Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

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Plaisir de France FÉVRIER 1965 - Table: A table with various items, including a glass of wine and a bottle. - Chairs: Two chairs with cushions. - Decorations: Red curtains framing the window. - Bottle: A single bottle on the table. - Candles: Several candles placed on the table. - Wine Glasses: Two wine glasses on the table.

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PLAISIR DE FRANCE (IMAGES DE FRANCE) Revue mensuelle DIRECTEUR GÉNÉRAL RÉDACTEUR EN CHEF : OLIVIER QUÉANT --- Sommaire FÉVRIER 1965 — N° 316 - 31e année - D'un mois à l'autre : - LE MEILLEUR ET LE PIRE, par Olivier Quéant.. 1 - Aujourd'hui et demain : - THÉÂTRE, par Gilles Quéant.. .. .. .. .. 4 - CINÉMA, par Marcel Lasseaux.. .. .. .. .. 5 - MUSIQUE, par Marcel Schneider.. .. .. .. .. 7 - GRANDES VENTES, par Raymonde Wilhélem.. 7 - LIVRES, par Yves Gandon.. .. .. .. .. 9 - ART, par René Barotte.. .. .. .. .. 10 - Les grandes étapes de l'organisation de l'Europe : - III. LE TRAITÉ DE VERSAILLES, 1919, par André François-Poncet, de l'Académie française.. .. 12 - Les musées privés : - UN SANCTUAIRE TIBÉTAINE AU CŒUR DU VIEUX LYON, par Bernard Clavel.. .. .. .. .. 20 - Marine nationale d'aujourd'hui : - OU EN SONT LA FLOTTE FRANÇAISE, LA VOCATION MARITIME, LA RIVALITÉ BREST-TOULON ? par Philippe Nourry.. .. .. .. .. 28 - Un compositeur-acteur : - Y A-T-IL DEUX SAUGUET ? par Gilles Quéant.. 36 - Les styles d'Europe à travers la peinture : - 3. LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIe SIÈCLE, par René Briat .. .. .. .. .. .. .. .. .. 42 - Côté jardin : - MES VERTS PARADIS, par Odette Joyeux.. .. .. 52 - Décoration : - LES MEUBLES HABILLÉS, par Marie Pellé.. .. 56 - ACTUALITÉS : INFLUENCE DE L'EXTRÊME-ORIENT, par Anne Fourny.. .. .. .. .. 64 - Disques classiques et contemporains, par Gustave Samazeuilh. --- NOTRE NUMÉRO DE MARS LE CHATEAU DE PARENTIGNAT, par Louise Weiss. MARIE WALEWSKA À L'ÎLE D'ELBE, par Jeanine Delpech. CLOCHERS BRETONS, par René Briat. UN ITINÉRAIRE AU BORD DE L'INDRE, par Arnault-Plessis. UN MUSÉE DE PROVINCE PEU CONNU : BAGNOLS-SUR-CÈZE, par Roger Baschet. LE CANOE OLYMPIQUE, DE TOKYO À LA DORDOGNE, par Gilles Quéant. L'USINE MARÉMOTRICE DE LA RANCE ET LES MOULINS À MARÉE, par La Mazère. DÉCORATION : LE MOULIN DE ROCHEGOUDE, UN ANTIQUAIRE PARISIEN S'INSTALLE À MILLY. Et nos chroniques habituelles. --- NOTRE COUVERTURE Un exemple de meuble habillé (voir notre article page 56). Il s'agit d'une simple table rectangulaire amplement juponnée de velours vert souligné d'une crépine d'or et formant coiffeuse. Sur son plateau sont disposés — isolés par une glace protectrice — les éléments d'un nécessaire de toilette Louis XIV en vermeil, que complètent des flacons et des bougeoirs du XIXe siècle, également en vermeil. Au centre, miroir vénitien du XVIIIe siècle. (Jansen, décorateur.) Phot. Pierre Jahan. --- Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (textes et gravures). Copyright Plaisir de France 1965. Les manuscrits non insérés ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation.

