Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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CAHIERS D'ART PEINTURE SCULPTURE - ARCHITECTURE - MUSIQUE. DIRECTEUR : CHRISTIAN ZERVOS --- 10 1927 DEUXIÈME ANNÉE IDÉALISME ET NATURALISME DANS LA PEINTURE MODERNE — H. CÉZANNE, GAUGUIN, VAN GOGH—HENRI LAURENS ; DERNIÈRES SCULPTURES — CONCERTO DE MANUEL DE FALLA ; CLASSICISME ET MODERNISME — ARCHITECTURES : ÉGLISE, PAR K. MOSER MAISONS OUVRIÈRES, PAR OUD FEUILLES VOLANTES : E. TÉRIAIDE, A. SALAZAR, MANUEL DE FALLA, R. GROUSSET, CHRISTIAN ZERVOS --- 10 francs --- ÉDITIONS « CAHIERS D'ART », 40, RUE BONAPARTE, 40 — PARIS VIe ARRONDISSEMENT

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GALERIES FLECHTHEIM BERLIN W. 10 | DUSSELDORF Lützowufer, 13 | Koenigsallee, 34 --- TABLEAUX ET DESSINS DE RENOIR ET DE PEINTRES FRANÇAIS CONTEMPORAINS ET DE BECKMANN, GROSZ, HOFER ET D'AUTRES ALLEMANDS --- SCULPTURES DE DEGAS ET RENOIR, ARCHIPENKO, BELLING, DE FIORI, LAURENS, MAILLOL, MANOLO, RENEE SINTENIS

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Galerie Barbazanges Hodebert Successeur TABLEAUX 109, Faubourg Saint-Honoré, PARIS (8°) R.C. 219-170

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GALERIE PERCIER 38, RUE DE LA BOÉTIE, PARIS TÉLÉPHONE : ELYSÉES 66-43 ŒUVRES DE : A. BEAUDIN - JEAN DUFY - RAOUl DUFY FENOSA - FÉRAT - MAX JACOB - LA FRES-NAYE - MARIE LAURENCIN - LURÇAT MARCOUSSIS - MODIGLIANI - PICASSO PRUNA - RIMBERT - ROUAULT - SOUTINE SURVAGE - UTRILLO - SUZANNE VALADON TISSUS ET OBJETS D’ART NÈGRE --- GALERIE MARCEL BERNHEIM tableaux modernes 2 bis, RUE DE CAUMARTIN PARIS-IXe CENTRAL 88-28 --- GALERIE VAN LEER 41, RUE DE SEINE, PARIS (VIe) Téléphone : LITTRÉ 50-46 Métro : St-Germain-des-Prés --- LA PEINTURE DEPUIS CÉZANNE --- UTRILLO. ---

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GALERIE CARMINE 51, RUE DE SEINE — PARIS-VIe Téléphone : LITTRÉ 47-56 ŒUVRES DE PIERRE ERNEST KOHL --- GALERIE JEANNE BUCHER 3, Rue du Cherche-Midi, PARIS-VIe PEINTURES-GRAVURES DESSINS BRAQUE, CHAGALL, MAX ERNST, JUAN GRIS, PASCIN, JEAN HUGO, F. LÉGER, J. LURÇAT, PICASSO, MARCOUSSIS, Sculptures de JACQUES LIPCHITZ Éditions : Histoire Naturelle de MAX ERNST, Miroir Magique de JEAN HUGO Gravures de BRAQUE, LAURENS, TONNY, PASCIN --- AU SANS PAREIL, 37, Avenue Kléber, PARIS COLLECTION D’ÉDITIONS ORIGINALES ILLUSTRÉES FERNAND FLEURET SOEUR FÉLICITÉ Eaux-fortes d’Yves Alix --- JEAN SCHLUMBERGER L’Amour, le Prince et la Vérité Eaux-fortes de Jeanne Rosoy --- LUC DURTAIN CRIME A SAN FRANCISCO Lithographies de Georges Annenkoff --- ANDRÉ BEUCLER UN NOUVEL AMOUR Eaux-fortes d’André Dignimont --- BLAISE CENDRARS L’EUBAGE Gravures au burin de Joseph Hecht --- EMMANUEL BOVE UN PÈRE ET SA FILLE Lithographies de René Ben Sussan --- PHILIPPE SOUPAULT CORPS PERDU Illustrations de Jean Lurçat --- CLAUDE AVELINE LE POSTULAT Lithographies de Berthold Mahn --- PIERRE-JEAN JOUVE BEAU REGARD Bois et pointes sèches de Joseph Sima --- FRANCIS CARCO LES VRAIS DE VRAI Eaux-fortes de Pierre Falké --- Chaque volume est tiré à petit nombre, sur Japon, avec deux suites à part : 180 francs ; sur Hollande, avec une suite à part : 100 francs ; sur Hollande : 75 francs ; sur vélin : 40 francs. ---

