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LE ECHOS D'ART LES ECHOS .D'ART. EDGAR BRANDT FERRONNIER 27. BOULEVARD MALESHERBES, PARIS. --- REVUE MENSUELLE DES INDUSTRIES D'ART ET DE LUXE DE L'HABITATION ET DES ARTS DÉCORATIFS MODERNES RÉDACTION ET ADMINISTRATION: 2 & 4, RUE MARTEL, PARIS X° N° 55 FÉVRIER 1930 8 Fr.

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LES ECHOS D'ART 6me année RÉDACTION ET ADMINISTRATION: 2 et 4, RUE MARTEL, PARIS (10°) TÉLÉPH. 10 LIGNES: PROVENCE 04-03 et la suite --- SOMMAIRE N° 55 (Février 1930) --- PAGES --- LA FERRONNERIE D'ART, par Yvanhoë RAMBOSSON --- LES ARTISTES ANIMALIERS, par Fabien SOLLAR --- LES SCULPTURES DE Mme DE LYÈE DE BELLEAU --- CHEZ M. MARCEL LHERBIER --- ÉCHOS ET NOUVELLES --- N° 56 (Mars 1930) --- La Maison de Campagne tel est le principal sujet qui sera traité dans le numéro prochain. --- Un numéro ultérieur sera spécialement consacré au DECOR de la TABLE (Orfèvrerie, Services de table, Linge de table, etc.). — Demandez-nous notre tarif de publicité, sans engagement de votre part, pour ces deux importants numéros, 2 et 4, Rue Martel, Paris (10°). --- Notre Service de Renseignements et Conseils Si vous êtes embarrassés pour faire construire une maison, installer un appartement, décorer une pièce, établir un meuble dans la note moderne, etc., écrivez-nous et nous vous désignerons l'architecte ou l'artiste-décorateur qui pourra le mieux satisfaire à vos désirs. Nous sommes également à votre disposition pour toute sorte de renseignements relatifs aux arts décoratifs et industriels modernes. Ces renseignements sont donnés à titre purement gracieux. --- Notre Reliure Nous rappelons à nos abonnés que nous nous chargeons de faire relier leur collection de l'année 1929 — comme des précédentes — au prix de 60 frs. qui devront nous être adressés en même temps que la collection. Cette reliure, que représente notre cliché, et composée par Paul Bonet, est en pleine toile caneyas beige, à tête dorée, tranches rognées et gardes en noir coulé or et argent. D'autre part, nous avons un certain nombre de collections reliées des années 1928 et 1929 que nous mettons en vente au prix de 240 frs. --- abonnements : france et colonies françaises : un an, 80 francs ; étranger, 120 ou 160 francs (convention de stockholm) mandats ou chèques à : compte courant postal paris numéro 5.559 le dernier numéro paru et le précédent : 8 fr.; les numéros antérieurs: 15 fr. les "échos d'art" paraissent au début de chaque mois, ils sont édités par "les échos" la grande revue commerciale française 6me année 6me année

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V. J. DUCHESNE & P. BINET 27 RUE DES JEÛNEURS TÉL GUTENBERG PARIS ADR TÉLÉGR 29-97 & 70-38 (25 ARRT) DUCBIN-PARIS --- TISSUS D'AMEUBLEMENT & TAPIS CRETONNES TOILES DE JOUY VELOURS, ETC --- SUCCURSALE À PARIS : 39 bis, Rue du Faubourg Saint-Antoine — Téléphone : Diderot 05.46

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LES ÉCHOS D'ART Vieux métier que celui du fer travaillé. Dès l’anti- quité on y excellait sur notre terroir. L’habileté gauloise ne se laissait pas limiter par les moyens rudimentaires dont elle disposait. Après la trouble période qui suivit la débâcle de la puissance romaine, cette ingéniosité de la race réap- parut dans la serrurerie dé- corative. Un art d’une rare saveur s’épanouit alors sur les portes de nos cathédrales. Nos plus éminents ferron- niers peuvent aller prendre des leçons de logique et d’in- géniosité en examinant de près les pentures de Notre- DENISE LOUVET LA FERRONNERIE D’ART PAR YVANHOË RAMBOSSON Février 1930 N° 55 Dame. Ils y découvriront comment les artisans d’au- trefois firaient leur décor des exigences mêmes de la fabrication et de l’usage. Cette méthode de laquelle découlent la franchise et la santé des œuvres est si sou- vent délaissée qu’on n’en souligne jamais trop les applications. Les multiples branchages, le réseau compliqué des pentures moyenageuses, ne sont pas le résultat de fantaisies imaginatives. Leurs motifs ornementaux permettent de multiplier les points d’attaches avec les battants, de relier fortement entre HALL DE SADDIER ET SES FILS AVEC GRILLE EN FER FORGÉ DE BRANDT Photo Rep.

