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ART ET DÉCORATION REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE JANVIER 1932 ÉDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, RUE DE L'ÉCHELLE - PARIS LES ÉCHOS D'ART CE NUMÉRO FRANCE : 10h.
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
ART ET DÉCORATION REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE JANVIER 1932 ÉDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, RUE DE L'ÉCHELLE - PARIS LES ÉCHOS D'ART CE NUMÉRO FRANCE : 10h.
ART ET DÉCORATION L'ART DÉCORATIF ET LES ÉCHOS D'ART 36e ANNÉE - RÉDACTEUR EN CHEF : L. CHERONNET - TOUS LES DROITS SUR LES ARTICLES ET LES REPRODUCTIONS SONT RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS ; LES MODÈLES PUBLIÉS SONT ET DEMEURENT LA PROPRIÉTÉ DE LEURS AUTEURS ; TOUTES LES REPRODUCTIONS OU IMITATIONS, MÊME PARTIELLES, SONT INTERDITES, ET SERONT POURSUIVIES PAR LES AUTEURS. - PRIX, FRANCE : LE NUMÉRO 10 FRANCS. L'ABONNEMENT ANNUEL (12 NUMÉROS) 100 FRANCS. PAYS À TARIF POSTAL RÉDUIT : AFRIQUE DU SUD (UNION DE L'), ALBANIE, ALLEMAGNE, ARGENTINE, AUTRICHE, BELGIQUE, BRÉSIL, BULGARIE, CANADA, CHILI, COLOMBIE, CONGO BELGE, CUBA, ÉGYPTE, ÉQUATEUR, ESPAGNE, ESTHONIE, ÉTHIOPIE, FINLANDE, GRÈCE, GUATÉMALA, HAITI, HONGRIE, LETTONIE, LIBÉRIA, LITHUANIE, LUXEMBOURG, MAROC (ZONE ESPAGNOLE), PARAGUAY, PAYS-BAS, PERSE, POLOGNE, PORTUGAL ET SES COLONIES, ROUMANIE, SALVADOR, TCHÉCOSLOVAQUIE, TERRE-NEUVE, TURQUIE, U.R.S.S., URUGUAY, VENEZUELA, YOUGOSLAVIE, LE N° 12 FR. 50 L'ABONNEMENT ANNUEL 125 FRS. AUTRES PAYS : LE N° 15 FRS, L'ABONNEMENT ANNUEL 150 FRS. EMBOÎTAGES JUSQU'A 1931 INCLUS, CHAQUE EMBOÎTAGE CONTIENT UN SEMESTRE ; À PARTIR DE 1932, CHAQUE EMBOÎTAGE CONTIENT UNE ANNÉE : 15 FRS (PORT EN SUS : FRANCE 3 FRS, ÉTRANGER 4 FRS). COMPTE CHÈQUE POSTAL : PARIS 66-90. TÉL. LOUVRE 33-87. TÉLÉGR. EDALVYDE. III. PARIS. PARIS, 2, RUE DE L'ÉCHELLE LES ÉDITIONS ALBERT LÉVY --- SOMMAIRE JANVIER 1932 JEAN HUGO, par Raymond Cogniat. L'ÉCOLE BOULLE, par André Fréchet. JEAN BESNARD, POTIER ET CÉRAMISTE, par René-Jean. UN SOLARIUM SUR UNE VILLA, par J.B. LES ÉCHOS D'ART DU SALON AU LIVING-ROOM, par Fabien Sollar, QUELQUES PROJETS D'AMÉNAGEMENT DE LA PORTE MAILLOT, par René Chavance. — LA CONFÉRENCE D'ATHÈNES, par René-Jean. EXPOSITIONS, INFORMATIONS ET NOUVELLES. CONCOURS --- jean perzel verrier d'art luminaire 3, rue de la cité universitaire (Parc monsouris) gobelins 77-24 --- manufacture nationaledesèvresfondée en 1738 --- porcelainesgrèssculpturesvasesservicesappareils lumineux --- Sèvres (pî de Sèvres) --- Paris 210, rue de rivoli21, rue drocotet au musée du Louvre ---
LES ACCESSOIRES DU PEINTRE GOUACHE 1928 JEAN HUGO L’œuvre de Jean Hugo : le rêve conscient et précis, le rêve voulu jusqu’au moment où la volonté, prise à son propre jeu, s’abandonne et subit le mirage qu’elle a créé. Alors nous nous trouvons dans un univers qui ressemble à la réalité et qui n’est plus tout à fait cette réalité. Je pense aux histoires, qu’étant enfant, je me racontais devant les glaces de l’appartement, les glaces qui s’ouvraient sur un monde mystérieux, semblable au monde réel et en même temps différent, figé dans l’immobilité, baigné dans une atmosphère où rien de vivant ne pouvait exister, où seuls se déplaçaient, silencieusement, des reflets humains. Dès que ces reflets avaient franchi la porte du fond et qu’ils n’étaient plus astreints à l’imitation de nos gestes, que faisaient-ils, que devenaient-ils? C’est une féerie de ce genre, une féerie réaliste qu’évoque pour moi Jean Hugo. Mais lui a vu les fantômes libérés de leur double originel. Il a surpris leurs concilia-bules muets. Il a vu l’envers du décor dont
