raisons : les grands bouleversements picturaux des cinquante dernières années, depuis l'impressionnisme jusqu'au cubisme, la spéculation, la production hâtive, l'abus des théories, bien d'autres causes encore. Aussi faut-il se féliciter de l'exposition que nous donne aujourd'hui M. Paul Rosenberg ; car elle peut avoir sur l'évolution de la peinture, une excellente influence. Pourquoi ? Parce qu'une toile de Corot, c'est vraiment de la peinture pure, ou plus exactement, de la peinture ramenée à sa véritable source. D'autres artistes peuvent nous émouvoir par leur lyrisme, par la splendeur du monde imaginaire qu'ils nous révèlent. Mais Corot ? Il ne vise qu'à être vrai. Jamais il ne veut

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L'AMOUR DE L'ART L'ITALIENNE.

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L'AMOUR DE L'ART LA MANDOLINISTE.

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L'AMOUR DE L'ART L'ORIENTALE. LA MÈRE ET L'ENFANT.

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L'AMOUR DE L'ART LA ROMANCE.

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L'AMOUR DE L'ART PORTRAIT D'HOMME.

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L'AMOUR DE L'ART arranger, poétiser. Il sait bien, sans peut-être s'en rendre compte de façon très nette, qu'on ne met pas de la poésie dans la peinture, comme l'on met du sel dans un plat ; et c'est lorsqu'il oublia cette leçon essentielle, qu'il exécuta ses toiles les moins satisfaisantes. Dans tout art, il y a des éléments qui dépendent de notre volonté ; mais il en est d'autres qui y échappent. S'ils n'existent pas en nous, tous nos efforts ne parviendront pas à les insérer dans l'œuvre d'art. Prenez un de ces paysages d'Italie que le jeune Corot élaborait patiemment, sans se soucier des taquineries de ses camarades, une vue de la Trinité des Monts, ou le pont de Narni. Qu'y découvrez-vous ? Aucune transfiguration, aucune déformation. Un site que tout le monde a vu, rendu avec la plus stricte exactitude ; une mise en place minutieuse. Seulement, ce qui différencie ce paysage d'un paysage de Bidault ou de Bodinier, c'est la vérité des valeurs. Aucune n'est approximative ; pas un ton qui n'ait été éprouvé, calculé. "Il ne faut, disait Corot, laisser d'indécision en aucune chose." L'essentiel de l'impressionnisme, ce fut l'exaltation de la couleur. Après lui, Gauguin et Van Gogh n'ont fait que renchérir, ainsi que Cézanne. Les cubistes, prenant le contre-pied de ce qui se faisait autour d'eux, ont remplacé l'exaltation de la couleur par l'exaltation de la forme, soit en la déformant, soit en la réduisant à la géométrie. Si l'on compare les impressionnistes et les post-impressionnistes aux cubistes, on constate qu'ils ont en commun ceci, qu'ils veulent exalter un des éléments de la peinture, la couleur ou la forme ; dans les deux partis, on cherche l'exces. Mais Corot ? Il n'exalte rien, ni la couleur ni la forme. Il ne veut pas frapper fort, mais frapper juste. Rien ne l'aurait plus déconcerté que la fameux précepte de Gauguin, qui résume tout l'art contemporain : "vous

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L'AMOUR DE L'ART LA BAIGNEUSE.

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voyez ce tronc d'arbre plutôt rouge; peignez-le carrément rouge." L'important, pour Corot, ce n'est pas de traduire ce tronc d'arbre rougeâtre par un vermillon mais par le ton rougeâtre exact. Ce qui d'ailleurs, ne rend pas la peinture un art plus facile, bien au contraire. Au surplus, donnons à Corot lui-même la parole. Voici quelques lignes, inscrites par lui, sur un de ses carnets d'Italie: "Je reconnais d'après l'épreuve qu'il est très utile de commencer par dessiner très purement son tableau sur une toile blanche, d'en avoir auparavant son effet écrit sur un papier gris ou blanc, ensuite de faire partie par partie son tableau, aussi rendu que possible du premier coup, afin d'avoir que très peu de chose à faire lorsque tout est couvert. J'ai remarqué que tout ce qui était fait du premier coup était plus franc, plus joli de forme et que l'on savait profiter de beaucoup de hasards; tandis que, lorsqu'on revient, on perd souvent cette teinte harmonieuse primitive. Je crois que ce moyen est très bon surtout dans la végétation, qui demande un peu plus de laisser-aller. Les fabriques et les corps en général bien réguliers demandent toujours beaucoup de rectitude. Je vois aussi combien il faut être sévère d'après nature et ne pas se contenter d'un croquis fait à la hâte. Combien de fois j'ai regretté, en regardant mes dessins, de n'avoir pas eu le courage d'y passer une demi-heure de plus! Ils m'embarrassent et ne me donnent qu'une idée vague dans l'état où je les ai faits jusqu'à présent. Pour peu qu'ils se frottent en voyageant, je n'y reconnais plus rien; il faudrait aussi avoir la patience de les passer au lait." Je ne crois pas me tromper, en retrouvant dans ces lignes le ton de Cennino Cennini, le ton de Poussin dans ses lettres, l'accent de la certitude que tempère la modestie. Le secret de Corot, en fait, ne se trouve-t-il pas dans une qualité morale, l'humilité? Les preuves de l'humilité du peintre, de son LE LANSQUENET.

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L'AMOUR DE L'ART ROME. LA TARENTELLE.

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L'AMOUR DE L'ART LA NYMPHE.