Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART & DECORATION REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE ÉDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS SEPTEMBRE 1931 2, RUE DE L'ÉCHELLE, PARIS --- DE VERNON FRANCE 1864

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VIENT DE PARAITRE TENDANCES NOUVELLES DU THÉÂTRE PAR LÉON MOUSSINAC AUCUN des ouvrages spéciaux qui ont été publiés ces dernières années sur le Théâtre contemporain en France et à l’Etranger, ne remplit l’objet des TENDANCES NOUVELLES DU THÉÂTRE. Il s’est agi, cette fois, de composer un ouvrage qui fournisse non point une documentation plus ou moins abondante sur les différentes mises en scène en honneur dans divers pays ou dans un théâtre particulier, mais de choisir parmi ces mises en scène les plus représentatives, celles qui ont eu, sinon le plus de succès, du moins le plus d’influence sur les directions générales de l’art du Théâtre depuis quinze ans dans le monde. Ce travail considérable de sélection a permis de dégager le sens et de fixer les caractères généraux des résultats obtenus, dans ce domaine, par les plus grands artistes d’aujourd’hui. Mais, pour arriver à ce résultat, il a fallu réunir tout d’abord une complète documentation intéressant exclusivement les mises en scène préalablement choisies et ne retenir de cette documentation que l’essentiel. On a présenté de la sorte, le mieux qu’il était possible, en une ou plusieurs planches, en couleurs si cela était nécessaire, les divers éléments du spectacle (décors, costumes, détails de scène, masques, maquillages, plans, etc...) d’après les maquettes originales des artistes, les dessins et les photographies. C’est pourquoi la préparation des TENDANCES NOUVELLES DU THÉÂTRE a demandé à son auteur plusieurs années de recherches et des concours nombreux dans tous les pays. Ainsi point de documents isolés ou hasardeux, mais une présentation de chaque mise en scène qui constitue dans son ensemble l’essentiel d’une étude particulière, avec appui de textes succincts qui éclairent sur l’esprit des recherches, les tendances des artistes, les théories, les systèmes et qui donnent les renseignements historiques indispensables (dates, noms des collaborateurs, etc...). Des remarques sur l’art du Théâtre précèdent les planches et sont illustrées par des documents qui complètent utilement la présentation générale. L’ouvrage, de format in-4° jésus (0,28 × 0,39), broché, comprend 124 planches en héliotypie reproduisant plus de 500 documents dont 150 en couleurs. Le tirage est limité à 600 exemplaires numérotés. Prix .. Frs 800. » Demander prospectus-spécimen aux ÉDITIONS ALBERT LÉVY, 2, RUE DE L’ÉCHELLE, PARIS

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LES ARTS INDIGÈNES À L'EXPOSITION COLONIALE Si nous cherchons à mettre un peu d'ordre dans nos souvenirs, quand nous avons visité les stands consacrés aux arts indigènes à l'Exposition Coloniale, il semble que nous y distinguions d'abord deux grands groupes : l'un formé par les œuvres des peuples primitifs restés pour la plupart fétichistes ; l'autre par celles des races ayant une civilisation plus compliquée, liée généralement à la pratique de l'Islam ou du Bouddhisme. Nous trouvons des spécimens assez abondants du premier groupe au palais de l'A. O. F. De son côté, l'A. E. F. lui a consacré plusieurs curieuses vitrines, ainsi que la section Togo-Cameroun. Les Belges ont exposé de belles pièces prêtées par des particuliers et une collection d'instruments de musique appartenant au Conservatoire royal de Bruxelles. Des statues de bois paraissant modernes figurent au pavillon portugais de l'Angola. Certains masques

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ART ET DÉCORATION intéressants se trouvent aux pavillons des Missions. On voit, enfin, à la section des Établissements français de l'Océanie, de jolis objets provenant des îles Marquises, de Tahiti et de la Nouvelle-Calédonie. Tout cela, à part les collections de l'A. O. F., ne constitue pas un ensemble très nombreux. C'est pourquoi, ayant été chargé d'organiser la salle des Arts Indigènes à la section de synthèse du Palais Permanent dirigée par M. Beauregard, ai-je cru devoir y faire une large place à l'art des primitifs, avec le concours de MM. Hessel, Ratton, Carré, de la galerie Percier et de diverses personnes qui nous ont aimablement confié leurs collections. Les représentations d'êtres animés dominent dans cet art. Bien que faisant souvent partie du décor des objets usuels, des sièges par exemple, elles ont leur domaine propre dans les fétiches et les masques de danse. Tout n'est pas d'une valeur égale dans la masse un peu confuse de ces images à première vue déconcertantes, toujours intéressantes quand on leur accorde un examen attentif et souvent dignes de la plus grande admiration quand elles nous sont devenues familières. Ayons d'abord le courage de reconnaître que beaucoup sont assez grossières et ne se recommandent que comme curiosités. C'est, neuf fois sur dix, le cas des sculptures modernes. Cependant, parmi celles-ci, on peut signaler quelques bonnes pièces dans une petite vitrine de la section belge et une touchante statuette, élancée, sobre et comme gothique, représentant une religieuse de Brazzaville, au pavillon des Missions. Le Christ que nous reproduisons et qu'on croirait roman s'y trouve aussi. Les œuvres supérieures nous permettent de discerner deux tendances. Les unes sont réalistes et présentent de grandes qualités de vérité et d'expression. Les autres témoignent surtout d'une science extraordinaire des déformations plus ou moins synthétiques où, à côté de beautés décoratives de premier ordre, se révèle une maîtrise étonnante à jouer des éléments essentiels de la figure pour en recomposer des types extra-humains dépassant tout ce que nos

