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ABEL FAIVRE
Voici quelques années déjà que le nom de M. Abel Faivre s'est répandu dans le public, qu'à chaque exposition de la Société Nationale des Beaux-Arts les tableaux de ce charmant artiste retiennent davantage l'attention, et que sa délicate interprétation de la femme groupe autour de lui tous les amoureux d'un idéal de beauté tout fait de recherche, de subtilité et de raffinement. Cette année surtout l'œuvre exposée — ah ! le charmant portrait de femme et de petite fille aux carnations veloutées, toutes baignées de lumière dans l'élégance ambiante du grand jardin aux lointains bleutés! — décelait l'artiste parvenu à sa pleine maturité, à la maîtrise définitive de sa technique, à l'expression parfaite et précise de sa volonté créatrice. Aussi l'heure paraît-elle venue de grouper sur ce peintre quelques notes capables d'aider à l'entendement de son œuvre et à la compréhension d'un talent où les dons naturels collaborent si intimement avec un savoir précieux.
Abel Faivre est né à Lyon en 1868. Je surnommerais volontiers la patrie des coloristes cette triste et morne cité tout enlinceulée de brumes. Ici, comme en Hollande ou en Angleterre, les artistes paraissent s'éprendre par contraste du coloris, et pour passer leur enfance dans les grisailles de la sombre ville, ils n'en chérissent la lumière que d'un plus ardent amour. Puvis de Chavannes, Chassériau, Chenavard, Ravier, y ont vu le jour, et je ne doute pas qu'à cette liste de grands maîtres ne vienne s'ajouter le nom de Jules Abel Faivre. Comme la plupart de ses ainés, Faivre eut à souffrir de bonne heure de l'esprit prosaïque, de l'esprit canut de Lyon, et il paraît avoir partagé à ce sujet les idées de Stendhal, lorsque celui-ci écrivait: «J'en demande pardon aux gens de mérite de ce pays, l'habitude de m'ennuyer est la plus forte. Je fermerais les yeux volontiers. Tout ce que je vois augmente mon dégoût qui va jusqu'au dépit; il n'y a pas jusqu'à la forme des balcons qui ne me déplaise, ce sont des lignes tourmentées et lourdes. J'ai besoin de faire un effort sur moi-même pour admirer le Quai Saint-Clair sur le Rhône, encore je ne l'admire pas, je juge qu'il est admirable...»
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Aussi Faivre, comme son ami le délicat sculpteur Fix-Masseau, s'évade-t-il de bonne heure pour venir à Paris se livrer avec toute l'ardeur de ses dix-huit ans à sa seule passion : la peinture. Après quelques années d'étude, il sent que les vrais préceptes de l'art ne doivent pas s'apprendre uniquement dans les ateliers de Montmartre, et d'instinct il met à exécution le magnifique précepte de Goethe : « On ne naît pas avec un talent pour le laisser abandonné à lui-même, il faut l'adresser à l'art et aux bons maîtres. » Les bons maîtres, Faivre les a connus et admirés pendant les longs jours passés aux musées d'Italie.
Il ne faut certes pas en conclure qu'il les imite, personne n'est dans sa forme plus absolument différent des maîtres classiques que lui, personne n'a été en même temps plus respectueux, plus désireux de se pénétrer de leur pensée. Ainsi cet artiste, moderne entre tous dans ses moyens, vient-il courber le genou devant les peintres éternels que nous admirons avec lui, et avec un éclectisme dont il faut lui savoir gré, a-t-il demandé à la Vénus ou à la Flora des Uffizi, à la
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Monaca du Pitti, le secret de leur beauté absolue, subi le charme troublant du Sodoma à Sienne, et goûté la molle tendresse du Perugino et des maîtres de l'Ombrie. Dans son amour ardent de l'art sous toutes ses formes, l'Italie ne lui suffit pas, il veut connaître la Grèce, il s'émeut devant les ruines de l'Acropole, et ne se lasse pas de parcourir cette terre imprégnée de la plus suave des mélancolies ! Ah ! ses journées en Grèce ! Avec quel attendrissement et quelle joie Faivre en parle, avec quelle sorte de respect quasi religieux il évoque les heures passées à Sunium, à Salamine, à Olympie...
Après un long séjour en Egypte, en Palestine et en Syrie, il revient à Paris et recommence ses études avec des idées plus nettes et plus précises. Il fréquente l'atelier de Benjamin Constant et de Jules Lefebvre, mais il a bientôt hâte de quitter ces professeurs dont l'art poncif l'inquiète et
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l'étonne; il sent que ces hommes ne sont pas complets, qu'il leur manque la griffe des vrais maîtres — cette griffe violente qui met son sceau sur toutes choses et sait donner à une œuvre la marque du génie.
