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Architecture Hospitalière Deux Études de Paul Nelson Maison de Santé et Pavillon de Chirurgie Éditions Albert Morancé
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Architecture Hospitalière Deux Études de Paul Nelson Maison de Santé et Pavillon de Chirurgie Éditions Albert Morancé
ARCHITECTURE HOSPITALIÈRE DEUX ÉTUDES DE PAUL NELSON MAISON DE SANTÉ ET PAVILLON DE CHIRURGIE --- ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ 30 et 32, rue de Fleurus, à Paris
"L'ARCHITECTURE VIVANTE" PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE JEAN BADOVICI --- COLLECTION ÉTABLIE PAR LES SOINS DES ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ, À PARIS ANCIENNE MAISON MOREL FONDÉE EN 1780 --- TOUS DROITS DE TRADUCTION, DE REPRODUCTION ET D'ADAPTATION RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS
MÉTHODE DE TRAVAIL Je vais simplement vous parler de la méthode de travail que le projet que je viens de faire pour l'Egypte m'a permis de mettre au point — méthode que j'avais déjà mise en pratique pour le projet de la Maison de Santé, type minimum. Cette méthode se résume en trois étapes : PREMIÈRE ÉTAPE : l'analyse non-architecturale de tous les besoins matériels et spirituels. DEUXIÈME ÉTAPE : la transposition de cette analyse en programme architectural. TROISIÈME ÉTAPE : la synthèse architecturale, c'est-à-dire le dessin. Ce qui est essentiel est le travail préparatoire considérable où l'architecture n'est jamais mise en cause, mais où l'architecte — technicien et philosophe — cherche à décomposer toutes les phases de la vie dans ses plus infimes détails. C'est là le PRINCIPE-BASE sur lequel je voudrais attirer votre attention, parce que je le considère comme devant jouer un rôle important dans l'architecture contemporaine. Je dis architecture contemporaine et non architecture moderne — car l'architecture moderne ne suffit plus. Il faut même s'en méfier : par l'idée de « style » qu'elle évoque, derrière lesquels parfois peuvent se dissimuler les mêmes erreurs logiques que l'on trouve dans l'architecture appelée « pompier ». Grâce aux magnifiques travaux de vulgarisation de certains précurseurs que nous connaissons tous, la révolution technique et esthétique de l'architecture moderne est accomplie. Il nous reste à faire une architecture réelle, positive, sans formule esthétique préconçue, inspirée seulement par la vie. Nous avons vu passer l'architecture moderne par le stage de discussion sur des sujets multiples qui avaient tendance à la placer au rang de « mode », tels que : fenêtre verticale ou fenêtre horizontale, etc., sujets de discussion tous secondaires et illusoires. Il n'y a que dans la définition de la vie contemporaine en progrès que l'on trouve une vérité, et c'est pour sa compréhension qu'il nous faut aiguiser notre sensibilité pour en être les interprètes. Une architecture ne peut jamais dépasser cette vie, comme l'a d'ailleurs prouvé toute l'histoire de l'architecture. Il est préférable donc que l'architecte, conscient de cette vérité, adopte une attitude plus humble, moins anarchique, et se mette à l'étude de cette vie pour en tirer le maximum. Comme Hélion l'a d'ailleurs si bien dit : « En architecture, comme dans tous les arts, il y a une
façon de suivre l'homme qui aboutit à le conduire. La compréhension du besoin immédiat et connu d'un homme mène l'architecte à découvrir à cet homme par continuité, d'autres besoins que lui-même ne soupçonne pas. » C'est donc cette façon de suivre l'homme qui est avant tout importante. Pour bien prendre conscience de cet homme, il faut étudier ses nécessités. L'ensemble de ses nécessités déterminent des limitations qui stimulent la force créatrice de l'artiste. Il faut savoir les découvrir — et si elles n'existent pas, il faut les créer. Pour pouvoir les créer en architecture, il faut d'abord être technicien, même technicien spécialiste du sujet à l'étude. Evidemment, un esprit technique peut organiser l'analyse de tout sujet, mais ce n'est pas suffisant, car l'énorme évolution de la science moderne a rendu les problèmes de son application tellement complexes, qu'il est pratiquement impossible pour un seul architecte de tout comprendre. Je ne veux pas dire par là qu'un architecte doit être limité toujours à une seule spécialisation, mais avant d'attaquer le problème, il faut que lui, et lui seul, étudie in extenso la spécialité dont il s'agit. Il lui faut de plus définir les besoins