Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
Page 1
ART & INDUSTRIE
SOMMAIRE:
- L'Architecture Intérieure dans les constructions civiles françaises (fasc. I) . . . . . . . Guillaume Jeanneau
- Les Arts asiatiques et leur utilisation en Europe (fasc. II). . Albert de Pouvoirville.
- L'Art rustique en France (fasc. XIII et XIV). . . . . . . C.de Danilowicz
- Les Arts décoratifs au Théâtre (fasc. XVII) . . Eug. Belville.
Bulletin N° 1
40 pages
51 Illustrations
---
6e ANNEE
FÉVRIER 1914
Page 3
ART & INDUSTRIE
Fondateur Eugène CORBIN
Revue Mensuelle Illustrée
Rédaction et Administration
60, Rue de Turenne, 60
- Téléphone: 2 lignes
- Archives: 08-80 / 01-53
PARIS
Directeurs: Eugène & Louis CORBIN
Rédacteur en Chef: E. GOUTIÈRE-VERNOLLE
---
ABONNEMENTS.
FRANCE
- UN AN: 20$
- LE NUMÉRO: 2$
ÉTRANGER
le port en plus
EXPOSITION UNIVERSELLE
GAND 1913
MÉDAILLE D'OR
---
PUBLICITÉ.
POUR LA PUBLICITÉ
S'ADRESSER
60, Rue de Turenne
PARIS
Page 4
IMPRIMERIE HENON
11, Rue Stendhal
PARIS
Telephone: Roquette 09-86
VUE DE L'USINE
UNE INSTALLATION MODERNE
UN OUTILLAGE PERFECTIONNÉ
DES PROCÈDES NOUVEAUX
Assurent à notre Clientèle
UNE EXÉCUTION PARFAITE
UNE LIVRAISON RAPIDE
:: DES PRIX MODÉRÉS ::
Typographie - Lithographie
Chromo *
---
SOCIETE INDUSTRIELLE - - - D'ARTICLES D'ECLAIRAGE
Société Anonyme au Capital de 2.700.000 francs
Siège Social:
15, BOULEVARD RICHARD-LENOIR, PARIS (XI°)
LUSTRES ...
Page 5
Idéal-Douche
Le plus pratique, épousant la forme des épaules
Appareil complet avec Tub et Réservoir :
25 fr. 50
En vente : dans toutes les Bonnes Maisons
GROS : HALLOT, 25, rue du Surmelin, PARIS - 20°
---
ILKA L.T.PIVER
---
Le Sourire de la bouche illumine le visage
DENTS BLANCHES
LÈVRES SAINES & FRAICHES
PAR L'USAGE JOURNALIER DES DENTIFRICES DU DOCTEUR PIERRE
DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
A BASE DE SUBSTANCES VÉGÉTALES ANTISEPTIQUES
ENVOI D'ÉCHANTILLONS SUR DEMANDE
8, PLACE DE L'OPERA, PARIS
---
VOITURE PLIANTE POUR ENFANT
LE RÊVE
Brevets W. Baumann & Cie
Exiger cette Marque sur chaque Voiture :
ÉLEGANTE, PRATIQUE ET SOLIDE
Poids 9 Kilogé
Page 6
La Coiffe "PALLAS"
les pointes
ne traversent
pas la calotte.
S'adapte
à tous
les Chapeaux
Coiffe
toutes les
Têtes
EN VENTE PARTOUT
est la seule qui permette de supprimer les barrettes.
et de fixer solidement le Chapeau avec deux epingles dont
EN VENTE PARTOUT
Satin: 75 cent.
Velours: 95 c.
---
"L’un des caractères les plus sûrs de la perfection mécanique
est la beauté de la ligne et l’achevé du dessin"
---
LA VOITURE DE VILLE
---
LA VOITURE DE SPORT
---
PEUGEOT
GRAND PRIX DE L'A.-C.-F. 1912 ... GRAND PRIX DE L'A.-C.-F 1913
COUPE DES VOITURES LÉGÈRES
---
PIPE "PURIFICATEUR"
BREVETÉE EN FRANCE ET À L'ÉTRANGER
J.F.A.
Seul Système
retenant Scientifiquement
la Nicotine.
