Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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JARDINS ET COTTAGES
PARAISSANT TOUS LES MOIS
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SOMMAIRE :
- Un hôtel particulier à Auteuil, de M. Pierre Patout, architecte, par G. Rémon.
- Jardins de Guevrekian, par G. R.
- J.-Ch. Moreux, par B. Delisle.
- La serrurerie décorative (Editions Fontaine et Cie), par G. Denoinville.
- Les “Intérieurs Modernes”, par Georges Le Cailtel.
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IRE ANNÉE
JANVIER 1927
EDITION EDMOND HONORÉ
15, Rue Maurice-Berteaux
SEVRES (Seine-et-Oise)
N°10
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JARDINS & COTTAGES
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JARDINS & COTTAGES
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Façade principale
UN HOTEL PARTICULIER A AUTEUIL
par M. Pierre PATOUT, architecte
C'est au cours d'une récente conversation avec M. Pierre Patout, un instant interrompue par le téléphone, que, feuilletant une revue technique, mes yeux se portèrent sur cette déclaration d'un architecte belge d'avant-garde, déclaration rapportée par M. Mallet-Stevens : « C'est la déche qui nous sauvera. »
Cette pensée pourrait être exprimée plus élégamment. Elle ne nous en invite pas moins à prendre en considération l'une des principales caractéristiques de l'art moderne, avide de trouver dans le plus complet dénuement des moyens, dans le rejet systématique
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de tout ce qui cherche à séduire et à plaire, le fin du fin, la quintessence, l'absolu métaphysique, la beauté pure (comme M. Paul Valéry ne crée que de la poésie pure !), le transcendant obtenu par l'abstraction.
Est-ce à dire, en d'autres termes, qu'à notre époque et par une sorte de fatalité, il ne soit artiste et surtout architecte qui ne s'entende à traiter un programme moins sévère, moins indigent, moins réticent ? Ne possédons-nous donc aucun maître d'œuvre qui, tout en respectant le principe éthique et esthétique de la simplification, devenu notre commune mesure, ne puisse se mouvoir à l'aise dans un domaine privilégié et ne sache, par un singulier paradoxe, concevoir une œuvre belle en même temps que luxueuse, du fait seul qu'elle est authentiquement luxueuse. La richesse constitue-t-elle de nos jours un thème d'inspiration en soi si néfaste, qu'il oblige nos architectes à tomber inéluctablement dans le poncif des beaux projets d'école.
Rien à ce propos n'est plus suggestif qu'une promenade à travers ce quartier de la Muette où les heureux de ce monde, grands seigneurs de la finance et des affaires, se sont fait édifier au cours des dix dernières années, de splendides hôtels, dont la somptuosité n'exclut malheureusement pas la banalité. Cette somptuosité se signale par la surcharge de l'ornement, par l'utilisation des inévitables beaux motifs traditionnels: colonnades, rotondes composites, frontons renaissants. Ainsi les architectes, en dépit des beaux programmes qui leur étaient proposés, n'ont pas pu ou pas su s'affranchir de cette manie ostentatoire et de ce mauvais goût qui semblent avoir atteint leur apogée sur certaines façades de l'avenue des Champs-Elysées et qui sévissent un peu partout dans les quartiers riches.
Mais voici une exception, une magnifique réussite due à l'heureuse rencontre d'un homme de goût parfait et d'un maître architecte d'une remarquable sûreté de vue. Rencontre qui bien souvent aussi s'est transformée en précieuse collaboration. L'hôtel particulier que M. Ducharme s'est fait construire rue Albéric-Magnard, à Auteuil, accuse dans ses moindres détails l'entente qui n'a cessé de régner entre lui et son architecte M. Pierre Patout,
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Plan général
à ce point de vue infiniment privilégié. Il ne l'a pas moins été par l'excellence, la clarté du programme qu'il avait à remplir, type d'habitation particulière de haut luxe et d'ample confort et d'une exquise distinction.
L'architecte avait à construire et à distribuer un garage pour auto, une galerie de peinture, un grand et un petit salon, une salle à manger avec cuisine voisine, une bibliothèque-bureau, une salle de billard, une grande chambre, trois chambres d'enfants, une chambre d'amis, des salles de bain, un salon d'habillage, un boudoir et, pour les enfants, une salle de culture physique.
L'hôtel, inscrit dans un quadrilatère, comporte trois étages, en retrait l'un sur l'autre du côté du jardin.
La façade sur rue est précédée d'une grille d'un modèle imposé réglementaire, tapissée de plantes grimpantes. Construite suivant le principe de la symétrie, une grande porte rectangulaire en occupe le centre, porte magnifiquement décorée d'une grille en fer forgé, mise en exécution d'après les dessins de Pierre Patout, par M. Llano Florès et exécutée par M. Carrera. A cette triple collaboration est dû l'escalier dont nous reproduisons l'élégant départ et le motif de rampe en fer forgé. A gauche de cette porte, la conciergerie et l'entrée de service. A droite, une petite porte pour l'entrée des maîtres. L'automobile pénètre par la grande porte, dépose les voyageurs dans le vestibule et va se ranger dans le garage situé au fond. Ce garage est long de 20 mètres et permet à la voiture d'évoluer et de tourner, prête à sortir sans être obligée de le faire à reculons. Une porte, sous le vestibule, donne accès à l'antichambre des maîtres
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où les invités trouvent un vestiaire et des lavabos. Un escalier en marbre conduit à la galerie de peinture, qui occupe, longitudinalement, la partie médiane du rez-de-chaussée de réception. Elle figure ici sous deux aspects, non garnie encore des toiles et des sculptures que leur destine le collectionneur. Construite en stuc, avec dallage en pierre et marbre, elle s'orne d'une vasque, en marbre, d'une stèle destinée à recevoir un bas-relief et de hautes colonnes en stuc poli qui communiquent à l'ensemble un caractère de majesté. On remarque sur une autre vue, l'entrée de la galerie avec les trois degrés de marbre et les hauts piliers tendus d'opulentes soieries de Ducharme. Cette galerie sépare la salle à manger des salons et du billard, situés sur jardins et communiquant avec ceux-ci de plain-pied.
Le premier étage contient la grande chambre et le boudoir, dont les baies donnent sur les terrasses, ainsi que les chambres d'amis, et les trois chambres d'enfants, prenant jour sur la rue.
Enfin à l'étage supérieur se trouvent, outre la chambre de la gouvernante, la salle de culture physique et le terrain de jeu en haute terrasse, pour la cure d'air et de soleil.
Telles sont, en bref, les caractéristiques de cette magnifique habitation dont le moindre détail mériterait d'être longuement analysé et décrit. Tout est ici logique, équilibre, judicieux accord entre la maîtrise du savant constructeur et le sobre et élégant dessein de
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Fond du jardin
Clôture