Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
Page 1
ART et Décoration
Revue mensuelle d'Art Moderne
Sommaire
- L'Ameublement à l'Exposition.
- Gustave Soulier.
- La Reliure Francaise à l'Exposition.
- Em. Bosquet.
- Une Maison de Campagne (Concours).
- Planche hors texte :
- Ganymède,
- Par Gustave Moreau.
---
Août 1900
---
LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS
13, Rue Lafayette Paris
Prix de la Livraison : 2 fr.
4e Année — N° 8.
Page 2
Art et Décoration
Revue Mensuelle d'Art Moderne
COMITÉ DE DIRECTION :
MM. VAUDREMER, GRASSET,
JEAN-PAUL LAURENS, CAZIN, PREMIET, ROTY,
LUCIEN MAGNE, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT
Secrétaire de la Rédaction : GUSTAVE SOULIER
---
Abonnement Annuel :
PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr.
ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 fr.
Prix de la Livraison : 2 francs
L’Année parue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 francs
---
Publicité de “ART & DÉCORATION”
Tirage : 11.000 exemplaires
Le chiffre de 11.000 est celui du tirage minimum, il représente le nombre des exemplaires destinés au service des abonnements et de la vente au numéro.
L’administration de “Art et Décoration” tient à la disposition des intéressés tous les moyens d’investigation nécessaires pour en contrôler l’exactitude.
---
Concours mensuels
I. La Revue « Art et Décoration » ouvre, chaque mois, un concours d’Art décoratif entre tous ses lecteurs français ou étrangers.
II. Les projets devront parvenir affranchis à la « Librairie centrale des Beaux-Arts », 13, rue Lafayette, Paris. Ils ne seront pas signés, mais porteront un pseudonyme ou un signe quelconque, répété sur une enveloppe fermée contenant le nom et l’adresse du concurrent.
III. Le nombre d’envois pour un même concurrent n’est pas limité.
IV. Des prix en argent seront décernés pour chaque concours. Le jury se réserve cependant le droit de supprimer ceux-ci en partie ou en totalité au cas d’insuffisance notoire des projets soumis.
V. Les projets primés appartiennent à la Revue et pourront y être reproduits.
VI. Les projets non primés pourront également être reproduits s’ils sont l’objet d’une mention de la part du Jury. Ils devront être réclamés dans la semaine suivant la publication du jugement dans la Revue. Les demandes d’envoi par la poste devront contenir un affranchissement suffisant pour en couvrir les frais.
---
L’Administration de la Revue décline toute responsabilité quant aux projets non retirés un mois après la publication du jugement.
Page 3
Frise en relief.
ALEX. CHARPENTIER.
L'Ameublement à l'Exposition
PARMi tous les arts usuels, c'est toujours aux arts de l'ameublement qu'il faut en revenir lorsqu'on veut toucher le point capital; c'est toujours le mobilier qui constituera le gros œuvre de la production industrielle, et pour juger de la pénétration de l'art dans la vie domestique d'une époque ou d'une nation, il faut regarder tout d'abord comment elle s'est logée et meublée, puisque c'est là l'inévitable et l'essentiel. Les arts du décor proprement dit, la parure ou l'orfèvrerie, ne viendront que plus accessoirement.
Aussi, l'étude du mobilier à l'Exposition devra-t-elle nous retenir assez longuement, non point pour enregistrer isolément les manifestations nouvelles, mais pour tenter de rapprocher les exemples produits et d'y retrouver des points communs, la trace d'une orientation constante, certaine parenté de sentiment, réellement constitutive d'un style. Nous aurons à voir comment, dans les divers pays où l'on se préoccupe de réaliser un art moderne, les éléments de recherche se modifient un peu, et à étudier les aspects différents que peut prendre le style actuel d'une région à l'autre de l'Europe. Nous pourrons nous demander alors, afin que les droits du raisonnement ne restent pas perdus dans notre examen et que nous tirions des conclusions profitables, ce que ces variations ont de légitime et
Dressoir.
ALEX. CHARPENTIER.