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GALERIE CHARLES-AUGUSTE GIRARD 1, rue Édouard VII. Paris --- tableaux modernes YVES ALIX, FAVORY, JOVENEAU, KISLING, ROLAND OUDOT, TERECHIKOVITCH --- Pour paraître prochainement : Dans la collection “LES CONTES LITTÉRAIRES” série Cosmopolite N° 4 RÊVEURS, par KNUT HAMSUN Traduit du norvégien par J. SAUTREAU 1.500 exemplaires sur vélin Outhenin-Chalandre 25 fr. — 30 exemplaires sur Hollande 50 fr. --- Dans la Collection “VOYAGES” N° 3 INSTANTANÉS AUX PAYS-BAS, par A. de CHATEAUBRIANT 50 exemplaires sur Hollande 69 fr. — 950 exemplaires sur vélin 20 fr. --- Dans la collection “FEMMES” N° 2 LA GRANDE BOURGEOISE, par Jean GIRAUDOUX souscription par volume --- souscription aux 6 volumes --- 25 exemplaires sur Japon impérial --- 75 fr. --- 60 fr. --- 50 exemplaires sur Hollande Van Gelder --- 125 fr. --- 100 fr. --- 750 exemplaires sur vélin de Rives --- 180 fr. --- 150 fr. --- ÉDITION DE GRAND LUXE : HISTOIRES EXTRAORDINAIRES, par Edgar Allan Poë (Traduction de Charles BAUDELAIRE) Il n’est accepté de souscription que pour les 2 volumes dont le premier paraîtra fin Janvier. --- KRA, Éditeur, 6, rue Blanche, PARIS --- CONCOURS DE PROJETS POUR PAPIERS PEINTS ouvert par les UNITED WALL PAPER FACTORIES, INC., de Jersey City (Etats-Unis) et organisé sous le patronage de l’UNION CENTRALE DES ARTS DÉCORATIFS et de la SOCIÉTÉ DES ARTISTES DÉCORATEURS, par la revue “ART ET DÉCORATION”. CE CONCOURS A ÉTÉ DOTÉ DE 25.000 FRANCS DE PRIX IL SERA CLOS LE 20 FÉVRIER 1928 Le règlement du concours est envoyé gratuitement sur demande adressée à la Revue “ART ET DÉCORATION”, 2, Rue de l’Échelle, PARIS (1er)

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ÉDITION de CAHIERS D'ART en langue allemande Dès le début notre revue s'est proposé : de donner à l'élite du monde entier les manifestations les plus intéressantes dans tous les domaines de l'art et dans tous les pays ; de rapprocher les artistes des différents pays qui travaillent dans la même direction et rénover ainsi le contact, entre créateurs, interrompu en 1914. Afin de réaliser ce programme dans un sens pratique nous avons décidé la création d'un bureau à Berlin où les artistes allemands et français pourraient obtenir les renseignements voulus en tout ce qui concerne les arts en Allemagne où l'on organiserait des expositions d'artistes allemands en France et d'artistes français en Allemagne. Dans ce but : nous publierons à partir du deuxième semestre 1928 une édition de "Cahiers d'Art" en langue allemande. Cette édition sera identique à l'édition française.