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d'un mois à l'autre Histoire illustrée du Catholicisme Ayant répondu à l'invitation de M. Louis Nagel et du Club français des Bibliophiles, une trentaine de convives étaient réunis le 16 décembre à déjeuner chez Ledoyen, pour fêter la sortie des presses de l'Histoire illustrée du Catholicisme. Le texte de ce magnifique ouvrage en trois volumes, qui a nécessité plus de quatre ans de recherches, est de Paolo Brezzi. C'est S. E. le cardinal Tisserant qui en a écrit la présentation. On mesure la difficulté de raconter et d'illustrer, en mille deux cents pages environ, une histoire de plusieurs siècles, alliant du milieu juif à Vatican II, de saint Pierre à Paul VI. Très heureusement, cette histoire de l'Eglise s'accompagne, tout au long, d'une histoire des nations, permettant de suivre toutes les interférences chronologiques entre le sacré et le profane, le religieux et le politique. La qualité des textes nous a paru valoir celle des illustrations et, en général, de l'édition de ces trois volumes. On conçoit que le Club français des Bibliophiles se soit assuré la diffusion d'un tel ouvrage dont plusieurs éditions en langue étrangère seront publiées prochainement. A noter que l'édition italienne sera remise à S. S. Paul VI par M. Louis Nagel, en présence du cardinal Tisserant. Compagnie Transatlantique M. Edmond Lanier ayant été appelé à la présidence de la Compagnie, les fonctions de directeur général ont été données, par décret du 1er décembre 1964, à M. Pierre Panard, directeur du Cabinet de M. Marc Jacquet. A la mémoire de Pierre Benoit Un comité du « Souvenir de Pierre Benoit » vient d'être constitué, ayant pour premier objectif d'organiser en 1965 des manifestations à Ciboure où l'écrivain passa les dernières années de sa vie. Il est placé sous la présidence de Maurice Genevoix, secrétaire perpétuel de l'Académie française. Trois millénaires d'Art et de Marine La Marine nationale et la direction des Beaux-Arts de la Ville de Paris organisent en mars et avril 1965 une exposition internationale. Dans le cadre du Petit Palais des Champs-Elysées seront exclusivement groupées des œuvres d'art, l'histoire du navire restant l'apanage du musée de la Marine. Le but principal est de rappeler quelle importance a eue la mer dans notre civilisation méditerranéenne. Des évocations mythologiques ou poétiques et des objets d'art populaire complèteront cet ensemble. Un festival à l'île Maurice En cette île Maurice devenue britannique il y a cent cinquante-quatre ans et où survint un touchant attachement à la France, a eu lieu le 24 octobre dernier, dans un cadre naturel d'une grande beauté, un festival de qualité. A l'Île Maurice, une évocation historique où apparaissent Hollandais, Français et Anglais. Plus de huit mille spectateurs, venus de Rhodésie, de Madagascar, de la Réunion et de France, assistaient à cette « Nuit du Sega » organisée par l'Office du Tourisme que préside M. A. Marcel Lagesse. Une évocation historique de la romancière mauricienne Marcelle Lagesse fut suivie d'un poème dramatique, puis d'une danse indienne, et enfin d'un concours de Sega, cette danse créole qui donna son nom au festival. Encouragés par sa réussite, les organisateurs projettent dès maintenant un nouveau spectacle en octobre 1965, afin de réaliser un dessin qui leur tient à cœur : faire de l'île Maurice — ancienne île de France — le centre artistique de l'océan Indien. Marie Laurencin à Barcelone Le tableau de Marie Laurencin que nous avons reproduit en octobre dernier appartient à Mrs David Mettzer, de Toronto (Canada). Il fut acheté en 1959 à la Galerie Drouant-David, avec l'attestation qu'il a été peint en 1918 à Barcelone. C'est donc à cette période précise de la production de l'artiste qu'il faut rendre ce beau portrait. Roses de France Pour la présentation de son film de court métrage en couleurs, Roses de France, Mme Maria Klein, président-directrice générale des Productions J.A.K., a donné au musée Guimet une soirée en Hommage à la Rose, sous la présidence de M. Pierre-Christian Taibling. Ange Gilles y a célébré la Rose, muse des poètes, avec le concours des artistes de la Comédie-Française et « Geneviève », rose spécialement créée par M. A. Heindrick, directeur des Grandes Roseraies du Val de Loire, a été baptisée et remise à sa marraine, la comédienne Geneviève Page. Geneviève Page et Pierre-Christian Taibling (Phot. Stephen) DANS L'ÉDITION Dans une série d'émissions très suivies à la télévision, Mme Madeleine Hours, qui dirige au musée du Louvre le laboratoire créé pour l'étude scientifique des objets d'art, a montré les Secrets des chefs-d'œuvre, grâce aux rayons ultraviolets, infra rouges, aux rayons X et à la macrophotographie. C'est aussi le propos du livre qui porte ce titre et qui passionnera tous les amateurs d'art (Edit. du Pont-Royal). Dans l'étonnante collection publiée par les Editions Nagel et qui comporte notamment Roma Amor et Eros Kalos, M. Charles Grosbois, ancien directeur de l'Institut franco-japonais de Kyoto, présente, sous le titre de Shunga, ou Images du printemps, un essai abondamment illustré sur les représentations sensuelles dans l'art japonais. Que de grands peintres comme Utamaro, Harunolu ou Masanobu figurant ici, témoignent assez des ressources d'une imagination qui ne se refusait, en les épurant, aucun des thèmes les plus audacieux ! Précédé par le général J.