Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART & INDUSTRIE V. Prove 1918.

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Allocution d'ouverture du 2e Congrès de l’Union provinciale des Arts Décoratifs --- Col liseron(M et Mme Paul Nicolas) --- Anneau de serviette(Guillaume) --- L y a un an, gracieusement invitée par la Municipalité de Munich, l’Union Provinciale des Arts Decoratifs tenait son Congrès dans cette ville, et cela à l’occasion de la grande Exposition régionale Bavaroise qui fut un grand effort, un grand exemple, dont nous fûmes tous émerveillés. C’est aussi par le fait d’une Exposition régionale que nous ouvrons notre deuxième Congrès à Nancy ; Nancy, Capitale Lorraine où toutes les activités de l’Est de la France ont été appelées à se manifester. Coincidence heureuse qui nous permettra d’étudier et de comparer. Aujourd’hui chacun de nous saura apprécier la faveur qui nous est accordée de tenir nos assises dans ce beau salon du vieil Hôtel de Ville Nancéien. Quand M. le Maire me l’a offert, j’en ai été flatté, charmé, car à l’idée de vivre pendant trois journées consécutives dans l’atmosphère de cet Art si gracieux, si Français, j’en augurai l’heureuse influence qui pourrait s’exercer sur nos débats. Les vieux Maitres Lorrains, qui édifèrent cet ensemble architectural qu’est la Place Stanislas, où l’entente entre l’Architecte, l’Ornemaniste, le Sculpteur et le Ferronnier apparaît si parfaite, étaient de sincères et probes artisans. Le prestige royal, par lequel ces intelligences furent provoquées, fut un des plus beaux exemples de l’initiative clairvoyante, hardie et bienfaisante. A cette époque les Artisans Français s’exprimaient avec aisance, logique et sans arrière-pensée, selon l’esprit de leur temps ; par l’harmonie générale de la conception et de l’exécution, il apparaît qu’ils s’entendaient parfaitement entre eux, et cela parce que chacun d’eux possédait le savoir nécessaire, et mettait au service de l’œuvre toutes les ressources de son métier. Les temps sont bien changés ; et c’est pourquoi nous sommes ici. Une ombre s’est étendue sur une longue période, favorisant la déchéance du génie français. --- Anneau de serviette(Guillaume) --- Violon(Guillaume) --- Aout 1909. — Les Artisans.

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--- Éventail (Mlle Deville) --- Cuir composé et ciselé par Jules Cayettepour le Jardin des Suppliçesd'Octave Mirbeau ---

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--- Mouchoir Capucine(M. et Mme P. Nicolas) --- Mouchoir Fougère(M. P. Nicolas, Mme Marcel Astorg) --- Panneau décoratif en peluche décolorée (E. Ventrillon) --- E.Ventrillon

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--- Mouchoir fougere(M. et Mme. P. Nicolas) --- Lampe en fer forgé par M. DuboisAbat jour en corne(Mlle Deville) --- Peigne de côté, corne Hyppocampe(Mlle Deville) --- Coupe-papier en corne, Longicorn(Mlle Deville) --- Une aube nouvelle cependant réjouit les visionnaires, ranime toutes les imaginations ; l’esprit de création reprend ses droits. Il semble que cela devrait suffire, et qu’il n’y ait plus qu’à s’exprimer ; nous constatons au contraire un grand désarroi. Le lien traditionnel qui autrefois unissait moralement Artistes et Artisans est brisé, les conditions de la vie et du travail les ayant violemment écartés les uns des autres ; ils s’ignorent et ne se comprennent plus. D’angoissants problèmes se présentent. C’est pourquoi nous nous sommes groupés, unis dans une même pensée de lutte pour l’œuvre de beauté, pour l’honnêteté du travail, donc pour une œuvre d’intelligence libre, de savoir et de dignité. ---