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MAJORELLE (A. LÉVY, DÉ- CORATEUR) : PORTE D'EN. TRÉE ET ES. CALIER DES ACTIÉRIES DE LONGWY

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elles les frises d'un vantail et de mieux répartir la résistance à la pesanteur. La même recherche du résultat pratique est à l'origine de ces taisceaux de tiges réunis par des embrasses, fais- ceaux qui remplacèrent avec élégance les larges bandes primitivement employées. Ces dispositions qui semblent au premier abord avoir été choisies en vue d'obtenir un effet décoratif, ne sont que l'utilisation esthétique d'un aménagement technique avantageux, diminuant le poids du métal et les risques de rupture, en faisant de la ferrure un organe à la fois plus fort et plus souple. Lorsque les auteurs des pentures de la Porte Sainte-Anne à Notre-Dame, par exemple, assem- blaienl des branches et des brindilles, ce n'était pas par esprit de complication inutile. Leur expérience professionnelle seule les inspirait et l'ornementation n'était qu'une conséquence de la fabrication. Les créateurs d'aujourd'hui devraient d'autant plus méditer ces exemples, que la Renaissance a fait entrer dans notre architecture et dans nos arts appliqués la pratique du mensonge et que, depuis, malgré tous les efforts des modernistes les plus sincères, nous n'avons pu réussir à éliminer complètement les artifices dissimulateurs, les accessoires inutiles et la convention. L'influence de l'Italie, ou s'exécutaient des ferroneries dont la complexité n'avait aucun rapport avec leur office, avait été néfaste. Dans son désir de se faire valoir, la virtuosité des artisans du 17ème et du 18ème siècles avait activé la décadence. La fastueuse ordonnance ou l'élégante aristocratie des œuvres de ces époques n'en voilent point le côté artificiel. Au moins l'abondance décorative respectait encore l'équilibre des compositions et le désir de trouvailles pra- tiques n'avait pas disparu. Tandis qu'au 19ème siècle l'habileté n'avait plus d'autre but qu'elle même. Il n'y avait place que pour le pastiche ou pour la cocasserie : la copie INTÉRIEUR D' U N SALON DE COIFFURE, RAMPE ET ENCADREMENTS DE PORTES EN FER FORGÉ DE RAY-MONDSUBES . (FREYNET ET DEPERTHES,ARCH.)

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machinale des œuvres du passé ou de ridi- cules folies d'artisans telle que cette serrure en croix d'honneur, souvent citée, qui est bien le type de ce que peut produire l'adresse manuelle privée du secours de l'esprit. Les récentes expositions de l'artisanat et des meil- leurs ouvriers de France nous présentent mal- heureusement trop de ces "chefs d'œuvre" stupides et inutiles. Il faut réagir contre les habitudes de paresse mentale que la naissance du machi- nisme et l'abandon de l'apprentissage ont dé- veloppées et contre l'ignorance des techniques dont font preuve tant d'architectes et de dé- corateurs. Autrefois quand l'artisan ne dispo- sait que de sa forge et de son marleau, il fallait bien qu'il s'ingéniait à découvrir les secrets et les façons de se comporter du métal pour les faire servir à ses propres dessins. JEAN PROUVE : PORTE DE BRASSERIE A NANCY (DUFOUR ET MICHAUT, ARCHIT.) RAYMOND SUBES : GRILLE D'IMMEUBLE (P. PATOUT ET LLANO FLORES, ARCHIT.) Aujourd'hui, la diversité des machines-outils est telle que n'importe quel croquis devient réalisable. Il s'ensuit que le décorateur ne s'informer guère des modalités profes- sionnelles. Il ne prend plus souci d'étudier la matière. Il la torture et c'est toujours au détriment de son œuvre. Le développement industriel facilite des réalisations jadis impossibles, mais il ne faut pas utiliser les machines à l'encontre du bon sens, c'est-à-dire en faisant violence aux propriétés de la substance et à la bonne entente du métier. Au temps de la main d'œuvre personnelle, poussé par la nécessité, on s'efforçait de réduire la tâche, d'améliorer sans cesse la fabrication. On aboutissait ainsi à des for- mules simplificatrices, d'autant plus recommandées dans l'état qui nous occupe que le fer trop tourmenté voit dimi- nuer sa résistance. À notre époque, la machine fabrique sans raisonner les pièces quelles qu'elles soient. Rien ne sert de frein à l'illogisme. On ne peut que faire appel à l'intelligence du créateur de modèles pour le ramener à de plus saines conceptions. Le décor pour le décor, la fantaisie pour la fantaisie ont lieu d'être bannies. Tout doit être assujetti à la fonction des choses et c'est de l'assemblage même des éléments indispensables que doivent surgir les conformations dites