Page 4
Art et Décoration
de nécessaire, et dans quelle mesure nous pouvons profiter nous-mêmes de certains points acquis à l'étranger, ou ce que nous devons nous interdire de certaines formules. Car nous devons bien reconnaître même que tout ce qui peut nous séduire à première vue dans un mobilier allemand ou autrichien, par une certaine note de décoration inédite ou certaine simplicité d'exécution, ne nous est pas assimilable de cerveaux un peu étranges et désordonnés, incapables de vivre tranquillement dans les cadres consacrés : ceux-là ont sans doute été bien surpris de voir que presque partout autour de nous les doctrines nouvelles avaient pris corps et donné déjà naissance à des productions dont on ne peut nier le caractère d'ensemble, réfléchi et suivi. Ils sauront désormais qu'il peut y avoir un art moderne, et peut-être
ALEX. CHARPENTIER.
sans dommage pour nos traditions artistiques les mieux fondées.
Le grand avantage de l'Exposition est en tout cas de nous fournir une ample matière à réflexion et à enseignement, où nos idées peuvent se préciser davantage par des exemples, et où, à travers même ce que les spécimens divers peuvent avoir d'incomplet ou de défectueux, les yeux de tous se remplissent d'images inaccoutumées et s'habituent plus que précédemment à voir de près les résultats des recherches nouvelles faites de tous côtés. Il en est beaucoup peut-être pour lesquels les tentatives d'art moderne existaient surtout à l'état spéculatif, qui voyaient là une aspiration seront-ils dès maintenant les plus ardents à proscrire le stérile décalquage de formes qui ne correspondent plus aux besoins de notre vie.
Nous avions déjà prévu cette puissante démonstration des faits, qui serait apportée à l'appui de notre doctrine. Elle s'est produite avec plus de force encore, sur certains points, que nous ne l'avions pensé nous-mêmes, et nous ne manquons pas d'exemples vraiment démonstratifs, c'est-à-dire d'ensembles importants d'ameublement et de décoration intérieure, réalisés en dépit des règlements peu sagaces de l'Exposition, qui partageaient en deux classes distinctes la décoration fixe et la
Page 5
L'Ameublement à l'Exposition
décoration mobile, à un point de vue purement fictif, et auraient volontiers dispersé l'œuvre ont aussi apporté des résultats marquants : tels sont, par exemple, MM. Damon et Colin
complète d'un décorateur dans les diverses classes du mobilier, de la ferronnerie, du vitrail, de la peinture, du marbre et du bronze. Ces règlements, qui étaient sans doute le fruit d'une excessive centralisation des pouvoirs, auraient été funestes; on n'en a pas tenu compte et l'on a bien fait. La victoire eût été trop facilement acquise aux sections étrangères.
Nous avons donc pu assister chez nous à de très grands efforts, où les artistes dont nous avons déjà eu l'occasion d'entretenir nos lecteurs ont pu s'affirmer particulièrement. Charles Plumet et Tony Selmersheim, Louis Bigaux, Alexandre Charpentier, Louis Majorelle, Émile Gallé, l'Art Nouveau de M. Bing, grâce à la collaboration de Georges de Feure, Gaillard et Colonna, ont réalisé des ensembles que nous aurons à envisager de plus près. Quelques maisons importantes, qui n'étaient pas, d'ailleurs, restées étrangères aux productions nouvelles,
Page 6
Art et Décoration
Cheminée.
ALEX. CHARPENTIER.
fait leur compte. Les exemples nouveaux prennent pour l'avenir une force trop considérable.
Du reste, il ne faudrait pas s'imaginer qu'il suffit de vouloir faire de l'art moderne pour en faire réellement, et trop d'expositions particulières sont bien faites pour nous prouver combien d'horreurs on a commises au nom de la nouveauté, et cela faute de savoir nettement où se diriger, et parce que l'on a pris certains défauts apparents de quelques ouvrages récents, — le manque de volonté et de composition, par exemple, dans l'interprétation florale, ou le manque de proportions des motifs, ou certains mouvements trop uniformes de lignes serpentes, — pour les signes authentiques du style actuel. La marque véridique doit en être, au contraire, non l'adoption docile de tel ou tel tic particulier, mais l'application constante de la réflexion personnelle, et presque l'abolition de toute fantaisie individuelle devant la logique, qui doit tout au moins réglementer le caprice.