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Voir dans les pages de publicité les listes de nos ouvrages parus et à paraître ainsi que notre nouvelle collection de monographies sur l'architecture contemporaine. --- La table des matières pour l'année 1927 sera envoyée à nos abonnés avec le premier numéro de l'année 1928. --- Les numéros 1 et 2 de « Cahiers d'Art » 1927 sont épuisés. --- Abonnez vos amis à « Cahiers d'Art ». En doublant le nombre de nos abonnés vous aurez une revue plus considérable encore. --- L'Administration de « Cahiers d'Art » n'est pas responsable des retards ou pertes d'exemplaires expédiés non recommandés. Pour la recommandation ajouter au prix de l'abonnement : France 6 fr., autres pays 15 fr

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--- IDÉALISME ET NATURALISME DANS LA PEINTURE MODERNE II. — CÉZANNE, GAUGUIN, VAN GOGH « L'aboutissement de l'art, disait Cézanne, c'est la figure ». Il y voyait, en effet, le plus sûr moyen de magnifier la nature par l'imagination, d'exprimer le tumulte de ses émotions les plus profondes et d'exercer les modes d'expression qui répondaient le mieux à ses pensées. La figure lui offrait en outre l'occasion de réintroduire dans la peinture l'intelligence qui avait disparu avec Courbet et que l'œuvre de Manet n'avait pas su réhabiliter totalement. Car, l'œuvre de Cézanne, appuyée sur la nature, n'en est pas moins dépendante de l'intelligence. A ses yeux, la représentation de la réalité ne doit jamais se suffire de la simple copie de l'objectif. Bien au contraire, elle doit rechercher, par le truchement de la nature, à réaliser ses sensations dans une esthétique personnelle et traditionnelle à la fois. Si l'observation de la nature doit être profonde et minutieuse, c'est uniquement en vue d'en résumer l'apparence et de subordonner celle-ci au tempérament et à l'intelligence. Il y a deux choses dans la peinture, affirmait-il, l'œil et le cerveau, tous deux doivent s'entr'aider, il faut travailler à leur développement mutuel, à l'œil par la vision sur nature, au cerveau par la logique des sensations organisées qui donnent les moyens d'expression. Pour y parvenir, Cézanne a dû travailler longuement