ART ET DÉCORATION PHAËTON GOUACHE Galerie Pierre Colle nous ne connaissons qu'une face. Ce sont les coulisses d'un théâtre étrange, avec des architectures inattendues, brusquement interrompues, des morceaux de campagne qui s'immobilisent, des perspectives désertes dans lesquelles surgit une apparition — non pas une silhouette transparente — mais un personnage solide, d'une matière dense, de geste précis et d'autant plus extraordinaire par cette précision. Jean Hugo estallé encore plus loin : quittant les villes et les ports il est entré jusque dans la campagne, au cœur de la féerie et de la création. Déjà il avait aperçu, gambadant aux abords de la ville, quelques gracieux animaux avec un visage de femme sur un corps de cheval, ou même des centaures vêtus en guardians. Mais dans les forêts où les arbres échevelés ressemblent à des signes graphologiques, il a assisté aux ébats des licornes. Elles se poursuivent sous la dentelle des branchages et les arabesques de leurs jeux dessinent d'étranges poèmes. Car ici tout se tient et s'enchaîne. Le galop d'un cheval semble dessiner un rythme de lignes et chaque ligne, chaque forme, chaque couleur, semble engendrer des sons ou tout au moins éveille dans l'esprit des résonnances fraîches, puériles et complexes. Et tout cela dans une matière solide, sans transparence. Lorsqu'il affecte de rester dans la réalité, quand il peint des scènes quotidiennes, ses ESPAGNE PANNEAU DÉCORATIF App. au Prince de Faucigny Lucinge
JEAN HUGO compositions ont une telle densité qu'elles semblent palpables. On a l'impression que si l'on pouvait supprimer un de ses personnages, il resterait à la place un trou dans l'atmosphère. Une matière à la fois légère et compacte. Nous ne pensons pas qu'il soit possible d'aboutir à un art plus subtil sans le paraître, car rien ne semble plus simple, voire plus naïf qu'une gouache de Jean Hugo. A ce rêveur revient l'invention d'une mode et nous pensons qu'il fut à l'origine du succès que connaît aujourd'hui l'époque 1900. Lorsque Rolf de Maré, directeur des Ballets Suédois, monta les Mariés de la Tour Eiffel, en 1921, c'était la première amorce, c'était en même temps le premier contact de Jean Hugo avec le théâtre. On est en droit de penser que c'est par lui que Jean Cocteau eut l'idée de situer son œuvre dans le cadre 1900. En effet, Jean Hugo, déjà dans ses dessins précédents montrait une prédilection pour les silhouettes de cette ILLUSTRATION POUR « LE PERROQUET VERT » (J. WALTER, ÉDITEUR) « ATMOSPHÈRE », EXTRAIT DU « MIROIR MAGIQUE » (J. DUCHER, ÉDITEUR)