Cette indolence d'esprit chez la plupart des producteurs français se manifeste malheureusement encore dans les installations générales des classes, où les arts de l'architecture, le goût de la décoration et de la disposition intérieures pouvaient s'ingénier de façons sans cesse variées et nouvelles. Il y a, à ce point de vue, dans certaines sections étrangères, et notamment dans celles de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Hongrie, des Pays-Bas, une supériorité qu'il faut bien reconnaître. Le soin du détail, le sens véritablement ornemental s'y révèlent de façon particulièrement séduisante, et nous n'avons, de notre côté, que trop peu de régions des Invalides ou du Champ de Mars qui puissent entrer en concurrence. Ces aménage-
Table de salle à manger.
« L'ART NOUVEAU. » (Modèle de Gaillard.)
Page 7
L'Ameublement à l'Exposition
Frise en relief.
ALEX. CHARPENTIER.
ments de classes fourniront, du reste, l'intéressante matière d'une étude spéciale, et nous n'avons voulu les signaler ici que pour confirmer certaines observations qui se dégagent des arts de l'ameublement, tels qu'ils sont diversément représentés à l'Exposition Universelle.
Disons aussi combien ces installations, ensembles de décoration mobilière ou aménagements de classes, révèlent, chez chacune des nations que nous venons de citer, un caractère homogène et cohésif. On sent là, d'artiste à artiste, une communauté de tendances et de sentiments remarquable, qui rend seule possible toute constitution de style. Les recherches individuelles, tout en étant sensibles, et en sauvegardant la personnalité de l'artiste, sont dominées par des besoins généraux de race. Nous pourrons nous rendre mieux compte, dans la suite de cette étude, par des exemples précis, de ces données excellentes, qu'il était bon de noter tout de suite, puisqu'un examen rapide suffit à les imposer à notre attention.
C'est évidemment du côté des pays que nous avons cités, — de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Hongrie, des Pays-Bas, — que nous trouvons le plus d'heureuses surprises, tout en faisant naturellement la part aux restrictions nécessaires, restrictions que nous formulerons surtout, naturellement, au point de vue de l'éducation différente de notre goût
L. MAJORELLE.
Page 8
Art et Décoration
et de nos habitudes esthétiques particulières. Nous savions en France que l'Allemagne et l'Au- triche, en particulier, travaillaient avec une grande ferveur à l'élaboration de leur art moderne, qu'elles avaient une vie artistique très intense, manifestée chaque année, à Berlin, à Munich et à Vienne, par des Salons rivaux, sans parler d'autres expositions locales très importantes. Mais les résultats de ces efforts n'étaient encore parvenus chez nous qu'à un état assez fragmentaire. Nous avions que les restrictions de détails s'atténuent pour faire place au respect du considérable effort déployé, effort si coordonné et si volontaire qu'il a pu produire en quelques années une somme de résultats si décisifs.
Mais si, d'un côté, nous sommes mis en présence d'ouvrages plus marquants encore que nous ne le pensions, nous avons trouvé d'autre part, il faut bien l'avouer, de grandes déceptions. Ni l'Angleterre, ni la Belgique ne nous ont, en effet, apporté ce que nous étions