---
PARFUMS DE LUXE
Monna Yanna!
j'ai deviné
ses parfums grisants!
AMBRADA
BOUQUET CAVALIERI
LA VIOLETTE CARUSO
LA ROSE MONNA VANNA
LE BAISER SUPREME
MAGNATIC etc...
PARFUMERIE, MONNA-VANNA, PARIS-NEUILLY, 182 Rue Borghese
En vente aux MAGASINS REUNIS
Page 7
VERRES ET CRISTAUX D'ART DE NANCY
DAUM Frères
GRAND PRIX. PARIS 1900
PARIS : DÉPOT GÉNÉRAL. 32. rue de Paradis — NANCY : Maison de vente, MAJORELLE, rue Saint-Georges — LEIPZIG : MARCKT. 14. Bismarckshaus.
---
ASSURANCES L'UNION
Compagnie d'Assurances contre l'Incendie
LA SOCIÉTÉ SUISSE DE WINTERTHUR
Assurances contre les Accidents — Succursales de l'Est
Polices sur risques assujettis à la loi du 9 avril 1898 — Police spéciale pour l'Assurance des Domestiques et Gens de Maisons
DIRECTION PARTICULIÈRE 11, Rue des Michottes, NANCY
---
A. VINCENT
Emm. BELLOIR Succ.
Menuiserie d'Art
Mobiliers et Agencements
de Magasins en tous Genres
DÉCORATION DE STYLE
Etudes et Devis sur demande
ENTREPRENEUR DES MAGASINS RÉUNIS
PARIS ET PROVINCE
Ateliers et Bureaux . 68, RUE BAUDRICOURT
TÉLÉPHONE 810-03 — PARIS
---
VITRAUX
Jacques Gruber
ENVOL DE MAQUETTES ET ECHANTILLONS
VITRAUX
DECORATIFS
SPECIALS &
COURANTS
NANCY.. RUE DE LA SALLE 4 — DEMANDE.
---
SOCIÉTÉ NANCIENNE
DE CRÉDIT INDUSTRIEL ET DE DÉPOTS
Capital 100 Millions
SIÈGE SOCIAL 4, PLACE SAINT-JEAN
TÉLÉPHONE 1 3.35 / 7.13 NANCY
Adresse Télégraphique Socienne-Nancy
AGENCES ET BUREAUX
Ardennes. — Attigny - Charleville - Givet - Rethel - Sedan - Vouziers.
Marne. — Châlons-sur-Marne - Reims - Vitry-le-François.
Mme-et-Mlle. — Bayon - Blâmont - Briey - Conflans - Cirey - Gerbéviller - Homécourt - Longuyon - Longwy-Bas - Longwy-Haut - Lunéville - Nancy, 64, rue Saint-Georges - Pont-à-Mousson - Villérup.
Meuse. — Stenay.
Hme Saône. — Luxeuil - Saint-Loup.
Vosges. — Gérardmer - Plombières - Rambevillers - Raon-l'Étape - Remiremont - Saint-Dié - Senones - Le Thillot - Val d'Ajol - Xertigny.
Escomptes et Recouvrements. Dépêts de Fonds à vue et à terme, Délivrance de Chèques sur toutes les Villes de France et les principales Places de l’Étranger, Ordres de Bourse, Paiement de Ceapens, Avances sur Titres, Souscriptions sans frais à toutes Émissions, Régularisation de Titres, Dépôt de Titres.
LOCATION DE COFFRES-FORTS
NÉGOCIATION DE TOUTES VALEURS RÉGIONALES
Circulaire Financière hebdomadaire
Envoi gracieux à toute personne qui en fait la demande
RECUEIL DES VALEURS RÉGIONALES. Prix : 2 fr. 50
---
DE LA PROTECTION EN MATIÈRE DE PHOTOGRAPHIE
Mais nous estimons qu’il faut, de toute nécessité, créer l’obligation pour l’auteur d’une photographie, de se faire connaître clairement, ainsi que la date de publication de son œuvre ;
Qu’il y a nécessité qu’une sorte de fiche signalétique soit appliquée sur chaque épreuve, cette fiche devant porter :
1° L’indication du pays d’origine ;
2° La mention que le photographe entend réserver ses droits ;
3° Le nom de l’auteur ou sa firme.