-A. Valluy d'une préface qui ressemble à un excellent cours de l'École de guerre, un livre comme Les grandes batailles terrestres, publié sous la direction de Cyril Falls et comprenant le récit de vingt-sept rencontres plus ou moins décisives pour l'avenir de l'humanité, avait sa raison d'être. De Racroï à Stalingrad et à la bataille des Ardennes, toute l'évolution de la guerre, grâce à une admirable iconographie, est inscrite en lettres de sang. (Editions du Pont-Royal.) Ce n'est pas sans raison que Jean Guiton a dédié le Clair et l'Obscur (Aubier, édit.) à la mémoire d'Henri Mondor, historiographe de Mallarmé, ami de Valéry ; le recueil comporte un dialogue socratique, un entretien avec Claudel, un lumineux portrait de Heidegger et de pénétrantes méditations sur le mystère, humain ou divin. Michel Gallet, conservateur adjoint au musée Carnavalet, connaît son Paris sur le bout du pied. Il nous fait faire de savantes promenades de l'une à l'autre des Demeures parisiennes de l'époque de Louis XVI (Editions du Temps), grâce aux contrats de construction qu'il a découverts aux Archives Nationales. Instrument de travail pour les architectes et délices du flâneur. Huguette Pirotte a écrit avec beaucoup de vraisemblance et une connaissance approfondie du XIIe siècle les Mémoires d'Aliénor, duchesse d'Aquitaine, reine de France, puis reine d'Angleterre, souvent scandaleuse, mais toujours grande. (Nouvelles Éditions Latines.) Tout ce qu'il faut savoir sur la Télévision est expliqué par J.-F. Arnaud dans un manuel clair et agréable à lire. (Librairie Polytechnique Béranger.) Au moment où Plaisir de France entreprend l'étude des styles européens à travers la peinture (décembre 1964), les Éditions Pierre Tiné annonçaient une histoire de l'Ameublement illustrée par les documents de chaque époque. Le texte, élégamment traduit, est du grand essayiste italien Mario Praz; les reproductions, aussi nombreuses que bien choisies, éclairent chaque page; et toute la présentation de l'ouvrage est digne de son contenu. Bissière, journal en images (Hermann, édit.) paraît au moment même où l'artiste disparait. Toute l'œuvre récente de l'homme qui passa ses dernières années à contempler et à interpréter la nature dans la solitude des Causses y est présentée en couleurs. Elle est suivie de quelques poèmes non rimés de Bissière et qui sont un chant bucolique en même temps qu'une confession. Professions de foi aussi, les deux petits ouvrages publiés par Hermann dans la collection Miroir de l'Art, où Abraham Bosse et Viollet-le-Duc, respectivement présentés par R. A. Weigert et Hubert Damisch, expliquent leur art. Dans la nouvelle collection Musées et Monuments, Larousse fait une place à la Galerie de Dresde : cent cinquante illustrations en noir et en couleurs commentées par Gertrud Rudloff-Hill (traduction de Fred Bérène). Chez le même éditeur, Tout l'art du monde, par Maximilien Gauthier, est un panorama qui permet de discerner les grandes lignes et les points culminants de la création artistique sur tous les continents, depuis les origines jusqu'au moyen âge. Dans la collection Monde et Voyage, Larousse consacre un ouvrage à l'Espagne où passé, présent, vie quotidienne, traditions, art, littérature, musique, vacances, sont traités par des spécialistes avec la volonté d'informer qui caractérisent ces éditions. Enfin l'Art de la Chine, de la Corée et du Japon, par Peter Swan, est une initiation à des merveilles souvent considérées comme accessibles aux seuls spécialistes. Une autre vue d'ensemble : L'Amérique et les Amériques, de la préhistoire à nos jours. L'auteur, Pierre Chaunu, professeur à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Caen, ainsi qu'à l'Institut des Hautes Etudes Latines, y fait œuvre d'historien. C'est la première fois qu'un auteur renonce à conter fragmentairement l'histoire des vingt et un pays du nouveau continent. (Armand Colin, édit.) Architecture, formes et fonctions (Anthony Krafft, édit. Lausanne) est le bilan mondial de l'urbanisme et de l'architecture, en 1964. Un album rédigé en trois langues : français, allemand, anglais. L'Histoire de l'Art de Payot s'accroît d'un nouveau chapitre : L'Art paléochrétien, par Wladimir Sas-Zaloziecky, professeur à l'université de Graz. Etude d'un art qui, première manifestation de caractère universel, est à l'origine de toute l'évolution occidentale. Voici des voyages et de l'aventure avec : Cinq mois chez les sorciers, par Claude Pezin (Flammarion, édit.), récit d'une audacieuse expédition dans les jungles guyanaise et brésilienne; Le Perou mort et vif (Berger-Levraut, édit.), visite au pays des Incas devenu celui d'un peuple évolué tenant largement sa place dans le monde. L'édition 1965 de L'art culinaire moderne d'Henri-Paul Pellaprat est parue. L'ouvrage qui, depuis trente ans, fait autorité a été refondu, avec la collaboration des chefs de cuisine les plus éminents d'Europe. Deux cent quatre-vingt-quatre plats ont été photographiés en couleurs. (René Kramer, édit.)