ART ET DÉCORATION NARCISSE CARTON DE TAPISSERIE Appartient à M. Emilio Téry époque. Il avait illustré en 1920 Les Joues en Feu, de Raymond Radiguet (Éditions Bernouard) et ne manquait pas d'y faire valoir certain charme qu'on a redécouvert depuis. Les Mariés semblèrent une caricature, mais une caricature élégante. C'est également de 1921 que date la première grande gouache, un groupe de cyclistes aux canotiers et aux culottes bouffantes. Pendant les années qui suivirent il a développé ces trois formes d'activité: le livre, le théâtre, les gouaches. On pourrait s'étonner que son talent si parfaitement adapté aux petites compositions qu'autorisent les gouaches et les illustrations de livres, se soit trouvé à son aise dans le cadre considérablement plus ample de la scène; que cet art si subtil et si léger, ait pu résister à un tel agrandissement et n'aît pas été dispersé dans un vaste espace à trois dimensions. Cette densité que nous avons signalée et qui est une des caractéristiques de Jean Hugo l'a probablement servi.Grace à elle ce qui semble léger, subtil, presque trop délicat, garde les mêmes qualités dans le cadre de scène et y prend une valeur expressive plus large. En effet, le monde particulier créé par Jean Hugo est si complet, qu'il s'impose inéluctablement à ceux qui veulent l'animer. Les acteurs deviennent des créations du peintre et les metteurs en scène doivent subir ce qu'il a créé. Ils font réellement vivre ce monde de féerie réaliste et ne peuvent le détruire. Dans les Mariés, on avait conservé quelques valeurs d'immobilité plastique par les masques, les maquillages, des cartonnages, pensant probable-
L'ORAGE (Galerie Pierre Colle)
PAYSAGES Gouaches par Jean Hugo
PAYSAGES Gouaches par Jean Hugo Jean Hugo Jean Hugo Jean Hugo
LES LICORNES (Galerie Pierre Colle)
JEAN HUGO ment ainsi être assuré de ne pas échapper à l'atmosphère de la composition initiale. Mais il fut facile de deviner que cette précaution était superflue et que l'apparente simplicité de Jean Hugo s'imposait avec trop de tyrannie pour être absorbée. Aussi, lorsqu'en 1924 le Comte de Beaumont monta Roméo et Juliette, aux Soirées de Paris, ces subterfuges furent inutiles. La transposition cherchée par Jean Hugo était d'une nouveauté beaucoup plus grande. Il apportait à la scène le principe de la gravure sur bois, c'est-à-dire sur un fond noir dessiner les reliefs par quelques traits nets. Le résultat fut tout à fait remarquable. Ce spectacle reste une des plus parfaites réalisations théâtrales de ces dernières années. La simplification des styles, des motifs décoratifs et des formes devait se retrouver dans les autres décorations théâtrales que Jean Hugo fit plus tard, notamment à l'Atelier (La femme silencieuse, 1925; Le joueur d'échecs, 1927). Il y eu également d'excellentes inventions dans Olive chez les Nègres (Comédie des Champs-Élysées, 1924) et dans les Malheurs d'Orphée (Théâtre Beriza, 1927). Citons en outre de lui les décors et les costumes du film sur Jeanne d'Arc tourné par Mlle Falconetti. Dans la réussite de Jean Hugo au théâtre, il faut tenir compte de la précieuse collaboratrice que lui fut sa femme, Valentine Hugo, dont le talent et l'imagination étaient depuis longtemps préoccupés des problèmes scéniques. Elle lui apporta de nombreuses idées et lui évita sans doute les écueils qu'il eut dû rencontrer dans cette adaptation de ses petites compositions à la scène. LA PLAGE PANNEAU DÉCORATIF Appartient au Prince de Faucigny-Lucinge

Cette publication d'Art et Décoration présente un numéro de janvier 1932 consacré à l'art moderne. Le sommaire inclut des articles sur Jean Hugo, l'École Boulle, Jean Besnard, ainsi que des discussions sur l'art décoratif, des projets d'aménagement urbain et des expositions. Le numéro met également en avant des artistes et des manufactures comme Jean Perzel et la manufacture de Sèvres.