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ÉTUDES D'ART DÉCORATIF CONTEMPORAIN
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LE FER
à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs Modernes
Recueil de travaux de FERRONNERIE
présentés dans le cadre architectural pour lequel ils ont été conçus et exécutés tels que :
- Appliques, Balcons, Balustrades, Cadres de glaces, Consoles, Écrans de feu,
- Écrans de radiateurs, Grilles d'ascenseurs, Grilles d'intérieurs,
- Lustres, Portes, Rampes, Stèles, Tables, etc...
et précédés d'une étude par Guillaume JANNEAU.
A PARIS
Chez F. CONTET, Éditeur d'Art, 9, rue de Bagneux
1925
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LE FER
A L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS MODERNES
1925
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De tous les arts dont l'Exposition de 1925 a fait connaître la situation présente, la ferronnerie est de ceux où se manifeste avec le plus d'évidence une renaissance générale. Non seulement ses thèmes décoratifs se renouvellent, mais son traitement technique est l'objet de recherches inédites. Toute une école se forme, qui croit légitime d'enrichir le métier traditionnel des moyens industriels.
Sans doute, elle n'a pas réalisé, jusqu'à présent, le chef-d'œuvre qui justifiera sa doctrine et résu- mera son esthétique : mais il est sans exemple qu'un homme ou qu'une école ait créé tout d'un coup la formule définitive d'un art. Un moyen nouveau n'élabore que lentement les formes qui lui con- viennent le mieux : l'automobile même qui n'était point captive de traditions, a commencé par adapter le moteur aux carrosseries d'équipage : elle n'imaginait pas l'évolution qu'elle allait accomplir. Une formule d'art, en effet, ne résulte pas d'un choix arbitraire : elle est le produit d'une série de corrections, d'un filtrage, d'une expérience. Or, aujourd'hui, dans tous les domaines, se crée l'esthétique des moyens mécaniques : laquelle, non contente d'avouer ses procédés d'exécution, les exprimera systématiquement, tirera d'eux ses effets originaux et, subordonnant les formes à la destination, sera par définition nouvelle.
Toutefois, une évolution de cette nature ne saurait être effectuée simultanément par tous les praticiens : trop d'éléments d'ordre sensible contribuent à former la personnalité d'un artiste pour que la raison raisonnante suffise à déterminer ses choix. Longtemps encore on constatera la curieuse cohabitation d'un art qui perpétue exclusivement l'ancienne technique, en en rajeunissant d'ailleurs l'esthétique, et d'un art entièrement nouveau. Ce n'est pas, en effet, une crise de mode que subit la ferronnerie : elle accomplit une révolution comparable, en importance, à l'adoption de la fonte au milieu du xixe siècle, à la résurrection du fer forgé sous l'influence de Viollet-le-Duc, voire à l'avènement de l'architecture métallique, dont Baltard, l'ingénieur Eiffel et, de nos jours, le grand expérimentateur de l'art moderne, Frantz Jourdain, ont donné la formule. Nous assistons au développement paral- lèle de deux espèces de ferronnerie ; celle qui considère, avec Delacroix, que « le grand art est l'ef- fet, n'importe comment on le produit » et celle qui place l'art dans les beautés d'exécutions ; la première seule en possession de concrétiser de vastes conceptions, l'autre d'émouvoir, d'intéresser par l'accent direct de ses réalisations. La porte principale de l'Exposition, si Brandt l'avait exécutée comme il l'avait projeté, eût constitué la manifestation caractéristique de la nouvelle méthode. Par contre, les ferronneries d'un Szabo, d'un Prouvé, d'un Desvallières, témoignent avec une magistrale autorité en faveur de la seconde.
Mais à mi-chemin entre ces deux formules également « modernes » d'intention et d'esprit, encore qu'opposées par les moyens, travaille une élite de beaux artisans, dignes émules des vieux maîtres. De leurs œuvres, la plus classique présente encore des traits originaux. La rampe de l'escalier de la Maison d'Alsace, œuvre de M. Haug, de Strasbourg, offre une composition toute traditionnelle, mais le dessin de ses pampilles est d'une grâce nouvelle, et celui de ses roses, d'un expressionnisme ingé- nieux. La porte exécutée par un ferronnier bruxellois, M. Alexandre, relève aussi d'une formule connue ; mais quelle saveur dans l'exécution des pampres qu'il accroche à son élégant treillage ! A la virtuosité, M. Kiss joint un goût de composition plus varié, témoin cette grille où, dans les fou- gères aux crosses élégantes, sont posés deux faisans dont les silhouettes différentes ne laissent pas