L. MAJORELLE.
nous-mêmes donné quelques reproductions d'ensemble de ces œuvres, allemandes ou au-trichiennes; on se rappelle sans doute, il y a quelques mois, une étude de M. William Ritter sur les travaux de M. de Berlepsch, dont l'Exposition nous apporte quelques exemples, dans un intérieur exécuté à Dusseldorf. Dans cette vue directe, le public reçoit, en particu-lier, une impression de couleurs que les repro-ductions n'avaient pu lui communiquer, et qui a sa grande importance pour la notion du caractère général. De plus, par l'accumulation des ouvrages exposés, ce caractère même se précise davantage, et nous pouvons dire aussi en droit d'attendre d'elles, après leurs intéres-sants travaux de ces dernières années. L'Expo-sition du mobilier anglais ne nous présente guère que des formes assez pauvres, et nous fait constater aussi l'excessive persistance de certaines influences du passé. Le rapproche-ment des modèles divers, qui a pu, ainsi que nous le constations, augmenter notre estime pour les arts de l'ameublement en Allemagne et en Autriche, est, au contraire, défavorable au mobilier anglais, dont il convient d'appri-cier surtout les intentions pratiques, mais dont la réalisation répond rarement au crédit que nous lui avions accordé. Il est à souhaiter
Page 9
L'Ameublement à l'Exposition
que, amené à porter une plus juste appréciation sur ces modèles, le public se défasse un peu de son engouement peu éclairé pour le meuble anglais, qu'il prônait pour l'étiquette seule et sur la foi de quelques tapissiers. Il serait bien nécessaire que notre public, mieux documenté désormais, apprit à juger davantage par lui-même et à reconnaître sincèrement où se trouvent le véritable confort et la véritable élégance. Chacun y est bien intéressé pour son usage personnel.
Quant à la Belgique, elle ne donne vraiment pas d'elle-même l'idée qu'elle serait en droit de donner, et l'on ne sait à quel défaut d'organisation imputer ce coupable désintéressement. Le public ne peut même pas soupçonner l'existence des artistes marquants qui ont fait faire en quelques années tant de progrès aux arts usuels, non seulement en Belgique même, mais dans toute l'Europe, par leur exemple souvent dénaturé et pris à contresens. Ni Horta, ni Hankar, ni Serrurier, ni Hobé, ni Van de Velde ne sont représentés à l'Exposition Universelle, si extraordinaire que cela soit en effet et, dans les diverses sections belges, la place reste libre aux débitants d'une camelote déplorable. Les installations générales mêmes, qui, lors de la dernière Exposition de Bruxelles, avaient été l'objet de soins si intelligents (Art et Décoration en] a parlé à cette époque) restent aussi quelconques que possible, abandonnées à n'importe quel entrepreneur. Il n'eût pas été possible de voir un pays renoncer plus complètement à tous ses avantages, pour des raisons mystérieuses qui se réduisent peut-être au défaut trop fréquent des organisations officielles. Mais on ne saurait trop, en tout cas, déplorer les abstentions que nous avons signalées, car l'exemple qu'un tel ensemble d'art aurait pu donner eût été
L. MAJORELLE.
Page 10
Art et Décoration
pour tous d'un excellent enseignement et de la plus grande efficacité pour les œuvres futures.
En effet, ainsi qu'il en a toujours été aux diverses époques de production artistique, nous siasme ce qu'il y a de plus extérieur dans certaines œuvres belges, la perpétuité de certains contours favoris qui ne se trouvent pas suffisamment justifiés.
Les mérites véritables de ces efforts divers résident dans les caractères déjà légitimement fixés d'un style obtenu par la collaboration latente et l'assentiment tacite de tous, car c'est la communauté de tendances, ce qui nous apparaît d'anonyme dans l'orientation et les formes générales, qui constitue la marque foncière d'un style authentique. Cela ne dépend pas de la volonté d'un seul, et il n'est pas inutile de l'affirmer à nouveau puisque certaine exposition particulière française se réclame d'un style spécial auquel un nom d'homme est accolé. Ces formules personnelles eussent-elles les plus louables qualités, l'application capricieuse et outrancière n'en pourrait d'aucune façon être légitime. Le style d'un homme ne peut être qu'une fantaisie éphémère et funeste, propre à égarer les esprits hors de leur voie naturelle ; c'est par ce qu'il aura puisé autour de lui, dans les aspirations inexprimées de tous, que l'artiste peut être assuré de faire œuvre conforme à son époque, et le tour particulier de son imagination ne peut s'exercer en dehors de certaines contraintes rationnelles. Il appartient sans doute à quelques artistes, spécialement avisés de tous les points du problème, de fixer quelques données à suivre, après des réflexions et des expériences; mais ils ne peuvent songer pour cela à baptiser de leur nom le style qui ne sera véritablement fondé que si tous s'y reconnaissent.