4° Son adresse dans le pays.
À ces indications, il pourrait être joint facilement :
5° La spécification que l’auteur déclare se substituer, pour traiter de droits de reproduction, une société d’auteurs ; ou qu’en aucun cas il ne concède de droits ; ou encore que la société d’auteurs peut traiter, mais à un prix spécial.
L’énumération de ces diverses indications est longue, elles sont en réalité fort simples à mentionner.
Les mentions 1 et 2 peuvent être données uniquement par une lettre entourée ou non d’un cercle, le C des Etats-Unis en est un parfait exemple, la lettre E est prise par le Danemark, il reste encore vingt-trois lettres disponibles dans l’alphabet.
Le nom de l’auteur ou sa firme ainsi que l’adresse peuvent aisément se donner en deux brèves lignes ou par un signe ou marque déposé à un centre spécial. Le bureau de Berne nous semblerait tout indiqué en ce cas.
Page 8
Pour les Soins
et la
BEAUTÉ DE LA PEAU
employez la
CRÈME SIMON
UNIQUE
pour la
TOILETTE des DAMES
Se méfier des imitations
---
Ayez toujours dans
- votre poche un -
ONOTO
Ce merveilleux porte-plume réservoir qui ne fuit jamais vous permet d'écrire à tout instant et n'importe où
Chez tous les Papetiers
Gros : De La Rue, Paris
---
CHAPUIS & CIE
Ingénieurs-Constructeurs
50 bis, Faubourg Stanislas
NANCY - TÉLÉPHONE 92
Chauffage par la vapeur o o o
o o o o o A très basse Pression
Chaudière brevetée S. G. D. G.
CHAUFFAGE par Circulation d'un chade
Le chargement du combustible
se fait une fois par 24 heures
Exposition-Nancy 1909, MEDAILLE d'OR
Installation moderne :: :: ::
:: :: de Nelloyage par le vide
---
Le BÉNEDICTIN
de SOULAC
est le meilleur DENTIFRICE
Il assure une ANTISEPSIE
ABSOLUE LONGTEMPS après son emploi et possède un parfum
et une saveur très agréables.
Le Bénédictin
est un Produit Français.
---
DEMANDEZ PARTOUT
LE PLUS ÉCONOMIQUE
LE PLUS RESISTANT
MARQUE
DÉPOSÉE
LE MANCHON
"LA COURONNE"
ET LE
VERRE "SILI-CHROMÉ"
EN VENTE DANS TOUTES LES USINES À GAZ
ET CHEZ TOUS LES
PLOMBIERS, QUINCAILLIERS, LAMPISTES, ETC., ETC.
---
Pour la cession des droits, elle serait facilement indiquée comme il a été proposé : 1° au moyen de deux cercles concentriques pour notifier une réserve absolue ; 2° par un cercle circonscrit à un triangle, pour signaler que la Société d'auteurs photographes est autorisée à céder le droit à un tarif usuel ; 3° par un cercle croisé de deux diamètres perpendiculaires pour indiquer que le droit peut être cédé après entente spéciale.
Ce petit passeport serait donc extrêmement simple et faciliterait de façon considérable les transactions au bénéfice de tous.
Il nous reste maintenant à examiner, pour avoir étudié les plus importantes questions soulevées par l'établissement d'une protection de l'œuvre photographique, à qui doit être attribuée cette propriété, c'est-à-dire le droit de tirer des épreuves directes ou indirectes, de faire des reproductions agrandies ou réduites par un procédé ou un autre ; les législations récentes sur ce point ont apporté de profondes modifications à ce qu'avaient admis les usages antérieurs.
Rappelons brièvement ce qu'étaient et sont encore en nombre de pays ces habitudes ; il doit s'entendre que nous ne parlons aucunement des clichés d'éditions, vues, œuvres d'art ou portraits, ce sont là des résultats d'opérations commerciales entreprises à leurs risques et périls par les photographes, ils ont le droit incontestable et incontesté de les conduire comme il leur semble bon, à la seule condition qu'en cas de portrait, le rachat du cliché et par suite la suppression de l'édition correspondante puisse, moyennant dédommagement, être exigé ; mais une transaction de cet ordre, si elle n'est point obtenue à l'amiable, ne pourra en tout cas s'effectuer
Page 9
Nouvelle Malle à Tiroirs
BREVETÉE S. G. D. G.