Paris lui semble triste et lugubre, il a la nostalgie des voyages. La Bretagne avec ses landes désertes et sauvages le tente. Il s'y rend entraîné par un vague pressentiment. C'est là, en effet, qu'il rencontrera celui qui décidera de son avenir. Un jour, se promenant dans la campagne, il aperçoit un petit homme roux qui peint des pommiers. Il s'approche, il est frappé de l'intensité qui se dégage de l'œuvre qu'il a devant les yeux. Il sent que l'homme qui peint ainsi a pénétré les secrets de la nature et de la vie et il en éprouve une émotion profonde. Il ne peut s'empêcher d'exprimer toute son admiration au peintre. Enhardi par son accueil affectueux, il lui raconte sa vie, lui parle de ses projets, de son ambition, lui demande quelques conseils, l'interroge et finit par apprendre qu'il a devant lui Renoir, le maître Renoir, l'admi- rable auteur du portrait de Jeanne Samary. Abel Faivre n'a plus aucune hésitation, il revient à Paris et se met énergiquement au travail.
Il sait maintenant ce qu'il doit faire et quelles leçons il doit suivre. C'est en effet chez Renoir qu'il apprendra cette science parfaite de la beauté, cette connaissance approfondie de la forme, cette délicatesse
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des chairs chaudes et savoureuses comme des fruits mûrs, cette maîtrise et cette sûreté de dessin qui caractérisent son œuvre. Mais Faivre s'est peu à peu dégagé de
l'impressionisme officiel de Renoir, si je puis m'exprimer ainsi, pour se laisser séduire par l'art plus délicat du XVIIIe siècle, et c'est par cette fusion si curieuse de deux époques — fusion qu'il a su faire parfaite — que Faivre nous attire.
Le charme de son œuvre, c'est la volupté. Ses femmes — presque toutes du moins — paraissent destinées à être dans la vie de grandes amoureuses. Chez elles, la sensualité domine; elles sont gracieuses et accueillantes, aimables et tendres, avec le besoin autour d'elles d'une théorie d'admirateurs; les sitting room art moderne ne conviennent guère à leur grâce troublante et surannée. Il leur faut des boudoirs capitonnés où trainent encore dans l'air des odeurs subtiles et douces, les chaises longues aux soies passées, tout le raffinement d'une époque abolie; leurs pieds aux fines bottines ne sauraient toucher le pavé boueux des rues et des boulevards et ne savent que glisser sur le sable lisse des allées de Versailles; leurs grâces menues s'attarderaient volontiers dans les bosquets propices, loin des regards indiscrets.
Notre sympathie va plutôt à ceux des peintres de femmes qui nous donnent une idée précise et une image fidèle de la femme de ce temps: tel Antonio de la Gandara, dont les subtiles et nerveuses héroïnes synthétisent bien l'image de la Parisienne d'aujourd'hui; tel Jacques Blanche avec ses portraits tout palpitants de vie réelle, enlevés avec une virtuosité étourdissante sur des fonds de jardins ou de parcs; tel Helleu en ses rapides et justes notations. Mais Faivre dans ses tableaux poursuit un autre idéal. De la vie réelle ses dessins et ses caricatures sont une image suffisamment fidèle, suffisamment cruelle même. Il semble donc que ses tableaux ou ses portraits de femmes soient pour lui comme une sorte d'antithèse volontaire à ces caricatures si célèbres. Quel
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étrange contraste, en vérité, il y a entre elles et les morceaux imaginatifs que nous connaissons de lui. Si l’artiste avait pu choisir son époque, il aurait certainement vécu sous le Consulat et l’Empire, dont il se plaît à faire revivre dans ses effigies de femmes tout le charme élégant et cette grâce un peu fièvreuse qui se ressent encore des sions bonnes ou mauvaises, selon les circonstances.
L’œuvre de Faivre, très importante déjà, — et pourtant il n’a pas encore 35 ans — témoigne d’une étonnante variété d’idées et de visions; quelque sujet qu’il traite, on sent chez lui un goût très sûr, et la volonté de parvenir à un idéal qu’il a presque tou-
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Rêverie
secousses de la Révolution. Mais si ces femmes, en ses tableaux comme en ses portraits, sont — par les costumes, les attitudes, la manière d’être (Baudelaire n’a-t-il pas dit qu’à chaque époque correspond non seulement son costume, mais son geste) — nettement en dehors de notre temps, du moins gardent-elles la psychologie immuable de la femme.