spirituels, car tout est dans la définition — tout est dans les possibilités de la vie — tout est dans la pénétration des impondérables qui entourent cette vie. Pour cette définition, la première étape de la marche à suivre, en face d'un problème architectural, est L'ANALYSE NON-ARCHITECTURALE qui pose les questions de principe — l'idéologie — l'envergure matérielle des besoins — l'envergure spirituelle qui complète et limite ces besoins. Je dis non-architecturale, parce que l'architecte ne doit jamais pendant cette période penser architecture, ni toucher un crayon, pour éviter ce danger de s'arrêter à une idée ou à une forme préconçues qui limitent la vie à l'architecture, quand au contraire l'architecture doit naître de la vie et prendre la forme organique imposée par cette vie. Donc abstraction complète de l'architecture. Cette première partie du travail est certainement pour nous tous la plus difficile. Elle demande : 1° Une connaissance profonde des besoins tant matériels que spirituels; 2° La collaboration de ceux destinés à vivre dans cette architecture, appelés à définir les limitations par l'organisation de leur vie; 3° La collaboration non seulement de techniciens, mais pour que l'analyse soit complète, c'est-à-dire pour que la forme de la moindre fonction matérielle soit complétée par l'interprétation spirituelle, la collaboration en outre de philosophes, poètes, peintres, musiciens, etc. Dans la deuxième étape, il s'agit de transposer cette première analyse en termes d'architecture, c'est-à-dire la traduire en PROGRAMME ARCHITECTURAL. Ceci requiert surtout la qualité d'architecte technicien et spécialiste. La troisième étape est la SYNTHÈSE ARCHITECTURALE; c'est ici que commence le dessin, période d'interprétation où l'objectivité de l'architecte est essentielle.
Si dans cette période le degré de sensibilité de l'architecte lui permet une interprétation des besoins spirituels aussi bien que matériels, la solution dépassera l'architecture utilitaire pour devenir une architecture complète. Ce n'est qu'une question de degrés. Pour ce travail de synthèse architecturale et pour s'astreindre à la seule interprétation objective du programme analytique, il est bon d'étudier chacun des éléments du plan, puis les rapports des éléments entre eux, sous forme de schéma. Schéma qui, peu à peu, de lui-même, grandit, s'anime — l'ensemble devenant une architecture, et une architecture inattendue, parce que c'est le programme de la vie avec ses impondérables qui a inspiré à l'architecte des formes, des harmonies, des complexités multiples auxquelles il n'aurait jamais pensé. Celui qui a cherché, en suivant l'homme, à le conduire se trouve maintenant dépassé. Je ne sais si les projets que je vais vous présenter illustrent bien ce que je viens de vous dire, mais ils m'en ont prouvé la vérité, puisque c'est cette méthode qui m'a conduit à une architecture tout à fait inattendue pour moi. LE PLAN c'est la circulation des malades, des infirmières, des docteurs, qui le déterminent. Ce sont les communications établies selon le trajet optima des docteurs, des infirmières, de l'inter-relation de leurs services, qui déterminent la forme des couloirs (arrondis par endroits, etc.). Ce sont ces docteurs, ces malades, ces infirmières, qui fournissent les axes du plan — le plan est modelé sur ces axes. LA FORME EXTÉRIEURE du bâtiment est produite par la somme des fonctions intérieures. Dans cette architecture, aucune forme préconçue dans laquelle on ait introduit des fonctions; c'est uniquement la satisfaction de ces fonctions qui a produit la forme générale du bâtiment : en plan, en coupe, en élévation. (Extrait d'une Conférence faite à la Galerie Pierre, à Paris, le 12 mai 1936)
MAISON DE SANTÉ TYPE MINIMUM POUR CLIMAT TEMPÉRÉ (1932) Cette maison de santé, étudiée d'après les directives du Docteur Léon Vannier, a été projetée pour la campagne aux environs de Paris, c'est-à-dire pour un climat tempéré. POINT DE DÉPART DE L'ÉTUDE : LE « BIEN-ÊTRE » du malade, un des plus grands éléments de sa guérison. « LE MALADE EST TOUT; RESPECTER LE MALADE ». Cette maison de santé est un hôtel moderne desservi par toutes les spécialités médicales : médecine générale, chirurgie, maternité. Toutes les chambres des malades sont orientées au midi. Il n'y a pas de salle commune, la maison de santé moderne ainsi que l'hôpital éliminant de plus en plus l'élément de communauté. L'Hospitalisation et les services sont complètement séparés d'où : tranquillité du malade. Chaque chambre est pourvue de w.