---
ÉLÉGANTE
PRATIQUE
SOLIDE
Ce Système, applicable à tous les modèles, permet de mettre à portée de tout le Monde, à des PRIX MODIQUES, les avantages et le confortable des Malles à Tiroirs.
SOLIDE
D'une fabrication hors ligne, faite avec des matières de première qualité, bois, tissus, ferrures, et cuivre de choix, elle est d'une solidité à toute épreuve et peut supporter les plus longs et fatigants voyages.
ÉLÉGANTE
Cette malle a le même aspect extérieur que les différents genres courants et possède le cachet des plus jolis modèles actuels.
PRATIQUE
Tient peu de place par suite de sa conformation, ses tiroirs formant commode, elle évite le déballage des vêtements et peut rendre d'aussi grands services en appartement qu'en voyage.
En vente à la Maison des Magasins Réunis : Paris, Nancy et Troyes
---
ASSURANCES & CONTRIBUTIONS
LE GUIDE DES ASSURÉS
J. FLOTRON, Directeur
58, Boulevard de Strasbourg :: PARIS
Tel Nord 01-16
VÉRIFICATION & RÉDACTION
de Toutes Polices d'Assurances
(Incendie, Accidents, Vie, Vol, Chevaux
Volitures, Automobiles
Responsabilité Civile, Individuelles
Chômage, etc.)
BUREAU ANNEXE
de Vérification de Contributions
(Dégrèvements, Réclamations, etc.)
RENSEIGNEMENTS GRATUITS
De 5 h. 1/2 à 9 h. 1/2 ou de 4 1/2 à 6 heures
ou par correspondance
---
A.W. FABER "CASTELL"
CRAYONS
LES MEILLEURS À MINE NOIRE QUI EXISTENT
À MINE À COPIER
La Douzaine 5 Fr. - La Pièce 0 Fr. 50
---
NOUVEAUX APPAREILS DE CHAUFFAGE AU PÉTROLE
à FLAMME BLEUE
Marque AZURÉA Marque
MODÈLES BREVETÉS S. G. D. G. et DÉPOSÉS
ÉTABLISSEMENTS F. VULIN & CIE, A FEURS (LOIRE)
Ingénieurs-Constructeurs A. et M., Brevetés S. G. D. G.
Dépôt à PARIS : 6 & 8, Rue Auguste-Laurent (XI°) TÉTEPHONE : Roquette 40-85
MANUFACTURE DE RÉCHAUDS TOUS MODÈLES
GAZ - ALCOOL - ESSENCE - PÉTROLE
(Production annuelle : 200.000 Appareils)
En vente dans toutes les Succursales des Magasins Réunis
Page 10
SERRURERIE D'ART ET DE BATIMENT
Anciennement Vve BLOSSE et J. MAYEUR
J. MAYEUR, Sr
33. RUE HERMITE - NANCY - TÉLÉPHONE 7.27
CONSTRUCTIONS ET CHARIENTES EN FER
MARQUISES VERANDAS, MONTE-PLATS SONNERIES ÉLECTRIQUES PLANS ET DEVIS SUR DEMANDE
TÉLÉPHONE 6.80
MARBRERIE SCULPTURE A. CATAU Faubourg Stanislas, 65 NANCY en face le Cimetière de Prévillle
MONUMENTS FUNEBRES PIERRE, MARBRES, GRANITS de toutes provenances CHAPELLES, CHEMINÉES DE TOUS STYLES SCIENCES, TOURS, MOULUREUSES, POLISSEUSES ÉLECTRIQUES
Exposition Internationale Nancy 1909. GRAND PRIX
SOCIÉTÉ COMMERCIALE DE PUBLICITÉ
89-95, Rue d'Amsterdam - PARIS
J.-R. BOHL I. O., Directeur
Gutenberg . 51.32 Central . 87.75
DISTRIBUTION D'IMPRIMÉS A DOMICILE CONFECTION D'ADRESSES (Paris, Province, Étranger) ÉCHANTILLONNAGE pour Catalogue , Collectio s, Références, etc. BROCHAGE, Pilage, Encartage, Mise sous bande et enveloppe, etc.