Les femmes d’Abel Faivre ne sont pas les femmes d’une époque, mais la femme de toutes les époques, telle qu’elle est, éternellement elle-même avec sa beauté et ses joies, son amour de la vie et ses pas-jours atteint. Tout ce qui tient à la vie humaine le touche, et l’on est surpris de voir avec quelle sollicitude et quelle tendresse vraie ce cruel satyriste — et je dirai plus loin combien cruel — a su saisir les enfants dans leurs jeux et leurs joies habituels. Il est, du reste, intéressant de noter ici, entre parenthèses, combien les plus grands artistes, que ce soit un Carpeaux ou un Rodin, un Carrière ou un Renoir, ont affectionné les enfants. Parmi les portraitistes modernes, Faivre a su prendre une place importante. J’ai déjà parlé du délicieux portrait de Mme Hélène Chauvin, mais d’autres effigies
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nous plaisent par leur grâce ensorcelante. Par exemple, cette «Dame à l'Éventail», d'une mutinerie si exquise, d'un charme si provoquant sous son chapeau à plumes du siècle dernier. Plus intime, mais non moins plaisant, la «Réveuse», un portrait de jeune fille d'une grande intimité. La jeune fille colie et de candeur, où la figure aux tons nacrés, encadrée de lourdes fleurs, se remplit de mystère et de volupté...
Nous connaissons aussi de Faivre une suite d'esquisses, de dessins d'un art très intéressant; ce sont des femmes prises dans leurs mouvements habituels de la vie. Les
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mi-couchée dans un fauteuil d'osier, un bras ployé soutient la tête mince et délicate, tandis que l'autre retombe en un geste las et que le corps, que l'on devine ferme et souple, se moule dans une robe d'une coloration hardie, qui tranche brutalement sur le fond japonais aux teintes harmonieuses; il se dégage de cette atmosphère une douce rêverie, où l'on sent toute l'âme de la jeune fille qui s'envole vers quelque adolescent aperçu hier soir peut-être au bal... Et voici une petite fille jouant à la corde, qui est un poème de grâce et de finesse... Encore une délicieuse tête de femme, toute de mélan- unes s'étendent paresseusement sur une fourrure, pour lire le roman à la mode; d'autres, sérieuses, sont en visite, et leurs figures, dans une gentille moue, ne savent pas dissimuler l'ennui de la corvée mondaine; d'autres, tranquilles et indifférentes, attendent que la vie passe, et ce sont encore des notations rapides de croquis lestement enlevés, qui serviront plus tard pour fixer des œuvres définitives.
Mais Faivre n'est pas seulement le peintre des subtilités féminines. Beaucoup s'étonneront d'apprendre qu'il nous a donné plusieurs tableaux d'art religieux, ressemblant
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femme; mais par le sentiment délicat qui se révèle dans toute l’œuvre, par la figure pensée de la femme, par son maintien grave et recueilli, ce tableau est une œuvre religieuse d’une beauté simple et tranquille.
Il y a loin du peintre dont nous venons de parler au caricaturiste. On dirait vraiment que Faivre porte en lui deux personnalités très distinctes, et M. Louis Vauxcelles a fort justement écrit: «Aussi est-ce là ce qui le différencie de ses confrères: la peinture solide, encore que bistre et boueuse, de J. L. Forain, les harmonieuses féeries de Jean Véber, les pastels de Léandre sont en effet de la même main. Pinceaux et crayons se complètent. Ici rien de semblable.»