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L'ÉDITORIAL Le meilleur et le pire Le titre « bloc-notes » étant pris — tel un fauteuil magistralement occupé — par qui vous savez, celui de « carnets » courant toutes les librairies, peut-on sans encourir le reproche d’outre-cuidance ou commettre le délit de plagiat appeler encore « notes » des observations écrites au jour le jour ? L’humanité continue de démontrer à l’envi qu’il y a en elle le meilleur et le pire. Le meilleur ? Voyez les Jeux Olympiques. Quels espoirs ne donnaient-ils pas dans la fraternité des hommes ? On a revu dernièrement sur l’écran le film de ceux de 1936, à Berlin. A peine un athlète, disons japonais, entrait-il en lice, qu’une centaine de spectateurs japonais entraînaient, eux, en transe, scandant de hurlements hystériques le nom de leur compatriote. Trois ans après, c’était la guerre. Le pire. La leçon du stade était lettre morte. On répondra à cela que ce ne sont pas les peuples qui se font la guerre, mais les gouvernements. Plus récemment. Le meilleur. L’esprit nouveau du Concile, l’élan vers l’œcuménisme. Le voyage à Bombay. Les paroles du pape : « … tous les humains sont frères dans la paternité de Dieu. » Tandis que l’homme accédait à ces sommets de la spiritualité, on vendait sur un marché, au Congo, de la viande humaine et l’on jouait au foot-ball avec des têtes coupées. Au-delà du pire ! D’autres sommets atteints de nos jours. Par la science. Des stations spatiales habitées seront bientôt placées en orbite autour de la terre, étape précédant le voyage dans la lune. C’est le meilleur. Mais aussitôt, le mesquin, le sordide. Ces plates-formes pourront, annonce-t-on, être utilisées à des fins guerrières : pour détruire une nation, pour tuer des Terriens. Encore le pire. L’avion « Concorde ». Emmener trois cents passagers d’Europe en Amérique en moins de trois heures : prouesse technique. Mais, au fond, est-ce bien utile, alors que l’on met couramment une heure pour aller de l’Opéra à Orly, de la Bastille à Auteuil ? Le vrai progrès, ce n’est pas la hantise de la vitesse, ce sont les échanges entre peuples. Son bienfait, ce serait de permettre à tous les hommes, quels qu’ils soient, de s’instruire, de voyager, de prendre des contacts directs entre nations, entre races. Plutôt que de faire passer en trois heures quelques privilégiés d’un continent à l’autre, ne vaudrait-il pas mieux transporter en six ou sept heures (c’est bien suffisant !), et à des prix modérés, des centaines, des milliers de voyageurs de toutes conditions, de tous milieux ? La construction du « Concorde » a donné et donnerait du travail pendant des années à des dizaines de milliers de techniciens et d’ouvriers. C’est l’argument social, classique, pour justifier toutes les dépenses somptuaires. A cela répondons que ces techniciens et ces ouvriers pourraient parfaitement trouver un emploi dans d’autres travaux, plus urgents peut-être. Il n’en manque pas. Promotion de la femme. De récents ouvrages tendent à démontrer qu’il n’y a pas plus de femmes au travail qu’autrefois, en France par exemple. On avance que si la proportion est plus forte dans les classes dites « aisées », elle est au contraire plus faible parmi les femmes d’ouvriers ou d’artisans. Cette assertion me paraît très discutable, car, autour de nous, ce n’est pas par deux ou par trois qu’on doit multiplier le nombre de femmes journalistes, commerçantes, médecins, pharmaciennes, avocates, etc., mais par dix peut-être. Le dernier rapport des Femmes chefs d’entreprise — cette dynamique association dont j’ai plusieurs fois entretenu nos lecteurs — signale qu’une jeune fille a été première de promotion à l’Ecole centrale et que d’autres occupent les premières places à l’Ecole de physique et chimie et à l’Ecole des ingénieurs des travaux publics. De plus en plus, les femmes accèdent à tous les métiers d’homme, voire à la