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décoratives qui font ainsi parties intégrantes de la création. N'est-ce point là ce qui caractérise les productions de la Grèce antique et plus encore celles de notre moyen-âge? Viollet-le-Duc a résumé en quelques mots l'application de tels principes lorsqu'il émit ces directives : "Développer la forme dans le sens indiqué par le besoin, la raison, la qualité de la matière" Rien n'apporte à notre entendement plus de repos que le spectacle d'une forme qui concorde avec l'utilisation d'un objet, plus d'inquiétude qu'une invention superfétatoire, si harmonieuse soit elle en elle-même. Un décor qui ne rentorce pas la signification d'un organisme, la dissimule et l'alourdit. On éprouve la même satisfaction ou le même malaise, parfois sans même en discerner la cause, devant une juste ou une mauvaise appropriation de la forme à la matière. Au 19ème siècle, au moment d'une désaffection pour le fer forgé, la fonte envahissante s'efforçait, matériau lourd, cassant, ne supportant — sauf l'enlèvement des coutures EDGAR BRANDT : ÉCRAN DÉCORATIF Photo Horand à la lime — aucune retouche, d'imiter les ferronneries relativement souples et ductiles. Profonde erreur! Le même modèle ne peut pas, ne doit pas être exécuté indifféremment en fonte ou en fer forgé. Là encore, comme à l'origine des principales directives de l'art moderne, nous trouvons la protestation de Viollet-le-Duc. Grâce à cet animateur, on accorda de nouveau quelque considération aux travaux de fer éclos sous le marteau. Cela n'eût pas suffi à déclencher une renaissance, si le 19ème siècle finissant n'avait vu surgir un véritable apôtre du fer forgé. Emile Robert, dont tous ceux qui ont soutenu le mouvement d'art actuel à ses débuts ne se rappellent pas sans émotion la hardiesse industrielle et la foi communicative. Emile Robert avait à ce point la passion de son métier qu'il avait fondé un centre d'apprentissage dans lequel se formèrent un grand nombre des ferronniers contemporains les plus renommés. L'exemple, l'enseignement et la propagande d'Emile Robert valurent à la ferronnerie d'être, parmi les industries d'art, une des premières à accueillir favorablement et à mettre en application les idées esthétiques nouvelles. Quelle brillante cohorte embellit de sa production le début du 20ème siècle ! Edgar Brandt, Edouard et Marcel Schenck, Brindeau de Jarny, Subes, Szabo, Kiss, Desvallières, Brégeaux, Gilbert Poillerat, Nics, Vasseur, Valentin, et bien d'autres que j'oublie. La province elle-même apporta sa gerbe dans cette floraison : Lyon peut s'enorgueillir de Piguet, Nancy de Prouvé fils, Rouen de Tois. Tous ces artisans ont produit des œuvres remarquables. Mais ils ne sont pas d'accord sur la technique. Une grande querelle de principe les divise. Les progrès de la science et les applications industrielles qu'ils ont engendrées en sont la cause. On sait la facilité qu'apporte à l'assemblage de deux morceaux de fer les différents procédés de soudure autogène. Peut-on dans une œuvre d'art faire usage du cha- R. SUBES : CACHE-RADIATEUR VALENTIN (NANCY) : ÉCRAN