La meilleure recommandation à adresser à chacun, c'est de travailler toujours en toute sincérité, pour la plus grande perfection de
ne percevons pas de différence essentielle de tempérament entre l'art flamand et l'art français, et l'on peut dire d'une façon générale que l'art français et l'art belge doivent marcher dans une voie à peu près identique de logique et de simplicité, ce qui ne veut pas dire qu'il faut s'empresser surtout d'adopter avec enthousiasme ce qu'il y a de plus extérieur dans certaines œuvres belges, la perpétuité de certains contours favoris qui ne se trouvent pas suffisamment justifiés.
Les mérites véritables de ces efforts divers résident dans les caractères déjà légitimement fixés d'un style obtenu par la collaboration latente et l'assentiment tacite de tous, car c'est la communauté de tendances, ce qui nous apparaît d'anonyme dans l'orientation et les formes générales, qui constitue la marque foncière d'un style authentique. Cela ne dépend pas de la volonté d'un seul, et il n'est pas inutile de l'affirmer à nouveau puisque certaine exposition particulière française se réclame d'un style spécial auquel un nom d'homme est accolé. Ces formules personnelles eussent-elles les plus louables qualités, l'application capricieuse et outrancière n'en pourrait d'aucune façon être légitime. Le style d'un homme ne peut être qu'une fantaisie éphémère et funeste, propre à égarer les esprits hors de leur voie naturelle ; c'est par ce qu'il aura puisé autour de lui, dans les aspirations inexprimées de tous, que l'artiste peut être assuré de faire œuvre conforme à son époque, et le tour particulier de son imagination ne peut s'exercer en dehors de certaines contraintes rationnelles. Il appartient sans doute à quelques artistes, spécialement avisés de tous les points du problème, de fixer quelques données à suivre, après des réflexions et des expériences; mais ils ne peuvent songer pour cela à baptiser de leur nom le style qui ne sera véritablement fondé que si tous s'y reconnaissent.
La meilleure recommandation à adresser à chacun, c'est de travailler toujours en toute sincérité, pour la plus grande perfection de
Page 11
L'Ameublement à l'Exposition
l'œuvre et sans souci d'assurer la renommée personnelle et de se réserver des brevets : les satisfactions d'amour-propre seront toujours suffisamment accordées aux chercheurs sérieux.
***
Nous commencerons ce mois-ci l'étude de quelques-uns des ensembles d'ameublements exposés dans les sections françaises, en nous réservant de poursuivre cet examen dans notre prochaine livraison. Nous aborderons ensuite l'ameublement étranger.
La salle à manger exécutée par M. Alexandre Charpentier pour les Magasins du Louvre, et que nous avions eu l'occasion d'annoncer, présente par l'importance de sa décoration un caractère particulièrement intéressant. Les expositions de la rue Caumartin nous ont déjà montré des meubles de cet artiste, avidé de répandre son art sur des objets très divers ; il avait même exécuté déjà un mobilier de salle à manger, dont quelques parties avaient été montrées rue Caumartin. Mais il a pu travailler cette fois-ci dans des proportions plus imposantes, et réaliser pour cette salle à manger nouvelle une décoration complète et continue, puisque toute la salle est entièrement revêtue de boiseries sculptées, reliant les meubles les uns aux autres et les encadrant, tandis qu'une frise modelée en relief tient lieu de corniche et court, sous le plafond, tout autour de la pièce. Avec la table et les chaises, les parties principales du mobilier sont formées par la cheminée, le dressoir et un buffet étroit, surmonté d'une pendule, qui prend place entre deux larges baies. Plus au fond, dans l'enfoncement d'un jardin d'hiver
Desserte.
« L'ART NOUVEAU. » (Modèle de Gaillard.)
Dressoir.
« L'ART NOUVEAU. » (Modèle de Gaillard.)