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Peigne de Nique, corne sculptée, algue (Mlle Deville) A cet égard, cinq questions sont soumises à ce Congrès : questions de base de la plus haute signification parce qu'elles proposent à l'étude de graves et profondes transformations dans l'état de choses actuel. Elles visent un point capital, sur lequel nous sommes en absolue infériorité vis-à-vis de l'étranger, car l'Angleterre et l'Allemagne travaillent depuis longtemps pour cette cause : il s'agit de la régénération de l'artisan par l'éducation et de la création des conditions d'apprentissage. L'exemple que Munich nous a donné est significatif. Nous avons vu que là-bas toutes les réformes effectivement acquises aujourd'hui, relativement à l'éducation artistique et aux métiers, sont intimement liées à la vie, suivent le progrès et ont une portée "rationnellement pratique". Esprit de race, dira-t-on ? Oui. C'est entendu, l'Angleterre et l'Allemagne sont des peuples à l'esprit pratique. Vase en cuivre repousse (Alfred Legnon) Miroir composé et modelé par J. Gayelle (M. P. Nicolas) Mouchoir Pervenche (Mme Marcel Aslong)

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--- Plateau (Windeck) --- Buyard (Paul Colin) ---

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Col dielytras (M. et Mme Nicolas) Poivrier (Guillaume) Plateau (Nusse)

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Si chez nous dominent l'esprit d'indépendance et le sentiment, deux facteurs certes d'une inestimable valeur mais qui s'accommodent mal, dit-on, de la discipline obligée dans la Conception pratique, nous ne devons cependant pas nous égarer au point d'oublier que la méthode et la raison sont de puissants leviers ; mettons d'accord, pour notre usage, la pratique et le sentiment, ce qui est réalisable ; osons modifier, transformer, organiser. Formons des hommes, ne nous attardons plus aux routines stérilisantes, et pressons-nous, car notre pays donne à cet égard depuis trop longtemps le plus triste exemple d'incompréhension, d'inertie et d'imprévoyance. Quelques rares beaux artistes isolés ne suffisent pas au prestige d'un pays ; pour d'autres nécessites il faut autour d'eux équilibrer les forces, et pour cela il nous manque des milieux d'initiation, sortes de conservatoires des beaux métiers, ou l'éducation artistique serait enseignée de pair avec la Technique comme nous l'avons vu à Munich. Il semble que cette formule moderne soit la bonne, puisqu'à vrai dire, l'atelier seul ne réalise plus l'idéal, l'apprentissage n'y étant plus offert sous la forme convenable. Ce que l'on ne peut plus faire là, l'Ecole est tout indiquée pour y suppléer. L'Ecole, d'ailleurs, qu'on le sache bien, est (pour l'Allemagne par exemple,) la meilleure arme de combats ; l'Ecole vivante, attentive à toutes les manifestations, préparant la jeunesse aux véritables luttes de la vie. Ne rougissons pas de nous inspirer, si cela est nécessaire, de ces efforts environnants. Ce que chaque peuple acquiert appartient au patrimoine humain. Faisons que soit prochain le jour où les hommes plus conscients s'estimeront parce qu'ils sauront et se comprendront. Alors bien des inégalités encore existantes perdront par degrés cette forme injuste, haineuse, qui est le plus grand mal de notre temps ; en toute conscience commençons l'œuvre de régénération. VICTOR PROUVE. Président de l'Union Provinciale des Arts Décoratifs. Pendentif rose argent perles fluviales (L'excellent) Epingle à trois dents papillons (Mlle Deville) Pendentif Gui (L'excellent) Miroir Mimosa (Andrés) Les œuvres reproduites dans ce fascicule ont été con- et exécutées par les Membres du Groupe des Artisans Lon-

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La Leçon de l'Exposition de Munich Le Retour à la Matière EXPOSITION d'industrie locale, qui eut lieu à Munich au cours de l'été passé, fut une révélation. Les nombreux artistes et artisans français qui la visitèrent en convinrent avec franc enthousiasme et noble désintéressement, rendant ainsi justice au sincère effort de renaissance esthétique, tente avec réel succès par leurs collègues bavarois. --- Exposition de Munich 1908 (François Zell) --- (1) Les vues de cette exposition reproduites dans cet article sont empruntées à l'excellent mémoire, richement illustré « Die Ausstellung München 1908 », avec texte de MM. W. Riezler et G. de Pechmann, paru chez l'éditeur F. BRUCKMANN, à Munich. --- Août 1909 — Enseignement 1.