magistrature et au Conseil d’Etat, ou, tout récemment, à l’Académie des sciences. A toutes les vocations, à toutes les missions, sauf une : celle de prêtre. Cette remarque qui peut sembler saugrenue me vient à l’esprit quand même, parce qu’elle souligne une barrière à la promotion de la femme. Il y a des femmes ministres de gouvernements, il n’y a pas de femme ministre du culte. Certes, quelques assistantes ont été cette année admises au Concile, mais quelle fut la part accordée en propre à la femme dans ses travaux, à quel moment a-t-on pensé plus spécialement à elle? Seulement, je pense, lorsqu’il a été proclamé — ou rappelé — qu’elle ne devait pas être qu’un instrument de procréation mais qu’elle avait droit à l’harmonie de l’amour — corps et âme — dans le mariage. Encore du « franglais ». A une époque où l’on parle profusément du « contrôle » des naissances… mais ici j’ouvre une parenthèse. Jamais, en français, le mot « contrôle » n’a eu la signification qu’il a en anglais : celle de « direction », de « commandement », de « conduite ». C’est donc faire un anglicisme que de l’employer dans ce sens. On dit, en anglais, en parlant d’un avion prêt à décoller : « everything under control ». Ce qui veut dire que le pilote, l’œil sur ses cadrans, sur ses manettes, est maître de tous les instruments et appareils, que tous fonctionnent ou sont soumis à sa volonté. De même, lorsqu’on dit, en anglais, qu’un groupe ou qu’un homme « contrôle » une entreprise, cela signifie qu’il a en main la majorité des actions ou des parts. Chez nous, le « contrôle » est à l’origine un registre double que l’on tient pour la vérification d’un autre. Et, par extension, un « contrôleur » — voir celui des wagons-lits — est un homme qui vérifie l’application d’un règlement, exerce une surveillance contre les infractions. « Contrôler » les naissances voudrait dire qu’on se rend à domicile ou à la clinique pour pointer, compter, constater les venues au monde. Comme il s’agit, en réalité, de tout autre chose, c’est « limitation » ou « régulation » des naissances — ou plutôt des conceptions — qu’on devrait dire ou écrire, pour traduire « birth control ». La parenthèse fermée, je reprends. A une époque, donc, où l’on parle tant de limiter les naissances, on apprend qu’une Française a accouché de quintuplés. Je me demande dans quelle mesure on doit féliciter le brave couple qui a accompli cet exploit. Le moins qu’on puisse dire est qu’il ne l’a pas fait exprès. Et doit-on vraiment congratuler un ménage à qui tombent tout de go cinq bouches à nourrir ? Une autre actualité sur le même thème, mais, cette fois, trève à l’humour : une femme est morte en mettant au monde son vingt-deuxième enfant. Je plains le responsable. Absolument pas ! Rions un peu. Quelqu’un a dit que la mode était la chose qui se démodait le plus vite. Nos jeunes femmes et nos jeunes filles croient sans doute innover en gainant leurs jambes de bas noirs à ramages. Hélas ! c’étaient les mêmes que portaient nos grand-tantes et qu’arboraient les dames de chez Maxim’s environ 1900. Durant notre jeunesse, et il y a quelques mois encore, nous trouvions ces bas ridicules et d’un goût affreux. Mais la mode sévit aussi dans le langage et y est contagieuse tout autant. Depuis quelques années, on disait : « D’accord ! » au lieu de : « Oui ». Maintenant, on ne dit plus : « Non », mais « Absolument pas ! » Et n’avez-vous pas assez, comme moi, de lire et d’entendre à tout bout de champ le mot « dialogue »? On dirait qu’« ils » sont contents d’avoir trouvé cela : entre les pouvoirs publics et les syndicats, entre les Etats-Unis et la France, entre les agriculteurs italiens et allemands, il ne s’agit plus de conversations, de négociations ou d’accords. Non! Un seul mot clef, une seule ritournelle : le « dialogue ». Alors, chers lecteurs, l’éditorialiste de souhaiter avoir un dialogue avec vous. Olivier QUÉANT.