Les plus grands artistes d’ailleurs n’ont pas hésité à s’adonner à cet art: sans parler de Debucourt, de Daumier, qu’une exposition récente a montré peintre admirable, nous pouvons citer deux des plus grands génies du monde qui prirent plaisir à railler la laideur de leurs contemporains, j’ai nommé Michel-Ange et Léonard de Vinci. La laideur captive les vrais artistes tout autant que la beauté, et pour certains, elle est plus intéressante, ils y trouvent un plus curieux
en cela à d’autres grands caricaturistes. Daumier sut en effet être sublime, lorsque en son tableau du «Christ aux outrages» il croquait avec sa violence, avec sa puissance de Michel-Ange moderne, cette scène poignante de la Passion. Sait-on que Forain a signé quelques beaux tableaux religieux d’une discrète harmonie. En 1893, Faivre peint pour l’église Saint-Maixent «Le Mariage mystique de Saint-Joseph» et la «Mort de Saint-Joseph», deux tableaux d’une haute valeur artistique. Peut-être s’est-il un peu inspiré, ou plutôt s’est-il souvent malgré lui des maîtres italiens, dans le groupement des personnages, mais on ne peut nier la poésie véritable qui s’en dégage. Non moins intéressant, cette «Vierge aux Enfants», exposée au Salon de 1897. Ce n’est pas précisément une œuvre religieuse, puisque l’auteur avoue lui-même que c’est un simple prétexte à grouper quelques enfants autour d’une
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et plus profond sujet d'étude. Pour Abel Faivre, nous pouvons dire que la laideur l'enchanté, il semble s'y complaire avec joie, avec même une certaine perversité. Il est, du reste, doué d'un véritable génie de caricaturiste et se révèle l'un des plus subtils dans la génération actuelle. Il tient sa place, et quelle place, entre Forain, Caran d'Ache, Willette, Sem, sans jamais s'inspirer de ces grands artistes; il demeure absolument personnel. S'il fallait lui chercher une filiation, je le trouverais héritier du crayon des Rowlandson, des Gillray, des Cruikshank. Il possède cette « bonhomie cruelle » dont parle A. Filon. Ses types ont tous une figure souriante et débonnaire. Les yeux pétillent de malice et d'esprit; les légendes sont cruelles et mordantes. Il ne se passe pas dans la vie un événement tragique sans que Faivre en voie aussitôt le côté ridicule et comique. Un train déraille, et dans le désarroi de l'accident, les wagons brisés, les figures convulsées, l'écrasement des chairs, les hurlements de douleur, un employé accourt, inquisiteur : « Et celui-là, qu'est-ce qu'il fichait dans le compartiment des dames seules? » Encore un dessin. Dans la chambre d'un mort, la veuve, en longs voiles de deuil, veille le corps. Arrive l'amie, l'éternelle amie qui se trouve toujours présente dans les circonstances douloureuses de la vie, bavarde, importante, faussement inquiète; elle demande :
« Alors, il s'est vu mourir? » Et la veuve pince-sans-rire, déjà consolée, répond: « Admirablement, son lit était juste devant l'armoire à glace! » Et c'est tout simplement terrifiant et comique, cela vous fait frissonner et vous fait rire quoi qu'on en ait. C'est de l'Edgar Poe, revu par Mark Twain ou Alphonse Allais. Il y aurait ainsi à citer des centaines de légendes, gaies, comiques, effrayantes, où s'épanouit toute la verve de Faivre; mais parmi les œuvres caricaturistes de Faivre, il ne faut pas oublier le numéro spécial de l'Assiette au Beurre consacré aux médecins. Tout le mordant, toute la férocité de Faivre s'y déploient victorieusement. Que de rages, que de colères, soulevèrent ces pages vengeresses chez ceux que Léon Daudet a si justement nommés les « Morticoles. » Et cet album se clôt, sur cette phrase délicieusement ironique d'un docteur qui apporte à
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En somme, Faivre est un véritable artiste. Il possède le sens du Beau et un grand amour pour son art. Tandis que la plupart de ses contemporains cherchent simplement à suivre la mode et à satisfaire aux exigences du goût du jour pour séduire le public, — sentiment absolument erroné, car le public n'a jamais compris les belles choses, et les comprendra-t-il jamais? — lui, Faivre, dans le silence de son atelier, se contente de développer rationnellement ses qualités et de parachever son œuvre de la manière qu'il croit la plus parfaite, sans jamais se trouver satisfait de lui-même. C'est un sage, et ce probe artiste nous promet pour l'avenir de nouvelles et multiples joies. Nous sommes certains qu'il réalisera toutes les espérances
la famille éplorée une couronne mortuaire: de ceux qui l'admirent.
«Ah! Je leur devais bien ça!»
Rémy Salvator.
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A. BALLIÉ
Bandeau en application de broderie
INTÉRIEURS
On sait que, dans la disposition des intérieurs, nous prônons surtout les recherches d'ensemble qui président à un aménagement. Salles publiques, demeures privées, nous ont déjà donné l'occasion d'étudier les résultats auxquels on pouvait parvenir. Nous voulons réunir aujourd'hui plusieurs installations récemment achevées par un novateur de beaucoup de goût et d'un sens très pratique, M. A. Ballié, qui, après avoir fondé d'importants ateliers à Bâle, a rayonné peu à peu sur toute l'Eu-
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Fumoir, au Grand-Hôtel, Paris (Détail)