-c. évitant le passage des bassins dans les couloirs. Les services sont centralisés, groupés autour des mouvements verticaux soit : facilité de construction et isolement du bruit; minimum de parcours à faire par le personnel soignant. Le surveillant d'étage est placé de façon à dominer les services centralisés, à surveiller le va-et-vient du personnel soignant, à contrôler la rapidité des services qu'il assure, et les allées et venues des visiteurs qui doivent toujours passer devant lui. Les chambres des malades ont été classées par grandeur et luxe. Leur grandeur ne varie qu'en profondeur seulement. Les étages se rétrécissant en montant permettent la disposition des terrasses ensoleillées, orientées à 45 degrés vers le ciel. L'administration est groupée au rez-de-chaussée avec tous ses services. La clinique ou l'examen des malades est groupé au rez-de-chaussée sous une surveillance centrale permettant la réduction du personnel et l'augmentation des soins médicaux. La salle d'entrée est traitée comme un hall d'hôtel, complètement séparée de la réception médicale et de l'administration. Les entrées des voitures sont conçues de façon que seuls les visiteurs et les docteurs aient accès à la terrasse. Les ambulances, voitures de livraison, services mortuaires disparaissent en dessous du bâtiment, en correspondance directe avec leurs services. Le tout du côté nord, disposition évitant le bruit au malade. Le service de chirurgie au quatrième étage est complètement isolé du reste de l'étage, mais à chaque étage d'hospitalisation est prévue une salle de pansements pour les soins chirurgicaux immédiats. Au cinquième étage, la Maternité, élément de bruit, est complètement isolée avec ses salles d'accouchement et sa crèche. Le toit-terrasse est conçu pour assurer l'intimité et le plaisir du malade. Les chaises ou lits y sont isolés par des sortes de paravents fixes abritant chaque occupant et créant une gaité plastique. Cet étage est pourvu d'office, service, lingerie et surveillance avec appel depuis la chaise ou le lit du malade à la surveillance.
Du côté midi au cinquième étage un restaurant pour les docteurs et les visiteurs, leur assurant le service des repas dans un cadre agréable et un parfait isolement de la Maison de Santé même. En raison de la situation à la campagne de cette Maison de Santé, il a fallu assurer le logement du personnel soignant avec école d'infirmières, et le logement de la plus grande partie du personnel de service. Ce logement du personnel est prévu dans un bâtiment placé à l'ouest, et formant pour la Maison de Santé un paravent de protection contre les vents d'ouest. Ce bâtiment n'a aucune communication aux étages mais seulement en sous-sol et au rez-de-chaussée où le passage réservé doit traverser l'administration. La Maison de santé, type minimum, a été étudiée pour 66 lits, pour assurer le rendement financier maximum et une construction minimum, tout en tenant compte de tous les services nécessaires aux malades. La surface construite consacrée par lit est de 100 m², au lieu de 120 à 130 m² généralement prévus pour les maisons de santé de moins de 100 lits en chambres individuelles : différence due uniquement à l'étude du plan et à sa conception. Planche 1. — Perspective axonométrique côté Nord. Planche 2. — Vue générale côté Sud (maquette). Planche 3. — Plan du sous-sol. Planche 4. — Plan du rez-de-chaussée. Planche 5. — Plan du premier étage. Planche 6. — Plan du deuxième étage. Planche 7. — Plan du troisième étage. Planche 8. — Coupe axonométrique. Planche 9. — Plan du quatrième étage. Planche 10. — Plan du cinquième étage. Planche 11. — Façade Sud. — Façade Nord. Planche 12. — Coupe transversale. — Façade Est. — Façade Ouest. Planche 13. — Perspective vue du jardin. Planche 14. — Le Bâtiment du personnel (maquette). La rampe d'accès des services (maquette).
PAUL NELSON MAISON DE SANTÉ TYPE MINIMUM ARCHITECTURE HOSPITALIERE ÉDITIONS ALBERT MORANÇÉ perspective axonométrique côté nord 20m N.

Cet ouvrage présente deux études de Paul Nelson sur l'architecture hospitalière : une maison de santé et un pavillon de chirurgie. Nelson y détaille sa méthode de travail en trois étapes : analyse non-architecturale des besoins, transposition en programme architectural, et synthèse architecturale par le dessin. Il insiste sur l'importance de baser l'architecture sur la vie et les besoins réels des utilisateurs, plutôt que sur des styles préconçus.