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ses toiles. D'où ses retards dans l'exécution, ses con- tinuelles reprises d'un paysage, d'une nature morte, surtout d'une figure. On y a vu son impuissance de peindre ses visions. La vérité c'est que l'artiste désirait réaliser le plus de sensations colorées et dans ces sensations, il cherchait à établir la tache dominante, l'effet qui constitue le tableau, l'unifie, et le concentre. Il lui a donc fallu avancer par étapes, en reprenant chaque partie de sa toile, jusqu'à sa parfaite réalisa- tion. De même pour atteindre à l'idéalisation de la figure, il lui a fallu remporter des victoires succes- sives sur les émotions tumultueuses de son âme pas- sionnée, parfaire chacune d'elles, les organiser calme- ment. Et tout ce travail matériel et psychologique est fait avec une plénitude telle que ni la tech- nique ni l'émotion ne perdent jamais de leur fraîcheur, elles ne sont en rien diminuées ; elles passent dans l'œuvre intactes avec toute leur fraiche spontanéité. C'est que chez Cézanne, le « tempérament » a trop d'importance pour perdre de sa vigueur au moment de sa réalisation et que, dans son œuvre, l'exécution matérielle est dépendante de ses émotions. Pour avoir perdu de vue cette dépendance du dessin aux désirs de l'artiste d'exprimer ce qui est au-delà de la réalité, la plupart des critiques sont venus à expliquer les déformations voulues par Cézanne dans la figuration de la femme comme un parti-pris de ne pas voir le charme qui est en elle, d'en avilir la belle apparence. Dans la figuration de la femme, pas plus que dans la figuration de l'homme ou de l'enfant, Cézanne n'a été mu par aucun sentiment de haine. Dans l'assou- plissement et la simplification de la facture — arbi- traire seulement envers l'image banale de la réalité — il cherchait le moyen d'exprimer ce qui dépasse cette réalité. L'idéal implique le synthèse, il comporte ses propres expressions. Pour Gauguin également la peinture est faite de sensations organisées par la raison. C'est pourquoi il s'est de bonne heure détaché des impressionnistes pour lesquels le paysage rêvé, créé de toutes pièces n'existe pas. « Ils regardent, disait-il, et ils voient, mais sans aucun but. Leur édifice ne fut bâti sur aucune base sérieuse fondée sur la raison des sensations perçues au moyen de la couleur. Ils cherchèrent autour de l'œil, et non au centre mystérieux de la pensée, et de là tombèrent dans des raisons scientifiques ». Ainsi la doctrine de Gauguin consiste à tout oser, au nom de l'esprit, à se réserver le droit absolu de soumettre la nature à la pensée. La peinture n'était en définitive pour lui que l'expression d'une pen- sée par des moyens d'art équivalents à ceux de la nature. Cette cérébralité qui était le principe de sa force, en faisait aussi la faiblesse. Elle a fini par éliminer en lui tout sentiment de plasticité. Ni pour l'invention, ni pour la forme, ni pour la couleur. Il ne laisse rien à l'instinct et au hasard. Il ne joue jamais avec rien... Même à Tahiti, malgré l'élan de la nature qui l'envi- ronne, les préoccupations éthiques, psychologiques, sociales ou ethnologiques semblent l'emporter sur ses décisions plastiques. Les inscriptions qui émaillent les fonds de ses tableaux, les symboles placés dans les derniers plans de ses œuvres, nous le montrent plus tourmenté de littérature que de véritable peinture. Faisait-il en tout cela, comme on l'a écrit, violence à ses instincts? Je ne le pense pas. Je suis bien enclin à croire que ses instincts n'étaient pas assez puis- sants pour soutenir en quelque sorte la peinture. C'est l'absence de désirs bien profonds qu'immobilise la vie de ses peintures, empêche les lignes rigides de ses figures de vibrer de poésie. Et c'est Gauguin cepen- dant, qui avait si bien dit : « Avant tout, il y a la poésie, qui plane au-dessus de tous les arts et qui s'accorde inégalement avec chacun d'eux ». « Son âme de poète lui tenait lieu d'esthétique », a dit de Van Gogh un de ses amis. C'est ce qui caractérise précisément cet artiste et ce qui le différencie de son ami Gauguin. Pour Vincent, l'intensité de la pensée compte bien davantage que le calme de la touche recherchée par Gauguin. Gauguin déteste de son propre aveu, les tripotages de la facture. Vincent se laisse griser par tous les imprévus qu'elle réserve. Au fur et à mesure que Van Gogh enrichissait sa palette, Gauguin, emporté par son penchant pour l'abstraction, laissait la sienne s'appauvrir. Van Gogh a un amour exalté pour la nature, Gauguin une sereine affection. Le premier crée son amour follement, furieusement, l'autre exprime son affection avec des moyens bien mesurés, calculés d'avance, développés dans un ordre sévère et pré- conçu. Ainsi, c'est le peintre qui ne cherchait pas la poésie et l'idéal qui les a trouvés, parce qu'il avait le cœur enflammé d'un amour presque mystique pour la vie. Ses figures en conservent la vérité foncière. CHRISTIAN ZERVOS.

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Cezanne. Coll. Pellerin.