Exposition Internationale du Livre et de la Publicité - PARIS 1907 HORS CONCOURS - Membre du Jury
Vue, à vol d'oiseau, des Bureaux et Ateliers 89-95, Rue d'Amsterdam - PARIS
qu'avec le concours de la justice, car il y aura lieu à estimation d'espèces, une législation ne peut intervenir que comme attribution de juridiction, et constitution de droit.
Le cas dans lequel il est donné commande à un photographe d'un cliché, vue, objet d'art, pièce scientifique ou industrielle, n'est point non plus en question.
Il n'en est pas de même en cas de portrait commandé, il s'est établi en cette espèce une coutume unique dans les transactions si nombreuses et si diverses qui interviennent entre les hommes. Comment, à une époque où depuis plus d'un siècle se développent et s'affirment les droits de l'individu, peut-il être admis que, s'adressant à un industriel, disons un artiste industriel si l'on veut, lui commandant, moyennant bonnes espèces, de prendre (comme l'on dit) votre portrait, d'une part, il ne vous soit remis que partie du travail effectué, d'autre part, l'on ne vous livre que partiellement ce que l'on vous remet, puisque l'on vous en interdit certains usages ; et bien plus, cette opération devient tout à fait surprenante, si l'on considère que l'objet de cette transaction est une sorte d'émanation de vous-même, émanation caractéristique dont le propre est essentiellement privatif. Comment expliquer qu'une semblable coutume si particulière en nos mœurs ait pu s'établir.
Pour y essayer, il faut se reporter aux débuts de la photographie, à l'émerveillement avec lequel furent accueillies les découvertes de Daguerre, de Niepce et de Talbot à un moment où n'étaient même point soupçonnées les merveilleuses conquêtes de la science qui aujourd'hui permettent de transmettre la pensée d'un point à l'autre du globe sans autre véhicule que l'atmosphère, de distribuer force et lumière par un simple fil de métal, et qui demain feront lever la tête aux tout petits seulement pour admirer un homme se mouvant à sa volonté dans les airs.
Mais vers 1840 la vapeur était à ses débuts, les che-
mins de fer n'existaient pas encore et la nouvelle découverte s'auréola d'un peu de mystère ; le culte du soleil avait disparu depuis de longs siècles et il lui survenait des grands prêtres, des hommes qui par des artifices à eux seuls connus obligeaient la lumière à reproduire l'image humaine.
Le photographe bénéficia de la sorte de pouvoir occulte dont on l'auréolait et imposa les conditions sans lesquelles il ne pouvait ni ne voulait accomplir ses rites : il disposait d'une situation exceptionnelle, il en profita nous n'avons pas à l'en blâmer, mais nous avons le droit de lui dire : nous ne sommes plus en 1840, nous savons les lois qui régissent les transformations qui s'opèrent sous votre direction ; actuellement vous ne préparez même plus les plaques sensibles, elles vous sont livrées par les chimistes prêtes à l'emploi ; vous êtes un industriel d'ordre spécial peut-être, ayant plus que d'autres besoin du sentiment esthétique, mais c'est là tout. Nous nous adressons à vous pour exécuter un travail ressortissant à votre industrie, nous voulons que ce travail nous soit livré en toute propriété. Nous n'admettons pas comme vraisemblable que le prix que nous vous réglons ne corresponde qu'à une partie du travail que vous avez exécuté sur notre ordre et que votre juste salaire ne vous sera versé que dans le cas où nous vous demanderions de nouvelles épreuves, ce à quoi nous ne nous sommes pas engagés. Si aujourd'hui encore nous estimons bon que le cliché reste en vos mains, c'est parce qu'il est constitué sur un support fragile, d'une couche sensible, délicate, portant souvent des retouches, il y a là un ensemble peu maniable, qu'un manque de soins peut altérer ou détruire, nous vous en confions la garde, non parce que nous considérons qu'il est votre propriété, mais parce que nous sommes ainsi placés dans les meilleures conditions pour obtenir s'il nous convient de nouvelles épreuves.
(A suivre.)