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LES ARTS INDIGÈNES À L'EXPOSITION COLONIALE --- Masque de danse - Cameroun - (Pavillon du Cameroun)

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ART ET DÉCORATION Cortège royal et grand tam-tam — Cuivre du Dahomey — (Pavillon de l'A. O. F.)

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LES ARTS INDIGÈNES A L'EXPOSITION COLONIALE 73 Le Tisserand — Cuivre du Dahomey (Pavillon des Missions) sculpteurs modernes ont pu réaliser de plus audacieux. Ajoutons enfin que, souvent, les vrais chefs-d’œuvre réunissent des qualités des deux ordres. Les belles figures réalistes sont assez rares. Parmi toutes celles qui se trouvent à l’Exposition, je ne vois guère à citer (mais peut-être la mémoire me fait-elle défaut), qu’un masque de femme du Cassaï, placé de profil dans une vitrine du Congo belge, une impressionnante statuette du Cameroun, à M. Carré, figurant un homme assis, enfin, la tête de la statue de cuivre du Dahomey ayant appari- tenu à Behanzin et que M. Ratton a bien voulu prêter. Ces deux dernières pièces se trouvent au Palais Permanent. Les bois sculptés dans un parti pris de déformation ou de stylisation sont les plus répandus. Si l’on met de côté une abondante série de grands masques du Soudan souvent en têtes d’animaux et qui présentent surtout un intérêt décoratif, on peut signaler comme types compliqués les masques Man de la Côte d’Ivoire avec leurs joues cornues et les petits masques Senoufos, munis de bras et de jambes qui leur donnent l’aspect Jonas jeté à la mer et rejeté par la baleine — Cuivre du Dahomey — (Pavillon des Missions)

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ART ET DÉCORATION dont les arcades sourcilières se prolongent à droite et à gauche pour dessiner d'une seule courbe l'ovale du visage. Le nez est presque négligé, et les yeux, imperceptibles fentes, donnent à la face creuse et vide, souvent peinte en blanc, une hallucinante étrangeté. On trouve un magnifique spécimen de ce type, en bois poli, sans couleur, au pavillon du Cameroun. On peut d'ailleurs lui comparer un casse-tête de Tahiti (collection Moris) qui, bien que d'un aspect singulier de gros insectes. Les masques Dan, au contraire, réduisent le modèle de la face à quelques surfaces courbes où deux trous ronds indiquant les yeux prennent une sorte de stupidité tragique; on en trouve d'autres traités de façon toute différente, par plans indicateurs de volumes à la manière cubiste. Mais il semble difficile d'imaginer rien de plus parfait comme schématisation que la série des masques du Gabon allongés et plats,

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LES ARTS INDIGÈNES A L'EXPOSITION COLONIALE Crucifiement — Cuivre du Bénin (Pavillon des Missions) plus hideux, n'est pas sans lui ressembler un peu. A ce propos, rappelons que, d'une façon générale, les figures océaniennes semblent conçues en vue d'un effet de froide terreur assez étranger aux œuvres africaines. Mais il sera difficile de s'en rendre compte à l'Exposition où les plus caractéristiques, celles si compliquées, de la Nouvelle-Guinée et des îles voisines, manquent presque complètement. Les masques et tabous que l'on trouvera au pavillon de la Nouvelle-

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ART ET DÉCORATION Calédonie et au Palais Permanent ont, quant à eux, un caractère hilare et faunesque qui en diffère totalement. Il me reste à citer des exemples d'œuvres de nature plus complexe. Les plus remarquables, à mon avis, appartiennent à deux séries bien caractérisées : les têtes pahouines à front bombé et profil concave, et les masques du Gabon à face de femme avec coiffure sculptée, ovale allongé, yeux indiqués par deux fentes arquées dans le même sens que les sourcils. Un beau spécimen du premier genre se trouve à la Section de synthèse. Il a été prêté par M. Jos. Hessel. Plus on regarde cette tête, plus on en admire la simplicité, le caractère et la vérité. La concavité du profil, qui nous paraît étrange, est propre à certains types de jeunes filles négroïdes. Les yeux, indiqués par deux petits cercles métalliques, tels quels, rendent parfaitement l'étonnement du regard de certains enfants primitifs. Le modelé du front est charmant. La courbe simiesque du menton est vraie, bien qu'accen-tuée. L'ensemble respire une paix et une réserve profondes. Tout le mystère dont s'entoure l'âme des races restées si longtemps inconnues au fond des forêts tropicales Déesse de la fécondité - Afrique Occidentale - (Palais Permanent)

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GOBELETS BAKOUBA EN BOIS (Musée Permanent)