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NOUVELLE SÉRIE HENRI CLOUZOT ERRONNERIE MODERNE Editions d'Art Charles Moreau 8 r. de Prague PARIS XIIe
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NOUVELLE SÉRIE HENRI CLOUZOT ERRONNERIE MODERNE Editions d'Art Charles Moreau 8 r. de Prague PARIS XIIe
NOUVELLE SÉRIE HENRI CLOUZOT ERRONNERIE MODERNE Éditions d'Art Charles Moreau 8 r. de Prague PARIS XIIe PRINTED IN FRANCE
INTRODUCTION Ceux qui aiment le fer forgé se réjouiront de voir que, malgré les difficultés des temps présents, le beau métier de ferronnier existe toujours, et les exemples que nous allons montrer prouveront que cet art si éminemment français a su résister à la crise sévère que nous traversons. Le fer forgé, en dehors de son emploi dans la décoration intérieure, s'épanouit surtout dans la décoration extérieure, c'est pourquoi il est difficile de lui trouver une place actuellement, alors que nos architectes ne construisent presque plus. Nous sommes quelques-uns qui perpétuons le renom de la ferronnerie française, aussi sommes-nous mal placés pour nous juger nous-mêmes, mais nous essayons de maintenir les belles traditions, en espérant que notre exemple sera suivi et encouragé. Que dire des tendances actuelles de la ferronnerie, sinon répéter que, comme l'art décoratif en général, elles sont revenues à l'amour des belles compositions de jadis ; après avoir connu une belle période au XVIIIe siècle, la ferronnerie au XIXe siècle était tombée en désuétude, le style Empire ne faisait aucune place à l'art du ferronnier, et de plus, l'invention de la fonte de fer donnait un coup mortel à notre beau métier. On croyait à cette époque qu'un balcon en fonte, répété à de nombreux exemplaires, pourrait remplacer un balcon de fer forgé. Le charme du métier était complètement disparu et les éléments de fonte, lourds et disgracieux, n'ont jamais pu remplacer les belles arabesques que permettent le travail de la forge. Heureusement, au début du siècle, quelques artisans de grande classe comme le maître Robert ont eu à cœur de remettre à l'honneur le beau métier de nos anciens, grâce à lui et à quelques autres, les architectes et le public reprirent goût à la ferronnerie d'art. C'est à ce moment que l'on vit réapparaître des rampes, des balcons, des grilles en fer qui décorent agréablement les constructions du début du siècle. Le décor de cette époque fut surtout inspiré par la décoration florale et l'on s'évertua à reproduire fidèlement en fer, des fleurs et feuillages compliqués, tels que roses, chrysanthèmes, pommes de pin, etc. Au point de vue métier, on doit reconnaître que les ferronniers de 1900 à 1914 étaient des maîtres ; au point de vue composition, on peut dire par contre, que de nos jours, on a mieux compris l'art de la ferronnerie et nos créations actuelles sont certainement des plus intéressantes. S'il faut admirer les belles compositions de grilles de parc et de cathédrales des XVIIe et XVIIIe siècles, il ne faut certes pas les copier, mais reconnaître qu'en dehors de leur beau métier, elles étaient magnifiquement composées et c'est surtout ce souci qui doit nous guider tous actuellement : " Continuer la belle tradition en la renouvelant ". Si nous parlons de la technique du métier, laissez-moi vous dire que celui-ci n'a pas changé depuis le moyen âge, le fer forgé se réalise de la même manière de nos jours qu'au temps jadis. Les barres de fer que nos ferronniers moyenâgeux étiraient à grands coups de marteau, nous arrivent maintenant toutes laminées et de différentes sections, mais il faut les chauffer au feu de forge et les marteler sur l'enclume comme autrefois, pour leur donner la forme et le galbe qui font leur beauté. La lutte contre le métal rebelle est aussi passionnante que jadis, et la joie de transformer une matière résistante pour lui donner la souplesse, est aussi grande. Je sais bien que certains vous diront que de nos jours nous avons, pour réaliser nos œuvres des machines, que n'avaient pas nos anciens ; à ceux-là, je répondrai que les machines ont surtout facilité le travail d'ajustage et de montage de nos grilles, mais n'ont changé en rien le beau métier de forgeron qu'est le nôtre. Certes, actuellement, nous n'assemblions plus nos fers forgés à l'aide de colliers ou de rivets, comme au XVe siècle, ou à l'aide de tenons et de mortaises comme au XVIIIe siècle, mais cela ne diminue en rien la valeur de nos œuvres et si les ferronniers des temps passés avaient eu à leur disposition les moyens mécaniques dont nous disposons, nous sommes certains qu'ils les auraient employés sans pour cela porter atteinte à la valeur de leur production. Pour conclure, laissez-moi vous dire qu'une œuvre de ferronnerie vaut surtout par deux choses : la première c'est par sa composition, le sentiment de ses porportions, l'équilibre de ses masses et la valeur des différentes sections de fer employées. La deuxième vaut par son beau métier, par la façon dont le fer est traité. Nous espérons que vous voudrez bien reconnaître que dans les œuvres que nous présentons, nous avons essayé, sinon réussi, à vaincre ces deux difficultés. Nous souhaitons pour terminer si nous pouvons nous permettre d'exprimer un vœu, que les Pouvoirs publics ainsi que les particuliers fassent un plus large appel à notre savoir-faire, afin que l'un des plus beaux métiers français qui vit actuellement grâce à la foi de ceux qui le pratiquent, ne s'étiole pas avant de mourir, et nous ajoutons aussi que nous serions particulièrement heureux s'il nous était donné la possibilité, dans de grandes compositions, de nous montrer dignes de nos prédécesseurs. Raymond SUBES.
Cet ouvrage présente des exemples de ferronnerie d'art, soulignant la persistance de cet artisanat français malgré les difficultés économiques. Il retrace l'évolution de la ferronnerie, de son déclin au XIXe siècle à sa renaissance au début du XXe siècle, mettant en avant les tendances actuelles qui s'inspirent des compositions classiques tout en les renouvelant. La technique de base du métier est restée inchangée depuis le Moyen Âge. Ca 1930.