Page 11
Bulletin
Art & Industrie
N° 1
Février 1914
---
LA BOTANIQUE & L'ART DÉCORATIF
Par ÉMILE NICOLAS
---
Dès la plus haute antiquité, les hommes ont utilisé la nature pour orner les objets sortis de leurs mains. Il semble bien que cet emploi revêtît tout d'abord un caractère symbolique, puisque les premiers objets ornés étaient destinés au culte ou aux sépultures. Les antiquités grecque et romaine poussèrent très loin, avec des motifs très restreints cependant, l'emploi de la plante comme sujet ornemental, concurremment d'ailleurs avec la faune.
Cet emploi devint général pendant la période médiévale où la flore de notre pays fut assez largement mise à contribution. Cette utilisation donna lieu tout d'abord, à la fin du douzième siècle, à des stylisations qui déformaient presque complètement le sujet utilisé. Plus tard, ces déformations furent de moins en moins apparentes, et vers la fin du gothique flamboyant, il nous est facile de déterminer, avec certitude, les espèces végétales représentées.
Ce qui est important à envisager pour ces espèces, c'est que presque toujours la fleur de la plante a été négligée ; ce sont surtout les feuillages et les fruits qui ont été reproduits. Cette caractéristique est d'ailleurs générale pour toutes les représentations de plantes figurées dans les premiers livres de botanique du début de l'imprimerie.
La Renaissance française fit aussi un usage de la flore ornementale, représentée toujours avec les sujets évoqués par la mythologie. Cette flore ornementale est surtout celle des jardins et des vergers. Elle a un caractère aimable et souriant. Elle vint simplement apporter sa grâce aux lignes architecturales et si parfois on a eu besoin d'un feuillage pour ramper le long de la membrure d'un meuble ou orner les arabesques d'une ferronnerie, c'est la feuille d'acanthe déformée, torturée et mise à toutes les sauces, qui prête les formes artificielles de son limbe.
Ces errements devaient se perpétuer jusqu'à nos jours, les artistes ornemanistes ayant oublié de puiser à la source féconde de toutes inspirations : la nature.
Ce fut un lorrain qui, vers la fin du dix-neuvième siècle, vint révolutionner cette étroite et stérile façon de voir. Emile Gallé est le premier, en effet qui, par son exemple d'abord, ses écrits et son enseignement ensuite, préconisa franchement le retour à la vie. Pour lui, l'art décoratif doit être vivant, il doit s'inspirer non seulement des formes, mais encore des lois de croissance des végétaux.
Emile Gallé manifesta dès son jeune âge un intérêt tout particulier pour la botanique. Il suivit avec ferveur les herborisations de Godron où il apprit à connaître notre flore lorraine, en même temps qu'il était impressionné par les captivants spectacles qu'offre notre région selon les accidents du sol et les saisons.
Les premières applications décoratives d'Emile Gallé concernèrent surtout les humbles fleurs de nos champs, de nos bois et de nos prairies. Elles étaient représentées tout simplement avec leur fraîche parure ; leurs couleurs et leurs formes étaient scrupuleusement traduites.
Plus tard, à la suite de ces études approfondies qui lui furent d'autant facilitées qu'il était étroitement lié avec les représentants les plus autorisés de notre enseignement universitaire et avec les horticulteurs distingués dont les travaux retenaient aussi vivement son attention, Emile Gallé se mit à rechercher des formes nouvelles de vases suivant le galbe des calices, des corolles, des ovaires, des fruits, des sporogones de mousses, etc. Sur ces formes ainsi déduites, il s'efforça le plus souvent d'appliquer la plante inspiratrice sous ses divers aspects.
Sur ces principes très simples, mais très nouveaux, il basa la production de ses innombrables vases, d'abord ornés à l'aide d'émaux appliqués, puis sculptés, incisés, gravés à la roue et à l'acide, qui sont aujourd'hui connus du monde entier. Il ne nous appartient pas ici d'examiner cette production aussi copieuse qu'intéressante, contentons-nous de formuler un vœu, c'est qu'elle soit, un jour, étudiée et mise en valeur au point de vue qui nous occupe. Elle serait d'un enseignement incomparable pour les artistes de l'avenir.